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	<title>QUE FAIT LA POLICE ?</title>
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	<description>Observatoire des Libertés Publiques</description>
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		<title>QUE FAIT LA POLICE ? – Bulletin d’information anti-autoritaire – Nouvelle série – numéro 37 – février 2010</title>
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		<pubDate>Thu, 28 Jan 2010 05:22:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>tiny</dc:creator>
				<category><![CDATA[Observatoire des Libertés Publiques]]></category>

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		<description><![CDATA[Le jargon policier ne souffre pas de fioritures inutiles. Pour les gardiens de l'ordre public, nous serions tous des "individus". Il est vrai que cela correspond à une solide tradition dans les rangs des forces de l'ordre. En juin 1848, lorsque les gardes mobiles étaient lancés contre les ouvriers parisiens en lutte pour leur survie économique, leur hiérarchie les envoyaient combattre les "Bédouins".Ce qui ne faisait qu'évoquer la récente conquête de l'Algérie et les résistances rencontrées dans ce pays en voie de colonisation. Bien évidemment, nos policiers de 2010 ne se risqueraient pas à traiter de "Bougnoules" ces Français qu'ils ont à l'œil, car la confusion des genres ferait désordre en un temps où l'Identité nationale est à l'ordre du jour. Plus simplement, pour nos policiers, qui se prétendent républicains, la personne humaine n'existe pas plus que cet humanisme qui devrait être de rigueur, au sein des forces de l'ordre. C'est ainsi que, quiconque est interpellé, ou simplement désigné, est immédiatement ravalé au rang "d'individu". ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Editorial : Sommes-nous tous des &laquo;&nbsp;Individus&nbsp;&raquo; ?</strong></p>
<p><strong><span style="font-weight: normal;">Le jargon policier ne souffre pas de fioritures inutiles. Pour les gardiens de l&#8217;ordre public, nous serions tous des &laquo;&nbsp;individus&nbsp;&raquo;. Il est vrai que cela correspond à une solide tradition dans les rangs des forces de l&#8217;ordre. En juin 1848, lorsque les gardes mobiles étaient lancés contre les ouvriers parisiens en lutte pour leur survie économique, leur hiérarchie les envoyaient combattre les &laquo;&nbsp;Bédouins&nbsp;&raquo;.Ce qui ne faisait qu&#8217;évoquer la récente conquête de l&#8217;Algérie et les résistances rencontrées dans ce pays en voie de colonisation. Bien évidemment, nos policiers de 2010 ne se risqueraient pas à traiter de &laquo;&nbsp;Bougnoules&nbsp;&raquo; ces Français qu&#8217;ils ont à l&#8217;œil, car la confusion des genres ferait désordre en un temps où l&#8217;Identité nationale est à l&#8217;ordre du jour. Plus simplement, pour nos policiers, qui se prétendent républicains, la personne humaine n&#8217;existe pas plus que cet humanisme qui devrait être de rigueur, au sein des forces de l&#8217;ordre. C&#8217;est ainsi que, quiconque est interpellé, ou simplement désigné, est immédiatement ravalé au rang &laquo;&nbsp;d&#8217;individu&nbsp;&raquo;. Il y a là une volonté évidente de considérer chaque citoyen comme un possible suspect. La constitution de très nombreux fichiers de police va d&#8217;ailleurs dans ce sens. De plus, cette mauvaise manière langagière fait tristement école, puisque dans la presse, écrite ou audiovisuelle, les journalistes ne font que reprendre, presque mot à mot, la formulation des communiqués émanant des autorités policières, en qualifiant, sans la moindre difficulté, &laquo;&nbsp;d&#8217;individus&nbsp;&raquo; les victimes de la vindicte policière.</span></strong></p>
<p>Livrons-nous à un peu de sémantique populaire. L&#8217;individu peut être, au choix : un triste sire, un joli coco, un pauvre hère, un vilain merle, une mauvaise tête, un bougre ou une tête brûlée. Pour le policier de 2010, &laquo;&nbsp;l&#8217;individu&nbsp;&raquo; n&#8217;est plus une personne mais, plus certainement, un énergumène, un zèbre, un voyou peut-être dangereux . En tout cas quelqu&#8217;un de louche. A la limite, le policier, plus mesuré parlera d&#8217;un quidam car il n&#8217;ose même plus utiliser le mot pékin. Avec une logique glaciale, <em>Petit Robert</em> nous explique que l&#8217;individu est &laquo;&nbsp;l&#8217;élément d&#8217;une population, en statistique&nbsp;&raquo; ou, plus tristement, le &laquo;&nbsp;terme inférieur d&#8217;une série qui ne dédaigne plus de concept général et ne comporte plus de division logique.&nbsp;&raquo; Faudrait-il estimer qu&#8217;en école de police nos futurs ange gardiens se penchent longuement sur ce dictionnaire ? Ce qui est sûr, c&#8217;est que certains policiers feraient bien d&#8217;acquérir un manuel du savoir-vivre&#8230;</p>
<p><strong>Maurice Rajsfus</strong></p>
<p><strong>Retour à l&#8217;envoyeur</strong></p>
<p>Suite à la mauvaise plaisanterie, de type raciste, adressée par le ministre de l&#8217;Intérieur à un jeune militant UMP, qui avait le tort de ne pas être Auvergnat, Brice Hortefeux est poursuivi en justice par le MRAP pour &laquo;&nbsp;injure raciale&nbsp;&raquo;. I1 devrait comparaître devant le tribunal correctionnel de Paris, le 14 avril 2010. (Source, <em>20 Minutes</em> 18 décembre 2010)</p>
<p><strong>Forte pensée</strong></p>
<p>L&#8217;empereur Napoléon Ier, connaissait bien les hommes qui le servaient d’où cette utile réflexion : &laquo;&nbsp;&#8230;L&#8217;art de la police est de ne pas voir ce qu&#8217;il est inutile qu&#8217;elle voie&#8230; &nbsp;&raquo;</p>
<p><strong>Garde à vue:inflation </strong></p>
<p>Selon le contrôleur général des lieux de privation des libertés, Jean-Marie Delarue, les chiffres de mise en garde à vue, en 2008, ont été minorés. L&#8217;estimation officielle serait inférieure de 20 à 30% à la réalité. C&#8217;est ainsi que les 578 000 gardes à vue de 2008 ne	tenaient pas compte de la plupart des petites infractions, liées au Code la route, ayant également entraîné une mise en garde à vue. (Source, <em>Le Journal du Dimanche</em>, 20 décembre 2009)</p>
<p><strong>Droit d&#8217;asile</strong></p>
<p>Le 22 décembre, à Dijon, deux Géorgiens, demandeurs d&#8217;asile, sont interpellés par la police alors qu&#8217;en compagnie d&#8217;un militant de la CIMADE, ils se présentaient au guichet de demande d&#8217;asile de la préfecture. (Source, <em>Libération</em>, 24 décembre 2009)</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Comptine</strong></p>
<p>Ce gentil couplet aurait pu être fredonné par les étudiants parisiens, en mai 1968, mais il est toujours d&#8217;actualité :</p>
<p>&laquo;&nbsp;Le gros indic</p>
<p>Hypodermique</p>
<p>Nous fait la nique.</p>
<p>Son imper mastic</p>
<p>Donne la colique.</p>
<p>Il nous pique,</p>
<p>C&#8217;est un aspic.</p>
<p>Pique nique douille</p>
<p>C&#8217;est toi l&#8217;andouille&nbsp;&raquo;</p>
<p>(Et si vous preniez la suite…)</p>
<p><strong>Solidarité mal venue </strong></p>
<p>Tenus à l&#8217;obligation de résultats, nos policiers ne font pas dans la dentelle. D&#8217;où cette attention particulière portée aux faits et gestes des citoyens solidaires envers les migrants en détresse. Le 15 décembre, un diacre, aumônier des prisons à Dunkerque, et l&#8217;un de ses amis, étaient entendus pendant deux heures dans les locaux de la PAF à (Police de l&#8217;air et des frontières). Tous deux étant les auteurs d&#8217;une grave infraction à la loi. Ils avaient tenté, à l&#8217;aide d&#8217;une pelleteuse, d&#8217;assécher un campement de migrants Afghans et Irakiens inondé par les eaux d&#8217;un marais. Fort heureusement, la guillotine n&#8217;existe pas pour ce genre de délit, mais le procureur de Dunkerque ne manquait pas de déclarer que si ce diacre ne serait pas &laquo;&nbsp;poursuivi dans l&#8217;immédiat&nbsp;&raquo;, il ferait néanmoins l&#8217;objet d&#8217;un rappel à la loi. Il n&#8217;en reste pas moins que, côté police, le diacre a appris qu&#8217;il se voyait frappé d&#8217;une amende de 1 500 euros par les ange gardiens du port autonome. Juste pour lui apprendre que la solidarité a un coût. (D&#8217;après <em>Libération</em>, 23 décembre 2009)</p>
<p><strong>Contrôle au faciès</strong></p>
<p>Le ministre de l&#8217;Intérieur refuse que l&#8217;on puisse dire que nos policiers se livrent au contrôle au faciès. le témoignage qui suit ne fait que contredire cette affirmation :</p>
<p>&laquo;&nbsp;Le 21, vers 17 h, j&#8217;ai été témoin d&#8217;une scène tout à fait insupportable. Je sortais de la librairie Gibert, près de la station de métro Strasbourg Saint-Denis, lorsque j&#8217;aperçus trois policiers, qui déambulaient sur le boulevard Saint-Denis, interpeller un jeune homme en lui lançant : vous ne savez pas qu&#8217;il est interdit de cracher par terre?, avant de lui demander ses papiers. Ce garçon, au type maghrébin prononcé, devait avoir l&#8217;habitude de ce genre d&#8217;interpellation au faciès puisqu&#8217;il présentait rapidement, d&#8217;un air las, sa carte d&#8217;identité française, que les policiers allaient examiner avec un soin étonnant. Ce document lui étant remis ensuite sans le moindre mot d&#8217;excuse. En s&#8217;éloignant, les trois policiers plaisantaient, l&#8217;un d&#8217;eux disant à ses deux compères : t&#8217;as vu comme il a eu les glandes&#8230; Je suis écoeurée. Ce jeune homme était convenablement vêtu, il ne gênait personne, et il n&#8217;y avait aucune raison pour motiver cette interpellation !&nbsp;&raquo; (Témoignage reçu à l&#8217;Observatoire des libertés publiques le 28 décembre 2009)</p>
<p><strong>Entre amis&#8230;</strong></p>
<p>Un couple de policiers cannois, membres de la BAC, a été mis en examen pour corruption passive. Ils avaient pris l&#8217;habitude d&#8217;alerter les gérants de bar de la ville, avant chaque contrô1e de police qui aurait pu contrarier certaines de leur activité parallèle. (Source, France Info, 18 décembre 2009)</p>
<p><strong>A qui se fier ?</strong></p>
<p>Dans les premiers jours de décembre 2009, douze personnes, soupçonnées de revendre des voitures volées étaient arrêtées. Parmi elles, plusieurs fonctionnaires du service des cartes grises de la Seine Saint-Denis. Quelque soixante-dix cartes grises auraient été émises grâce à ces excellents agents de la préfecture. (Source, <em>Libération</em>, 26 décembre 2009)</p>
<p><strong>Feu à volonté !</strong></p>
<p>Dans la soirée du 26 décembre, deux hommes braquaient un restaurant Mac Donald&#8217;s, dans le centre de Nîmes. Suite à l&#8217;intervention rapide d&#8217;une patrouille de police, l&#8217;un des agresseurs prenait la fuite, avec une employée en otage, sous la menace de son arme. N&#8217;écoutant que son courage, et négligeant le risque encouru par l&#8217;otage, l&#8217;un des policiers faisait feu à trois reprise, touchant mortellement le braqueur. (D&#8217;après <em>Libération</em>, 28 décembre 2009)</p>
<p><strong>Adieu ELOI</strong></p>
<p>Le 29 décembre 2009, 1e Conseil d&#8217;État a annulé partiellement le décret créant le fichier informatique ELOI (comme &laquo;&nbsp;éloignement&nbsp;&raquo;). Y sont recensées les &laquo;&nbsp;données à caractère personnel, relatives aux étrangers faisant l&#8217;objet d&#8217;une mesure d&#8217;éloignement. &laquo;&nbsp;Déjà,en mars 2007, 1e Conseil d&#8217;Etat avait retoqué la version initiale. Pour la haute autorité, deux dispositions du fichier ELOI posaient problème. Ainsi, la conservation pendant trois ans de certaines données, comme celle relative aux enfants de l&#8217;étranger expulsables, ainsi que l&#8217;enregistrement du numéro d&#8217;identification délivré à toute personne ayant fait une demande de titre de séjour. Pour le Conseil d&#8217;Etat : &laquo;&nbsp;&#8230;La pertinence et d&#8217;adéquation de cette donnée, relative au séjour, par rapport aux finalités du traitement, relatif à l&#8217;éloignement, ne sont pas établies.&nbsp;&raquo; (Source, <em>Libération</em>, 31 décembre 2009)</p>
<p><strong>Violences vigilantes !</strong></p>
<p>Décidément, de nombreux vigiles ont pris d&#8217;excellentes leçons chez les authentiques policiers. Particulièrement en matière de violences. Le 29 décembre, a Lyon, dans un magasin Carrefour du quartier de La Part-Dieu, quatre vigiles interceptaient un jeune SDF qui tentait de dérober une canette de bière. Après avoir été immobilisé à l&#8217;aide d&#8217;une clé au bras, le jeune homme, âgé de 25 ans, était violemment frappé au visage, puis projeté sur une table, où il devait subir une compression de la cage thoracique. Il devait également recevoir des coups puisque son visage et ses bras portaient des traces de bleus car, selon ses tortionnaires, il était énervé et se débattait. Intervention suffisamment brutale conduisant à tuer un jeune homme, pour quelques gorgées de bière. Après avoir visionné le circuit intérieur de vidéo du magasin, le procureur devait décider la mise en examen des quatre brutes pour &laquo;&nbsp;violence aggravée ayant entraîné la mort sans intention de la donner.&nbsp;&raquo; Les images vidéo faisant effectivement foi, il va de soi que ces vigiles très vigilants allaient bien au-delà de ce que leur &laquo;&nbsp;devoir&nbsp;&raquo; leur commandait. Ce véritable assassinat, par &laquo;&nbsp;asphyxie mécanique&nbsp;&raquo;, nous renvoie à cette volonté exprimée par Nicolas Sarkozy de réduire les effectifs policiers, et leur remplacement par des vigiles salariés des sociétés privées de sécurité. Manque de chance, comme ces voyous ne sont pas assermentés, à l&#8217;instar des policiers, ils ne seront pas soutenus par leur hiérarchie et risquent de longues années de prison. (D&#8217;après <em>Le Parisien</em>, 31 décembre 2009)</p>
<p><strong>Les églises ne sont plus des lieux d&#8217;asile&#8230;</strong></p>
<p>Une centaines de sans papiers, réclamant leur régularisation, ont été expulsés par la police de la basilique Saint-Clotilde, dans le 7ème arrondissement de Paris, le 30 décembre. A l&#8217;extérieur du bâtiment, des manifestants avaient déployé une banderole portant des slogans comme : &laquo;&nbsp;Arrêt des rafles&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Fermeture des centres de rétention&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;Régulariser est un droit&nbsp;&raquo;. I1 ne semble pas que le curé du lieu se soit opposé à cette expulsion.( D&#8217;après <em>Le Monde</em>, 1er janvier 2010)</p>
<p><strong>Société policière</strong></p>
<p>Le 16 décembre 2009, un sans papiers Malien qui avait manifesté 1&#8242;intention d&#8217;ouvrir un compte à l&#8217;agence postale de Viry-Chatillon (91), se retrouvait au centre de rétention administratif de Palaiseau. Explication simple : deux mois plus tôt, l&#8217;ouverture de son compte lui avait été refusée car ses papiers s&#8217;étaient avérés faux. C&#8217;est ainsi qu&#8217;à la mi-décembre il était convoqué, sans motif précis au commissariat voisin. I1 était aussitôt placé en garde à vue pour faux, usage de faux et infraction à la législation sur les étrangers. A la direction de la Poste, on assure que ce qui n&#8217;est rien d&#8217;autre qu&#8217;une pure et simple délation, venant d&#8217;un employé zélé, était dans la règle des choses. Le 31 décembre, ce travailleur Malien ne savait toujours pas quel sort lui serait réservé car le consulat du Mali n&#8217;avait pas encore donné le feu vert pour son expulsion. I1 semble que ce type de dénonciation soit devenue pratique courante, aussi bien à la Poste qu&#8217;aux guichets des banques, dans les magasins de téléphonie mobile ou même dans les centres d&#8217;assurance maladie. (Source, <em>Le Parisien</em>, 1er janvier 2010)</p>
<p><strong>Pots d&#8217;échappement</strong></p>
<p>Si l&#8217;on voulait s&#8217;en remettre aux déclarations fracassantes du ministère de l&#8217;Intérieur, la dernière nuit de l&#8217;année 2009 devait se passer sans trop de dommages 30 000 policiers et 15 000 gendarmes allaient assurer la sécurité durant les festivités du réveillon. Pour la seule capitale 8 000 policiers avaient été déployés. La traque aux  incendiaires de voitures serait assurée. En fait, ce déploiement de forces policières s&#8217;est avérée être un véritable flop. Dans la nuit du 31 décembre 2009 au 1er janvier 2010, ce sont 1 137 véhicules qui seront brûlés, soit dix de moins qu&#8217;en 2008 pour deux fois de plus de policiers sur le terrain. Alors, à quelle fin cette démonstration policière ? Que fait la police ? (D&#8217;après <em>Libération</em>, 2 janvier 2010)</p>
<p><strong>Du grain pour les poulets&#8230;</strong></p>
<p>Dès son arrivée au ministère de l&#8217;Intérieur, en mai 2002, Nicolas Sarkozy avait fait savoir aux policiers qu&#8217;ils devraient désormais d&#8217;être plus productifs. I1 leur était demandé de fixer, chaque année, des &laquo;&nbsp;objectifs quantifiés&nbsp;&raquo;, permettant, &laquo;&nbsp;l&#8217;amélioration de leur efficacité&nbsp;&raquo;. En 2003, après l&#8217;adoption de la loi Sécurité Intérieure, c&#8217;était 1&#8242;annonce de classements &laquo;&nbsp;productifs&nbsp;&raquo;, par départements, et même individuellement par commissariat -avec, éventuellement, primes à la clé. A cette époque, nos gardiens de l&#8217;ordre public, encore sous le coup de la bonne surprise de travailler sous la houlette d&#8217;un ministre de l&#8217;Intérieur efficace, n&#8217;avaient pas réagi à cette mise en demeure, et leurs syndicats pas davantage. Avait suivi la révolte des banlieues, à l&#8217;automne 2005, et les policiers des banlieues &laquo;&nbsp;sensibles&nbsp;&raquo; avaient pu constater que les primes promises ressemblaient surtout à des peaux de chagrin -sauf pour leur hiérarchie. Depuis, ce qui était suggéré s&#8217;est transformé en obligation, avec quotas d&#8217;interpellation et chiffres de délits naturellement en hausse. Ainsi, en janvier 2009, un capitaine de police de Chalons-en-Champagne fixait les quotas à atteindre par son unité. Extraits de la note de service : &laquo;&nbsp;Chaque brigade de roulement de jour devra, a minima, procéder à 65 interpellations par jour (hors ivresse publique, manifestations et délits routiers), à 10 interpellations de personnes faisant l&#8217;objet de fiches de recherche ; établissement de 230 timbres-amendes pour infraction au Code de la route (hors stationnement) et 75 timbres-amendes pour comportements dangereux, etc .&nbsp;&raquo; Par ailleurs, la BAC de cette même unité avait pour ordre impératif de réaliser &laquo;&nbsp;162 interpellations&nbsp;&raquo;. I1 va de soi que de tels ordres écrits se sont faits rares depuis que des policiers &laquo;&nbsp;usés par la politique du chiffre&nbsp;&raquo;, les ont fait fuiter. Cela ne peut que laisser des traces.</p>
<p>La bronca commence également à gronder dans le monde syndical policier. Un délégué de l&#8217;Union SGP-Unité police (syndicat majoritaire chez les policiers en tenue -soit disant de gauche), dénonce cette &laquo;&nbsp;religion du chiffre&nbsp;&raquo;, avec cet exemple éclairant : &laquo;&nbsp;On nous demande d&#8217;arrêter cinq consommateurs de joints parce que ça fait cinq délits constatés, mais aussi cinq faits élucidés. C&#8217;est plus facile que d&#8217;interpeller un revendeur de drogue, ce qui va compter pour une seule affaire dans les statistiques&nbsp;&raquo;. Après cette belle manifestation de colère, ce syndicaliste vend la mèche : &laquo;&nbsp;Après son arrivée au ministère de l&#8217;Intérieur, Sarkozy avait promis des effectifs et des moyens, armes, protections, véhicules&#8230; Aujourd&#8217;hui, on nous réclame toujours des résultats, mais avec moins de moyens&nbsp;&raquo;. D&#8217;où la conclusion qu&#8217;il est possible de tirer : policiers de &laquo;&nbsp;gauche&nbsp;&raquo; = policier ordinaire. I1 suffirait de quelques grains supplémentaires pour que le poulet soit rassasié ! (D&#8217;après <em>Libération</em>, 5 janvier 2010)</p>
<p><strong>Certitude de culpabilité</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Dans la soirée du 2 janvier, à Mantes-la-Jolie (78), une trentaine de jeunes s’affrontaient à des policiers. Pourquoi ? Deux jeunes du quartier du Val-Fourré, soupçonnés d’avoir volé de l’essence, venaient d’être placés en garde à vue. Les policiers, alertés du vol par le gérant d’une station-service, ont été pris à partie alors qu’ils procédaient à des interpellations sans preuve ? Réplique immédiate à l’aide de gaz lacrymogènes et de tirs de flash-ball. (Source, <em>Le Monde</em>, 5 janvier 2010)</p>
<p><strong>Tombé du camion…</strong></p>
<p>Le 7 janvier, trois CRS de la compagnie autoroutière de Sant-Etienne ont été suspendus de leur fonction. Cela dans le cadre d’une affaire de détournement de bouteilles de wisky, dans la région de Lyon. Ces braves serviteurs de l’ordre public sont soupçonnés de « s’être servis » dans la cargaison d’un poids lourd qui s’était renversé, avant de revendre ces bouteilles à bas prix. (Peut-être à leurs collègues). Suite à ce gentil larcin, une quinzaine de CRS avaient été interpellés. (Source, <em>France Info</em>, 7 janvier et <em>Métro</em>, 8 janvier 2010)</p>
<p><strong>Stakanovistes !</strong></p>
<p>Le 7 janvier, intervenant sur une radio périphérique, Eric Besson, gardien de l’Identité nationale, se flattait d’avoir pu procéder à 29.000 expulsions de sans papiers, en 2009. Soit 2.000 de plus que le quota fixé par Nicolas Sarkozy. Pour en arriver à un tel résultat, il aura fallu que les préfets, la police de l’air et des frontières (PAF), tout comme les simples gardiens de la paix, toujours l’œil aux aguets, se soient acharnés à la tâche. (D’après <em>Europe 1</em>, 7 janvier 2010)</p>
<p><strong>Que fait la police ?</strong></p>
<p>Après plusieurs braquages à la voiture-bélier, de bureaux de poste en Seine-Saint-Denis – seize établissements agressés en quelques mois -  c’est dans le 12è arrondissement de Paris se sont attaqués à une banque, le 11 janvier, pour tenter de s’emparer d’un distributeur de billets. Peut-on dire que les policiers sont trop occupés à traquer les sans papiers et les « racailles » des cités pour s’inquiéter des braquages de banques et de bureaux de postes ? (D’après <em>Direct-Matin</em>, 12 janvier 2010)</p>
<p><strong>Règlement de compte</strong></p>
<p>Le 7 janvier, huit policiers de la Compagnie parisienne de sécurité ont attaqué, de leur propre initiative, des vendeurs à la sauvette, près de la Tour Eiffel. L’un de ces policiers aurait été agressé par deux d’entre eux, quelques jours plus tôt. Une enquête est en cours, et des sanctions administratives auraient déjà été prises, un officier de police étant d’ores et déjà suspendu. Nos policiers seraient donc capables de tout, y compris de s’impliquer dans des règlements de compte, hors service. Tout comme les voyous qu’ils sont censés mettre à la raison. Il est vrai que, parfois, la ligne rouge est difficile à définir. (D’après <em>Direct-Matin</em>, 13 janvier 2010)</p>
<p><strong>Rennes : retour sur le 5 décembre 2009</strong></p>
<p>A la veille d’une manifestation des chômeurs et précaires, annoncée à Rennes, le 5 décembre 2009, la préfecture décidait de l’interdire. Les quelque 500 personnes présentes, malgré tout, cherchaient à rejoindre le centre-ville pour se faire entendre. Immédiatement, les forces de police, en nombre impressionnant, intervenaient pour intimider les manifestants, et multipliaient les provocations pour justifier les arrestations.  Alors que les organisateurs tentaient de rassembler les manifestants dans une salle qui leur avait été promise, la police tendait un guet-apens, après en avoir interdit l’accès. Plusieurs dizaines de policiers la BAC chargaient violemment, tabassant les manifestants et les arrosant de gaz lacrymogènes, alors qu’aucune agressivité n’était venu de leur côté. Quatre personnes étaient interpellées sous le prétexte aberrant de « jets d’essence », et une autre pour une soit disant « violence à agent ». Parmi les manifestants, il était possible de constater des blessés graves : un traumatisme cérébral, avec séquelles irréparables, des arcades sourcilières éclatées, des touffes de cheveux arrachées. Le procès des inculpés devait se dérouler le 18 janvier. (D’après un communiqué du Mouvement des chômeurs et précaires, reçu à l’Observatoire des libertés publiques, la 11 janvier 2010)</p>
<p><strong>Justice, selon la police</strong></p>
<p>Plusieurs juges d’instruction du tribunal de grande instance de Bobigny (93), sont en conflit ouvert avec le chef de la police judiciaire. Ce dernier aurait refusé la présence d’un avocat, à la première heure de garde à vue, dans plusieurs enquêtes en cours. Suite à cette mauvaise volonté, les magistrats ont envoyé un courrier de protestation au directeur régional de la police judiciaire. (Source, <em>20 Minutes</em>, 14 janvier 2010)</p>
<p><strong>Entre collègues…</strong></p>
<p>Dans la soirée du 14 janvier, un policer parisien manipule maladroitement son arme de service dans les locaux de la police judiciaire. Mauvaise connaissance du matériel ou fébrilité ? Toujours-est-il qu’une balle sort du chargeur et va blesser un collègue, dont la vie, fort heureusement, n’est pas en danger. Il n’en reste pas moins que l’IGS enquête. (Source, <em>France Inter</em>, 15 janvier 2010)</p>
<p><strong>Officiers de police démocrates</strong></p>
<p>Avec beaucoup d’à propos, sans doute pour mieux nous convaincre de leurs profonds sentiments humanitaires, le syndicat d’officiers de police Synergie, affirmait dans un communiqué, à propos de la qualité des interpellations et des gardes à vue, un étonnant rappel à la loi policière. Cela à la suite du témoignage d’une avocate particulièrement maltraitée par de braves policiers républicains durant sa garde à vue. Extraits : « …L’intérêt collectif (ne doit pas être) sacrifié sur l’autel des honoraires, drapés dans le voile immaculé des Droits de l’homme.. » Tel quel ! En fait, cette charge visait les avocats qui se permettent de réclamer la simple application de la loi, c’est-à-dire leur présence dès la première heure de garde à vue. Sans oublier, soulignent les policiers de Synergie, que les avocats, « dont les compétences en matière pénale sont proportionnelles au montant des honoraires perçus » sont avant tout des empêcheurs de condamner. En fait, après la disparition programmée des juges d’instruction, les officiers de police aimeraient bien supprimer également les avocats. (D’après <em>CQFD</em>, janvier 2010)</p>
<p><strong>Statistiques policières</strong></p>
<p>Malgré toutes les manipulations des chiffres sur la délinquance du ministère de l’Intérieur, il est difficile à Brice Hortefeux, porte-voix de Nicolas Sarkozy dans le domaine sécuritaire, de vraiment démontrer des avancées en la matière. Il y aurait peut-être une petite baisse de la délinquance globale, en 2009 (-4%), mais ce résultat est contrebalancé par une hausse des agressions aux personnes ‘+ 4,8%), dans le même temps que les vols à main armée auraient augmenté de 20%. De plus, pour éviter de voir gonfler les statistiques, les interpellations de consommateurs de cannabis n’apparaissent plus comme l’année précédente. (Source, <em>Libération</em>, 15 janvier 2010)</p>
<p><strong>Humanisme pandore</strong></p>
<p>Le 12 janvier, à Bourg-en-Bresse, les gendarmes se sont introduits au siège de la communauté Emmaüs. Ils venaient interpeller une famille de sans papiers, originaire du Kosovo. Le père, la mère (enceinte de cinq mois) et deux enfants, âgés de 5 et 7 ans, tous deux scolarisés, étaient rapidement placé dans un avion en partance pour Pristina. Sans même passer par la case centre de rétention. Dans un communiqué, le mouvement Emmaüs s’est dit « profondément choqué et indigné », tout en exigeant l’arrêt d’une « politique aveugle qui privilégie les chiffres de reconduction au détriment du respect de la personne humaine. » (Source, <em>Libération</em>, 18 janvier 2010)</p>
<p><strong>Fumette funeste</strong></p>
<p>Le 14 janvier, un officier de police en poste au 2è district de la police judiciaire de Paris, avait blessé accidentellement l’un de ses collègues en manipulant son arme. (voir plus haut) cet excellent défenseur de l’ordre public a été mis en examen, non seulement pour « blessure involontaire », mais également pour « usage d’un produit stupéfiant. » Cet officier de police, qui venait de consommer de l’alcool, au moment des faits, devait reconnaître qu’il avait également fumé du haschich. L’auteur du tir malencontreux a été suspendu de ses fonctions, et sera soumis à une obligation de soins. De même, il lui est désormais interdit de détenir une arme. C’est bien le moins ! (Source, <em>20 Minutes</em>, 20 janvier 2010)</p>
<p><strong>Les « municipaux » à l’ouvrage</strong></p>
<p>Dans la soirée du 19 janvier, à Woippy (Moselle), trois jeunes d’une vingtaine d’années, circulant sans casque sur un scooter volé étaient pris en chasse par une patrouille de la police municipale.  Dans un virage, le scooter dérapait, le conducteur était tué sur le coup. L’un des passagers étant grièvement blessé. (Source, <em>France Info</em>, 20 janvier 2010)</p>
<p><strong>Productivisme policier</strong></p>
<p>Soixante travailleurs sans papiers en grève qui occupaient depuis octobre 2009 le chantier de l’ancien hôtel Majestic, à Paris, ont été « évacués » par la police, le 20 janvier. (Source, <em>20 Minutes</em>, 21 janvier 2010)</p>
<p><strong>Informez-nous !</strong></p>
<p>Nous manquons toujours cruellement d’informations parues dans la presse régionale concernant les dérapages policiers. Nous attendons les coupures de journaux, à l’adresse suivante : Observatoire des libertés publiques, C/O NSP, 20 rue Courat, 75020 Paris.</p>
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		<title>QUE FAIT LA POLICE ? – Bulletin d’information anti-autoritaire – Nouvelle série – numéro 36 – janvier 2010</title>
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		<pubDate>Mon, 28 Dec 2009 17:24:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Observatoire des Libertés Publiques]]></category>

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		<description><![CDATA[Il est vrai que, dans l'esprit étroit de ceux qui nous gouvernent, les éléments porteurs de désordre seraient de plus en plus nombreux, particulièrement parmi ces sans papiers, qui ont eu le tort de choisir de vivre et travailler au pays de la liberté. Tout aussi dangereuses, ces unions qualifiées de <em>mariages gris</em> par notre gardien de l'Identité nationale. Lequel estime suspect le fait qu'un homme ou une femme à la peau colorée puisse éprouver le désir de se marier avec un ou une autochtone au teint plus clair. <em>Mariages gris</em>, martèle Eric "Judas" Besson, et les policiers sont prêts à  interpeller les égarés qui croyaient encore au symbole du pays des Droits de l'homme. Si l'on ne s'inquiète pas réellement de ces dérives, dans notre démocratie égarée, c'est peut-être parce que le langage codé permet encore de masquer les mauvaises manières d'un pouvoir qui s'abrite derrière la recette éculée de l'Identité nationale, pour persuader les bons blancs que l'on est tellement en sécurité entre Français de France. Cela sous l'oeil suspicieux d'une police toujours en embuscade.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Editorial : Mariages gris &#8230; chemises brunes !<br />
</strong></p>
<p>La fin de l&#8217;année 2009 aura vu la disparition du poste de défenseur des enfants, dans le même temps qu&#8217;était décidée la constitution d&#8217;un fichier de police pour les mineurs délinquants, dès 1&#8242;âge de 13 ans. I1 y avait une Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) qui permettait, même de façon limitée de faire connaître les dérives policières les plus flagrantes mais cette instance a été supprimée. Tout cela dans une indifférence quasi-générale. Le gouvernement expliquant que les droits des uns et des autres seront bien mieux défendus dans une structure fourre-tout. Il en va un peu de même de la Commission informatique et liberté (CNIL), qui peut encore exister car ses avis ne sont que consultatifs, particulièrement en matière de fichiers de basse police. Dans notre douce France, tout se passe comme si l&#8217;ordre devait primer toute autre préoccupation. </p>
<p>Il est vrai que, dans l&#8217;esprit étroit de ceux qui nous gouvernent, les éléments porteurs de désordre seraient de plus en plus nombreux, particulièrement parmi ces sans papiers, qui ont eu le tort de choisir de vivre et travailler au pays de la liberté. Tout aussi dangereuses, ces unions qualifiées de <em>mariages gris</em> par notre gardien de l&#8217;Identité nationale. Lequel estime suspect le fait qu&#8217;un homme ou une femme à la peau colorée puisse éprouver le désir de se marier avec un ou une autochtone au teint plus clair. <em>Mariages gris</em>, martèle Eric &laquo;&nbsp;Judas&nbsp;&raquo; Besson, et les policiers sont prêts à  interpeller les égarés qui croyaient encore au symbole du pays des Droits de l&#8217;homme. Si l&#8217;on ne s&#8217;inquiète pas réellement de ces dérives, dans notre démocratie égarée, c&#8217;est peut-être parce que le langage codé permet encore de masquer les mauvaises manières d&#8217;un pouvoir qui s&#8217;abrite derrière la recette éculée de l&#8217;Identité nationale, pour persuader les bons blancs que l&#8217;on est tellement en sécurité entre Français de France. Cela sous l&#8217;oeil suspicieux d&#8217;une police toujours en embuscade. &laquo;&nbsp;On rêve d’uniformes bleus et on découvre des chemises brunes !&nbsp;&raquo; C&#8217;était le cri d&#8217;alarme lancé par Denis Langlois, en l986, sous Pasqua, avec un peu d&#8217;avance. Nous en prenons le mauvais chemin !</p>
<p><strong>Maurice Rajsfus</strong></p>
<p><strong>faux témoignage ?<br />
</strong></p>
<p>En janvier 2009, Nicolas Sarkozy était de passage à Saint-Lô. Le service d&#8217;ordre policier était important. D&#8217;où cette interdiction de fait de protester, même de loin, contre la venue du président de la République. Au hasard, des policiers avaient désigné un militant de la CGT, qui sera poursuivi pour violence contre des fonctionnaires de l&#8217;ordre public. Le 24 novembre, la procédure était annulée pour vice de procédure et le syndicaliste relaxé. (Source, <em>Libération</em>, 25 novembre 2009)</p>
<p><strong>Faux et usage de faux<br />
</strong></p>
<p>En mars 2008, un policier du commissariat de Carcassonne s&#8217;était impliqué dans l&#8217;établissement de procurations irrégulières, lors des élections municipales. I1 aura fallu attendre dix-huit mois pour que cet honnête fonctionnaire soit mis en examen, le 24 novembre 2009. (Source, <em>Métro</em>, 25 novembre 2009).</p>
<p><strong>Qui a tué ?<br />
</strong></p>
<p>Dans la matinée du 25 novembre, un homme âgé de 36 ans était découvert mort devant le commissariat de police de Saint-Chamond (Loire). I1 n&#8217;était pas venu 1à tout seul&#8230; (Source, <em>Direct Matin</em>, 26 novembre 2009)</p>
<p><strong>Toujours le sursis !<br />
</strong></p>
<p>Le 26 novembre, le tribunal de Juvisy-sur-Orge (91) a condamné un policier à quatre mois de prison avec sursis. Qu&#8217;avait bien pu faire ce défenseur de l&#8217;ordre public ? Peu de choses ! En janvier 2008, il avait cassé le nez d&#8217;un gardé à vue au commissariat. I1 convient de noter que ce fonctionnaire avait malgré tout écopé d&#8217;un blâme en Commission de discipline. (D&#8217;après <em>Direct Matin</em>, 27 novembre 2009) </p>
<p><strong>Comptine<br />
</strong></p>
<p>Ces quelques vers, pleins de rancune, d&#8217;origine inconnue, traduisent bien la chaude amitié que peut provoquer la fréquentation de nos défenseurs de l&#8217;ordre public</p>
<p>&laquo;&nbsp;Une jolie casquette<br />
Pour la p&#8217;tite fliquette<br />
Une canette de bière<br />
Pour le commissaire<br />
Une petite claque<br />
Pour ceux d’la BAC<br />
Une fiole de lacrymo<br />
Pour les p&#8217;tits barjots !&nbsp;&raquo;<br />
(Et si vous preniez la suite…)</p>
<p><strong>Violences policières et faux témoignages<br />
</strong></p>
<p>Le 19 novembre, à l&#8217;occasion de la visite de François Fillon à Reims, des jeunes manifestaient devant le lycée Roosevelt contre le plan de réforme des lycées présenté par le premier ministre. La police ne manquait pas d&#8217;intervenir et quatre lycéens et étudiants étaient interpellés, placés en garde-à-vue pendant vingt-quatre heures. Jugés en comparution immédiate, sans avoir eu le temps de préparer leur défense, ces quatre jeune étaient condamnés à trois mois de prison avec sursis. Les parents de l&#8217;un d&#8217;eux rappellent que leur fils s&#8217;était fait interpeller et menotter juste après la manifestation, alors qu&#8217;il demandait aux CRS qui bouclaient le quartier à quel moment il pourrait reprendre son vélo. Immédiatement arrêté, il était accusé d&#8217;avoir jeté des pierres sur le service d&#8217;ordre policier. Cela malgré le témoignage approximatif d&#8217;un policier blessé qui disait n&#8217;avoir reconnu personne. En fait, il s&#8217;agit de condamnations sans preuve, alors qu&#8217;une bande vidéo, placés sous scellées n&#8217;était pas visionnée par le tribunal, comme le souligne le père de l&#8217;un des jeunes : &laquo;&nbsp;Cette condamnation met directement en péril l&#8217;accès à la vie professionnelle de mon fils au terme de ses études.&nbsp;&raquo; Briser la vie d&#8217;un jeune homme, qu&#8217;est-ce que cela peut bien faire à ces policiers auteurs de faux témoignages ? (Par internet, 29 novembre 2009)</p>
<p><strong>Geste technique&#8230;<br />
</strong></p>
<p>Le 20 février 2004, un jeune homme, âgé de 30 ans meurt asphyxié suite à son interpellation par des policiers du commissariat de Marignane. I1 s&#8217;appelait Karim. Question : ces policiers ont-ils provoqué la mort de cet homme en lui comprimant le thorax, pour l&#8217;immobiliser, jusqu&#8217;à provoquer l&#8217;asphyxie ? Les policiers sont intervenus chez lui, après qu&#8217;il a été blessé -comme après une bagarre. Pour ses voisins, ils n&#8217;avait pas &laquo;&nbsp;toute sa raison&nbsp;&raquo; et ses propos paraissaient &laquo;&nbsp;incohérents&nbsp;&raquo;. Cet éducateur sportif, qui pratiquait le karaté, était conduit au commissariat, où tout semble avoir dérapé. Appelé pour un placement en milieu psychiatrique, les pompiers, arrivés à 20 heures, ne constataient rien d&#8217;alarmant mais, à 21 heure, Karim ne respirait plus. A 21 h 10, lorsque le médecin arrive, il ne peuvent que constater un arrêt cardiaque qui a duré environ cinq minutes. Plongé dans le coma, le jeune homme décèdera à l&#8217;hôpital six jours plus tard. Selon un collège d&#8217;experts, sa mort serait due à un &laquo;&nbsp;arrêt ventilatoire puis circulaire&nbsp;&raquo;, provoqué par une contention &laquo;&nbsp;comprenant une compression thoracique abdominale&nbsp;&raquo;. Plusieurs adjoints de sécurité sont mis en cause. Selon un pompier, la victime était à terre, sur le dos, avec trois policiers sur lui, dont un sur la poitrine&nbsp;&raquo;. D&#8217;après un policier, trois ou quatre de ses collègues maintenaient Karim plaqué au sol&nbsp;&raquo; : L&#8217;un avait un genou sur 1e thorax, l&#8217;autre, les deux mains appuyées sur le ventre. &nbsp;&raquo; Même à l&#8217;IGPN, on s&#8217;est étonné : &laquo;&nbsp;Pourquoi l’avoir si longtemps neutralisé au sol, alors qu&#8217;il était suffisamment entravé, et n&#8217;offrait pas de résistance ?&nbsp;&raquo; Des policiers diront qu&#8217;il fallait se méfier d&#8217;un individu dangereux et qu&#8217;il était nécessaire d&#8217;éviter qu&#8217;il se fasse mal en se tapant la tête au sol. (sic) I1 faut bien convenir que la justice a longtemps traînée. En effet, il ne lui a pas fallu moins de cinq ans pour connaître les causes exactes du décès de Karim. (Si seulement ses parents avaient pris la précaution de le prénommer Charles). Finalement, ce n&#8217;est qu&#8217;au cours de l&#8217;été 2009 qu&#8217;une juge a commencé à instruire une information pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.&nbsp;&raquo; Quant aux quatre policiers, placés en situation de témoins assistés, ils nient tout geste fatal, avec cet argument classique : &laquo;&nbsp;Il a été maintenu avec force mais c&#8217;était la force strictement nécessaire&#8230; &nbsp;&raquo; finalement, aucune mise en examen n&#8217;a été prononcée. Sans doute parce que les policiers incriminés s&#8217;étaient contentés de quelques gestes techniques enseignés dans les écoles de police&#8230; (D&#8217;après <em>Libération</em>, 1er décembre 2009)</p>
<p><strong>Remord judiciaire<br />
</strong></p>
<p>En août 2009, un gendarme qui avait tué de trois coups de feu un jeune homme qui tentait de s&#8217;évader de la gendarmerie de Brignolle (33) avait bénéficié d&#8217;un étonnant non-lieu, car il n&#8217;était pas en situation de légitime défense. Le 1er décembre, la cour d&#8217;appel d&#8217;Aix-en-Provence devait infirmer ce jugement. Le pandore sera renvoyé devant une cour d&#8217;assises pour &laquo;&nbsp;coups mortels&nbsp;&raquo;. (Source, <em>20 Minutes</em>, 2 décembre 2009)</p>
<p><strong>Fichiers<br />
</strong></p>
<p>Les 1er et 2 décembre 2009 étaient examinée, à l&#8217;Assemblée nationale une proposition de loi de &laquo;&nbsp;simplification et d&#8217;amélioration de la qualité du droit.&nbsp;&raquo; En fait de simplification, il se trouve que, parmi les dispositions législatives pouvant être prises par le gouvernement, au travers de simples ordonnances ayant force de loi, figure une section autorisant la création de nouveaux fichiers de police. Cela en toute transparence démocratique, sans que la &laquo;&nbsp;représentation nationale&nbsp;&raquo; soit consultée de quelque façon que ce soit. (D&#8217;après <em>Le Monde</em>, 2 décembre 2009)</p>
<p><strong>Révolte policière&#8230;<br />
</strong></p>
<p>Le 3 décembre, quelque 2 000 policiers manifestaient à Paris, devant le ministère des Finances. Motif de cette démonstration inhabituelle, ces fonctionnaires de l&#8217;ordre public exprimaient leur &laquo;&nbsp;ras-le-bol&nbsp;&raquo; devant la baisse des effectifs, tandis qu&#8217;une politique du résultat leur est imposée, avec des objectifs jugés inatteignables, &laquo;&nbsp;loin des réalités&nbsp;&raquo;. D&#8217;autres manifestations se sont ainsi déroulées à travers la France, à l&#8217;appel de l&#8217;Union SGP/ Unité police. Fort bien. Et si les policiers affiliés à ce syndicat mettaient moins de zèle à l&#8217;accomplissement de certaines missions, où la brutalité n&#8217;est jamais négligée, peut-être qu&#8217;il seraient mieux compris de la population à laquelle ils semblent s&#8217;adresser. (D&#8217;après, <em>Direct Matin</em>, 4 décembre 2009)</p>
<p><strong>Justice 1, police 0<br />
</strong></p>
<p>Le 3 décembre, il était possible d&#8217;apprendre, de source policière, que des juges du tribunal de Bobigny (93) n&#8217;avaient pas renouvelé, le 1er décembre, un certain nombre de garde-à-vue, en invoquant l&#8217;absence de l’avocat dès la première heure de la procédure. A cette occasion, il est rappelé qu&#8217;en vertu des règlements de la Convention européenne des droits de l&#8217;homme (CEDH),&nbsp;&raquo; un accusé doit, dès qu&#8217;il est privé de liberté, pouvoir bénéficier de l&#8217;assistance d&#8217;un avocat.&nbsp;&raquo; De plus, rappelle la CEDH, &laquo;&nbsp;I1 est porté une atteinte irrémédiable aux droits de la défense lorsque les déclarations incriminantes faites lors d&#8217;un interrogatoire de police sans assistance d&#8217;un avocat sont utilisées pour fonder une condamnation. &nbsp;&raquo; (Source, <em>Métro</em>, 4 décembre 2009)</p>
<p><strong>Petit ripoux<br />
</strong></p>
<p>Un policier, qui avait fait &laquo;&nbsp;fuiter&nbsp;&raquo; des photos de Jean-Pierre Treiber, en cavale, photos publiées dans <em>Le Figaro-Magazine </em>du 17 octobre 2009, était interpellé le 2 décembre. I1 s&#8217;agit d&#8217;un major en poste à la Direction interrégionale de la police judiciaire de Dijon. Aussitôt placé en garde-à-vue, il devait reconnaître les faits avant d&#8217;être suspendu le 3 décembre. Selon le ministère de l&#8217;Intérieur, ce policier a reconnu avoir contacté les journalistes et leur avoir remis les photos qui ont été publiées. Interrogé pour savoir si cette remise de photo avait ou non donné lieu à un échange d&#8217;argent, Brice Hortefeux s&#8217;est borné à dire que, &laquo;&nbsp;pour l&#8217;instant, nous n&#8217;avons pas de précisions sur ce point&nbsp;&raquo;. Cette déclaration, en demi-teinte, parait ressembler à un véritable aveu du ministre. En fait, ce policier véreux aurait bien &laquo;&nbsp;touché&nbsp;&raquo;. (D&#8217;après <em>Libération</em>, 4 décembre 2009)</p>
<p><strong>Garde-à-vue et inhumanité policière<br />
</strong></p>
<p>Il en va de la garde-à-vue comme de la qualité de l&#8217;interpellation. Les policiers, bien au-delà des textes qui régissent leurs compétences, s&#8217;appliquent toujours à mal faire, lorsque cela est possible. Après la mise en garde-à-vue d&#8217;une avocate, le 16 novembre 2009, à Meaux, suite à laquelle celle-ci a raconté qu&#8217; elle a été &laquo;&nbsp;traitée comme un animal&nbsp;&raquo; (se reporter à <em>Que fait la police ?</em>, décembre 2009), 1e bâtonnier du barreau de Paris lançait un appel contre les méthodes policière,dont il disait : &laquo;&nbsp;toute la stratégie de la garde-à-vue consiste à malmener le corps ! &nbsp;&raquo; Même si la ministre de la Justice affirme que &laquo;&nbsp;la garde-à-vue doit être limitée aux seules hypothèses des crimes et des délits pour lesquels l&#8217;emprisonnement est encouru&nbsp;&raquo;, les policiers utilisent cette pratique pour tenter de faire &laquo;&nbsp;craquer&nbsp;&raquo; quiconque peu lui offrir une vague possibilité de &laquo;&nbsp;coincer&nbsp;&raquo;, peut-être, une personne parfaitement innocente, à force de pression morale. Comme le souligne le bâtonnier des avocats de Paris, qui accuse la PJ de Meaux d&#8217;avoir pratiqué &laquo;&nbsp;des traitements inhumains et dégradants, sans justification et sans proportion avec ce qui pourrait être en cause.&nbsp;&raquo; Le ton est rapidement monté, puisque suite à l&#8217;appel lancé le 30 novembre par le bâtonnier, 1e syndicat des commissaires de police se déclarait scandalisé, dans un communiqué publié 1e 2 décembre 2009, où il était souligné que : &laquo;&nbsp;Les policiers sont des hommes et des femmes qui n&#8217;ont pas de leçons d&#8217;intégrité à recevoir de la part de commerciaux dont les compétences en matière pénale sont proportionnelles aux montants des honoraires perçus&nbsp;&raquo; A la suite de quoi le bâtonnier des avocats de Paris devait décider de poursuivre, en &laquo;&nbsp;diffamation publique&nbsp;&raquo;, le syndicat des commissaires de police. Lequel devrait se pencher avec attention sur le <em>Code de déontologie de la police</em>, où il est spécifié, à 1&#8242;article 10 : &laquo;&nbsp;Toute personne interpellée est placée sous la responsabilité et la protection de la police. Elle ne doit subir, de la part des fonctionnaires de police, ou de tiers, aucune violence ni aucun traitement inhumain ou dégradant.&nbsp;&raquo; Déjà, les policiers sont en passe de voir satisfaite une vieille revendication à la suppression du Juge d&#8217;instruction. Bientôt, peut-être, ils tenteront d&#8217;expliquer l&#8217;inutilité des avocats, ces &laquo;&nbsp;commerciaux&nbsp;&raquo; qui ne seraient que des gêneurs&#8230; (D&#8217;après <em>Libération</em>, 5 décembre 2009)</p>
<p><strong>Rigolo</p>
<p></strong></p>
<p>Le secrétaire général du syndicat des policiers en tenue Union SGP/FO, Nicolas Comte, évoque le malaise qui traverse la police. Entres autres raison, la politique du résultat imposée aux fonctionnaires d’autorité. Pourtant, lorsqu’il lui est rappelé qu’en 2003 les policiers ont accepté cette obligation du chiffre, ce brave syndicaliste vend la mèche. Ce n’est pas directement la culture du résultat qui pose problème mais l’annonce de la baisse des effectifs.  En clair, la politique répressive ne pose pas de problème mais, à cette fin, il convient d’être suffisamment nombreux, d’être bien équipé, de disposer de nouveaux matériels, avec de bonnes perspectives professionnelles. Si l’on a bien compris Nicolas Comte, de meilleurs salaires permettraient de cogner davantage, sans état d’âmes… « …Aujourd’hui, on est toujours sur la religion du chiffre, mais sans les moyens et avec un système qui se mord la queue… » Il paraît que l’Union SGP/FO serait un syndicat de gauche. (D’après <em>Libération</em>, 3 décembre 2009)</p>
<p><strong>Auxiliaire de police<br />
</strong></p>
<p>Le 3 décembre, le tribunal correctionnel de Bobigny (93) a condamné à une année de prison ferme un maître-chien dont l’animal avait mortellement blessé un bébé âgé de 19 mois, à Bobigny, en octobre 2007. Cet agent de sécurité était jugé pour homicide involontaire par violation manifeste délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence imposée par la loi. Son chien, un rottweiller-malinois, chien dangereux de catégorie 2, s’était jeté sur le bébé, dans le hall d’un immeuble, sans lâcher prise. A l’évidence, ce chien ne portait pas de muselière. Il convient de rappeler qu’il y a quelques mois, évoquant la diminution des effectifs de fonctionnaires policiers, Nicolas Sarkozy avait estimé qu’il fallait favoriser l’embauche de nombreux agents de sécurité. (D’après <em>Vosges-Matin</em>, 4 décembre 2009)</p>
<p><strong>A Nice : couvre-feu pour les moins de 13 ans<br />
</strong></p>
<p>La décision du maire de Nice, Christian Estrosi, par ailleurs ministre de l’industrie, d’instaurer un couvre-feu pour les moins de 13 ans, ne cesse de faire polémique. Particulièrement dans les milieux policiers. C’est ainsi que les représentants de deux syndicats de policiers en tenue, Alliance et Union SGP/FO craignent que cet arrêté municipal fasse sortir les policiers de leur rôle : « La police nationale n’est pas là pour jouer un rôle d’assistante sociale. », ont-ils déclaré. De leur côté, les policiers municipaux, salariés de la ville de Nice, ne voient pas d’inconvénient à cette mesure : « On voit d’un œil favorable tout ce qui peut permettre de réduire l’insécurité et la dérive des jeunes », affirment ces policiers de complément. (Source <em>Vosges-Matin</em>, 5 décembre 2009)</p>
<p><strong>Petit curieux<br />
</strong></p>
<p>Le 5 décembre, une enquête judiciaire, visant un policier du commissariat de Nîmes, était ouverte pour « violation du secret professionnel et consultation prohibée de documents informatiques. »  Au travers de cette information, en provenance d’une source mal définie, il semblerait que cet excellent fonctionnaire, délégué régional du syndicat de policiers en tenue, Alliance, se soit un peu « promené » dans certains fichiers, sans autorisation particulière. (D’après <em>Libération</em>, 7 décembre 2009)</p>
<p><strong>Petits gredins<br />
</strong></p>
<p>Le 7 décembre, deux policiers parisiens, en poste à la 12è section de la Direction du Renseignement de la préfecture de police, chargés de la lutte contre l’immigration clandestine, ont été suspendus après avoir été mis en examen pour « vols aggravés en réunion par personnes dépositaires de l’autorité publique. » Ces deux fonctionnaires d’élite, qui étaient chargés de surveiller les milieux tamouls, dans le quartier de la gare du Nord, ont néanmoins été laissés en liberté, sous contrôle judiciaire. Le 4 décembre, dans la soirée, ces honnêtes policiers s’étaient introduits dans un magasin de téléphonie du 10è arrondissement, bien décidés à s’écarter de leur mission d’ordre public. Brassard de police en évidence et exhibant leur carte professionnelle, ils ‘étaient dirigés vers les comptoirs de vente pour s’emparer de cartes téléphoniques, et dérober la recette de la journée, soit 6.000 euros. Manque de chance, ces deux malfrats avaient été filmés par une caméra de surveillance. Leur mauvais coup fait, les deux policiers, poursuivis par les commerçants du quartier, abandonnaient sur la chaussée le fruit de leur larcin, avant de se retrouver face à leurs collègues policiers qui devaient les interpeller.  Au commissariat, ces petits gredins tentaient d’expliquer qu’il s’agissait d’un contrôle d’identité ayant mal tourné. Les deux ripoux ont malgré tout été suspendus par le préfet de police, avec interdiction de conserver leur arme de service. C’était bien le moins.  Le côté comique de cette histoire est fourni par le parquet, qui tenait à souligner immédiatement que ce genre de fait, impliquant  des policiers « est très rare ».  De son côté, le syndicat Synergie-officiers mettait malgré tout un conditionnel à cette affaire : « Si l’enquête conclut à la responsabilité des policiers, il faut que la sanction soit ferme car, au-delà des faits, cette affaire jette le discrédit sur l’ensemble de la corporation. » La formule « si » pouvant signifier « si les faits sont avérés », rejoint le « très rares » du parquet. « Rares » ou « si » ne peuvent qu’étonner car, en 2008, ce sont 3.423 sanctions qui ont été prononcées contre des fonctionnaires de police. (Sources, <em>France Info</em>, <em>France Inter</em>, <em>Canal +</em> et <em>France 2</em>, avec images significatives, 8 décembre, <em>Métro</em>, 9 décembre 2009)</p>
<p><strong>Derniers sursauts de la CNDS<br />
</strong></p>
<p>La Commission nationale de la déontologie de la sécurité (CNDS), vit ses dernières semaines, car elle doit céder la place à un improbable « défenseur des droits ». Avant de fermer boutique, elle donnait un avis, le 16 novembre sur un abominable « fait divers » au cour duquel un policer de Saint-Germain-en-Laye (78) s’était illustré par un « usage disproportionné de la force, manque de discernement, manquement graves aux règles de la déontologie. » (Se reporter à Que fait la police ?, avril 2009). Suite à un simple contrôle pour avoir soi-disant refusé la priorité à un piéton, une bonne bourgeoise mère de famille avait été brutalement menottée dans le dos, provoquant une entorse au coude, et dix jours d’ITT. Placée en garde à vue pour « outrage » et « rébellion », cette dame avait dû subir ensuite une fouille à nu « comme le veut la procédure. » Dans ce qu’il paraît être l’un de ses derniers avis, la CNDS recommande au ministre de l’Intérieur de lancer une procédure disciplinaire à l’encontre des policiers auteurs de cette dérive.  Tout en préconisant de rappeler aux fonctionnaires que les fouilles à nu ne doivent pas être systématiques. Heureusement, pour la police et ses serviteurs déviants, la CNDS va disparaître et son dernier avis risque de rester lettre morte. (D’après <em>Le Monde</em>, 9 décembre 2009)</p>
<p><strong>Contrôles au faciès : colère policière<br />
</strong></p>
<p>Le 9 décembre, le gardien de l’Identité nationale, Eric Besson, reconnaissait que de nombreux contrôles d’identité étaient effectués au faciès par la police. Le ministre ajoutait néanmoins que cette approche était « largement combattue ». Cette déclaration devait provoquer la colère des syndicats de policiers. Ainsi, Jean-Claude Delage, secrétaire général du syndicat Alliance (clairement de droite), dénonçait un « dérapage verbal ». De son côté, Nicolas Comte, secrétaire général de l’Union SGP/FO/Unité Police (soit disant de gauche), parlait de « propos inadmissibles ». Ce brave syndicaliste précisait, sans rire, « Les contrôles (au faciès) sont illégaux. Je ne comprends pas qu’un ministre de la République laisse supposer le contraire… » Il convient de préciser qu’en juin 2009, une étude sur les contrôles d’identité, à Paris, réalisé par un institut américain, arrivait à la conclusion que les policiers français se fondent principalement « principalement sur des critères d’ethnicité et non sur un quelconque comportement suspect. » Quant au syndicat d’officiers de police, Synergie, il rappelait que les contrôles d’identité étaient liés au « territoire » et non pas à « l’ethnie ». Encore faudrait-il définir la nature du territoire considéré. (Source, <em>20 Minutes</em>, 10 décembre 2009)</p>
<p><strong>Chauffards en uniforme<br />
</strong></p>
<p>Dans la matinée du 10 décembre, devant la préfecture de police de Paris, un fourgon de police, dont les occupants n’étaient pas en mission d’urgence, circulait sans gyrophare ni sirène. Passant au rouge sur un passage protégé, le véhicule ne s’arrêtait pas et blessait mortellement une greffière du tribunal correctionnel de Paris, âgée de 51 ans. Le fourgon qui, selon les syndicats de policiers, ne roulait qu’à 30 km/heure, avait plus de 125.000 kilomètres au compteur, était conduit par une jeune policière qui, à plusieurs reprises, avait averti son chef de bord que les freins ne répondaient pas. La policière était néanmoins placée en garde à vue. Le 12 décembre, la policière était mise en examen pour « homicide involontaire par conducteur de véhicule. »  et « défaut de maîtrise ». Plus généralement lorsque l’on assiste au passage d’un véhicule de police, circulant à vive allure, on ne se sent pas vraiment en sécurité. Il est vrai que les accidents – mortels ou pas – dont sont responsables les policiers, ne sont pas toujours mentionnes dans les informations. (Source, <em>France 2</em> et <em>Canal +</em>, 10 décembre et <em>20 Minutes</em>, 14 décembre 2009)</p>
<p><strong>Dans les clous…<br />
</strong></p>
<p>En 2008, à Versailles, un sexagénaire qui traversait la chaussée, alors que le feu était au rouge, avait été contrôlé par une policière. Selon elle, ce piéton l’avait alors outragée. Vers 22 heures 15, deux policiers devaient se rendre au domicile de cet ennemi public pour lui notifier convocation au commissariat de police. Face à ses protestations, l’homme avait immédiatement été menotté, et placé en garde à vue durant 20 heures. Jugé devant le tribunal correctionnel, à Versailles, ce dangereux « individu » connaîtra sa peine le 11 février 2010. Il faut espérer que la justice saura se montrer impitoyable. (D’après <em>20 Minutes</em>, 11 décembre 2009)</p>
<p><strong>Mauvaises manières<br />
</strong></p>
<p>Le 4 décembre, dans la matinée, plusieurs dizaines d’élèves du lycée Sophie Germain, à Paris, manifestaient devant leur établissement contre la réforme des lycées et, particulièrement, la suppression de l’enseignement de l’histoire dans les terminales scientifiques. Un manifestant raconte : « Nous étions une cinquantaine, avec une centaine de lycéens derrière nous. Tout à coup, des policiers sont arrivés. Certains avaient même des mitraillettes. Ils ont commencé à nous donner des coups de pied, de poing, à nous taper avec leur talkie-walkie, à nous tirer par les cheveux… » (Source, <em>Libération</em>, 12 décembre 2009)</p>
<p><strong>Identité religieuse : version policière<br />
</strong></p>
<p>Le 13 décembre, Brice Hortefeux annonçait la création d’un poste de préfet coordinateur chargé de la lutte contre l’antisémitisme. Ce préfet ayant « une autorité suffisante » sur les acteurs de la sécurité, en lien avec le préfet de police et les directeurs généraux de la police et de la gendarmerie, « pour prévenir et réprimer ces actes inadmissibles.» Fort bien. Question : y-aura-t-il bientôt un préfet chargé de la lutte contre les actes et menaces frappant les musulmans, ainsi que « les agressions verbales, les dégradations de bâtiments et les inscriptions diverses » ? Cela au nom de l’esprit d’égalité devant régner entre les minorités ; le ministre de l’Intérieur doit certainement y songer !<br />
Ce même 13 décembre, Brice Hortefeux, qui s’était récemment illustré avec des plaisanteries douteuses sur les Maghrébins, s’est vu décerner la médaille du « prix de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme », par l’Union  des patrons et professionnels juifs de France. (Sources, <em>20 Minutes</em>, 14 décembre et <em>Métro</em>, 15 décembre 2009)</p>
<p><strong>Interpellation ciblée<br />
</strong></p>
<p>Dans l’après-midi du 15 décembre, des postiers du syndicat Sud manifestaient devant l’Assemblée nationale, contre le projet de privatisation de la Poste. Au cours de l’intervention de la police et des gendarmes, Olivier Besancenot était brutalement pris à partie. Victime d’une clé au bras, il devait souffrir d’un doigt cassé et se retrouver à l’hôpital. Raison de cette interpellation musclée ? Le porte-parole du NPA tentait de revêtir une statue d’un costume de postier. (Sources, <em>20 Minutes</em> et <em>France 3</em> avec images significatives, 16 décembre 2009)</p>
<p><strong>Légitime défense ?<br />
</strong></p>
<p>A Villeneuve-Saint-Georges (94), dans l’après-midi du 15 décembre, des policiers de l’UTEQ (Unité territoriale de quartier) d’Orly relaient une équipe de policiers locaux qui ont pris en chasse un véhicule dont les passagers refusaient un contrôle. Se trouvant nez à nez avec cette voiture, l’un des policiers de l’UTEQ ouvrait le feu  deux reprises, blessant au bras une femme de 45 ans qui avait eu le tort de se trouver là. D’après un témoin, l’un des fuyards aurait été armé, mais rien ne le prouve.  Toujours est-il que le tireur explique qu’il s’estimait en situation de légitime défense. De son côté, l’IGN, saisie, devra déterminer l’origine des coups de feu mais, déjà, les policiers expliquent que la balle qui a touché la victime est arrivée par ricochet. (D’après <em>20 Minutes</em> et <em>Métro</em>, 16 décembre 2009)</p>
<p><strong>Ca cogne, à Rennes !<br />
</strong></p>
<p>Le 5 décembre 2009, à Rennes, lors d’une manifestation de chômeurs et précaires interdite par la préfecture, des barrages de CRS avaient été édifiés, tandis que des policiers de la BAC allaient se livrer à des brutalités ressemblant à de véritables lynchages. Quelques militants libertaires, violemment interpellés, seront jugés le 18 janvier 2010, sous l’accusation de « violences à agents ». (Source, <em>Le Monde Libertaire</em>, 17 décembre 2009)</p>
<p><strong>Photo de groupe illustrant l’identité nationale<br />
</strong></p>
<p>C’est un document publié dans Le Monde. Le sujet ? Cinq policiers d’une unité territoriale de quartier (UTEQ), de Marseille, procèdent à un contrôle d’identité. Contre le rideau de fer baissé d’un magasin d’alimentation, un jeune homme en short et maillot de corps léger est entouré par quelques anges gardiens dont la posture est édifiante. Si le jeune homme paraît paisible, il n’en va pas de même des policiers. L’un d’eux, apparemment chef de la patrouille, a la main droite sur la crosse de son revolver, et la main gauche occupée avec un objet difficile à identifier. L’une de ses collègues (la police est de plus en plus féminisée) a également la main droite sur son arme. Au centre de la photo, un collègue tient fermement sa matraque Tonfa  de sa main  gauche, tandis qu’un autre policier paraît inspecter minutieusement une petite moto. En fond de décor, le cinquième policier a les bras croisés. Quant au jeune homme, il est plutôt serein et doit se demander, peut-être, ce que ces policiers doivent bien lui vouloir. Rien de particulier donc. Peut-être même une opération de pure routine. Sauf qu’à l’évidence, nos défenseurs de l’ordre public ont dû déceler, au faciès, un « individu » peut-être trop « bronzé » à leur gré… (Source, <em>Le Monde</em>, 18 décembre 2009)</p>
<p><strong>Informez-nous !<br />
</strong></p>
<p>Nous manquons cruellement d’informations émanant de la presse régionale sur les dérapages policiers. Nous attendons les coupures de journaux à l’adresse suivante : <strong>Observatoire des libertés publiques c/o NSP, 20, rue Courat – 75020 Paris.<br />
</strong></p>
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		<title>QUE FAIT LA POLICE ? – Bulletin d’information anti-autoritaire – Nouvelle série – numéro 35 – décembre 2009</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Nov 2009 08:05:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Observatoire des Libertés Publiques]]></category>

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		<description><![CDATA[En un temps où les services publics sont de plus en plus menacés, il convient de poser la question essentielle : la police nationale est-elle un authentique service public ? Il faut être cohérents : la SNCF, la RATP, la Poste ou EDF rendent un évident service aux usagers. Est-ce le cas de la police ? Bien sûr, les uns et les autres font plus ou moins partie de la Fonction publique, mais seuls les policiers sont armés pour assurer des prestations, de type répressif il est vrai. [...] Ca serait donc également au nom de l’Identité nationale que les CRS ou les gendarmes mobiles sont lancés en permanence à la chasse aux jeunes Afghans, Irakiens, Kurdes, etc. qui ont eu l'audace de passer par la France pour tenter de rejoindre l'Angleterre. En ce sens nos policiers joueraient un rôle de salubrité publique essentiel dans un pays où, comme dans les partitions musicales, une blanche vaut deux noires]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Editorial : La police est-elle un service public ?</strong></p>
<p>En un temps où les services publics sont de plus en plus menacés, il convient de poser la question essentielle : la police nationale est-elle un authentique service public ? Il faut être cohérents : la SNCF, la RATP, la Poste ou EDF rendent un évident service aux usagers. Est-ce le cas de la police ? Bien sûr, les uns et les autres font plus ou moins partie de la Fonction publique, mais seuls les policiers sont armés pour assurer des prestations, de type répressif il est vrai.<br />
Les postiers, les cheminots ou les électriciens d&#8217;EDF sont proches des préoccupations des citoyens de ce pays, dont ils facilitent le quotidien. Peut-on en dire autant des policiers, particu1ièrement dans ces banlieues déshéritées où les petites casquettes s&#8217;appliquent surtout à pourrir la vie des jeunes dont ils considèrent l&#8217;origine incertaine. Les policiers seraient de bons français, d&#8217;où cette volonté de s’affirmer comme les meilleurs défenseurs de cette Identité nationale pour laquelle un ministère a été créé en 2007.<br />
Ca serait donc également au nom de l’Identité nationale que les CRS ou les gendarmes mobiles sont lancés en permanence à la chasse aux jeunes Afghans, Irakiens, Kurdes, etc. qui ont eu l&#8217;audace de passer par la France pour tenter de rejoindre l&#8217;Angleterre. En ce sens nos policiers joueraient un rôle de salubrité publique essentiel dans un pays où, comme dans les partitions musicales, une blanche vaut deux noires<br />
<strong>Maurice Rajsfus<br />
</strong></p>
<p><strong>Volée de bois secs<br />
</strong><br />
En février 2009, un policier municipal, en poste a Contrexeville (Vosges), s&#8217;était laissé aller à voler du bois, dans un écart de la ville. Voleur et stupide car ce fonctionnaire municipal s&#8217;appropriait le bien d&#8217;autrui, sans quitter son uniforme, et à l&#8217;aide d&#8217;un véhicule appartenant visiblement aux forces de l&#8217;ordre locales. Cet excellent citoyen s&#8217;est vu frappé, le 7 octobre, d&#8217;une peine d&#8217;interdiction d&#8217;exercer pendant six mois, et donc l&#8217;inscription de son délit au bulletin numéro 2 de son casier judiciaire. (Source,<em>Vosges-Matin</em>, 8 octobre 2009)</p>
<p><strong>Police partout, manif nulle part !<br />
</strong><br />
Le 17 octobre, à Rennes, la police était sur les dents. Raison de ce déploiement policier massif ? Une manifestation « radicale». avait été interdite, place de la gare. Plus de 200 policiers étaient présents sur les lieux, ainsi qu&#8217;un escadron de gendarmes mobiles venus en soutien. On ne sait jamais&#8230; Seuls une quarantaine de militants avaient tenté de se rassembler, place des Lices, avant l&#8217;arrivée des hommes en bleu. Avec, à la clef, contrô1e systématique des papiers, fouilles des sacs,et autres amabilités. Le tout sur fond de véhicules de police actionnant leur gyrophare. Pour ne pas s&#8217;être déplacés en vain, les gardiens de l&#8217;ordre public avaient interpellé trois personnes qui devaient être rapidement relâchées. (Source, <em>Libération</em>, 19 octobre 2009)</p>
<p><strong>La faim justifie certains moyens<br />
</strong><br />
Selon les Restos du Cœur de Rouen, les policiers se sont invités à leur dépôt, le 14 octobre. A cette occasion, une dizaine de bénéficiaires, sans papiers, venus chercher une aide alimentaire devaient être interpellés. Ce qui contredisait une promesse du gardien de l’Identité nationale, faite en juillet 2009, selon laquelle, « les lieux où sont soignés, alimentés, 1es personnes en situation de détresse ne sauraient être la cible d&#8217;une politique de contrôle et d&#8217;interpellation&#8230; » (Source, <em>20 Minutes</em>, 20 octobre 2009) </p>
<p><strong>Poitiers : acharnement policier<br />
</strong><br />
Le 10 octobre, à Poitiers, une &laquo;&nbsp;Journée anticarcérale&nbsp;&raquo; devait se terminer par un dérapage dû à l’intervention croisée d&#8217;une équipe de voyous, peu soucieux du caractère humanitaire de la manifestation, et de policiers décidés également à en découdre. A la suite de quoi, les policiers allaient interpeller, au hasard, quelques manifestants n&#8217;ayant aucun lien avec le désordre provoqué. Dans la soirée de ce 10 octobre, les policiers s&#8217;invitaient dans les lieux, occupés par un groupe local où devait se dérouler un concert et des débats, agressant la cinquantaine de jeunes présents. Un témoin raconte : &laquo;&nbsp;…Ils ont sorti tout le monde dans la cour, les mains sur la tête, puis ils nous ont pris en photo, un par un, jusqu&#8217;à une heure trente du matin. &nbsp;&raquo; Un autre expliquait : &laquo;&nbsp;On ne va pas être ultra gauchistes pour faire plaisir à Hortefeux !&nbsp;&raquo; Une perquisition sans objet devait compléter cette descente de police. (Source, <em>Le Monde</em>, 21 octobre 2009)</p>
<p><strong>Va te faire fiche !<br />
</strong><br />
Le 20 octobre, le Syndicat de la magistrature et le Syndicat des avocats de France ont dénoncé la création, par décret, des deux nouveaux fichiers de police dans lesquels ils voient une atteinte &laquo;&nbsp;patente&nbsp;&raquo; aux libertés publiques. Il s&#8217;agit d&#8217;un remix du fichier EDVlGE, mis en sommeil en 2008 et d&#8217;un fichier concernant les jeunes, dès l&#8217;âge de 13 ans. (Source, <em>Libération</em>, 21 octobre 2009)</p>
<p><strong>Taser vend la mèche<br />
</strong><br />
Le fabricant US du pistolet Taser a reconnu, le 21 octobre, que l&#8217;impulsion électrique de son arme pouvait provoquer un risque cardiaque &laquo;&nbsp;minimum&nbsp;&raquo;. Il conseille aux policiers qui en sont dotés de ne pas viser le torse mais plutôt le ventre et les jambes. Doit-on en conclure que certains policiers s&#8217;appliqueraient à tirer sur des zones sensibles ? (Source, France Info, 22 octobre 2009)</p>
<p><strong>Comptine<br />
</strong><br />
D&#8217;après une gentille rengaine en vogue dans le sud-est de la France, au XIXème siècle</p>
<p>&laquo;&nbsp;Rondins de bois<br />
Matraques en bois<br />
Piquent piquent<br />
Les bourriques<br />
A une seule<br />
On fait la nique<br />
Si elles sont huit<br />
On fait la gueule&nbsp;&raquo;</p>
<p>(Si le cœur vous en dit, continuez à alimenter cette rubrique gentiment subversive)</p>
<p><strong>Illégitime défense ?<br />
</strong><br />
Le 21 octobre, à Ozoir-La-Ferrière (77), un homme âgé de 52 ans, qui avait tenté de se suicider, sortait de chez lui, un couteau la main. Des policiers sont présents sur les lieux. Afin de stopper cet homme, ils font d&#8217;abord usage de Taser puis de Flashball. Cette utilisation d&#8217;armes &laquo;&nbsp;non-létales&nbsp;&raquo; paraissant insuffisante, l&#8217;un des policiers, qui estime qu’un collègue est menacé, ouvre le feu à plusieurs reprises. Quelques impacts de balles seront relevées sur une voiture garée à proximité. L&#8217;homme va décéder sur place, &laquo;&nbsp;en dépit des soins prodigués&nbsp;&raquo;. Bien entendu, l&#8217;IGS a fait savoir qu&#8217;elle enquêtait. (Sources, Canal +, avec images significatives, et <em>Direct Matin</em>, 22 octobre 2009)</p>
<p><strong>Encore un arbre mal placé : un mort !<br />
</strong><br />
Dans l&#8217;après-midi du 25 octobre, à Fréjus, des policiers poursuivaient un motard, âgé de 21 ans, qui tentait d&#8217;éviter un contrôle. Comme trop souvent, ce type d&#8217;intervention se terminera par la mort de ce jeune homme, dont la moto allait heurter un arbre. Comme d&#8217;habitude, les services de police devaient expliquer que le véhicule des poursuivants n&#8217;avait jamais été en contact avec le fuyard. Comme si cela était nécessaire pour affoler un garçon pris en chasse par des policiers. Il n&#8217;en reste pas moins que des témoins, dont des familiers de la victime, envisagent une poursuite plus active : coups de portière contre le motard ou même coups de matraque pour lui faire perdre l&#8217;équilibre. Toujours est-il que l&#8217;IGPN enquête sur la mort de ce garçon. (France Inter et France Info, 26 octobre, Canal + 27 octobre)</p>
<p><strong>Expulsion volontaire<br />
</strong><br />
Le 21 octobre, une jeune fille de 19 ans quitte le domicile familial, situé dans le 11ème arrondissement de Paris, pour se rendre à son lycée, situé dans le 10ème arrondissement, où elle prépare un BTS. Dans la correspondance du métro, à la station gare du Nord, cette jeune congolaise, titulaire d&#8217;un passeport en règle fait l&#8217;objet d&#8217;un contrôle d&#8217;identité. Elle est immédiatement conduite à Orly, et placée à bord d&#8217;un avion à destination de Brazzaville, d&#8217;où elle appellera sa mère, le lendemain matin. Pour la police, interrogée, il ne s&#8217;agit nullement d&#8217;une expulsion, et le vendredi matin, une version étonnante est proposée : la jeune fille a été raccompagnée &laquo;&nbsp;à sa demande&nbsp;&raquo;, dans son pays d&#8217;origine. Comme  l&#8217;explique sa maman, qui craint que sa fille se suicide : qui partirait pour le Congo avec un sac à dos d&#8217;écolier sur le dos ? (Source, <em>Métro</em>, 26 octobre 2009)</p>
<p><strong>Encore le sursis<br />
</strong><br />
En juin 2007, à Marseille, un véhicule de police fauchait, sur un passage protégé, un garçon âgé de 14 ans. Le 23 octobre 2009, le policier qui conduisait le fourgon, reconnu coupable par le tribunal correctionnel de Marseille, n&#8217;est pourtant condamné qu’à un an de prison avec sursis. Quant au supérieur de ce policier stagiaire, qui était à bord de la voiture, la justice l&#8217;a simplement relaxé. (Source, <em>Le Monde</em>, 26 octobre 2009)</p>
<p><strong>Patience et longueur de temps judiciaire<br />
</strong><br />
Les policiers faisant l&#8217;objet de poursuites s&#8217;appliquent toujours  à faire durer la procédure. Le 27 octobre 2005, à Clichy-sous-Bois, à l&#8217;issue d&#8217;une course poursuite avec des policiers, deux adolescents trouvaient la mort dans un transformateur où  ils s&#8217;étaient réfugiés. Allaient suivre trois semaines d&#8217;émeute, de colère sur tout, dans cette banlieue du &laquo;&nbsp;93&#8243;. Depuis, la procédure se prolonge. Pourtant, deux policiers ont été mis en examen, en 2007, pour non assistance à personne en danger. Depuis, les avocats de ces défenseurs de l&#8217;ordre public n&#8217;ont cessé de demander aux juges d&#8217;instruction de reporter la date de fixation d&#8217;un éventuel procès. Très récemment, les avocats des policiers ont demandé un complément d&#8217;instruction, afin de pouvoir auditionner le garçon survivant, l&#8217;accusant curieusement d&#8217;avoir mis en danger la vie de ses camarades. Ce qui permettrait de retarder, une fois de plus, la clôture de l&#8217;instruction de plusieurs semaines ou plusieurs mois. (Source, <em>Le Monde</em> et <em>20 Minutes</em>, 26 octobre 2009)</p>
<p><strong>Encore un non-lieu<br />
</strong><br />
En novembre 2007 à Villiers-le-Bel (95), un véhicule de police, avec deux fonctionnaires à bord, heurtaient, dans un carrefour, une mini-moto sur laquelle circulaient deux garçons, âgés de 15 et 16 ans. Tous deux devaient décéder sur le coup. Certes, les deux garçons roulaient assez rapidement, mais les policiers également. A noter que les policiers n&#8217;avaient pas actionné leur gyrophare et pas davantage leur avertisseur deux tons, au moment de l&#8217;impact. Toujours est-il que, le 26 octobre 2009, les deux policiers étaient mis hors de cause, bénéficiant d&#8217;un étonnant non-lieu. Cette décision des juges intervenait le jour même de l&#8217;ouverture du procès en appel de trois jeunes de Villiers-le-Bel, accusés de &laquo;&nbsp;caillassage des Forces de l&#8217;ordre, en réunion, avec guet-apens lors de ces violences&nbsp;&raquo;. L&#8217;avocat général du tribunal correctionnel de Versailles requierant à nouveau des peines de un à trois ans de prison entre les prévenus, comme en première instance. I1 convient de rappeler que ces &laquo;&nbsp;violences&nbsp;&raquo; était intervenue en réaction à la mort des jeunes. (Source, <em>20 Minutes</em>, 27 octobre 2009)</p>
<p><strong>Précaution sécuritaire<br />
</strong><br />
Le 27  octobre, Nicolas Sarkozy, se déplaçait dans le Jura pour y prêcher la bonne parole. Dans la matinée, après avoir visité une ferme d&#8217;élevage, et dialogué avec quelques paysans, il devait se rendre à Poligny pour intervenir devant un public &laquo;&nbsp;choisi&nbsp;&raquo;. Pour être certains de tenir à distance les manifestants paysans qui l&#8217;attendaient de pied ferme, ses proches avaient établi un périmètre de sécurité, avec environ 800 gendarmes mobiles visiblement déployés dans cette petite ville, quasiment en état de siège pour quelques heures. (D&#8217;après Canal + et France Inter, 27 octobre 2009)</p>
<p><strong>On expulse en banlieue&#8230;<br />
</strong><br />
A l&#8217;aube du 17 octobre, à Villetaneuse, quelques dizaines de familles de Roms ont été expulsées. En tout entre 300 et 400 personnes devaient être priées par les CRS d&#8217;aller voir ailleurs. I1 paraît que, lors de cette expulsion les familles ont pu récupérer un peu de leurs affaires. La plupart de ces parias ont ensuite tenté de gagner un autre terrain, toujours dans le &laquo;&nbsp;93&#8243;, à Epinay-sur-Seine. A la mi-septembre, les élus locaux avaient réclamés l&#8217;organisation d&#8217;une table ronde, pour tenter de régler le problème de l&#8217;hébergement de ces familles Roms, auquel le ministre de l&#8217;Identité nationale s’était engagé -mais sans suite jusqu&#8217;ici. (Source, <em>20 Minutes</em>, 28 octobre 2009)</p>
<p><strong>La Haine</p>
<p></strong>Dans la nuit du 28 au 29 octobre, dans le 17è arrondissement de Paris, une armoire métallique de deux mètres de haut était balancée du deuxième étage d’un immeuble sur une patrouille de police lancée à la poursuite de deux « individus ». Heureusement, il n’y a pas eu de blessés. (Source, <em>20 Minutes</em>, 29 octobre 2009)</p>
<p><strong>L’étranger, voilà l’ennemi !<br />
</strong><br />
Le 29 octobre, la CIMADE présentait son rapport annuel pour l’année 2008. Les informations et les conclusions de ce travail sont tristement édifiantes. En 2008, ce sont 32.268 personnes interpellées par les services de police, puis placées en détention. Ces parias, originaires de 163 pays différents, devaient être enfermés de 24 heures à 32 jours. Parmi ces étrangers sans papiers « retenus », il y avait 222 enfants. Pour la CIMADE, c’est le résultat de « l’application mécanique de la loi. Sans prise en compte des situations personnelles », ainsi que « la politique du chiffre », décidée par le gouvernement, qui conduit « à l’enfermement de femmes enceintes, de nourrissons, de malades et de personnes dont toute la famille vit en France et y travaille depuis parfois 20 ans. » Pour faire du chiffre, l’obsession du résultat conduit même à arrêter des touristes en règle, que l’on enferme avant de les expulser. Ce qui permet d’arrondir les chiffres au ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale.<br />
Au-delà de l’aspect répressif, le rapport de la CIMADE met en lumière le coût de cette politique, que l’on peut qualifier de nettoyage ethnique. Pour 2009, l’objectif des expulsions est de 27.000, ce qui coûterait environ 500 millions d’euros, chaque expulsion revenant à 18.500 euros. Dans le même temps, rappelle la CIMADE, cette politique d’expulsion entraîne nécessairement une réduction du droit des étrangers, ainsi que des atteintes graves aux droits fondamentaux de la personne humaine. (Sources, <em>Le Monde</em> et <em>L’Humanité</em>, 30 octobre 2009)</p>
<p><strong>Lieux de garde à vue<br />
</strong><br />
Le contrôleur général des lieux de privation des libertés s’est permis de critiquer les conditions de garde à vue, au travers de recommandations publiées au Journal Officiel du 28 octobre. Sont particulièrement épinglés les lieux d’enfermement gérés par la police, que le contrôleur qualifie « « d’atteintes à la dignité de la personne », ainsi que les pratiques en usage comme le retrait du soutien-gorge pour les femmes, ou des lunettes de vue, mesures imposées aux personnes placées en garde à vue. Plus généralement, le contrôleur a mis l’accent sur « la vétusté des locaux et les conditions dans lesquelles peuvent intervenir les avocats et les médecins. » (Source, <em>Le Monde</em>, 30 octobre 2009)</p>
<p><strong>Suicides en série<br />
</strong><br />
Le 1er novembre le syndicat SGT-FO, le plus représentatif parmi les policiers en tenue, demande, une fois de plus au ministre de l’Intérieur, « des engagements fermes » pour lutter contre les suicides de policiers. Dans un communiqué, ce syndicat déplore : « Depuis le 1er janvier 2009, la police nationale compte encore trente trois suicides à fin octobre 2009, et une moyenne de cinquante suicides par an sur un bilan de quinze années. » (Source, <em>Métro</em>, 2 novembre 2009)</p>
<p><strong>Sur le tas<br />
</strong><br />
Dans l’après-midi du 2 novembre, la police devait procéder à l’évacuation de 300 travailleurs sans papiers qui occupaient, depuis le matin, le chantier de la tour First de La Défense, sur laquelle ils travaillaient habituellement. (Source, <em>20 Minutes</em>, 30 novembre 2009)</p>
<p><strong>Moins de suicides…<br />
</strong><br />
Le 3 novembre, le ministère de l’Intérieur annonçait que le nombre de suicides de policiers était en  baisse, contredisant le communiqué du syndicat SGP-Police. Si 33 policiers se sont donnés la mort au cours des dix premiers mois de 2009, ce sont 44 de leurs collègues qui ont mis fin à leurs jours sur la même période de 2008. (Source, <em>20 Minutes</em>, 4 novembre 2009)</p>
<p><strong>Gestes techniques…<br />
</strong><br />
En novembre 2005, au cours de la révolte des banlieues, des policiers en poste à La Courneuve (93) s’étaient livrés à des violences physiques sur un jeune homme âgé de 21 ans, au sortir de sa garde à vue. Projetée au sol, la victime avait reçu des coups de poing et des coups de genoux au visage, avant d’être traîné de nouveau dans le commissariat. Cela en présence de six autres policiers, qui n’étaient pas intervenus. Il se trouve que la scène avait été filmée par des journalistes de France 2. Au cours du procès, le 2 novembre 2009, l’une de ces brutes devait expliquer qu’il s’agissait « de gestes techniques appris en école de police. » Ah bon, dans le programme de pédagogie active dispensé aux futurs gardiens de la paix, i ; y aurait l’enseignement de la trop célèbre « balayette », suivis de brutalités sur un homme à terre ? Devant le tribunal de Bobigny, trois de ces policiers étaient poursuivis pour « violences aggravées », ainsi que pour « faux en écritures ». Deux policiers ont été condamnés à un an de prison avec sursis et interdiction d’exercer pendant cette période, le troisième écopant de six mois de prison, également avec sursis. Le syndicat de policiers en tenue, Alliance, devait trouver ce verdict « disproportionné. » (D’après <em>France Info</em> et <em>France Inter</em>, 3 novembre 2009)</p>
<p><strong>Rafle !<br />
</strong><br />
Dans la nuit du 3 au 4 novembre, des cars de CRS encerclaient le square Villemin, dans le 10è arrondissement de Paris. Une quinzaine de sans papiers, majoritairement Afghans, devaient être interpellés au cours de cette opération. (Source, correspondant RESF, 4 novembre 2009)</p>
<p><strong>Mauvais comptes<br />
</strong><br />
Le 2 novembre, à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Intérieur annonçait le recrutement de plus de 10.700 policiers et gendarmes, en 2010, (4.240 policiers et 6.514 gendarmes). Cela grâce à une augmentation de son budget. Pourtant, les syndicats de policiers, tout la Commission des finances de l’Assemblée nationale, estiment que la police nationale devrait perdre 1.390 postes et la gendarmerie 1.354, en 2010, en raison de la RGPP (Révision générale des politiques publiques). Les une et les autres feraient bien de se mettre d’accord. (Source, <em>Direct Matin</em>, 4 novembre 2009)</p>
<p><strong>Rigolo<br />
</strong><br />
Un général d’armée (dont nous tairons le nom par charité mécréante) commandeur de la Légion d’honneur, est renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris. De quoi cet éminent militaire peut-il être coupable ? Peu de choses ! Nous venons seulement d’apprendre que ce « gégène », jadis charger d’inculquer les vertus patriotiques aux jeunes recrues, avait tendance à surtout s’intéresser aux bambins en culottes courtes. En effet, alors que les policiers français avaient été mis sur sa piste, en 2006, par des collègues autrichiens sur des réseaux pédophiles,  puis mis en examen en juin 2008, nous avons aujourd’hui la certitude que ce collectionneur attentif avait rassemblé quelques 3.000 photos pornographiques mettant en scène des enfants âgés de 6 mois à 12 ans. Le général a reconnu les faits et s’est dit prêt à engager « une démarche thérapeutique ». Il serait temps, car ce glorieux traineur de sabres a déjà 68 ans. Il nous a paru important de relater ce triste fait divers car les militaires font partie de ces forces de l’ordre que les mauvais sujets risquent de rencontrer sur leur chemin. (D’après <em>20 Minutes</em>, 4 novembre 2009)</p>
<p><strong>Un groupuscule aux contours mal définis<br />
</strong><br />
Dans la soirée du 3 novembre, dans le 4è arrondissement de Paris, la police a procédé à l’évacuation d’un squat occupé par une dizaine de jeunes. Pourtant, contrairement aux autres opérations de ce genre, cette évacuation devait donner lieu à plusieurs interpellations pour « vérifications d’identité »  car ces jeunes seraient « issus de la mouvance de l’ultra-gauche, un « groupuscule aux contours mal définis », selon une source policière. Dans la soirée, tous devaient être remis en libertés. (Source, <em>Métro</em>, 5 novembre 2009)</p>
<p><strong>500 manifestants, 1.500 policiers !<br />
</strong><br />
Le 8 novembre, une manifestation et contre les longues peines de prison, et le respect des proches des personnes incarcérées se déroule dans les rues de Paris. Cette manifestation réunissait un millier de personnes – cinq cents selon la police. Une certitude : ce petit cortège était encadré par plus de 1.500 policiers en tenue. Il n’empêche, pour ne pas être venus en vain, la police procédait à dix interpellations pour contrôle d’identité. (Source, <em>Le Monde</em>, 10 novembre 2009)</p>
<p><strong>Toujours le flash-ball<br />
</strong><br />
Le 31 novembre 2007, à Nantes, lors d’une manifestation étudiante, un lycéen, grièvement blessé à la face par un tir tendu de flash-ball, perdait l’usage d’un œil. Les parents du garçon constatant, deux jours après avoir porté plainte que, si le policier auteur du tir a été clairement identifié, rien ne s’est vraiment passé depuis. Ils réclament « l’interdiction de l’usage de cette arme inappropriée pour le maintien de l’ordre. »  Par ailleurs, l’auteur de ce tir de flash-ball n’ a pas été mis en examen, comme cela a été le cas, en juillet 2009, pour l’auteur d’un tir identique, à Montreuil, s’étonnent les parents. A Nantes, l’auteur « présumé » du tir é été placé sous le statut de « témoin assisté », c’est-à-dire bénéficiaire de la présomption d’innocence. Dès lors, la partie civile exige la saisie de l’intégralité des films tournés par les policiers, à cette occasion, ainsi que les circulaires relatives à l’emploi du lanceur de balles de défense, arme plus puissante que le flash-ball, alors en expérimentation. (Source, <em>Le Monde</em>, 11 novembre 2009)</p>
<p><strong>Les ripoux ont la vie dure<br />
</strong><br />
Il existe, au sein de la police nationale, un Service de protection des hautes personnalités (SPHP) qui a pour mission d’assurer la sécurité des visiteurs de marque. Il n’est pourtant pas exclu que certains membres de cette unité d’élite se laissent aller à pratiquer la <em>Tricoche</em> (travail au noir). Ainsi, lors de visites à Paris de la famille royale d’Arabie Saoudite, plusieurs de ces policiers étaient payés au « black » &#8211; entre 300 et 500 euros par jour – pour protéger ces éminents visiteurs.  En compagnie de collègues des RG, ces excellents fonctionnaires de l’ordre public améliorait leur ordinaire en travaillant pour une officine de gardiennage et de sécurité, la Security Guards International, en dehors des heures de service, évidemment. Parmi ces policiers d’élite se trouvait un major, par ailleurs élu du syndicat Alliance de la police en tenue qui, accessoirement jouait les recruteurs pour cette louche institution. Le comique de cette histoire nauséabonde, c’est que l’officine dénommée Security Guards s’était installée rue des Saussaies, à quelques mètres du ministère de l’Intérieur. C’est même un policier qui veillait sur la berline du patron de ce « bouclard » (comme on dit en jargon policier), à bord de laquelle les enquêteurs de la police devait retrouver un gyrophare, des gilets pare-balles, ainsi que des fausses cartes de police. Malgré le procès en correctionnelle, qui devait dé »buter le 23 novembre, seuls des sous-fifres étaient appelés à comparaître. Les principaux protagonistes de cette <em>tricoche</em> sont toujours en service actif, après avoir été mutés. Il va de soi que l’enquête concernant les policiers a été stoppée. A suivre, peut-être… (Source, <em>Le Monde</em>, 11 novembre 2009)</p>
<p><strong>Inertie policière<br />
</strong><br />
Le 19 septembre, à Montauban, un français d’origine camerounaise et l’un de ses amis, « vrai blanc », étaient agressés dans la nuit par deux inconnus, lesquels avaient traité le premier de « sale noir ! » Le « noir » avait été sérieusement amoché et les deux hommes portaient plainte pour agression à caractère raciste. Il aura fallu attendre le 4 novembre, suite à l’injonction d’un magistrat, pour que la police locale se décide à interpeller l’un des agresseurs qui, le 6 novembre, donnera le nom de son complice, tous deux mis en examen, le même jour,  pour « violences volontaires » avec, enfin, l’ouverture d’une information judiciaire. Cette affaire met en lumière l’inquiétante inertie de la police dans une enquête techniquement simple. Il est rappelé que l’épouse du « noir » avait dû se rendre à deux reprises au commissariat, où l’on avait d’abord refusé de recevoir sa plainte. Au commissariat, les enquêteurs devaient expliquer, par la suite, qu’ils avaient reçu « ordre de ne pas communiquer ». Pas raciste, la police ? Enfin, pas trop ! (Source, <em>Le Monde</em>, 11 novembre 2009)</p>
<p><strong>Pandores énervés…<br />
</strong><br />
En avril 2008, à l’Ile-d’Abeau (Isère), quatre gendarmes mobiles « s’occupent » d’un adolescent, lors d’une interpellation. Ils le frappent rudement après l’avoir menacé. Le 10 novembre 2009, ces pandores brutaux sont condamnés, en correctionnelle, à des peines allant de quatre mois de prison avec sursis à un an ferme. (Source, <em>Direct-Matin</em>, 12 novembre 2009)</p>
<p><strong>On expulse durant la période hivernale<br />
</strong><br />
Il paraît qu’une loi interdit d’expulser les précaires durant la saison hivernale.  Il semble que cela ne concerna pas les parias venus de Roumanie. Ainsi, à l’aube du 12 novembre, près de quatre-vingts Roms étaient expulsés de leurs campements, à Villabé et à Ormoy, dans l’Essonne – les forces de l’ordre étant à la manœuvre. Selon l’association Solidarité avec les familles roumaines, « On éjecte les gens et on les repousse d’une commune à l’autre, sans régler le problème. » (Source, <em>20 Minutes</em>, 13 novembre 2009)</p>
<p><strong>Je te surveille, je te vois !<br />
</strong><br />
D’ici à 2011, 60.000 caméras de vidéosurveillance seront mises en place dans les rues de notre beau pays de France, contre 20.000 actuellement. C’est ce que le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, annonçait le 12 novembre. Il est vrai que nous avions été avertis, dès le 2 octobre par le premier ministre, François Fillon, qui qualifiait ce futur dispositif de « priorité absolue ». Pour le gouvernement, qui connaît les vertus du langage codé, il n’est pas question de vidéosurveillance mais de « vidéo-protection », ce qui ne maque pas de signifier qu’il est bien question d’assurer la sécurité des bons citoyens. De même, sans prendre trop de protection langagière, Nicolas Sarkozy avait fait savoir, dès le 15 septembre, qu’il trouverait les moyens de développer la vidéosurveillance, en passant « par-dessus la tête » des maires réticents. Pour la seule ville de Paris, 60 caméras par arrondissement seront mises en place. Ce qui s’ajouterait aux 120 caméras de voie publique et aux 120 caméras embarquées utilisées par la police, aux 206 caméras appartenant à la ville de Paris, aux 114 caméras du Parc des Princes, ainsi qu’aux 9.500 caméras installées par la RATP et la SNCF. Peut-on dire que <em>1984</em> n’est pas loin ? (D’après <em>Le Monde</em>, 13 novembre 2009)</p>
<p><strong>Course-poursuite : un mort !<br />
</strong><br />
Dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre, à Gray (Haute-Saône), un véhicule de gendarmerie entame une course-poursuite contre une voiture qui venait de forcer un contrôle. Comme bien souvent, ce genre d traque ne peut que se terminer tragiquement. C’est ainsi qu’à l’entrée de la ville le véhicule de ce fuyard terminait sa course contre un mur. Le conducteur, âgé de 22 ans, nécessairement « bien connu des services de police », devait décéder des suites de ses blessures au CHU de Besançon. Son passager, grièvement blessé, était admis à l’hôpital de Gray. Une enquête était aussitôt ouverte sur cet « accident » dont la victime se prénommait Hakim. Dans la soirée du 1er novembre, le quartier des Capucins, à Gray, était placé sous le contrôle d’une cinquantaine de CRS venus rapidement de Reims et de Joigny. (Source, <em>Vosges-Matin</em>, 2 et 3 novembre 2009)</p>
<p><strong>Angers : des policiers interpellent François Fillon<br />
</strong><br />
Le 7 novembre, à Angers, une vingtaine de policiers du syndicat SGT-FO unité police, manifestaient contre le manque de moyens dont ils estiment souffrir. Cette manifestation se déroulait à l’occasion d’un déplacement du premier ministre dans cette ville. Parmi ses collègues, l’un des contestataires avait revêtu un costume de poulet, les autres scandant : « On finance des banques à hauteur de plusieurs milliards d’euros pour avoir des beaux locaux comme ceux que Fillon va inaugurer, mais nos locaux sont totalement vétustes ! » Le porte-parole de ces policiers en colère déplorait le fait que les policiers soient obligés de « travailler dans des conditions scandaleuses… » (Source, <em>Vosges-Matin</em>, 8 novembre 2009)</p>
<p><strong>Mort dans un fourgon de police<br />
</strong><br />
Le 12 novembre, à Valentigney (Doubs), un homme de 41 ans, prénommé Mohamed, devait décéder dans le fourgon de police où il avait été chargé après un différend avec le pharmacien où il avait été chercher ses médicaments. Comme il se plaignait de la qualité des produits, et s’énervait, le pharmacien avait appelé la police. Les petites casquettes, qui étaient arrivées sans tarder, devaient affirmer avoir tenté de raisonner cet homme, avant de le sortir physiquement de la pharmacie et de le traîner dans le fourgon, tout en ajoutant qu’ils « avaient eu énormément de mal à le maîtriser, en raison de son excitation. »  Après un premier bilan médical, effectué par les pompiers, ces derniers devaient constater un arrêt cardiaque. En fait, selon le rapport d’autopsie aussitôt établi, l’homme souffrait d’une « altération cardiaque pré-existante » et d’un important stress.  L’un de ses frères indiquait, au cours d’une conférence de presse donnée le 15 novembre, qu’avec sa famille il allait se porter partie civile, en raison des « zones d’ombre » dans cette affaire. Il précisait : « Mohamed a pu se rebeller lorsqu’on lui a passé les menottes mais il a été maîtrisé par les policiers d’une façon qui a pu provoquer une détresse respiratoire. »  Il affirmait également, qu’à l’occasion de la toilette mortuaire de son frère, celui-ci avait « des bleus sur le visage et la lèvre éclatée. » Une enquête pour « rechercher les causes de la mort » a été confiée à la police judiciaire. (Source, <em>Vosges-Matin</em>, 14 et 15 novembre 2009)</p>
<p><strong>Bracelet électronique<br />
</strong><br />
Le 17 novembre, à Saint-Jean ( Haute-Garonne), des gendarmes sont venus passer un bracelet électronique à une femme camerounaise, âgée de 60 ans. Cette personne n’avait pas commis d’autre délit que d’être venue en France, avec un visa danois, pour y épouser un Français.  Une fois mariée, elle avait déposé, comme la loi l’y autorise, une demande de naturalisation. Mal lui en prend : arrêtée, placée en centre de rétention administrative, puis libérée, et assignée à résidence chez elle, mais sous surveillance électronique, cette femme malade, diabétique et insulo-dépendante, devait être expulsée en urgence dans la matinée du 18 novembre. Le préfet de Haute-Garonne n’avait peut-être pas atteint ses quotas d’expulsion. (D’après <em>Libération</em>, 18 novembre 2009)</p>
<p><strong>Comique de situation<br />
</strong><br />
Le 11 novembre, à Rennes, suite aux réquisitions du procureur, sans doute informé par quelques âmes charitables et patriotiques, les policiers interpellent onze personnes déguisées en clowns. Ces dernières, soupçonnées d’appartenir à la Brigade active des clowns (BAC) paraissaient vouloir perturber la célébration de l’armistice du 11 novembre 1918. Emmenées au commissariat, elles devaient en ressortir libres, quelques heures plus tard. Il n’y aura pas de poursuites. (Source, <em>Le Monde Libertaire</em>, 19 novembre 2009)</p>
<p><strong>Gardes à vue à gogo…<br />
</strong><br />
La garde à vue systématique est devenue une pratique habituelle de la police. En 2008, ce sont près de 578.000 « individus » qui se sont retrouvés en cellule de garde à vue, pour quelques heures ou plusieurs jours. Les policiers n’ont pas appris à faire dans le nuance !<br />
Le 16 novembre, une avocate du barreau de Paris était placée en garde à vue à Meaux. Il lu était reproché d’avoir violé le secret de l’instruction dans une affaire de stupéfiants. Convoquée à la police judiciaire de Meaux, elle passera huit heures en garde à vue, dans des conditions très dures. Refusant de passer outre au secret professionnel, elle sera soumise au rituel habituel de la procédure. Elle témoigne : « J’ai été fouillée à nu, photographiée comme un bandit, on a pris mes empreintes qui vont servir à nourrir je ne sais quel fichier. » Comme l’avocate ne se laisse pas faire, elle va faire l’objet d’un rapport d’incident pour son attitude, et la police envisage même de la poursuivre pour délit d’outrage. Amèrement, elle raconte : « J’étais seule dans une cellule…J’appelais pour aller aux toilettes, personne ne me répondait. J’ai eu droit à un demi verre d’eau pour prendre un cachet…En garde à vue, les gens sont traités comme des animaux… »<br />
Pour le bâtonnier du barreau de Paris, « C’est une nouvelle fois l’illustration des abus de garde à vue en France que nous dénonçons. » De son côté, le syndicat d’officiers de police, Synergie, estime que « Les avocats ne sont pas les garants des libertés publiques. Ils ne sont que les représentants des intérêts particuliers de leurs clients ! » Et de qui les policiers sont-ils les représentants ? Nous savons déjà, qu’à terme, les juges d’instruction sont amenés à disparaître. En sera-t-il de même pour les avocats dans un avenir plus lointain ? (D’après <em>Métro</em>, 18 novembre et <em>Le Monde</em>, 19 novembre 2009)</p>
<p><strong>A Reims : lycéens en colère<br />
</strong><br />
Le 19 novembre, le premier ministre était en visite à Reims. Il était venu y développer son thème sur l’égalité des chances. Peu convaincus, environ 150 lycéens manifestaient contre la prestation de François Fillon. Ce qui ne devait pas plaire aux forces de l’ordre – lesquelles ne tardaient pas à charger avec la plus grande violence. Sept des manifestants, qui protestaient surtout contre la réforme des lycées, devaient être interpellés et placés en garde à vue. (Sources, <em>Canal +</em> avec images significatives, 19 novembre et <em>Métro</em>, 20 novembre 2009)</p>
<p><strong>Pas raciste, la police ?<br />
</strong><br />
Cette information malsaine nous arrive tardivement. Le 17 novembre au soir, après le match de foot Egypte/Algérie, de nombreux jeunes d’origine maghrébine manifestaient leur joie sur les Champs-Elysées. Anys, étudiant à Sciences-Po, qui se trouve sur les lieux avec quelques amis, regarde avec étonnement les CRS matraquer tous ceux qui se trouvent à leur portée, et viennent de fracasser le nez d’un jeune homme, d’un coup de matraque bien ajusté. Un CRS s’approche de lui, menaçant, et éructe : « Qu’est-ce que tu regardes ? Dégage, dégage ! » Comme il répond à ce policier : « Je regarde devant moi, je connais mes droits, je suis étudiant à Sciences-Po… » L’homme casqué lui lance sur le mode énervé : »J’emmerde Sciences-Po ! » Comme l’étudiant lui fait observer qu’il est poli et qu’on ne doit pas utiliser untel langage, le dialogue prend fin car il vient de recevoir un jet de gel lacrymogène en pleine figure. Après cette agression gratuite, il croit entendre un policier lui dire : « Dégages, sale Arabe ! » Selon ses amis, le défenseur de l’ordre public lui aurait dit : » Sciences-Po ou pas, tu restes un Arabe ! » Contactée le 23 novembre, la préfecture de police n’a su répondre qu’à ce jour aucune plainte n’avait été déposée auprès de l’IGS… (Source, <em>Libération</em>, 24 novembre 2009)</p>
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		<title>QUE FAIT LA POLICE ? – Bulletin d’information anti-autoritaire – Nouvelle série – numéro 34 – novembre 2009</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Oct 2009 11:00:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Observatoire des Libertés Publiques]]></category>

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		<description><![CDATA[Et si la majorité de la population d'un pays démocratique faisait le constat qui s'impose : les forces de l'ordre protègent bien plus le pouvoir établi qu'elles ne se préoccupent du sort des plus démunis. La fameuse légende de la défense de la veuve et de l'orphelin n'est même plus évoquée, tant cela ferait sourire ceux qui ont été "éduqués" pour réprimer, dans les écoles de police.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><br />
Editorial  : Faisons un rêve &#8230;<br />
</strong>Et si la majorité de la population d&#8217;un pays démocratique faisait le constat qui s&#8217;impose : les forces de l&#8217;ordre protègent bien plus le pouvoir établi qu&#8217;elles ne se préoccupent du sort des plus démunis. La fameuse légende de la défense de la veuve et de l&#8217;orphelin n&#8217;est même plus évoquée, tant cela ferait sourire ceux qui ont été &laquo;&nbsp;éduqués&nbsp;&raquo; pour réprimer, dans les écoles de police. Une certitude : s&#8217;il y avait moins de policiers dans nos rues, là même où leur présence ne s&#8217;impose pas, la tranquillité de tous ne ferait qu&#8217;y gagner. En effet, si la performance exigée n&#8217;était plus la priorité, le nombre de délits constatés serait en forte diminution. Dans un climat apaisé, la question majeure ne pourrait que se poser : comment laisser le champ libre aux malfrats qui ne cessent de menacer les citoyens paisibles ? Mauvaise approche du problème car nous savons bien que nos policiers sont surtout occupés à traquer les sans-papiers, tout comme ils s&#8217;activent à faire régner un ordre musclé dans les banlieues. Sans oublier leur intérêt porté aux mouvements sociaux ou à la protection des personnalités en déplacement. A ceux qui se posent la question : Que fait la police ?, c&#8217;est là une réponse tristement sans réplique.<br />
<strong>Maurice Rajsfus<br />
</strong><br />
<strong>Appel à la délation<br />
</strong><br />
C&#8217;est nouveau, et cela sent le &laquo;&nbsp;caftage&nbsp;&raquo; à plein nez. Le 18 septembre, il était possible de prendre connaissance d&#8217;une opération pilote, rappelant un sinistre passé. Une adresse mail a été ouverte pour renseigner, en toute discrétion les services de police de l&#8217;Essonne (91). Sous couvert d&#8217;anonymat, les bons citoyens de ce département peuvent désormais renseigner la police, grâce à cette boite électronique. Le but de cet appel à dénoncer : &laquo;&nbsp;Mieux répondre aux attentes de la population, notamment en ce qui con cerne les délits troublant la tranquillité des habitants. Comme par exemple l&#8217;occupation des halls d&#8217;immeubles, les ivresses sur la voie publique ou les rodéos de moto.&nbsp;&raquo; Des fiches explicatives étant mises à la disposition du public dans les commissariats et les mairies. Les bons citoyens mécontents étant également invités à transmettre des photos et des vidéos. Une telle expérience avait déjà été tentée dans le Var, mais sans résultat, eu égard aux &laquo;&nbsp;contestataires&nbsp;&raquo; qui voyaient là un acte de délation. Il est vrai que lorsque l&#8217;on lâche la bride aux mauvais instincts les résultats vont bien au-delà du but recherché. Ainsi, à l&#8217;époque de l&#8217;occupation nazie (de l’été 1940 à l&#8217;été 1944), des millions de lettres de délation devaient arriver dans les Kommandanturs allemandes et les commissariats de police français. Comment ne pas noter que si la police allemande jetait à la corbeille tout ce qui ne concernait pas son activité répressive, les policiers de ce pays gardaient tout. On ne sait jamais&#8230; (D&#8217;après <em>Direct-Matin</em>, 21 septembre 2009)</p>
<p><strong>Rigolo<br />
</strong><br />
En juin 2009, un capitaine de gendarmerie, qui participait à une enquête dans les locaux de la police nationale, à Bayonne, arborait un tee-shirt portant les inscriptions, &laquo;&nbsp;Fuck la police&nbsp;&raquo; et, en suppléments &laquo;&nbsp;Fuck les lois&nbsp;&raquo;. Ce qui a déclanché la colère du syndicat d&#8217;officiers de police Synergie. Lequel a malgré tout attendu le 24 septembre pour alerter le ministère de l&#8217;Intérieur, considérant que ces inscriptions étaient &laquo;&nbsp;peu dignes d&#8217;un officier de gendarmerie, et insultantes à l&#8217;égard de l&#8217;institution policière.&nbsp;&raquo; On savait que les pandores et les petites casquettes ne s&#8217;appréciaient pas vraiment mais, à ce point, qui aurait pu l&#8217;imaginer ? (Source, <em>Libération</em>, 25 septembre 2009) </p>
<p><strong></p>
<p>Rigolo (2) </p>
<p></strong>Le 24 septembre, dans la soirée, dans l&#8217;Essonne, le directeur départemental de la sécurité publique avait un accrochage avec un autre véhicule. Le lendemain, le syndicat Alliance (policiers en tenue) de la police nationale rédigeait un tract, en interne, pour moquer ce haut fonctionnaire, auteur d&#8217;une &laquo;&nbsp;Charte du bon conducteur&nbsp;&raquo;, adressé l&#8217;été dernier aux policiers placés sous son autorité. Y a-t-il outrage dans les propos de ces soutiers de la sécurité publique : &laquo;&nbsp;La signature d&#8217;une charte ne protège pas des accidents courants de la circulation&nbsp;&raquo;. (Source, <em>20 Minutes</em>, 28 septembre 2009)</p>
<p><strong>Crise cardiaque ?<br />
</strong><br />
Dans la nuit du 26 au 27 septembre, dans le quartier du Vieux Lille, un homme âgé de 31 ans, qui avait fait un malaise cardiaque dans un fourgon de police devait décéder peu après. Suite à cet &laquo;&nbsp;incident&nbsp;&raquo;, plusieurs voitures allaient être incendiées dans ce quartier, tandis que les forces de l&#8217;ordre étaient prises à partie par une quarantaine de personnes, deux jeunes étant placées en garde à vue pour &laquo;&nbsp;violences et jets de projectiles&nbsp;&raquo;. (Source, <em>Libération</em>, 28 septembre 2009)</p>
<p><strong>Comptine<br />
</strong><br />
Cette charmante approximation nous a été confiée par une enseignante à la retraite. Il s&#8217;agit de l&#8217;adaptation d&#8217;une comptine très en vogue dans les écoles maternelles, au temps de la IIIè République :<br />
Petit poulet sur un mur<br />
Qui ne sait que taper dur<br />
Cogne par ci<br />
Tape par là<br />
Range sa trique<br />
Et puis s&#8217;en va<br />
(Si ce petit Jeu peut vous distraire, rejoignez les persifleurs qui s&#8217;y adonnent avec un certain talent)</p>
<p><strong>Des policiers exemplaires<br />
</strong><br />
On se souvient que le 23 juin 2007, à Marseille, un garçon de 14 ans, qui circulait sur son vélo, avait été renversé, sur un passage protégé, par un véhicule de police circulant à vie allure. Avec le gyrophare peut-être allumé, mais dont l&#8217;avertisseur deux-tons ne fonctionnait pas. Le garçon devait décéder le lendemain. Selon plusieurs témoins, les policiers avaient &laquo;&nbsp;grillé&nbsp;&raquo; le feu rouge, alors qu&#8217;ils n&#8217;étaient pas en mission urgente. Depuis, le conducteur, policier stagiaire à cette époque, a été titularisé. Lors du procès qui se déroulait à Marseille, le 26 septembre, contre ce policier chauffard, la procureure devait requérir une peine de un an de prison avec sursis, ainsi que l&#8217;annulation de son permis de conduire. Contre le chef de bord, qui se trouvait à l&#8217;arrière du véhicule, c&#8217;est une peine de six mois de prison avec sursis qui était requise. Selon la procureure : &laquo;&nbsp;ce sont des hommes d&#8217;honneur qui ont failli ce jour-là.&nbsp;&raquo; Au cours de l&#8217;audience, les policiers qui se trouvaient au banc des prévenus, plaisantaient entre eux en attendant de se présenter à la barre, selon les membres de la famille de la jeune victime. (Sources, France Info, 26 septembre et <em>Le Monde</em>, 28 septembre 2009)</p>
<p><strong>Mauvais contact !<br />
</strong><br />
Dans la soirée du 25 septembre, à Clerrnont-Ferrand, un jeune motocycliste était gravement blessé, après avoir percuté un véhicule de police, d&#8217;après la version officielle. Pourtant, selon des témoins dignes de foi, c&#8217;est la voiture des policiers qui aurait reculé, ce qui avait provoqué l&#8217;accident. Cette seconde version paraît d&#8217;autant plus crédible que l&#8217;IGPN a été saisie par le procureur de la République. (Source, <em>Libération</em>, 25 septembre 2009)</p>
<p><strong></p>
<p>Flingueur impulsif<br />
</strong><br />
Le policier qui avait fait usage de son flash-ball, à tir tendu, le 8 juillet, à Montreuil (93), provoquant la perte d&#8217;un œil à un jeune cinéaste, a été mis en examen, le 28 septembre, pour &laquo;&nbsp;violence volontaire&nbsp;&raquo;. Ce flingueur a néanmoins été laissé en liberté, et même s&#8217;il n&#8217;a plus droit au port d&#8217;arme, il est resté en service. (Source, France-Info, 29 septembre 2009)</p>
<p><strong>Montre-moi ton attestation…<br />
</strong><br />
Ce n&#8217;est pas nouveau. Cela fait des années que les jeunes des cités, de préférence colorés, sont harcelés par de fréquents contrôles d&#8217;identité. Interpellations nécessairement complétées par des fouilles en règle. Excédé par cette pratique, un rappeur de Bondy (53), devait fonder l&#8217;association &laquo;&nbsp;Banlieue active&nbsp;&raquo;. Le 29 septembre, à l&#8217;initiative du CRAN (Conseil Représentatif des Associations Noires), plusieurs associations de quartier, dont celle de Bondy participaient à un débat avec la police. Parmi les pistes envisagés, il y avait cette dérisoire délivrance d&#8217;une attestation à chaque contrôle de police. Imaginons un jeune, plutôt &laquo;&nbsp;bronzé&nbsp;&raquo;, exigeant une attestation après avoir été contrôlé et palpé au corps. Dans le meilleur des cas, le serviteur de l&#8217;ordre public ne manquerait pas de lui répondre : tire-toi ! (D&#8217;après <em>20 Minutes</em>, 29 septembre 2009) </p>
<p><strong>Fils à papa<br />
</strong><br />
Le 19 mai 2009, sur une route de Bretagne, entre Rennes et Lorient, une voiture 4 x 4 serre de très près une jeune femme circulant en moto, qui dira plus tard : &laquo;&nbsp;J&#8217;ai eu la trouille de ma vie !&nbsp;&raquo; A bord du véhicule, les passagers trouvent plaisant d&#8217;inspirer la peur à la motarde. Dans le même temps, ils lui lancent des noms d&#8217;oiseau et font des gestes obscènes à leur souffre-douleur du moment. Il faudra cinq mois pour apprendre que le procureur avait adressé une simple admonestation à cette fine équipe au sein de laquelle le fils du Premier ministre François Fillon, avec un simple rappel à la loi. Peu de chose pour avoir manqué de provoquer un accident qui aurait pu être mortel. Sans oublier le délit de fuite. La victime a porté plainte, avec demande de dommages et intérêts. En cette circonstance comment ne pas rappeler le délit de fuite probable de Jean Sarkozy, après avoir heurté une voiture avec sa moto, en 2006, ainsi que l&#8217;altercation du fils de Villepin, avec des policiers, la même année. Circulez, il n&#8217;y a rien à voir ! (D&#8217;après Canal +, 29 septembre 2009)</p>
<p><strong>Forte pensée<br />
</strong><br />
La réflexion qui suit est due à Napoléon 1er : &laquo;&nbsp;L&#8217;art de la police est de ne pas voir ce qu&#8217;il est inutile qu&#8217;elle voie!&nbsp;&raquo; Il est vrai que notre police est singulièrement aveugle dès lorsqu&#8217;il n&#8217;est pas de son intérêt de trop s&#8217;intéresser à certains délits&#8230;</p>
<p> <strong>Prélèvement ADN pour tous !</p>
<p></strong>Le sinistre Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG) ne cesse de s&#8217;enfler. Créé en 1998, 1e FNAEG ne devait contenir que les prélèvements des délinquants sexuels. Au fil des années, les raisons d&#8217;y figurer se sont multipliées depuis le fauchage d&#8217;OGM jusqu&#8217;au moindre graffiti inscrit sur un mur. En 2002, ce fichier comptait 2 100 empreintes, en 2009, ce sont 900 000 personnes qui y figurent, pour des raisons les plus diverses. Ainsi, il est possible de trouver, dans le FNAEG, même s&#8217;il n&#8217;y a pas de poursuites judiciaires, des &laquo;&nbsp;rebelles&nbsp;&raquo; en tous genres : militants d&#8217;extrême gauche, jeunes des cités, contestataires de toutes les causes, squatteurs, etc. Refuser un prélèvement de son ADN par la police constitue un délit pouvant être puni d&#8217;une peine de un an de prison et d&#8217;une amende de 15 000 euros. Cela même pour un simple &laquo;&nbsp;mis en cause&nbsp;&raquo;. Il paraît que le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, aurait un projet délirant dans ses cartons : faire figurer dans le FNAEG les ascendants, les descendants et collatéraux des victimes de meurtre, de catastrophes naturelles, de disparus et de personnes recherchées. <em>1984</em> ? Nous y sommes déjà ! (D&#8217;après <em>Le Canard Enchaîné</em>, 16 septembre 2009)</p>
<p><strong>Pas de racisme chez les pandores ?<br />
</strong><br />
Six gendarmes mobiles, cantonnés à Satory (78) ont porté plainte auprès de la HALDE (Haute autorité de lutte contre les discriminations raciales et pour l&#8217;égalité). L&#8217;un de ces gendarmes aurait été, &laquo;&nbsp;maintes fois&nbsp;&raquo;, qualifié de l’aimable sobriquet de &laquo;&nbsp;Bougnoule&nbsp;&raquo; par son commandant d&#8217;unité. Deux autres gendarmes, maghrébins d&#8217;origine,et musulmans, affirment avoir été l&#8217;objet &laquo;&nbsp;d&#8217;humiliations&nbsp;&raquo; au cours d’une séance de remise de galons, au cours de laquelle un gradé aurait trempé les galons dans un verre de bière, avant d&#8217;essayer de les mettre dans la bouche de leurs souffre-douleur. Les gendarmes plaignants se disent également victimes de diverses discriminations. Particulièrement dans leurs &laquo;&nbsp;notations administratives singulièrement basses, ce qui a pour conséquence de retarder, voire de rendre impossible toute évolution de carrière.&nbsp;&raquo; (Source, <em>Vosges Matin</em>, 26 septembre 2009)</p>
<p><strong>Permis de tuer<br />
</strong><br />
Le 1er octobre, la cour d&#8217;assises du Gard acquittait un gendarme jugé pour avoir tué par balles, en 2003, un jeune de 17 ans qu&#8217;il tentait d&#8217;interpeller après un cambriolage. Au cours du procès, les avocats du pandore avaient plaidé la légitime défense mais nous savons que, depuis 1903, 1es gendarmes ont le droit d&#8217;ouvrir le feu, après une première sommation -sans même qu&#8217;ils se trouvent en situation de légitime défense. (D&#8217;après <em>Libération</em>, 2 octobre 2009)</p>
<p><strong>Mensonge identitaire<br />
</strong><br />
La main sur le coeur, notre gardien de l’Identité nationale, Eric Besson, n&#8217;a cessé d&#8217;affirmer que le délit de solidarité n&#8217;existe pas. Une fois de plus, cet éminent ministre vient d&#8217;être démenti par les faits. C&#8217;est ainsi que, le 5 octobre, un réalisateur de cinéma était convoqué à l&#8217;hôtel de police de Toulouse. Son délit ? Avoir fourni un certificat d&#8217;hébergement à une jeune algérienne de 18 ans qui avait demandé un titre de séjour à la préfecture de Haute-garonne. Il est vrai que ce cinéaste ne pouvait qu&#8217;être hautement suspect puisqu&#8217;il est en cours de tournage d&#8217;un film intitulé <em>Journal de sans-papiers</em>. Cela ne peut que se payer comptant au pays de M. Besson puisque ce citoyen, qui fait l&#8217;objet d&#8217;une procédure judiciaire &laquo;&nbsp;en qualité d&#8217;aidant&nbsp;&raquo;, risque d&#8217;être mis en examen et placé en garde-à-vue, s&#8217;inquiétaient le producteurs. (D&#8217;après <em>Libération</em>, 3 octobre 2009)</p>
<p><strong>Responsables mais pas coupables<br />
</strong><br />
Le 1er octobre, à Nice, un véhicule de police percutait un scooter, faisant quatre blessés. Pour justifier cette bavure ordinaire, le préfet des Alpes-Maritimes, qui avait pris le temps de la réflexion, déclarait, le 4 octobre, que les fonctionnaires de police en cause avaient actionné le gyrophare et les sirènes et qu&#8217;ils &laquo;&nbsp;agissaient pour les nécessités du service.&nbsp;&raquo; Circulez, il n&#8217;y a pas à commenter les dérives policières. Même lorsque les fonctionnaires de police appuient sur le champignon pour que les pizzas arrivent chaudes au commissariat&#8230; (D&#8217;après <em>20 Minutes</em>, 5 octobre 2009)</p>
<p><strong>La police nous observe, observons la police !<br />
</strong><br />
Le 23 novembre 2000 (sous la gauche, Daniel Vaillant étant ministre de l&#8217;Intérieur), se constituait un Observatoire des usagers de la police (OUP). Initiative pleine d&#8217;intérêt car, depuis mai 1997, sous le gouvernement Jospin, le pouvoir policier s&#8217;affirmait comme jamais auparavant. Cela plus particulièrement au détriment des sans-papiers, comme des jeunes des cités désignés comme des &laquo;&nbsp;sauvageons&nbsp;&raquo; par Jean-Pierre Chevènement. Dans le préambule de présentation de cette association, régie par la loi de 1901, il était précisé, à l&#8217;article 2, quant au but recherché :<br />
- rendre compte des faits impliquant les forces de l&#8217;ordre,<br />
- interpeller toutes les autorités compétentes pour que les suites nécessaires appropriées, conformément à la loi, soient données,<br />
- recenser les dysfonctionnements policiers en analysant les pratiques.<br />
Comme l&#8217;Observatoire des Libertés publiques s&#8217;était donné cette tâche, depuis le printemps 1994, avec la publication du bulletin mensuel, <em>Que Fait la Police ?</em> (plus de 150 numéros publiés depuis quinze ans), nous ne pouvions que nous rallier à cette initiative salutaire. Laquelle devait pourtant rester sans lendemain, après une réunion tenue le 7 juin 2001. La création de cet OUP présentait cet intérêt qu&#8217;elle faisait participer à une œuvre de salubrité publique, outre des associations comme la CIMADE ou la FASTI, des magistrats et des avocats, tout comme des représentants de l&#8217;Education surveillée. En un temps où les forces de l&#8217;ordre, surarmées, disposent d&#8217;un pouvoir exorbitant, il serait peut-être bon de reprendre ces contacts permettant de mieux informer les citoyens sur les abus de pouvoir policiers. Une meilleure prise de conscience du danger représenté par une société qui ne connaît qu&#8217;une réponse policière aux problèmes économiques et sociaux, ne peut que s&#8217;imposer. Le seul remède aux difficultés ressenties par ce pouvoir fort n&#8217;étant que l&#8217;invective, et la matraque confiée aux policiers, il n&#8217;est que temps de sortir de la torpeur ambiante&#8230; (Communiqué de l&#8217;Observatoire des libertés publiques, 6 octobre 2009) </p>
<p><strong>Sécurité en sol mineur</p>
<p></strong>Cela manquait dans le paysage de l’Education nationale. Des supplétifs policiers sont arrivés, le 5 octobre, dans un lycée professionnel de Seine-Saint-Denis, à Aulnay-sous-Bois.  Il s’agit des premières équipes mobiles de sécurité (EMS), qui devraient bientôt se multiplier dans le 9-3.  Chacune de ces EMS est constituée de cinq « spécialistes » de la sécurité et de cinq membres du personnel de l’Education nationale.  Un objectif : prévenir les tensions dans les établissements scolaires, tout en les sécurisant, pour permettre la continuité des cours « dans la sérénité ». Ce ne sont pas des policiers, mais des « contractuels de l’Education nationale » devait préciser le ministre de l’Education nationale, Luc Chatel, qui inaugurait cette première unité en compagnie – significative – du ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux. Les membres des EMS seront reconnaissables à leur blouson vert et à un brassard. Ces policiers de complément ne sont pas armés – c’est heureux – mais cela ne tardera peut-être pas… (D’après <em>Libération</em>, 6 octobre 2009)</p>
<p><strong>Détritus<br />
</strong><br />
Nous ne l’apprenons que tardivement. En mars 2009, un homme était arrêté par des policiers nîmois, en compagnie de « deux complices ». Son crime ? Il récupérait de la nourriture dans les poubelles d’un supermarché. Arrestation musclée, menottage, suivis de la garde à vue devenue classique. Le « délinquant » aggravera son cas en refusant de se soumettre au prélèvement ADN désormais de rigueur. Ce dangereux « individu » est convoqué, le 29 octobre, devant le tribunal correctionnel de Nîmes. (Source, <em>Siné-Hebdo</em>, 7 octobre 2009)</p>
<p><strong>Formule 1<br />
</strong><br />
Cela se passe dans la soirée du 6 octobre, à Cannes. Une voiture banalisée, avec à son bord trois cow-boys de la BAC, roule à très vive allure sur un boulevard de la ville. Ils ont été appelés par les policiers municipaux pur un simple contrôle d’identité. Les hommes de la BAC, qui ne sont peut-être pas des as du volant, heurtent un lampadaire. Il ,y a deux morts, l’un âgé de 32 ans et l’autre de 45 ; un troisième policier, assis à l’arrière, est grièvement blessé. Aussitôt informé, le ministre de l’Intérieur arrivait à Cannes dans la matinée du 7 octobre. De son côté, l’IGPN a immédiatement annoncé qu’elle allait enquêter sur les conditions de cet accident doublement mortel pour lequel il n’y aurait pas eu de témoin. Une certitude : en mission ou pas, les policiers roulent généralement à tombeau ouvert, y compris dans les petites rues des villes, négligeant parfois les feux rouges, ou même les sens interdits, risquant de provoquer de graves accidents. (D’près <em>France Info</em> et <em>France Inter</em>, 7 octobre 2009)</p>
<p><strong>La peur de la police<br />
</strong><br />
Un homme, auditionné dans un commissariat de police du 13ème arrondissement de Paris, s’enfuit en passant par une fenêtre, avant de glisser le long d’une descente de gouttière. Selon la préfecture de police, cet homme, âgé de 22 ans, avait été placé en garde à vue pour « violences volontaires aggravées et agression sexuelle ». Après s’être enfuit, l’homme s’était engouffré dans le métro, à la station place d’Italie, où son corps a été retrouvé, sur les rails, décapité. On ignore encore si les policiers poursuivaient toujours cet homme, à l’heure du drame. Bien évidemment, l’IGS enquête. (Sources, <em>20 Minutes</em> et <em>Métro</em>, 7 octobre2009)</p>
<p><strong>Toujours dans le social !<br />
</strong><br />
Le 5 octobre, en fin d’après-midi, à Toulouse, des dizaines de salariés de l’usine Freescale (anciennement Motorola), qui bloquaient l’entrée de l’établissement, en ont été délogés par les forces de l’ordre. En grève depuis plus ‘un mois, alors que la moitié des 1.600 postes doivent être supprimés, les ouvriers de cette entreprise demandent de meilleures indemnités de départ. (Source, <em>Direct-Matin</em>, 7 octobre 2009)</p>
<p><strong>Grosse fatigue !<br />
</strong><br />
C’est un salarié qui, pour son travail, fait plus de 300 Kms par jour en train, soit 3 h 35 de trajet entre Villetaneuse (93) et Longueau (60). Le 8 septembre, après être monté dans le train, à 17 h 15, il retire ses chaussures et s’allonge sur une banquette pour se reposer.  Il sera bientôt réveillé par quatre officiers de la police des frontières (PAF) qui invoquent la loi pour lui intimer de s’asseoir, avant de le conduire dans le couloir pour un contrôle d’identité musclé. Alors que l’homme (responsable export d’une grande entreprise) cherche ses papiers, il est menotté et plaqué au sol. Il raconte : « Un policier a tenté de m’étrangler. Un autre a appuyé ses pieds sur les menottes. J’ai été insulté, traité de connard et de petite bite. » Arrivé à la gare du Nord à 18 h 20, l’homme est conduit au commissariat où il est placé en garde à vue pour « outrage, rébellion et incitation à la rébellion. » Il sort des locaux de police bouleversé, avec des bleus sur tout le corps et des douleurs cervicales. Son médecin va lui prescrire 15 jours d’arrêt de travail.  Le 25 septembre, il portera plainte auprès de l’IGS, et s’il reconnaît avoir élevé un peu la voix, il affirme être resté poli et n’avoir outragé personne. Faut-il préciser que ce voyageur fatigué se prénomme Karim ? (Source, <em>Métro</em>, 8 octobre 2009)</p>
<p><strong>Big Brother<br />
</strong><br />
Notre société policière ne cesse de se perfectionner. On nous regarde de plus en plus. Le collectif Démocratie et Liberté, qui rassemble de nombreuses associations et quelques partis politiques, a lancé, le 8 octobre, une campagne d’affichage pour contester l’installation prévue de 12.000 caméras de « vidéo protection » dans Paris. Ce collectif réclame le retrait immédiat du projet, ainsi que la tenue d’un débat pour informer les Parisiens sur cette volonté de les surveiller. (D’après <em>Direct-Matin</em>, 9 octobre 2009)</p>
<p><strong>Enfin, un début d’aveu<br />
</strong><br />
Le 9 juin 2009, à Argenteuil, suite à un banal contrôle d’identité, un retraité algérien âgé de 69 ans, décédait après avoir été tabassé au sol par des policiers, puis dans le fourgon qui le conduisait au commissariat de police. Après une première autopsie, cette bavure avait été classée sans suite. Pourtant, le 9 octobre, le parquet de Pontoise prenait un réquisitoire supplétif « contre X…pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner. » Il serait intéressant de voir préciser qui était ce X mystérieux, dont on évite de donner la qualité, faute de fournir le nom. Toujours est-il, précise malgré tout le parquet, que « la deuxième autopsie a mis en évidence beaucoup plus d’hématomes que la première, et a fait un lien entre les hématomes et le décès. » S’il n’y a plus de doute, pourquoi le parquet reste-t-il si discret sur le ou les auteurs de ces violences « ayant entraîné la mort sans intention de la donner » ? (D’après <em>Le Monde</em>, 10 octobre 2009)</p>
<p><strong>Des victimes authentiquement coupables<br />
</strong><br />
Le 25 novembre 2007, dans la soirée, à Villiers-le-Bel (95), une mini-moto, avec à son bord deux mineurs âgés de 15 et 16 ans, entre en collision, à un carrefour, avec un véhicule de police. Les deux garçons sont tués sur le coup. Suivront trois nuits d’émeute. Certes, les victimes auraient refusé la priorité à droite aux policiers, ils ne portaient pas de casque et roulaient à 66 Kmh.  Il n’en reste pas moins les fausses déclarations des deux fonctionnaires de police de police qui avaient affirmé avoir circulé à 50 Kmh alors qu’ils roulaient à près de 65 Kmh, sans gyrophare ni cet avertisseur deux tons dont ils savent abuser.  Cela n’a pas empêché la procureure de la République de Pontoise de demander le non-lieu pour les policiers, le 11 octobre 2009. Il était significatif d’apprendre, le lendemain, 12 octobre, que cinq jeunes, interpellés au cours des émeutes de la fin novembre 2007, et poursuivis pour « tentatives d’homicides volontaires » sur des policiers, étaient renvoyés en cour d’assises. L’accusation, à leur encontre reposant surtout « sur des déclarations sous X de témoins qui, de plus, ont été rémunérés pour leur témoignage », devait déclarer l’avocat des cinq jeunes… (Sources, <em>Métro</em>, <em>Libération</em>, et <em>France Info</em>, le 12 octobre et <em>Métro</em>, 13 octobre 2009)</p>
<p><strong>Rigolo (3)<br />
</strong><br />
Peut-être les avez-vous croisés, lors d’une manifestation, ces clowns-activistes qui offrent des fleurs, des sourires et même des bisous aux CRS ou aux gendarmes-mobiles., plutôt que des rictus haineux. Ce qui n’est pas tellement apprécié par nos forces de l’ordre. Cela n’a pas échappé aux pandores retraités qui publient <em>La Revue de la Gendarmerie</em>, publication plutôt persifleuse envers l’institution autoritaire. C’est ainsi que les rédacteurs de cette curieuse revue se sont aventurés à demander aux clowns-activistes quelques photos significatives pour illustrer un de leurs prochains dossiers. Ce qui leur a attiré une réponse circonstancié : « …Nous prenons avec humour votre demande d’autorisation d’exploiter vos photographies de l’armée des clowns. Vous en savez sûrement plus que nous. Mais peut être que le cloisonnement entre services fait que vous n’avez pas accès à l’iconographie de la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur) ou autre service du ministère de la Défense… » (Source, <em>No Pasaran</em>, octobre/novembre 2009)</p>
<p><strong>Auxiliaires policiers aux guichets<br />
</strong><br />
Le 5 octobre, à Boulogne-Billancourt, un guichetier de la Société générale repère un sans papiers venu réaliser une opération bancaire. Immédiatement, il fait bloquer les portes de l’établissement, avant de prévenir la police. Cet homme vivait et travaillait en France depuis de longues années. Suite à cet exploit, ce paria est « retenu » au centre de rétention du Mesnil-Amelot (93), en attente de sone expulsion. (Source, <em>Siné Hebdo</em>, 14 octobre 2009)</p>
<p><strong>La haine<br />
</strong><br />
Au cours de la nuit du 13 au 14 octobre, à Champigny-sur-Marne (94), un policier maître-chien, qui n’était pas en service, et promenait son animal, avait demandé aux occupants d’un véhicule de ralentir. Ce qui n’avait pas dû leur plaire puisqu’ils allaient passer à tabac l’auteur de cette injonction. Après un rapide aller et retour à l’hôpital, le policier était incapable d’identifier les suspects, interpellés le 14 octobre, qui devaient finalement être libérés. (Sources, <em>20 Minutes</em> et <em>Direct Matin</em>, 15 octobre 2009)</p>
<p><strong>Mon œil !<br />
</strong><br />
Les policiers ne sont jamais en reste d’interventions stupides. C’est à cela que l’on reconnaît les plus rugueux d’entre eux. Le 13 octobre, dans le 18è arrondissement de Paris, dans la matinée, un motocycliste franchissait un feu orange, pour ne pas freiner trop brutalement. Il se fait admonester par deux motards de la police, qui profitent de l’occasion pour procéder à un contrôle d’identité classique, au cours duquel les deux cerbères remarquent, sur le permis de conduire du « délinquant », la mention « dispositif de correctif de vision. » L’homme porte des lentilles, mais comme il ne peut présenter la paire de lunettes supplémentaires demandée par les policiers, il se voit lesté d’une amende de 90 euros pour « conduite d’un véhicule à moteur sans respecter une restriction d’usage mentionnée sur le permis de conduire. » Reste que l’arrêté sur la paire de lunettes supplémentaires a été abrogé en 1977. A la préfecture de police, on explique, sans rire : « Comment un policier peut-il savoir si un conducteur porte vraiment des lentilles ? » (Source, <em>Aujourd’hui</em>, 16 octobre 2009)</p>
<p><strong>A la sainte Edwige, on nous ressert EDVIGE !<br />
</strong><br />
Les mauvais coups autoritaires nous sont toujours infligés en douce, le dimanche de préférence. Par voie de décrets et non pas au travers d’une loi nécessitant débat avec la « représentation nationale ». Il en va ainsi de la création de ces fichiers policiers ayant pour objet de placer sous haute surveillance une partie de la population (de plus en plus importante) jugée hautement suspecte. C’est ainsi que, le 18 octobre, au travers de deux décrets, le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, nous a resservi une nouvelle mouture de ce fichier EDVIGE (Exploitation documentaire et valorisation de la ‘information générale), décrété le 1er juillet 2008, à la veille des vacances. Face à la vague d’indignation suscitée, ce projet avait été prudemment remisé, mais sans être passé à la trappe.<br />
Il convient de rappeler que le fichier EDVIGE avait pour fonction essentielle de recenser tous ceux des citoyens de ce pays étant « susceptibles » d’avoir des responsabilités politiques ou associatives, voire postuler à des responsabilités. Au nom de l’ordre public, la police aurait pu se permettre de se suspecter quiconque se permettrait de s’inquiéter de l’avenir d’un pays n’ayant plus de démocratique que le nom. Le nouveau décret pris par Brice Hortefeux implique création d’un fichier  pour cerner les empêcheurs de gouverner en rond, mais il ne porte pas encore de nom. Il est simplement « relatif à la prévention des atteintes à la sécurité publique » et également aux « enquêtes administratives liées à la sécurité publique. » Définitions suffisamment vagues pour mettre en cause ceux qui se risquent à dépasser la ligne rouge fixée par les autorités policières.  Le second décret, complétant le substitut d’EDVIGE, et qui envisage de ficher des enfants, dès l’âge de 13 ans a également été publié au Journal officiel, daté du dimanche 18 octobre 2009. C’est là une idée fixe de notre gouvernement, répondant à « l’angoisse sécuritaire » de l’électorat de Nicolas Sarkozy. Il reste à souhaiter une mobilisation identique à celle de l’été 2008, qui avait conduit les têtes pensantes à oublier momentanément le fichier répressif EDVIGE. Il ne faut surtout pas négliger le fait que si les données relatives aux « origines ethniques ou raciales » paraissent abandonnées, il semble que ce nouveau fichier se référera aux « origines géographiques ». C’est là un langage codé qui n’est pas nouveau. Cerise sur le gâteau, ces deux décrets ont été signés le jour de la Sainte-Edwige… (D’après <em>Libération</em>, 19 octobre 2009)</p>
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		<title>Sarabandes</title>
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		<pubDate>Sat, 03 Oct 2009 06:13:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[J’aime la police. Toutes les polices, nationale, des airs, des mers, fluviale, scientifique, des autoroutes, des douanes, la fanfare des gardiens de la paix, son équipe spéciale de gymnastique, les polices françaises, étrangères, et si elles existaient, j’aimerais également les polices des forêts et sous-bois, des écoles maternelles, des hôpitaux, de la ceinture d’astéroïdes, et de tous les environs immédiats de la terre. J’aime aussi la police municipale. Cette dernière a très efficacement accompli sa mission il y a quelques jours, sous mes fenêtres, en plein coeur historique de Toulouse. Petite chronologie des faits]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Ce texte a été reçu par l&#8217;Observatoire des Libertés Publiques </em></p>
<p>&laquo;&nbsp;J’aime la police. Toutes les polices, nationale, des airs, des mers, fluviale, scientifique, des autoroutes, des douanes, la fanfare des gardiens de la paix, son équipe spéciale de gymnastique, les polices françaises, étrangères, et si elles existaient, j’aimerais également les polices des forêts et sous-bois, des écoles maternelles, des hôpitaux, de la ceinture d’astéroïdes, et de tous les environs immédiats de la terre. J’aime aussi la police municipale. Cette dernière a très efficacement accompli sa mission il y a quelques jours, sous mes fenêtres, en plein coeur historique de Toulouse. Petite chronologie des faits :</p>
<p>Comme tous les samedi soir vers 22h30, je découpais une feuille pliée en accordéon pour composer une sarabande de personnages, lorsque j’entendis le bruit d’un choc dans ma rue : une voiture conduite par une jeune femme venait d’encastrer maladroitement sa portière conducteur dans un fourgon de la police municipale. Mauvaise pioche me suis-je dit in petto.</p>
<p>C’était aussi l’avis du policier sorti du fourgon.</p>
<p>« Permis de conduire et papiers du véhicule (avé l&#8217;accent svp) ». Au lieu de lui présenter les papiers, la jeune femme présenta ses excuses, et mesurant que cela n’était pas suffisant, déjà en larmes, redoubla de sanglots</p>
<p>« Descendez du véhicule ».</p>
<p>La jeune femme ânonna quelque chose.</p>
<p>« Comment ça ? Vous n’avez pas les papiers de véhicule ? »</p>
<p>« Si, si », répondit le jeune homme assis coté passager.</p>
<p>« Vous n’avez pas le permis ? Quel âge avez-vous ? »</p>
<p>Je n’entendis pas bien la réponse de la jeune femme, heureusement le policier répéta pour qu’on l’entendit bien : « Vous avez 17 ans ? Vous n’avez pas le permis alors ? »</p>
<p>La jeune fille est totalement effondrée. Elle et son ami sortent de la voiture. Lui ne dit rien, il n&#8217;a pas 20 ans, élégant, costume et chaussures noires, chemise blanche, cheveux plaqués. Un peu trop élégant. Le cheveux peut-être un peu trop plaqué pour le policier qui semble être le chef :</p>
<p>« Vous avez bu ? C’est pour ça qu’elle conduit ? ».</p>
<p>« Non, non », se défendit-il. Le chef persista : « Il est bourré, il lui a passé le volant ».</p>
<p>Deux autres voitures de la police municipale arrivent avec gyrophare mais sans la sirène. La jeune fille redouble de pleurs. Elle parvient à peine à articuler des réponses aux questions des policiers. Le jeune homme ne moufte rien. Les derniers policiers arrivés tournent autour du véhicule encastré dans le car de police. Vérification de la vignette d’assurance, des pneus, des plaques numérologiques, appel au centre des cartes grises…. Allo Houston ? Tout est en règle.</p>
<p>Une 3ème voiture de la police municipale arrive. Un plaisantant chambre ceux dont le fourgon a été embouti. Une 4ème voiture arrive encore… Il y a en tout 5 véhicules de la police municipale dans la rue. Les policiers, parfaitement alignés, forment comme une haie d’honneur autour de leurs collègues et des jeunes gens. Je compte pour le moins 14 policiers, aux mines sévères, les mains reposant sur leur ceinturon. Le chef décide d’emmener la jeune fille au poste.</p>
<p>«Qu’est-ce qu’on fait de lui ?&nbsp;&raquo; risqua un jeune policier.</p>
<p>&laquo;&nbsp;On l’emmène aussi, il l’attendra à l’accueil.</p>
<p>Et la voiture ? Il peut prendre sa voiture ?</p>
<p>Non, on va la déplacer ».</p>
<p>C’est alors que j’ai entendu émanant d’un balcon voisin une voix féminine, celle d’une mamie vraisemblablement : « Soyez gentils avec eux, ils sont tout jeune, c’est des amoureux, ne les embêtez pas trop ».</p>
<p>Un policier lui répondit : « Rentrez chez vous madame ».</p>
<p>Elle n’entendit probablement pas le policier car elle poursuivi : « N’ayez pas peur mademoiselle ! Ce n’est pas grave. Ne vous inquiétez pas, ils sont gentils dans la police ».</p>
<p>Elle poursuivi en s’adressant aux policiers :</p>
<p>« Soyez gentils avec eux, ils sont pas méchants, c’est des amoureux ».</p>
<p>Une jeune policière, blondinette, pieds écartés à distance réglementaire, les pouces engagés dans son ceinturon, lui demanda de se taire. Elle se tût.</p>
<p>Je vis la jeune fille être entraînée dans une voiture.</p>
<p>Elle suffoque tellement elle sanglote. Une jeune femme de la police demande un sac aux collègues.</p>
<p>« Pour vomir ?</p>
<p>- Non, pour la ventiler ». Personne ne répond. Les deux amoureux sont embarqués dans des voitures différentes. Les voitures partent une à une. Il ne reste plus que deux ou trois policiers. Ils embarquent dans le fourgon embouti.</p>
<p>La voix au balcon s’est alors faite entendre de nouveau :</p>
<p>« Soyez gentils avec eux. Ce ne sont pas des méchants . &#8211; Taisez-vous, rentrez chez vous », jeta un policier par la fenêtre du fourgon.</p>
<p>La voix changea alors de ton : « Vous avez pris du gros poisson ce soir. Mission accomplie. Vous pouvez être fiers. J’ai honte pour la police municipale. ». Aucun policier ne répondit. Le fourgon démarra et la rue resta vide.</p>
<p>Je suis rentré déplier ma guirlande. Les coups de ciseaux avaient dessiné des personnages comme en uniforme, se tenant par la main. Je ne vis pas trace des deux jeunes amoureux dans la sarabande.</p>
<p>Des fois, on s&#8217;amuse bien dans la police&nbsp;&raquo;.</p>
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		<title>QUE FAIT LA POLICE ? – Bulletin d’information anti-autoritaire – Nouvelle série – numéro  33 –  octobre 2009</title>
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		<pubDate>Tue, 22 Sep 2009 06:40:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Observatoire des Libertés Publiques]]></category>

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		<description><![CDATA[Lorsque la crainte de l'uniforme tient lieu de morale civique, les libertés fondamentales sont en grand danger. Lorsque la vue des policiers ou des gendarmes suffit pour calmer les ardeurs contestataires d'une population jusqu'alors peu encline à tout accepter, il convient de s'inquiéter de l'avenir des institutions démocratiques. Lorsque les plus déterminés se voient contraints de marcher droit, cela porte un nom : contrôle social ! Lorsque l'on commence à se méfier, entre collègues de travail, pour savoir lequel risque de passer au tourniquet du licenciement, la solidarité n'est plus qu'un vague souvenir. Lorsque l'on soupçonne son voisin de palier de manger le pain de la police, il est certain que la suspicion s'est installée en lieu et place de l'amitié ou de la simple courtoisie. Sommes-nous déjà arrivés à ce niveau de décadence ?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Editorial  : Le pire est toujours possible<br />
</strong></p>
<p>Lorsque la crainte de l&#8217;uniforme tient lieu de morale civique, les libertés fondamentales sont en grand danger. Lorsque la vue des policiers ou des gendarmes suffit pour calmer les ardeurs contestataires d&#8217;une population jusqu&#8217;alors peu encline à tout accepter, il convient de s&#8217;inquiéter de l&#8217;avenir des institutions démocratiques. Lorsque les plus déterminés se voient contraints de marcher droit, cela porte un nom : contrôle social ! Lorsque l&#8217;on commence à se méfier, entre collègues de travail, pour savoir lequel risque de passer au tourniquet du licenciement, la solidarité n&#8217;est plus qu&#8217;un vague souvenir. Lorsque l&#8217;on soupçonne son voisin de palier de manger le pain de la police, il est certain que la suspicion s&#8217;est installée en lieu et place de l&#8217;amitié ou de la simple courtoisie. Sommes-nous déjà arrivés à ce niveau de décadence ? Est-il possible d&#8217;avoir oublié à ce point les leçons d&#8217;un sinistre passé ? En un temps où les forces de l&#8217;ordre disposent de plus en plus de pouvoir, il serait utile de rappeler ce que pouvait représenter la police triomphante à une époque où il n&#8217;était pas question de répliquer à ses ordres. Sauf à risquer un voyage vers des lieux d&#8217;où l&#8217;on n&#8217;était pas certain de revenir. Bien sûr, il s&#8217;agit là d&#8217;un passé heureusement révolu, mais les mauvaises manières policières envers les parias n&#8217;ont pas varié. Allez donc demander à une famille, placée en centre de rétention administrative, avant son expulsion, si elle est satisfaite de son sort car la porte de sortie ne conduit plus à Auschwitz&#8230;<br />
<strong>Maurice Rajsfus<br />
</strong><br />
<strong>Ben, mon Cadet !<br />
</strong>Le 6 juillet, un communiqué du ministère de 1&#8242;Intérieur annonçait qu&#8217;il était mis fin à la promesse faite aux Cadets de la République (Création de Nicolas Sarkozy, lorsqu&#8217;il était ministre de l&#8217;Intérieur, en 2004) de pouvoir passer de concours d&#8217;entrée aux écoles de police, sans être bacheliers. Suite au concert de lamentation de ces serviteurs de l&#8217;ordre public contrariés, et au tollé de certains syndicats de policier, il y a eu revirement. Le 12 août, le ministre de l&#8217;Intérieur, Brice Hortefeux, annonçait que 900 Cadets de la République seraient bien admis dans les écoles de police, à partir du 1er octobre 2009. Pour le ministre, ce contretemps n&#8217;était dû qu&#8217;à une &laquo;&nbsp;initiative administrative&nbsp;&raquo;, ajoutant : &laquo;&nbsp;Je souhaite que l&#8217;engagement de l&#8217;Etat soit respecté.&nbsp;&raquo; (D&#8217;après <em>Le Monde</em>, 14 août 2009)</p>
<p><strong>Délinquance en hausse<br />
</strong>Mais que fait la police ? Si l&#8217;on se réfère aux statistiques publiées le 17 août par 1&#8242;Observatoire national de la délinquance, il y aurait eu une nette dégradation des résultats de la politique de sécurité. Notamment en ce qui concerne les agressions sur les personnes, en augmentation de plus de 4% sur les douze derniers mois. Par ailleurs, il y aurait une hausse significative sur les vols avec violence, en augmentation de près de 5%. Il est vrai que, dès le mois de juillet dernier, le ministre de l&#8217;Intérieur reconnaissait que la délinquance avait &nbsp;&raquo;cessé de reculer&nbsp;&raquo;. (Source, <em>Le Monde</em>, 19 août 2009)</p>
<p><strong>Sanction promotion&#8230;<br />
</strong>Suite aux violences policières, le 8 juillet, à Montreuil (93), au cours desquelles un jeune homme avait perdu un oeil, après un tir de flash-ball, il était possible d&#8217;apprendre, qu&#8217;à la fin du mois de juillet, le directeur de la sécurité publique de Seine Saint-Denis avait été sanctionné, &nbsp;&raquo;après une succession d&#8217;incidents&nbsp;&raquo;. Comme bien souvent, ce genre de sanction s&#8217;est manifesté par une mutation / promotion de cet éminent policier à l&#8217;IGS, institution qualifiée par les connaisseurs de &laquo;&nbsp;cimetière des éléphants&nbsp;&raquo; (D&#8217;après <em>Le Monde</em>, 20 août 2009)</p>
<p><strong></p>
<p>Encore le sursis<br />
</strong><br />
En 2006, deux policiers de Romans-sur-Isère (Drôme) avaient frappé sans raison un handicapé âgé de 59 ans. Le 27 août, ces deux brutes ont été condamnées respectivement à 6 et 2 mois de prison, avec sursis. En somme, une invitation à recommencer. (Source, <em>20 Minutes</em>, 20 août 2009)</p>
<p><strong>Toujours le Flash-ball<br />
</strong>Le 26 août, à Amiens, des policiers, en opération de &laquo;&nbsp;sécurisation&nbsp;&raquo; faisaient usage de leur flash-ball. Résultat  : un garçon de 7 ans était blessé à l&#8217;épaule. S&#8217;agissait-il d&#8217;un acte de légitime défense ? (D&#8217;après France 2, 27 août et <em>Direct Matin</em> 28 août 2009)	</p>
<p><strong>Feu à volonté<br />
</strong>Le 23 mai 2000, à Draguignan, un gendarme tirait sept balles de revolver sur un homme menotté, qui tentait de s&#8217;évader de la gendarmerie en sautant par une fenêtre. Le fuyard, atteint de trois balles, allait décéder rapidement. Le pandore flingueur était mis en examen, le procureur estimant qu&#8217;il n&#8217;avait pas agi, &laquo;&nbsp;comme il aurait dû le faire&nbsp;&raquo;. Suspendu pendant deux jours, l&#8217;auteur des coups de feu était déjà relativement absout car il était considéré qu&#8217;il avait &laquo;&nbsp;accompli un acte prescrit ou autorisé&nbsp;&raquo;. Finalement, le 19 août 2009, ce gendarme à la gachette prolifique, devait bénéficier d&#8217;un non-lieu. A cette occasion, l&#8217;avocat de la famille de la victime devait assurer qu&#8217;il n&#8217;y avait eu aucune sommation préalable. (Source, <em>Libération</em>, 28 août 2009)	- ~</p>
<p><strong>Comptine<br />
</strong>Ne le répétez pas trop. Cette charmante bluette est due à l&#8217;esprit frondeur d&#8217;un policier parisien, peut-être en voie de grave déviances<br />
&laquo;&nbsp;Fliquet<br />
Fliquette<br />
Miquet<br />
Miquette<br />
Matraquettes<br />
Et pincettes<br />
Pouet pouet<br />
Cacahuettes&nbsp;&raquo;<br />
(Prenez la suite, si le coeur vous en dit car il n&#8217;y a rien de plus rassurant que de rire d&#8217;une police qui a pour unique vocation de faire peur)</p>
<p><strong>Où allons-nous ?<br />
</strong>Avec 143 000 policiers, au 1er août 2009, 1es effectifs ont baissé de 1 400 postes depuis le 1er avril. La diminution programmée des effectifs de fonctionnaires d&#8217;autorité va imposer, à terme,la suppression de 8 000 postes de policiers et de gendarmes. Un exemple : d&#8217;ici 2011, quatre brigades de gendarmerie vont être supprimées dans le seul département des Vosges. (Sources,<em>Vosges-Matin</em>, 25 août et <em>Libération</em>, 1er septembre 2009)</p>
<p><strong>Mort de peur ?<br />
</strong>Le 29 août, à Chevilly-Larue (94), un homme âgé de 22 ans s&#8217;est défenestré du 4è étage d&#8217;un foyer social. Il semble que la police a été alertée, suite à une dispute avec un autre locataire. Il n&#8217;est pas exclu que le jeune homme -Algérien sans papiers- qui devait décéder suite à cette chute, se soit jeté par la fenêtre à la seule vue des policiers qui arrivaient sur les lieux. (D&#8217;après <em>Libération</em>, 1er septembre 2009)</p>
<p><strong>Table ronde<br />
</strong>Dès son arrivée au ministère de l&#8217;Intérieur, au printemps 2002, Nicolas Sarkozy n&#8217;avait cessé de proclamer qu&#8217;il fallait en terminer avec la politique de prévention, et que les policiers n&#8217;étaient sur le terrain que pour constater des délits. Sept ans plus tard, l&#8217;échec de cette volonté répressive est évident. De 1eur côté, les syndicats de policiers dénoncent une pression accrue sur leur activité. C&#8217;est dans ce cadre qu&#8217;était organisée, le 31 août, une réunion interministérielle, avec pour objectif de remobiliser les forces de l&#8217;ordre, face à une montée significative de la délinquance. Un rapport réalisé, il y a quelques mois, par le Conseil national des villes, regrettait que les fonds de prévention ont surtout servi à financer la vidéo-surveillance. Ce qui ne fait que confirmer les priorité fixées à la police. C&#8217;est ainsi que la politique du résultat est de plus en plus à l&#8217;ordre du jour puisque les commissaires et officiers de police voient leur rémunération indexée sur les performances. Faute de véritables avancées dans le cadre de la politique répressive, le ministre de l&#8217;Intérieur, Brice Hortefeux, ne peut que nous offrir ce commentaire désabusés : &laquo;&nbsp;La sécurité est un combat permanent, il faut nous adapter en permanence !&nbsp;&raquo; (D&#8217;après <em>Le Monde</em>, 1er septembre 2009)</p>
<p><strong>Table ronde (2)<br />
</strong>Au cours de la table ronde du 31 août, Brice Hortefeux s&#8217;est risqué à murmurer : &laquo;&nbsp;Les jeunes et la police doivent effectuer un bout de chemin, l&#8217;un vers l&#8217;autre.&nbsp;&raquo; Ajoutant néanmoin : &nbsp;&raquo;&#8230;Tolérance zéro pour les voyous, bavures zéro&nbsp;&raquo; pour la police et la gendarmerie. Bonne chose, réagissait le responsable de l&#8217;association A.C. le feu, qui commentait néanmoins : &laquo;&nbsp;La dégradation des relations entre la police et les habitants des quartiers ne concerne pas seulement les jeunes. Les contrôles à répétition, le tutoiement et le non-respect du Code de déontologie par certains policiers, le sentiment d&#8217;injustice après des bavures non-sanctionnées, tout cela finit par pourrir la vie des citoyens&#8230;&nbsp;&raquo;(Propos cités dans <em>Métro</em>, 1er septembre 2009)</p>
<p><strong>Les &laquo;&nbsp;Boers&nbsp;&raquo; à la manoeuvre<br />
</strong>L&#8217;animosité des policiers envers les chauffeurs de taxi est bien connue. La brigade chargée de les surveiller est d&#8217;autant plus &laquo;&nbsp;vigilante&nbsp;&raquo; à leur égard que, depuis une vingtaine d&#8217;années, une majorité d&#8217;entre eux est visiblement d&#8217;origine immigrée. Les affrontements qui ont opposé des chauffeurs de taxis aux policiers, dans la nuit du 31 août au 1er septembre, sont significatifs du comportement vindicatif des Boers (sobriquet désignant les policiers des aéroports). Intervenant dans une querelle entre chauffeurs de taxis et un loueur, les Boers, caillassés, demandaient des renforts, qui arrivaient rapidement sous la forme policiers de la PAF et de la BAC. Selon une source policière, un flash-ball aurait été utilisé, &laquo;&nbsp;vers le sol&nbsp;&raquo;, mais blessant malgré tout un chauffeur. L&#8217;un d&#8217;eux, interpellé, étant retenu quelques heures au commissariat. Résultat, les chauffeurs de taxi bloquaient l&#8217;un des terminaux de l&#8217;aéroport de Roissy. La tension habituelle, entretenue par les forces de l&#8217;ordre est telle que les chauffeurs de taxi, en attente dans la base arrière de Roissy, ont qualifié ce lieu de l&#8217;appellation tout à fait évocatrice de &laquo;&nbsp;Guantanamo&nbsp;&raquo;. Selon d&#8217;autres sources, les policiers enquêtaient &laquo;&nbsp;sur un véhicule signalé comme volé&nbsp;&raquo;. Il n&#8217;en reste pas moins que Brice Hortefeux se serait ému de cette bavure, chargeant l&#8217;IGS d&#8217;enquêter sur les circonstances de cet &laquo;&nbsp;incident&nbsp;&raquo;. Une certitude : le flash-ball, soi-disant à usage défensif pour les policiers, paraît être devenu une arme aussi banale que la matraque Tonfa. A suivre&#8230; (Sources, <em>20 Minutes</em>, <em>Métro</em> et <em>Libération</em>, 2 septembre 2009)</p>
<p><strong>Les &laquo;&nbsp;municipaux&nbsp;&raquo; privés de taser<br />
</strong>Les policiers municipaux seront momentanément privés de taser. Un arrêt du Conseil d&#8217;Etat, pris le 3 septembre, qui ne remet pas en cause le principe de l&#8217;emploi &nbsp;&raquo;du pistolet à impulsion électrique, juge cependant que les particularités de cette arme d&#8217;un type nouveau impose que son usage soit précisément encadré et contrôlé.&nbsp;&raquo; Il n&#8217;empêche, quelques heures après cette décision, Brice Hortefeux déclarait : &laquo;&nbsp;Nous allons préparer un nouveau texte pour que les policiers municipaux aient une formation adaptée.&nbsp;&raquo; Le ministre de l&#8217;Intérieur avait peut-être entendu les plaintes du syndicat national de la police municipale, qui regrettait que ses mandants ne &laquo;&nbsp;soient pas sur un pied d&#8217;égalité avec la police nationale et la gendarmerie&nbsp;&raquo;. Le porte-parole de ce syndicat sanglotait : &laquo;&nbsp;On ne comprend pas cette décision. Cela fait penser que nous sommes des sous-policiers !&nbsp;&raquo; Est-ce possible ? (D&#8217;après <em>Libération</em> et <em>20 Minutes</em>, 3 septembre 2009)</p>
<p><strong>Brice Hortefeux porte plainte<br />
</strong>Le 9 août, à Bagnolet, un garçon âgé de 18 ans était poursuivi par des policiers alors qu&#8217;il tentait d&#8217;échapper à un contrôle d&#8217; identité. Il devait se tuer en heurtant un muret. Suite aux propos d&#8217;habitants de Bagnolet rendant la police responsable de ce décès, le ministre de l&#8217;Intérieur, Brice Hortefeux a porté plainte auprès du parquet pour &laquo;&nbsp;diffamation envers la police nationale&nbsp;&raquo;. (Sources, <em>20 Minutes</em> et <em>Direct Matin</em>, 3 septembre 2009)</p>
<p><strong>Bavures et longueur de temps&#8230;<br />
</strong>Après chaque bavure, les autorités policières, aidés benoîtement par la justice, font durer la procédure et les enquêtes. C&#8217;est bien connu, il ne faut pas que l&#8217;image des forces de l&#8217;ordre puisse souffrir des dérives de quelques cow-boys. Ainsi, le 5 décembre 2004, à Courbevoie (92), un Malien sans papiers, âgé de 38 ans, était interpellé. Durant sa garde à vue, le &laquo;&nbsp;délinquant&nbsp;&raquo; tombe dans le coma, pour des raisons mal expliquées. C&#8217;est seulement le 10 décembre 2004 que la famille de Abou Bakari, tardivement avertie par la police, pourra voir leur proche, dont le corps gonflé présente sur le thorax une plaie qui n&#8217;est pas mentionnée sur le rapport médical. Le 4 janvier 2005, Abou Dakari décède à l&#8217;hôpital où il a été transporté. En avril 2005, son frère et son oncle décident de porter plainte pour &laquo;&nbsp;torture et actes de barbarie ayant entraîné la mort.&nbsp;&raquo; L&#8217;enquête va d&#8217;autant plus s&#8217;enliser que les policiers du commissariat de Courbevoie affirment -esprit de corps oblige- que la victime avait sombré dans le coma après s’être frappé la tête contre les murs de sa cellule. Près de cinq ans après les faits, la conclusion de l&#8217;expertise médicale est sans équivoque : il y a de fortes probabilités pour que Abou Bakari soit mort des suites de violences policières. Pour les experts, le décès ne serait pas dû à un choc direct contre un mur, avec cette précision  :&nbsp;&raquo;L&#8217;exiguïté de la cellule ne permet pas de prendre un élan suffisant pour créer le type d&#8217;oedème constaté.&nbsp;&raquo; Pour les légistes, il y aurait eu &laquo;&nbsp;un ébranlement cérébral, par violentes secousses de la victime. Par ailleurs, comment négliger le fait que des pièces du dossier médical avaient disparu, à l&#8217;hôpital de Colombes où Abou Bakari avait été admis. Le 3 septembre, l&#8217;avocat de la famille de la victime remettait une note au magistrat instructeur pour demander la mise en examen des policiers du commissariat de Courbevoie. (Source, <em>Métro</em>, 3 septembre, <em>Le Monde</em> et <em>20 Minutes</em>, 4 septembre 2009)</p>
<p><strong>Encore une bavure constatée !<br />
</strong>Le 11 juin, à Argenteuil (95), Ali, retraité algérien, âgé de 69 ans, devait trouver la mort après avoir été violemment interpellé par des policiers désireux de constater un délit. (Se reporter à <em>Que fait la Police ? </em>numéro 32, août/septembre 2009). Après la première autopsie, réalisée à l&#8217;hôpital, le décès était expliqué par une &laquo;&nbsp;hypertrophie cardiaque&nbsp;&raquo; -ce qui aurait pu laisser croire que la mort était sans lien direct avec l&#8217;arrestation. D&#8217;où le rapide classement sans suite de cette affaire. Pourtant, sous la pression des proches de la victime, un juge d&#8217;instruction allait diligenter une contre-expertise médicale. D&#8217;où une seconde autopsie, cette fois pratiquée par l&#8217;Institut médico-judiciaire de Paris, qui devait révéler la présence de &laquo;&nbsp;vingt-sept hématomes, de 12 à 17 cm de diamètre&nbsp;&raquo;. Pour le Comité de soutien, qui s&#8217;est constitué à Argenteuil, Ali &laquo;&nbsp;est bien décédé des suites de son interpellation -les rapports de cause à effet ayant été établis&nbsp;&raquo;. Suite à cette bavure constatée, comme devait le souligner la sénatrice verte Alima Boumedienne-Thiery, Brice Hortefeux va-t-il, une nouvelle fois, porter plainte pour diffamation envers la police nationale ? (D&#8217;après <em>20 Minutes</em>, 4 septembre 2009) </p>
<p><strong>CRS, peu de caresses&#8230;<br />
</strong>Le 4 septembre, six CRS de Dijon comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Dunkerque. Ces braves serviteurs de l&#8217;ordre public étaient poursuivis pour avoir commis des violences, après boire, à la sortie d&#8217;une discothèque. A la suite d&#8217;une altercation avec un groupe de jeunes, ces CRS, momentanément basés, à Dunkerque, les avaient attendus, avant de briser les vitres de leur véhicule, puis les agresser physiquement et les asperger de gaz lacrymogène. Au procès, les CRS devaient reconnaître avoir abusé de boissons alcoolisées en cette soirée de juillet dernier. Huit mois de prison avec sursis pour ces six brutes devait requérir le procureur. Qu&#8217;en sera-t-il lors du délibéré ? A suivre. (Source, <em>Le Monde</em>, 7 septembre 2009)</p>
<p><strong>Les syndicats de police surveillent l&#8217;information<br />
</strong>Le syndicat de policiers en tenue, Alliance, a donc décidé de jouer les censeurs. Le 30 août, une journaliste de la chaîne de télévision M 6 interviewait le ministre de l&#8217;Intérieur, Brice Hortefeux. Parmi les questions posées : la multiplication des bavures et le non-respect du Code de déontologie. Avec ce commentaire : &laquo;&nbsp;C&#8217;est un mauvais film dont on a l&#8217;impression qu&#8217;il est rediffusé trop souvent&nbsp;&raquo; et même&nbsp;&raquo; les policiers ayant dérapé sont toujours en fonction.&nbsp;&raquo; Le ministre s&#8217;était tiré de ce questionnement par des pirouettes. Il n’en n&#8217;a pas été de même pour le secrétaire général du syndicat Alliance qui, dans un courrier rendu public s&#8217;est appliqué à dénoncer le &laquo;&nbsp;dérapage verbal&nbsp;&raquo; d&#8217;une journaliste &laquo;&nbsp;sans doute aveuglée par une haine non-dissimulée de la police.&nbsp;&raquo; (Source,<em> Libération</em>, 7 septembre 2009)</p>
<p><strong>Feu  à volonté !</p>
<p></strong>Le 7 septembre, lors d’un contrôle routier, à Chalons en Champagne, des policiers en uniforme tentaient de contrôler deux hommes circulant à bord d’une camionnette, sans ceinture de sécurité. Les deux « délinquants » se retrouvant finalement bloqués dans un cul-de-sac. Allait suivre un coup de feu de la part de l’un des deux policiers, lequel ne se trouvait nullement en situation de légitime défense. L’un des deux hommes était blessé à un bras. Le procureur a ordonné une enquête. (Sources, <em>Libération</em>, 8 septembre 2009)</p>
<p><strong>Ordre républicain, vielles méthodes<br />
</strong><br />
Le 20 août, en opération de contrôle dans des camps de Roms du département de l’Essonne (91) des gendarmes ont cru bon ressusciter des méthodes de marquage datant d’une époque que l’on croyait révolue. Ces braves pandores se sont autorisés, alors qu’ils recherchaient des personnes sans papiers, à apposer, sur le bras d’un certain de parias, un tampon distinctif. C’était, ont expliqué ces représentants de l’ordre public, « pour faciliter l’identification et éviter les doublons. » Intervention plutôt fâcheuse pour l’image de notre République des droits de l’homme, a dû estimer Eric Besson, gardien de l’Identité nationale, qui a jugé cette pratique inopportune.  (D’après <em>Direct Matin</em>, 8 septembre 2009)</p>
<p><strong>Ouah ! Ouah !<br />
</strong><br />
La police doit être honorée et, à cette fin, ses meilleurs éléments sont régulièrement pourvus de médailles. Par extension, il en va désormais de même des chiens policiers. En effet, le 7 septembre, un brave toutou, prénommé Pacha, s’est vu décerner la médaille de bronze pour acte de courage et de dévouement. Il est vrai que Pacha avait permis la prise de 16.000 cachets d’Esctasy, en 2006, et 1,2 tonnes de cannabis, en avril 2009. (D’après <em>20 Minutes</em>, 10 septembre 2009)</p>
<p><strong>Dignité humaine<br />
</strong><br />
Le 10 septembre, le tribunal correctionnel de Nancy a jugé que la garde à vue d’un homme qui n’avait rien bu, ni rien mangé durant les 48 heures de sa garde à vue, au commissariat de la ville, était « incompatibles avec la dignité humaine. » Source, <em>20 Minutes</em>, 11 septembre 2009)</p>
<p><strong>Un Beur, ça va, trois beurs, bonjour les dégâts…<br />
</strong><br />
Le 5 septembre, à la fin de l’Université d’été de l’UMP, le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, a gravement dérapé. Plaisantant avec un jeune UMP d’origine maghrébine, dont une joviale militante précise « qu’il boit de la bière et mange du cochon », l’ancien gardien de l’Identité nationale devait expliquer, sur le mode plaisant : « Il ne correspond pas au prototype… » puis, « Quand il y en a un, ça va. Quand il y en a beaucoup, ça commence à poser des problèmes. »  Tout au long de la journée du 10 septembre, cette vilaine saillie s’est répandue comme une trainée de poudre sur les sites Internet, information largement reprise par les stations de radio et, en images, sur les chaînes de télévision. Rapidement, nombre de voix allaient s’élever pour condamner ce propos et demander la démission du ministre.<br />
Il est évident que lorsque le 1er flic de France se permet d’utiliser un tel langage, cela ne peut qu’indigner les antiracistes. Parallèlement, on devait bien ricaner dans les cercles politiques où les Maghrébins sont globalement considérés comme des « individus » hautement suspect, et, en tout cas, comme des facteurs de troubles. Malgré les dénégations de Brice Hortefeux et le soutien appuyé de ses collègues ministres, il convient de ne pas oublier que l’hôte de la place Beauvau est un récidiviste de ce type de dérives. Lorsque Azouz Bégag et lui, se côtoyaient au Conseil des ministres, de 2002 à 2005, l’ami de Nicolas Sarkozy lui susurrait gentiment : « Allez, fissa, sort de là, dégage d’ici, je te dis de dégager ! » Rachida Dati, au temps où elle officiait au ministère de la Justice, aurait qualifié Brice Hortefeux de « gros raciste », et cela à plusieurs reprises. Sans oublié une autre victime, Fadela Amara, dont le cher Brice aurait dit, avec une évidente tendresse : « C’est une compatriote, même si ce n’est pas forcément évident, je le précise… »  (Sources diverses dont plus particulièrement <em>Libération</em>, 11 septembre 2009)</p>
<p><strong>Pas très franc du collier !<br />
</strong><br />
Après une manifestation, près de la Sorbonne, en 2008, un CRS accusait un homme de 28 ans, agrégé d’histoire, d’avoir lancé une bouteille sur un autre policier. Le 9 septembre, le tribunal correctionnel de Paris devait relaxer ce normalien, lequel avait facilement démontré qu’il n’avait rien du jeune à capuche et bandana décrit par le CRS. Il y a un terme précis pour qualifier cette accusation : faux témoignage ! (D’après <em>Le Monde</em>, 11 septembre 2009)</p>
<p><strong>Gabelous flingueurs<br />
</strong><br />
Les douaniers sont armés. Pour que cela se sache, nos gabelous n’hésitent pas à plastronner avec leur pistolet automatique, bien en vue, et éventuellement à s’en servir. De plus, ces braves fonctionnaires du ministère des Finances n’opèrent plus seulement aux frontières, dans les aéroports et dans les ports. C’est ainsi que, le 12 septembre, à Corbeil-Essonne (91), des douaniers n’ont pas hésité à ouvrir le feu, à cinq reprises, sur un automobiliste qui refusait de s’arrêter, lors d’un contrôle dans le quartier des Tarterêts. Selon ces policiers économiques à la nuque raide, l’automobiliste « aurait » foncé sur eux avant de s’enfuir. Question essentielle : comment un automobiliste qui refuse de s’arrêter peut-il foncer sur ceux qui lui intiment l’ordre de s’arrêter ? (D’après <em>Libération</em>, 14 septembre 2009)</p>
<p><strong>Triste courrier<br />
</strong><br />
Cela se passe le lundi 14 septembre, vers 15 h 30, à l’angle de la rue Gay-Lussac et du boulevard Saint-Michel, à Paris, à côté d’un abri-bus. Etonnée, puis indignée, une passagère témoigne du spectacle auquel elle vient d’assister :<br />
« …Autour de l’abri-bus, une dizaine de membres de la police privée de la RATP, entourés de quelques policiers, bavardent tranquillement, l’air souriant. Arrive un bus et les policiers de complément se transforment en contrôleurs, exigeant les billets de ceux qui descendent du véhicule.  Une jeune femme, au teint coloré, tente d’échapper au contrôle et s’enfuit vers une rue proche. Manque de chance, elle s’enfonce dans le passage Royer-Collard, une impasse où elle est rapidement rattrapée par un premier de ces policiers privés. Un deuxième arrive puis, toute la meute, neuf en tout, pour traquer cet important gibier. Comme je m’étais assise à la terrasse d’une brasserie proche, j’ai pu contempler le regard mauvais, halluciné même, de ces défenseurs de la veuve et de l’orphelin s’activant à faire leur devoir. Va suivre la délivrance d’un procès-verbal. La sécurité a un  prix très élevé puisque pour quelques euros récupérés il a fallu mettre en œuvre une telle quantité d’argousins. Pauvre France ! » (Courrier reçu à l’Observatoire des libertés publiques le 16 septembre 2009)</p>
<p><strong>Déontologiquement vôtre !<br />
</strong><br />
La Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) créée en juin 2000, est en passe de disparaître, suite à un projet de loi présenté en conseil des ministres, le 9 septembre.  Ses compétences s’exerçaient sur les dérives de la police nationale, de la gendarmerie et de l’administration pénitentiaire. Par la suite, cette structure, relativement indépendante, devait être saisie de faits se rapportant aux exploits de la PAF, des polices municipales, et même aux activités de sociétés privées de sécurité.  Chaque année, la CNDS remettait un épais rapport au président de la République et au Parlement. D’année en année, le nombre de saisines, par l’intermédiaire d’un parlementaire, ne faisait qu’augmenter. Ce qui ne pouvait qu’irriter nos autorités. Au fil du temps donc, le budget alloué à la CNDS finissait par représenter une véritable peau de chagrin, d’où l’arrêt de la publication de son rapport annuel, faute de crédit. Dans le même temps, le poste de défenseur des enfants va disparaître. Sans doute parce que les jeunes mineurs sont peut-être des délinquants en devenir.  Circulez, il n’y a rien à voir ! (D’après <em>Libération</em>, 16 septembre 2009)</p>
<p><strong>Des policiers très inventifs<br />
</strong><br />
La volonté de mal faire de nombre de nos policiers n’est pas toujours connue, lors de leurs exploits. Dans le cas évoqué ici, il aura fallu plus de cinq ans pour que l’information concernant un grave dérapage soit enfin révélée par voie de presse. En avril 2004, trois éducateurs ardennais du service départemental d’aide social à l’enfance sont soupçonnés d’agir sous l’influence d’une secte. L’enquête, confiée au SRPJ de Reims conduit à l’interpellation de trois personnes, toutes âgées de plus de 50 ans.  Lesquelles sont placées en garde à vue, avec des séances musclées pour les faire craquer. Suivra la mise en examen pour « abus de faiblesse sur mineurs, privation de soins, violence morale et non-présentation d’enfants. »  De plus, la « tête pensante » du trio sera incarcérée à la prison de Chalons-en-Champagne, où elle passera plus de trois mois. Ses « complices » étant placés sous contrôle judicaire.<br />
Le 25 juin 2009, les deux policiers zélés, convoqués devant un juge d’instruction de Charleville-Mézières, après une longue enquête, devaient reconnaître qu’ils étaient les auteurs des « aveux » attribués aux trois personnes interpellées. Certes, la justice y retrouve son compte mais les trois éducateurs ont vu leur existence brisée, dans le même temps que l’organisme social dont ils dépendaient voyait son activité bouleversée. Il n’en reste pas moins que ces deux policiers sont encore en liberté, et peut-être même en service. Reste à savoir s’ils ont agi en service commandé, avec obligation de résultat, ou s’ils avaient voulu « se faire mousser » auprès de leur hiérarchie. Toujours est-il qu’il a fallu attendre le mois de septembre  2009 pour que cette bavure soit enfin connue. (D’après L’Union de Reims, a septembre 2009)</p>
<p><strong>Quand les cow-boys se défoulent<br />
</strong><br />
Le 15 septembre, vers 6 h 30 du matin, des hommes masqués défoncent la porte d’un appartement, aux Mureaux (78). Ils malmènent les membres de la famille, allant même jusqu’à menotter un garçon âgé de 16 ans. Pendant un quart d’heure, ces malfrats, en fait des policiers, arpentent l’appartement avant de s’apercevoir qu’ils se sont trompés d’adresse et de cible.  Selon la famille, un voisin aurait subi le même traitement. Une certitude, les policiers sont repartis sans un mot d’excuse. A la direction de la sécurité publique des Yvelines, on reconnaît : « Ca arrive de temps en temps… » (Source, <em>Libération</em>, 17 septembre 2009)</p>
<p><strong>Voyage présidentiel…<br />
</strong><br />
Le 18 septembre, Nicolas Sarkozy avait prévu de visiter l’hôpital Paul-Brousse, de Villejuif (94), pour y rencontrer des patients ayant bénéficié d’une greffe du foie dans cet établissement. Depuis plusieurs jours, les policiers affectés aux voyages officiels, assistés de très nombreux CRS et gendarmes mobiles, avaient investi cet ensemble hospitalier que les syndicats n’ont pas manqué de décrire comme une « zone occupée ». Le coût de cette promenade est estimé à 200.000 euros minimum, en comptant le prix des petits fours. C’est-dire l’équivalent du salaire de 7 infirmières. (Source, <em>Libération</em>, 18 septembre 2009)</p>
<p><strong>Avec « délicatesse… »</strong></p>
<p>Lorsqu’en août 1996, à Paris, le ministre de l’Intérieur Jean-Louis Debré, avait fait évacuer brutalement les sans papiers qui occupaient l’église Saint-Bernard, par les gendarmes mobiles, il avait affirmé que l’opération s’était déroulée « avec cœur et humanité. »<br />
Le 22 septembre 2009, dans la matinée, l’objectif était de chasser de la « Jungle » de Calais quelques centaines de sans papiers, en majorité Afghans qui, depuis des semaines, tentaient de passer en Angleterre. Les images vues à la télévision, à la mi-journée, nous ont prouvé que les méthodes violentes (manifestants frappés à terre) n’avaient pas changé. En fait, les gendarmes mobiles et les CRS se sont surtout déchaînés contre les militants associatifs qui tentaient de s’opposer aux forces de l’ordre. Sans le même temps, les journalistes présents sur le terrain étaient rudement écartés, ce qui permettait, ensuite, de malmener les parias expulsés de leurs campements de fortune. Cela n’a pas empêché Eric Besson, gardien de l’Identité nationale, de proclamer que les CRS et gendarmes mobiles,  lancés à la chasse à l’homme, s’étaient conduits « avec délicatesse » et, en tout cas « sans violences ». (D’après les images de <em>Canal</em> + et correspondances téléphoniques, 22 septembre 2009)</p>
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		<title>QUE FAIT LA POLICE ? – Bulletin d’information anti-autoritaire – Nouvelle série &#8211; numéro 32 – août – septembre 2009</title>
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		<pubDate>Tue, 25 Aug 2009 08:02:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Observatoire des Libertés Publiques]]></category>

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		<description><![CDATA[A l'occasion de son dernier discours sécuritaire, le président de la République atteignait au sublime en lançant, en direction de son auditoire en uniforme : "Aucune rue, aucune cave, aucune cage d' escalier ne doivent être épargnées !" Dans le même temps, Amnesty International rendait public un rapport dénonçant "le mépris des droits de l'homme", visant particulièrement la France, jadis terre de liberté, où les violences policières sont de plus en plus souvent impunies, singulièrement envers les étrangers sans papiers, criminalisés dans les centres de rétention administrative. Etait stigmatisé également le comportement des forces de l'ordre dans le domaine du contrôle social au travers des missions confiées à la police et à la gendarmerie, désormais sous commandement unique, comme au beau temps de la France de Vichy…]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em><br />
</em><strong>Editorial  : Faits divers d&#8217;un été ordinaire&#8230;<br />
</strong></p>
<p>La dérive sécuritaire sert de moteur à la politique répressive de notre démocratie formelle. A cette fin, il lui faut constamment placer en garde-à-vue, et même mettre en prison de plus en plus de suspects ou de supposés adversaires de l&#8217;ordre public. Comme la parole du policier, fonctionnaire assermenté, suffit pour servir de preuve, le terrain est libre pour toutes les dérives. L&#8217;affaire montée contre Julien Coupat et les &laquo;&nbsp;anarchistes invisibles&nbsp;&raquo; est révélatrice de cette volonté de criminaliser celles et ceux qui osent mettre en cause cet acharnement sécuritaire.<br />
Depuis l&#8217;hiver 2001/2002, à la veille de chaque consultation électorale, les problèmes liés à la sécurité sont exacerbés, et reviennent au premier plan des préoccupations. L&#8217;UMP excelle dans cet exercice. Il est vrai que les citoyens de la France profonde, particulièrement ceux &laquo;&nbsp;qui ne font pas de politique&nbsp;&raquo;, se sont toujours avérés sensibles à ce problème. Avec des solutions à courte vue ayant pour objet d&#8217;éviter de donner une réponse cohérente aux difficultés économiques et sociales.<br />
Pour les récentes élections européennes du 7 juin 2009, c&#8217;est la même grosse artillerie idéologique qui était utilisée. Le projet de loi sur la sécurité intérieure, en gestation depuis l&#8217;automne 2007, était de nouveau à l&#8217;ordre du jour, lors d&#8217;un discours de Nicolas Sarkozy prononcé le 28 mai devant un aréopage de hauts gradés de la police et de la gendarmerie &#8211; à l&#8217;Elysée. Au programme : la rigueur, encore la rigueur, toujours plus de rigueur. Particulièrement envers les jeunes des cités censés menacer l&#8217;Etat républicain. D&#8217;où la mise sous haute surveillance des collèges et lycées des banlieues &laquo;&nbsp;sensibles&nbsp;&raquo;. La paranoïa étant à son comble lorsque l&#8217;on apprenait que chaque recteur d&#8217;académie pourrait disposer d&#8217;une équipe d&#8217;agents mobiles pour contrôler les élèves avec fouille à la clé. Le 23 juin, la loi sur les bandes, initiée par Christian Estrosi était débattue au parlement.<br />
A l&#8217;occasion de son dernier discours sécuritaire, le président de la République atteignait au sublime en lançant, en direction de son auditoire en uniforme : &laquo;&nbsp;Aucune rue, aucune cave, aucune cage d&#8217; escalier ne doivent être épargnées !&nbsp;&raquo; Dans le même temps, Amnesty International rendait public un rapport dénonçant &laquo;&nbsp;le mépris des droits de l&#8217;homme&nbsp;&raquo;, visant particulièrement la France, jadis terre de liberté, où les violences policières sont de plus en plus souvent impunies, singulièrement envers les étrangers sans papiers, criminalisés dans les centres de rétention administrative. Etait stigmatisé également le comportement des forces de l&#8217;ordre dans le domaine du contrôle social au travers des missions confiées à la police et à la gendarmerie, désormais sous commandement unique, comme au beau temps de la France de Vichy…<br />
<strong>Maurice Rajsfus<br />
</strong></p>
<p><strong>Petit gredin<br />
</strong><br />
La Justice est bonne fille avec les serviteurs de l&#8217;Etat. Un commissaire de police, en poste à Juvisy (91) était jugé pour détournement de fonds sous scellées -près de 3 000 euros. Lors de son procès, l&#8217;avocat général avait requis un an de prison avec sursis et une interdiction d&#8217;exercer pendant cinq ans. Le 25 mai, en délibéré, le tribunal correctionnel de Créteil a finalement condamné ce fonctionnaire, pour le moins indélicat, à huit mois de prison avec sursis, sans qu&#8217;il lui soit interdit de rester dans la police. Finalement, c&#8217;est le Conseil de discipline de la police nationale qui devrait statuer sur son avenir. (Source, <em>20 Minutes</em>, 26 mai 2009)</p>
<p><strong>Pandore castrateur<br />
</strong><br />
Le 24 mai, un gendarme alsacien était placé en garde-à-vue, à Reichshoffen (67) puis écroué pour &laquo;&nbsp;acte de torture et de barbarie ayant entraîné mutilation.&nbsp;&raquo; Ce père de famille de cinq enfants s&#8217;était rendu chez l&#8217;amant de sa femme, et l&#8217;avait assommé, traîné dans un garage, avant de l&#8217;émasculer. (Source, <em>Libération</em>, 26 mai 2009)<br />
<strong></p>
<p>Il n&#8217;est jamais trop tôt&#8230;<br />
</strong><br />
Le 29 mai, à Courdimanche (95) deux gendarmes se présentent dans une famille pour remettre une convocation à un garçon de 9 ans, devant comparaître le lendemain. Motif : le gamin s&#8217;était bagarré avec un camarade pendant la récréation. Ce &laquo;&nbsp;délinquant&nbsp;&raquo; devait être effectivement auditionné durant une vingtaine de minutes par les pandores. La mère de &laquo;&nbsp;l&#8217;adversaire&nbsp;&raquo; ayant porté plainte&nbsp;&raquo;, la convocation est une conséquence logique&nbsp;&raquo;, devaient expliquer ces braves militaires. Il paraît que les deux garçons se seraient réconciliés. (Source, <em>Le Parisien</em>, 31 mai 2009)</p>
<p><strong>Comptine<br />
</strong><br />
Le policier tape, tape<br />
Le CRS<br />
Crosse, crosse<br />
Les grosses menottes<br />
Note, note<br />
Le pistolet<br />
Laid, laid<br />
Et la racaille<br />
Caille, caille.<br />
(D&#8217;après une comptine que chantaient les enfants du Limousin, au XIX ème siècle)</p>
<p><strong>Balayette<br />
</strong><br />
Le 28 mai, devant la gare de Massy-Palaissau (9l), un jeune homme, mêlé à une bagarre, est interpellé par des policiers en patrouille. Au cours de cette intervention, il tombe &laquo;&nbsp;accidentellement&nbsp;&raquo;, sa tête heurte un muret de béton et il se fracasse le crâne. Hospitalisé dans le coma, son état était plutôt préoccupant. Il n&#8217;est pas inutile de noter que ce jeune homme se prénomme Ousmane. Selon des témoins, qui se &laquo;&nbsp;seraient rétractés&nbsp;&raquo;, la victime aurait fait l&#8217;objet d&#8217;une &laquo;&nbsp;balayette&nbsp;&raquo;. Pour les policiers, le jeune homme est tombé en tentant de se débattre. Qui croire ?  (Sources, FR 3, 30 mai et <em>Le Parisien</em>, 31 mai 2009)</p>
<p><strong>Socialiste psycho-rigide<br />
</strong><br />
Le très sécuritaire député socialiste, Manuel Vals, député-maire d&#8217;Evry (91), celui-là même qui avait appelé à voter avec l&#8217;UMP le délit d&#8217;outrage à la Marseillaise et au drapeau , a encore fait parler de lui. Il a apporté son soutien à Christian Estrosi, auteur du rapport sur les bandes de banlieue, et les jeunes cagoulés, lors des manifestations. Le 30 mai, le député socialiste n&#8217;a pas hésité à déclarer : &laquo;&nbsp;M. Estrosi pose un vrai problème, esquisse une première solution. Je souhaite qu&#8217;on aille jusqu&#8217;au bout du débat pour, à la fois garantir les libertés et rendre la loi plus efficace.&nbsp;&raquo; Encore un effort et Manuel Vals pourrait de venir ministre de l&#8217;Intérieur ! (Source, <em>Direct-Matin,</em> 2 juin 2009)</p>
<p><strong>A la porte !<br />
</strong><br />
En 2008, 1e nombre d&#8217;expulsions locatives, effectuées avec le concours de la police, s&#8217;est élevé à 11 190, soit 157% de plus en dix ans. C&#8217;est le constat effectué par la fondation Abbé Pierre. (Source, <em>Libération</em>, 2 juin 2009)</p>
<p><strong>Délit de comparaison<br />
</strong><br />
Le préfet des Pyrénées-Atlantiques a porté plainte pour outrage contre un médecin qui, indigné par le placement en rétention de deux enfants de 5 et 7 ans, lui avait envoyé ce mail : &laquo;&nbsp;J&#8217;apprends que l&#8217;on autorise l&#8217;enfermement d&#8217;enfants, cela me rappelle une triste époque où l&#8217;on mettait les enfants dans des wagons. Bonne<br />
journée !&nbsp;&raquo; Réagissant, dans le quotidien <em>Sud-Ouest</em>, le préfet n&#8217;était pas content : &laquo;&nbsp;La ligne rouge est franchie. La comparaison avec Vichy fait, et fera, systématiquement l&#8217;objet d&#8217;une action en justice.&nbsp;&raquo; Et le coupable sera livré à la Kommandantur ? (Source, <em>Siné-Hebdo</em>, 3 juin 2009)</p>
<p><strong>La vie de château<br />
</strong><br />
Il semblerait que le contrôleur général des lieux de privation de liberté prenne sa tâche au sérieux. Dans une recommandation, rendue publique le 3 juin, cette autorité, encore indépendante, a épinglé le commissariat de police de Boulogne-Billancourt (92). Pour le contrôleur général, il s&#8217; agit là d&#8217;un lieu &laquo;&nbsp;exemplaire d&#8217;un certain nombre de difficultés rencontrées ailleurs.&nbsp;&raquo; Si l&#8217;on se réfère à une visite effectuée dans ce commissariat, en octobre 2008, &laquo;&nbsp;&#8230;Les conditions d&#8217;hygiène sont indignes pour les personnes placées en garde-à-vue !&nbsp;&raquo; Exemples : les toilettes débordent, aucune installation ne permet de se brosser les dents ou de se raser, et ne remplit pas davantage les conditions de couchage&nbsp;&raquo;. Ce commissariat n&#8217;est qu&#8217;un exemple parmi d&#8217;autres, semble-t-il.  (Source, <em>Direct-Matin</em>, 4 juin et <em>Le Monde</em>,5 juin 2009)</p>
<p><strong>Multirécidiviste<br />
</strong><br />
L&#8217;information a tardé à être divulguée. Le préfet de police de Paris a été condamné à deux reprises, les 16 avril et 4 mai 2009. Ce haut fonctionnaire d&#8217;autorité refusait de délivrer des récépissés de demandes d&#8217;asile -faisant office de titre de séjour aux réfugiés n&#8217;ayant pas trouvé de place dans les centres d&#8217;asile mais bénéficiant néanmoins d&#8217;une adresse postale. Déjà, en 2006, une première vague de plaintes avait été déposée contre le préfet qui, déjà condamné, avait &laquo;&nbsp;réintroduit ces pratiques en 2009&#8243;, relèvent Amnesty International et France Terre d&#8217;Asile. Il paraît que, depuis les récentes condamnations, le préfet se serait calmé. (Source, <em>Libération</em>, 5 juin 2009)</p>
<p><strong>Un mort au commissariat de Sevran<br />
</strong><br />
En 2006, un toxicomane, âgé de 31 ans, était transporté au commissariat de Sevran (93), en état de démence. Deux heures plus tard, après avoir été menotté et allongé sur le ventre, dans un local de 4 mètres carrés prévu pour les personnes conduites au poste pour vérification d&#8217;identité, cette personne était déjà en mauvais état. Parce qu&#8217;il se frappait la tête sur le sol, un policier avait placé un casque de moto sous la tête de l&#8217;homme. Selon les experts logistes, il devait mourir &laquo;&nbsp;d&#8217;asphyxie mécanique&nbsp;&raquo;. Il est vrai que les légistes avaient également relevé une fracture du larynx qu&#8217;il se serait faite -selon les policiers- en heurtant le montant d&#8217;un banc. Le 4 juin, lors du procès des deux femmes policières, de service le jour du drame, accusées d&#8217;homicide involontaire, malgré les réquisitions du procureur qui avait demandé des peines de prison avec sursis, le tribunal de Bobigny devait relaxer les deux femmes. Sans commentaire ! (Source, <em>Métro,</em> 5 juin 2009)</p>
<p><strong>Pas très franc du collier<br />
</strong><br />
En avril 2009, 1e gardien de l&#8217;Identité nationale, Eric Besson, affirmait que l’article L 622 de la loi Ceseda, prévoyant un véritable délit de solidarité, n&#8217;avait jamais été appliqué dans toute sa rigueur. Plus qu&#8217;un pieux mensonge, c&#8217;était une authentique contrevérité. Une fois de plus, la démonstration en a été apportée, suite à une plainte pour diffamation contre ce ministre. Le 4 juin, une militant humanistes du nord, membre d&#8217;une association d&#8217;aide aux migrants, rappelait qu&#8217;elle avait été placée en garde-à-vue par la police pour avoir aidé des sans papiers à recharger leur téléphone mobile. Droit dans ses bottes, Eric Besson avait pourtant affirmé que les militants bénévoles, ayant apporté apporté &laquo;&nbsp;volontairement leur aide à l&#8217;entrée ou au séjour illégal d&#8217;étrangers&nbsp;&raquo; ne seraient pas inquiétés. Comme on disait jadis, dans la France profonde, le ministre, transfuge du PS, est franc comme un cheval qui recule&#8230; (D&#8217;après <em>Aujourd&#8217;hui</em>, 6 juin 2009)</p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;Hou, la menteuse !&nbsp;&raquo;<br />
</strong><br />
Le 1er juin, la secrétaire d&#8217;Etat à la famille, Nadine Morano, dénonçait le recours abusif à la police, suite à la convocation d&#8217;un gamin de 9 ans dans une gendarmerie (voir plus haut). I1 au ra suffit de moins d&#8217;une semaine pour que l&#8217;on apprenne que la sous-ministre avait elle-même porté plainte, en février dernier, contre une mère de famille des Landes qui, sur le site Internet Daylimotion, avait écrit ce commentaire &laquo;&nbsp;Hou,la menteuse !&nbsp;&raquo;, suite à une prise de position de la ministre. Peccadille. Pourtant, cette personne devait être convoquée au commissariat de police de Dax. L&#8217;affaire une fois connue, Nadine Morano démentait vouloir poursuivre cette personne au pénal. Ah bon&#8230; (Source, <em>Aujourd&#8217;hui</em>, 6 juin 2009)</p>
<p><strong>Encartés<br />
</strong><br />
Le 7 juin, lors du petit déjeuner à la préfecture de Caen, entre Nicolas Sarkozy et Barak Obama, tout le centre-ville était bouclé par des centaines de policiers. Certains d&#8217;entre eux expliquaient tranquillement à ceux qui voulaient franchir les barrages qu&#8217;il était nécessaire, pour ce faire, d&#8217;être muni d&#8217;une carte de 1&#8242;UMP. (Source, France Inter, 8 juin 2009)</p>
<p><STRONG>UTEC<br />
</strong><br />
A grands sons de trompe, la ministre de l&#8217;Intérieur avait annoncé la mise en place d&#8217;Unités territoriales de quartiers (UTEQ), dans les banlieues &laquo;&nbsp;sensibles&nbsp;&raquo;. L&#8217;arrivée de ces nouveaux policiers, à Cergy et Villiers-le-Bel (95) n&#8217;a pas manqué de provoquer des incidents, dans ces deux villes, les 4 et 5 juin. Ainsi, dans le quartier Saint-Chritophe de Cergy, les policiers UTEQ, ciblés par des feux d&#8217;artifice, faisaient usage de leurs flash-ball. Selon les autorités policières, la tension monte dans ce quartier de puis l&#8217;arrivée des UTEQ. Détail intéressants, ces véritables brigades punitives, fortes d&#8217;une vingtaine d&#8217;hommes chacune, se déploient tous les jours, dès 17 heures, dans les quartiers, et ont surtout pour but d&#8217;exciter les jeunes, plutôt que de chercher à calmer le jeu. (D&#8217;après <em>20 Minutes</em>, 8 juin 2009)</p>
<p><strong>Pas trop grave<br />
</strong><br />
Le 9 juin, le tribunal correctionnel de Versailles jugeait trois policiers poursuivis pour avoir harcelé sexuellement une de leur collègue féminine au commissariat de Vélizy (78), de décembre 2007 à octobre 2008. La jeune femme avait subi des insultes quotidiennes, et de constantes propositions sexuelles. De plus, au cours de séances d&#8217;attouchements sexuels, elle était menottée par ses collègues. Le procureur, peu soucieux d&#8217;envoyer en prison de braves défenseurs de l&#8217;ordre public avait requis des peines allant de dix-huit à vingt-quatre mois de prison avec sursis contre ces policiers &laquo;&nbsp;frivoles&nbsp;&raquo;. Les juges, un peu plus indignés devaient condamner les trois salauds à six mois de prison ferme, et sept mille euros de dommages et intérêts à payer à leur victime. (Source, <em>Métro</em>, 10 juin 2009)</p>
<p><strong>Toujours le flash-ball<br />
</strong><br />
Le 4 juin, à Bondy (93), contrôle d&#8217;identité dans un quartier. En cette circonstance, un jeune aurait donné un coup de poing à un policier. Lequel, en tombant, aurait tiré involontairement avec son flash-ball. Atteint en pleine poitrine, le garçon était transporté à l&#8217;hôpital, crachant du sang. Sa version est très différente de celle du policier flingueur : &nbsp;&raquo;Le type est sorti de la voiture, m&#8217;a agrippé, et comme j&#8217;ai résisté le coup est parti tout de suite, presque à bout portant.&nbsp;&raquo; Un ami de la victime raconte : &laquo;&nbsp;Il y a quelques mois, un copain a été touché aux côtes. Ça fait une sacrée douleur&#8230; Ils nous braquent pour un oui ou pour un non et, parfois, le tir part.&nbsp;&raquo; A Neuilly-sur-Marne, au début du mois de mai, un garçon prénommé Samir, atteint à la tête par un tir de Flash-ball, avait été hospitalisé, avec un traumatisme crânien. Après l&#8217;affaire de Bondy, l&#8217;IGS a été saisie, et le tireur suspendu, mais que deviendra l&#8217;enquête ? Une députée du &laquo;&nbsp;93&#8243; s&#8217;indigne : &laquo;&nbsp;Beaucoup de plaintes déposées après des incidents de ce genre ont été classés ou égarés !&nbsp;&raquo; (Source, <em>Le Canard Enchaîné</em>, 10 juin 2009)</p>
<p><strong>Police familiale&#8230;<br />
</strong><br />
Le 15 juin, Michelle Alliot-Marie recevait au Carrousel du Louvre, à Paris, préfets, policiers et gendarmes, ainsi que quelques responsables d&#8217;associations. En tout, quelque 1 600 serviteurs de l&#8217;Etat. Outre un certain nombre d&#8217;informations dispensées sur les UTEQ (Unités Territoriales de Quartier, actuellement au nombre de 24 et qui seront 100 en 2010, la ministre de l&#8217;Intérieur devait annoncer la création de brigades spécialisées dans la lutte contre les violences familiales. Ce qui manquait encore dans le paysage policier. On n&#8217;arrête pas le progrès&#8230; (D&#8217;après <em>Libération</em>, 16 juin 2009)</p>
<p><strong>Délit de gratouillis<br />
</strong><br />
Très récemment, entre Périgueux et Brive, un automobiliste circule tranquillement, quand il est stoppé par un véhicule de la gendarmerie. Motif annoncé par un pandore : &laquo;&nbsp;Vous téléphonez en conduisant !&nbsp;&raquo; Surpris, l&#8217;automobiliste récuse cette accusation, mais le pandore insiste : &laquo;&nbsp;Monsieur, on vous a vu !&nbsp;&raquo; Réponse de l&#8217;automobiliste : &laquo;&nbsp;Consultez donc l&#8217;historique de mes appels&nbsp;&raquo;, avant de tendre son téléphone portable au serviteur de l&#8217;ordre public. Aucun appel n&#8217;étant enregistré, l&#8217;accusateur ne s&#8217;avoue pas vaincu et éructe : &laquo;&nbsp;Vous aviez quelque chose à la main, vous teniez un objet&#8230;&nbsp;&raquo; Même s&#8217;il s&#8217;est agi d&#8217;un simple grattement de tête, le représentant de la loi va dresser un PV, avec le motif suivant : &laquo;&nbsp;Conduite d&#8217;un véhicule dans des conditions ne permettant pas au conducteur de manœuvrer aisément !&nbsp;&raquo; Tarif, 22 euros. (Source, <em>Le Canard Enchaîné</em>, 17 juin 2009)</p>
<p><strong>Délinquance policière<br />
</strong><br />
Le 16 Juin, le ministère de l&#8217;Intérieur rendait public le nombre de sanctions prononcées en 2008 par les Commissions de discipline de la police nationale. Par rapport à 2007, 1es sanctions ont augmenté de 13,6% soit 3 423 simples dérapages policiers ou authentiques bavures. Il est dommage que nous n&#8217;ayons pas eu connaissance de la gravité des faits ; le seul chiffre fournis étant celui des 98 révocations. Ce qui laisserait entendre que les 3 325 autres sanctions ne concerneraient que des faits bénins. Par ailleurs, en 2008, 1es services de l&#8217;IGPN ont ouvert 1 345 dossiers d&#8217;enquête dont 44% ouverts sur saisine judiciaire, 24% sur saisine administrative, et 32% émanant de particuliers. Ces dossiers concernaient 585 faits d&#8217;atteintes aux personnes, 421 fautes professionnelles, 54 incidents de vie privée et 71 divers. Il s&#8217;avère que si les policiers travaillent plus pour ne pas gagner davantage, certains d&#8217;entre eux exécutent leur tâche sans trop de délicatesse. Et puis, alors que le nombre de policiers serait en diminution, la délinquance police paraît être en nette augmentation. (D&#8217;après, <em>Le Monde</em>, 18 juin 2009)</p>
<p><strong>Justice expéditive<br />
</strong><br />
Sous mandat de dépôt depuis la fin ou mois de mai 2009, un gendarme de Reischoffen (67) a été retrouvé pendu dans sa cellule de la maison d&#8217;arrêt de Strasbourg. Ce brave pandore avait simplement émasculé l&#8217;amant de sa femme. (Source, <em>La Provence</em>, 19 juin 2009)</p>
<p><strong>Unité d&#8217;action&#8230;<br />
</strong><br />
Le syndicat de policiers en tenue UNSA-Police, et le SGP-FO ont décidé de fusionner. Ces deux syndicats, qui se prétendent de gauche mais dont les adhérents, sur le terrain, ne se comportent guère différemment que les policiers supposés de droite, vont donc constituer une nouvelle force syndicale de policiers en tenue, dénommée l&#8217;Union. Faut-il attendre de ces fonctionnaires d&#8217;autorité qu&#8217;ils refusent la logique productiviste que le pouvoir attend des policiers, qu&#8217;ils soient de droite ou relevant d&#8217;une gauche approximative ? (D&#8217;après <em>Le Monde</em>, 20 3uin 2009)</p>
<p><strong>Carnavalesque<br />
</strong><br />
Le décret émanant des services du Premier ministre, interdisant &laquo;&nbsp;le fait pour une personne, au sein ou aux abords immédiats d&#8217;une manifestation sur la voie publique, de dissimuler volontairement son visage aux participants des manifestations publiques&nbsp;&raquo; a été publié au <em>Journal Officiel</em> daté du 20 juin 2009. Comme prévu, les contrevenants pourront être passibles d&#8217;une amende de 1 500 euros, et de 3 000 euros en cas de récidive dans le délai d&#8217;un an. Décret publié, curieusement, trois jours avant l&#8217;examen de la proposition de loi du député UMP Christian Estrosi. En sera-t-il de même des femmes portant le voile intégral ou la burqua, voire de celles ou ceux décorés d&#8217;un masque de carnaval ? (Source, <em>20 Minutes</em>, 22 Juin 2009)</p>
<p><strong>Fête de la musique ou fête de la police ?<br />
</strong><br />
Dans la nuit du 20 au 21 juin, une centaine de personnes quittent la place de la Nation, à Paris, pour se rendre au bois de Boulogne afin d&#8217;y installer une rave party. Vers 3 heures du matin, la police intervient contre les ravers, qui n&#8217;avaient pas reçu d&#8217;autorisation. Devait suivre une heure d&#8217;affrontements. Plus généralement environ 14 000 policiers avaient été mobilisés à travers la France, pour faire respecter l&#8217;ordre musical, dont 2600 pour Paris et sa banlieue. Selon des informations émanant du ministère de l&#8217;Intérieur, quelque 223 &laquo;&nbsp;individus&nbsp;&raquo; avaient été interpellés dans le pays, dont 126 à Paris et, parmi eux, 196 personnes placées en garde-à-vue, dont 98 à Paris. (Sources, France Inter et <em>Métro</em>, 22 juin, <em>Direct-Matin</em>, 23 juin 2009)</p>
<p><strong>Encore Tarnac &#8230;<br />
</strong><br />
Le 21 juin, à 15 heures, un rassemblement était organisé sur la place de la Fontaine des Innocents (beau symbole), à Paris, en soutien aux mis en examen de Tarnac. Dès 14 heures, la place grouillait de policiers en civils, certains d&#8217;entre eux aux allures de voyou. La séquence statique de la manifestation se déroulait dans le calme. Pourtant, dès que les centaines de personnes présentes décidaient de prendre la direction du plateau Beaubourg, les incidents devaient commencer. Particulièrement devant le siège de l&#8217;administration pénitentiaire. Le cortège se voyait repoussé à l&#8217;aide de jets de gaz lacrymogènes, et de charges de gendarmes mobiles. Pour éviter les interpellations, de nombreux manifestants devaient se réfugier dans les boutiques du quartier. Il n&#8217;en reste pas moins que quatre personnes devaient être interpellées, l&#8217;une d&#8217;elle étant frappée au sol. (Sources, <em>Libération </em>et témoins, 22 juin 2009)</p>
<p><strong>Ah bon&#8230;<br />
</strong><br />
Une fonctionnaire de la police aux frontières (PAF), en poste à Orly, qui avait porté plainte pour discrimination et harcèlement moral, a été placée en garde-à-vue le 23 juin. Motif : violation du secret professionnel. Selon une source policière, cette garde-à-vue ne serait pas liée à la plainte déposée en avril dernier envers six policiers pour discrimination liée à l&#8217;origine, la religion et l&#8217;orientation sexuelle. (Source, <em>Métro</em>, 24 juin 2009)</p>
<p><strong>Y a-t-il le feu à la démocratie ?<br />
</strong><br />
Dans la soirée du 23 juin 2009, c&#8217;était l&#8217;annonce du remaniement ministériel attendu. Au ministère de l&#8217;Intérieur, c&#8217;est Brice Hortefeux qui remplaçait Michelle Alliot-Marie. Nul n&#8217;a pu oublier le rôle joué par l&#8217;ami personnel de Nicolas Sarkozy, alors qu&#8217;il était en charge de l&#8217;Identité nationale. Son arrivée place Beauvau n&#8217;annonce rien de bon pour l&#8217;avenir des libertés fondamentales. L&#8217;homme qui a présidé pendant près de deux ans aux expulsions massives de sans papiers envisage peut-être de traiter ceux qui se risqueraient à ne pas marcher droit comme des immigrés de l&#8217; intérieur, et justifier l&#8217;un des sobriquets dont il avait été affublé, dès l&#8217;été 2007 : &laquo;&nbsp;Hortefeux &#8230;à volonté !&nbsp;&raquo; Curieusement, dans le même temps, le secrétariat aux droits de l&#8217;homme, qui n’était pourtant qu&#8217;une coquille vide, a été supprimé. Doit-on voir dans cette décision un mauvais présage? (Communiqué de l&#8217;Observatoire des libertés publiques, 24 Juin 2009)</p>
<p><strong>Solidarité sous haute surveillance<br />
</strong><br />
Le 23 juin, à Calais, des militants altermondialistes, installaient un camp baptisé &laquo;&nbsp;No Corder&nbsp;&raquo;. Environ 150 personnes s&#8217;y trouvaient. Ils n&#8217;étaient pas seuls, puisqu&#8217;en prévision d&#8217;une manifestation prévue le 27 juin, pour la &laquo;&nbsp;libre circulation, la fin des frontières et des contrôles migratoires&nbsp;&raquo;, 2 000 policiers et gendarmes étaient mobilisés. (Source,<em> Libération</em>, 24 juin 2009)</p>
<p><strong>Effectifs<br />
</strong><br />
A l&#8217;occasion du rapide aller et retour de Nicolas Sarkozy à la Martinique et en Guadeloupe, les 25 et 26 juin, quelque 900 gendarmes mobiles ont été appelés en renfort, depuis la métropole. Ce qui avait sans doute pour objet d&#8217;éviter les mauvaises rencontres entre le président de la République et les Antillais. (D&#8217;après <em>Métro</em>, 25 juin 2009)</p>
<p><strong>Police syndicale<br />
</strong><br />
Le 25 juin, le service d&#8217;ordre de la CGT faisait évacuer la Bourse du travail de la rue Charlot, à Paris, occupée par des sans papiers depuis quatorze mois. Cela se passait vers 12 h 30. Un témoin raconte : &laquo;&nbsp;&#8230;Une trentaine de gros bras, crânes rasés, masqués, ont débarqué, armés de bâtons et de bonbonnes de lacrymo&#8230;&nbsp;&raquo; Gazés les occupants étaient contraints de quitter les lieux. Sur le trottoir, des sans papiers affirmaient reconnaître, parmi les policiers en civil présents les mêmes qui avaient forcé les portes du bâtiment une heure plus tôt. Toujours est-il qu&#8217;après cette opération le bâtiment était bloqué par la police. (Source, <em>Libération</em>, 25 juin 2009)</p>
<p><strong>Fichiers, quand ils nous tiennent<br />
</strong><br />
En 2008, face à la montée des protestations, le fichier EDVIGE, qui avait pour finalité de recenser aussi bien les opinions politiques, que l&#8217;orientation sexuelle ou la religion des personnes paraissait avoir été mis en veilleuse. Il semble que ce n&#8217;était que reculer pour mieux sauter. En effet, un nouveau fichier serait en préparation : Périclès. Ce fichier est en fait constitué d&#8217;un logiciel de recoupement permettant de croiser plus de cinquante fichiers de la police et de la gendarmerie, avec des données bancaires et téléphoniques, pour ne citer que ces deux exemples.  (Source, Canal +, 25 juin 2009)</p>
<p><strong>Bavure républicaine<br />
</strong><br />
Dans la nuit du 14 au 15 juin, à Paris, un jeune Colombien, âgé de 27 ans, marié à une Française, affirme avoir été passé à tabac au commissariat de la police de la Goutte-d&#8217;Or, dans le 18ème arrondissement. Ayant été agressé dans la rue, il réussit à se réfugier dans le hall de son immeuble, et peut appeler la police, qui arrive rapidement. Les policiers interpellent l&#8217;agresseur, puis invite la victime à porter plainte. Au commissariat un autre policier le prend en charge. Il raconte : &laquo;&nbsp;&#8230;Le cauchemar a commencé. (le policier) en me poussant m&#8217;a mis les bras derrière le dos. Je lui ai répliqué que j&#8217;étais la victime, le plaignant&#8230; Dans un couloir, il m&#8217;a demandé d&#8217;enlever les chaussures, mes lacets&#8230; Je prends la direction de l&#8217;ascenseur et là, je reçois un premier coup de poing dans le ventre&#8230;&nbsp;&raquo;Comme il hurle a l&#8217;injustice, le policier lui balance un coup de poing à la joue droite, puis une gifle sur la joue gauche. Enfermé dans une cellule, on le fait se déshabiller, avant de le conduire devant deux policiers à qui il demande les raisons de son arrestation. Réponse : &laquo;&nbsp;Tu la fermes, petit latino, sinon on va te là fermer !&nbsp;&raquo; Comme il demande à boire, il lui est répondu : &laquo;&nbsp;Il y a de l&#8217;eau que vous pouvez aller boire dans les chiottes !&nbsp;&raquo; Dans la matinée, vers 10 heures, il est conduit, menotté, à l&#8217;hôpital Lariboisière où un médecin ORL relève une forte perte d&#8217;audition à l&#8217;oreille gauche. Après dix heures trente de retenue, sans raison, il est invité à sortir&#8230; en même temps que son agresseur. Le 16 juin, il déposait plainte auprès de l&#8217;IGS contre les trois policiers qui se sont conduits en tortionnaires. A suivre. (Source, <em>Libération</em>, 26 juin 2009)</p>
<p><strong>Police de quartier&#8230;<br />
</strong><br />
Il semble, décidément, que les policiers des UTEC (Unités territoriales de quartiers) ne soient pas les bienvenus dans les cités. Ainsi, pour la seule nuit du 27 au 28 juin, 1es incidents se sont multipliés entre les jeunes et la police. A l&#8217;analyse, la relation de ces &laquo;&nbsp;frictions&nbsp;&raquo;, émanant directement de ces &laquo;&nbsp;sources policières&nbsp;&raquo;, informent le plus souvent à sens unique. A Limoges, des affrontements ont opposé des groupes de jeunes à la police, dans la cité de Breuil, après la condamnation d&#8217;un habitant à quinze ans de prison. Ensuite, dans la cité &#8216;&#8217;sensible&nbsp;&raquo; des Grands Ensembles, à Tremblay-en-France (93), des jeunes ont envoyés des fumigènes, à l&#8217;aide de mortiers de feux d&#8217;artifices, contre les policiers en patrouille. A Mantes-la-Jolie (78), des échauffourées devaient opposer une centaine de jeunes à des policiers, dans le quartier du Val-Fourré, suite à un contrôle d&#8217;identité musclé. En nombre insuffisant, les forces de l&#8217;ordre appelaient des renforts pour se dégager. Ce qui fut fait à l&#8217;aide de tirs de grenades lacrymogènes et de flash-ball, sans qu&#8217;il soit procédé à des interpellations. Enfin, la police se signalait, au cours d&#8217;une soirée animée par ses soins, à la cité des Tarterêts, à Corbeil (91), où elle avait été appelée, suite à un caillassage qui aurait été commis par une trentaine de jeunes cagoulés. Ce que les communiqués policiers oublient de rappeler, c&#8217;est que cette dégradation de la situation était due à des tirs de grenades lacrymogènes sur une paisible kermesse de quartier. Suite à cette véritable agression contre les habitants de cette cité, quelque 200 personnes devaient manifester dans Corbeil-Essonne, le 28 juin. Par ailleurs, 27 plaintes ont été déposées contre les forces de l&#8217;ordre. (Sources, <em>20 Minutes</em>, France 3 et <em>Métro</em>, 29 Juin, <em>Le Monde</em> et <em>Direct Matin</em>, 30 juin 2009)</p>
<p><strong>Policiers agressés dans le &nbsp;&raquo;93&#8243;<br />
</strong><br />
Dans la nuit du 29 au 30 juin, deux gardiens de la paix auraient été agressés, et roués de coups, en sortant du commissariat de police de Gagny (93). Insultés et fouillés, les policiers se seraient vu demander leur arme de service. Les agresseurs devaient prendre la fuite à l&#8217;arrivée d&#8217;une patrouille de la BAC. Au cours de la même nuit, à Montfermeil (93), deux véhicules de police en patrouille, l&#8217;un d&#8217;eux ayant a son bord le conseiller spécial de l&#8217;Elysée,Henri Gaino, ont été caillassés. (Source, <em>Métro</em>, 1er juillet 2009)</p>
<p><strong>Qui faut-il croire ?<br />
</strong><br />
La préfecture de police dément la &laquo;&nbsp;bavure&nbsp;&raquo; qui aurait été commise par des policiers du commissariat de la Goutte-d&#8217;Or, dans le 18ème arrondissement de Paris, le 15 juin. Selon ses services, la victime aurait été frappée par son agresseur, et non par des policiers. Reste à expliquer pourquoi la victime s&#8217;était retrouvée en garde-à-vue, durant une dizaine d&#8217;heures, au commissariat de police -en compagnie de son agresseur. (Source, <em>Métro</em>, 1er juillet 2009)</p>
<p><strong>Pas raciste la police républicaine ?<br />
</strong><br />
Un groupe de chercheurs indépendants a publié, le 30 juin, une étude scientifique du plus grand intérêt sur le comportement des policiers lors des contrôles d&#8217;identité. Les résultats démontrent une approche discriminatoire vis-à-vis des Arabes et des Noirs. Pour les premiers, la probabilité d&#8217;être contrôlés est sept fois plus élevée que pour les Blancs et, pour les seconds, six fois plus&#8230; Cette étude, réalisée sur l&#8217;observation du travail policier, à Paris, à la gare du Nord et dans l&#8217;échangeur du RER à la station Châtelet-les-Halles, entre octobre 2007 et mai 2008. Depuis, la situation n&#8217;a pu que s&#8217;aggraver.<br />
Les enquêteurs ont discrètement décrypté 525 opérations de police, comparées aux 37 000 personnes passant à proximité. Exemple de commentaire, du rapport rédigé par deux chercheurs du CNRS : &laquo;&nbsp;L&#8217;étude a confirmé que les contrôles d&#8217;identité effectués par les policiers se fondent principalement sur l&#8217;apparence, non pas sur ce que les gens font, mais sur ce qu&#8217;ils sont, ou paraissent être&nbsp;&raquo;. Dans la moitié des cas relevés, les contrôles devaient déboucher sur une fouille. Les auteurs évoquant les nombreuses émeutes intervenues en France depuis l&#8217;automne 2005, ne manquent pas de signaler : &laquo;&nbsp;Les contrôles sont fréquemment au cœur de l&#8217;antagonisme entre les policiers et les jeunes, plus particulièrement ceux vivant dans les zones urbaines reléguées. Ces derniers se plaignent depuis longtemps d&#8217;être la cible de contrôles d&#8217;identité répétés, dépourvus de nécessité et relevant du harcèlement.&nbsp;&raquo; Pour terminer, les deux chercheurs ne manquaient pas de souligner que le cadre juridique &laquo;&nbsp;permissif&nbsp;&raquo; laisse aux policiers, &laquo;&nbsp;un large pouvoir discrétionnaire.&nbsp;&raquo;<br />
Finalement, cette étude, qui ne peut que chagriner les autorités policière, ne fait que confirmer, de façon scientifique, ce que l&#8217; on savait déjà ! (Sources, <em>Le Monde</em> et <em>Libération</em>, 1er juillet 2009)</p>
<p><strong>Surtout,ne pas être &laquo;&nbsp;susceptible&nbsp;&raquo;<br />
</strong><br />
A l&#8217;occasion de l&#8217;étude sur le comportement policier, commentée ci-dessus, les chercheurs rappelaient les termes d&#8217;une loi liberticide permettant de donner tout pouvoir aux policiers : &laquo;&nbsp;Toute personne se trouvant sur le territoire national doit accepter de se prêter à un contrôle d&#8217;identité (dès lors qu&#8217;il existe) une ou plusieurs raisons plausibles de soupçonner qu&#8217;elle a commis ou tente de commettre une infraction ; ou qu&#8217;elle se prépare à commettre un crime ou un délit ; ou qu&#8217;elle est susceptible de fournir des renseignements.&nbsp;&raquo; En fait, nous serions tous concernés mais d&#8217;autres étant bien plus &laquo;&nbsp;susceptibles&nbsp;&raquo; que d&#8217;autres aux yeux des policiers. (D&#8217;après <em>Le Monde</em>, 1er juillet 2009)</p>
<p><strong>Argenteuil : 1 mort !<br />
</strong><br />
Le 9 Juin, à Argenteuil (95) deux retraités algériens, âgés de 69 et 61 ans, dont l&#8217;un est invalide à 60%, sont interpellés par des policiers. Conduits à l&#8217;hôpital pour une prise de sang, l&#8217;un d&#8217;eux perdra connaissance, tandis que l&#8217;autre devait décéder. Selon plusieurs témoignages, les deux hommes auraient été roués de coups par trois policiers. Depuis, un collectif, &laquo;&nbsp;Vérité et Justice pour Ali et Arezki&nbsp;&raquo;, exige toute la transparence sur cette affaire, et la mise en examen des policiers impliqués sur lesquels pèsent des charges accablantes. Le 24 juin, suite à une manifestation regroupant 400 personnes, une délégation avait demandé, en vain, à être reçu par le préfet. (Source, <em>Tout est à nous !</em>, 2 juillet 2009)</p>
<p><strong>Forte pensée<br />
</strong><br />
&laquo;&nbsp;Le roman policier est un récit où le raisonnement crée l&#8217;effroi qu&#8217;il est chargé d&#8217;apaiser&#8230;&nbsp;&raquo; (Narcejac)</p>
<p><strong>Je ne t&#8217;ai pas vu, mais je t&#8217;accuse&#8230;<br />
</strong><br />
Dans la nuit du 27 au 28 juin, se déroulait une sévère confrontation entre une cinquantaine de jeunes du Tremblay-en-France (93) et les forces de police. A cette occasion, un jeune homme, âgé de 23 ans, qui avait pris la fuite à la vue des policiers, était rattrapé et sera victime de &laquo;&nbsp;plusieurs coups de matraque&nbsp;&raquo;, puis de &nbsp;&raquo;nombreux coups de pieds&nbsp;&raquo;, ainsi que de &laquo;&nbsp;violents coups de poing&nbsp;&raquo;. Jugé en comparution immédiate, le 30 juin, il sera relaxé faute de preuves car les policiers qui l&#8217;avaient poursuivi ne pouvaient pas le reconnaître. L&#8217;avocat de la victime devait déposer plainte contre X pour &laquo;&nbsp;violences volontaires&nbsp;&raquo; commises lors de l&#8217;interpellation de son client. (Source, <em>Le Monde</em>, 2 juillet 2009)</p>
<p><strong>Il n&#8217;y a pas qu’en banlieue !<br />
</strong><br />
Dans la nuit du 1er au 2 juillet, sur le Champs-de-Mars à Paris, un policier intervenait avec ses collègues pour mettre fin à une rixe entre jeunes. Mal lui en a pris car il sera blessé au cuir chevelu et au nez après avoir été frappé à coups de tessons de bouteille. (Source, <em>Métro</em>, 3 juillet 2009)</p>
<p><strong>Sarkozy, je te vois (air connu)<br />
</strong><br />
En février 2008, dans le hall de la gare Saint-Charles, à Marseille, un policier zélé interpellait un &laquo;&nbsp;individu&nbsp;&raquo; qui s&#8217;était permis de lui lancer, &laquo;&nbsp;Sarkozy, je te vois !&nbsp;&raquo;, alors qu&#8217;il venait d&#8217;assister à un contrôle d&#8217;identité musclé. Jugé devant le tribunal de police de Marseille, pour cette insolence, le 19 mai 2009, ce professeur de philosophie est poursuivi pour &laquo;&nbsp;vociférations&nbsp;&raquo; par un perturbateur dont le propos a un &laquo;&nbsp;caractère offensant&nbsp;&raquo;. Au cours du procès, le ministère public, qui se voulait indulgent, ne requérait qu&#8217;une amende de 100 euros contre l&#8217;imprécateur. Depuis, Nicolas Sarkozy devait estimer que ces poursuites étaient &laquo;&nbsp;ridicules&nbsp;&raquo;. Finalement, le 3 Juillet, le tribunal de police de Marseille estimait que le &laquo;&nbsp;tapage injurieux diurne, troublant la tranquillité d&#8217;autrui&nbsp;&raquo;, n&#8217;était pas constitué -et le &laquo;&nbsp;délinquant&nbsp;&raquo; était relaxé. Peut-être en ira-t-il de même pour ceux qui se risqueraient à clamer &laquo;&nbsp;casse-toi, pauv&#8217;con !&nbsp;&raquo; Pour le professeur de philosophie, qui avait convaincu les policiers qu&#8217;il était au RMI, son intervention n&#8217;était rien de plus qu&#8217;un &laquo;&nbsp;geste d&#8217;humour destiné à détendre l&#8217;atmosphère. &nbsp;&raquo; (D&#8217;après <em>Libération</em>, 4 juillet et <em>Le Monde</em>, 6 juillet 2009)</p>
<p><strong>Petit cochon !<br />
</strong><br />
Un policier, qui avait installé une caméra miniature dans les vestiaires du commissariat de Massy (91), afin de filmer ses collègues féminines, était suspendu par sa hiérarchie le 17 juin. Il n&#8217;en reste pas moins que ce policier voyeur ne semble pas être l&#8217;objet de poursuites pénales, bien que les investigations se poursuivent… afin que soient effectuées des vérifications sur le matériel informatique mis en œuvre par ce défenseur de l&#8217;ordre public un peu spécial. (<em>Vosges-Matin</em>, 18 juin 2009)</p>
<p><strong>Pochtrons pyromanes<br />
</strong><br />
Trois policiers du commissariat de Reims devaient passer devant le tribunal correctionnel. Présentés devant le parquet, dans le cadre d&#8217;une procédure de comparution volontaire, les trois hommes, dont un gardien de la paix, un brigadier chef et un agent de sécurité étaient poursuivis pour incendie volontaire d&#8217;une caravane, alors qu&#8217;ils étaient en état d&#8217;ivresse. Circonstance aggravante, le brigadier-chef avait refusé de se soumettre à un contrôle d&#8217;alcoolémie. Les deux autres avaient un taux d&#8217;alcoolémie situé entre deux et trois grammes d&#8217;alcool dans le sang. Il n&#8217;en reste pas moins que tous trois ont été suspendus de leurs fonctions et placés sous contrôle judiciaire. Deux d&#8217;entre eux risquent jusqu&#8217; à cinq ans de prison. (Source, <em>Vosges-Matin</em>, 5 Juillet 2009)</p>
<p><strong>Récession policière<br />
</strong><br />
Par un communiqué du ministère de l&#8217;Intérieur, daté du 6 juillet, il était possible d&#8217;apprendre que les épreuves de recrutement de gardiens de la paix, prévues pour le 30 septembre, étaient reportées à &laquo;&nbsp;une date ultérieure non connue à ce jour&nbsp;&raquo;. Avec cette précision : &nbsp;&raquo;Aucun recrutement de gardiens de la paix n&#8217;est actuellement programmé&nbsp;&raquo;. Il semblerait donc que la RGPP (Révision générale des politiques publiques) frapperait également la police et, en priorité, les adjoints de sécurité et ces &laquo;&nbsp;Cadets de la République&nbsp;&raquo; imaginés en 2004 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l&#8217;Intérieur. Les syndicats de policiers, et particulièrement Unité Police (majoritaire chez les policiers en tenue), sont chagrinés. De même, les formateurs de la préfecture de Paris qui regrettent de voir frappés les &laquo;&nbsp;plus fragiles&nbsp;&raquo;. Interrogé, un jeune adjoint de sécurité se lamentait : &laquo;&nbsp;&#8230;On apprend le Code de déontologie de la police, le Code de procédure pénale, par le concours, et puis on se retrouve bêtement anéanti. Ce n&#8217;est pas comme faire une formation de mécanicien. En fin de contrat on ne pourra pas aller voir la concurrence&#8230;&nbsp;&raquo; Pourquoi pas, si l&#8217;on se souvient que le président de la République avait souhaité, il y a quelques mois, que les sociétés privés de sécurité procèdent à un vaste programme de recrutement. (D&#8217;après <em>Le Monde</em>, 8 juillet 2009)</p>
<p><strong>Assassin en uniforme<br />
</strong><br />
Dans la soirée du 5 juillet, sur une autoroute, près de Clermont l&#8217;Hérault, une voiture garée sur une bande d&#8217;arrêt d&#8217;urgence prend feu. La passagère, une femme, brigadière de police, ne parvient pas à se dégager. Les secours vont la retrouver calcinée. Il se trouve, malgré tout, que sa portière était bloquée. Aux gendarmes qui enquêtent, son mari, brigadier-chef au commissariat de Montpellier, explique qu&#8217;il accompagnait son épouse aux urgences, suite à un malaise. L&#8217;autopsie va démentir ce scénario car les examens sont catégoriques : la policière est décédée avant l&#8217;incendie ; elle n&#8217;a donc pas été asphyxiée avant d&#8217;être carbonisée. En fait, la jeune femme est décédée d&#8217;un œdème pulmonaire, après une forte absorption de médicaments. Placé en garde-à-vue, le 7 juillet, le policier maintient sa première déposition, avant de l&#8217;abandonner, car les enquêteurs du SRPJ devaient découvrir des traces	d&#8217;essence dans le véhicule incendié. Ensuite, ce brave défenseur de l&#8217;ordre public devait avouer qu&#8217;il avait organisé lui même cette macabre mise en scène, pour camoufler le suicide de sa femme, suite à une violente dispute à son domicile. Il se trouve, pourtant que les légistes devaient relever des ecchymoses et des traces de coups sur la tête de son épouse. Par ailleurs, le policier avait affirmé aux enquêteurs que celle-ci s&#8217;était pendue, mais rien dans les constatations des légistes ne peut permettre de conforter cette thèse. Soyons rassurés, il reste malgré tout des humanistes dans la police. (D&#8217;après <em>Aujourd&#8217;hui</em>, 9 juillet 20091)</p>
<p><strong>Curieuse pendaison<br />
</strong><br />
Au cours des soirées des 6,7 et 8 juillet, à Firminy (Loire), de violents heurts devaient opposer la police et les jeunes d&#8217;un quartier populaire. Un de leurs camarades, âgé de 21 ans, venait de tenter de se suicider dans sa cellule de garde-à-vue, au commissariat du Chambon-Feugerolle. C&#8217;est apprenant qu&#8217;il était dans le coma que ses amis s’étaient révoltés. Au cours des affrontements, après des incendies de voitures et de commerces, neuf jeunes majeurs étaient interpellés. Le 8 juillet, on apprenait que le jeune homme était décédé à l&#8217;hôpital. De source policière, l&#8217;information était distillée que Mobamed s&#8217;était pendu avec des lanières découpées de son matelas. Explication approximative si l&#8217;on sait que les gardés à vue se trouvent sous une étroite surveillance policière, et qu&#8217;il aurait été nécessaire d&#8217;un long moment pour découper le matelas, accrocher les lanières, se pendre et décéder. La bavure n&#8217;est donc pas impossible. Les deux autopsies ont écarté toute violence policière. Toujours est-il qu&#8217;après l&#8217;ouverture d&#8217;une information pour homicide involontaire, l&#8217;IGS enquêre, tandis que la famille annonçait un dépôt de plainte. (D&#8217;après France Inter et France Info, 8, 9 et 10 juillet 2009)</p>
<p><strong>Tristesse pandore<br />
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Le directeur général de la police nationale a présenté, le 10	 juillet, aux syndicats de police, un vaste projet de &laquo;&nbsp;police d&#8217;agglomération&nbsp;&raquo; concernant les villes de Lille, Lyon et Marseille, où la police sera &laquo;&nbsp;maître d&#8217;œuvre&nbsp;&raquo;. Selon les syndicats de policier, ces villes, actuellement sous le contrôle de la gendarmerie passeraient sous celui de la police. Ce qui ne manque pas d&#8217;inquiéter les élus locaux. (Source, <em>Libération</em>, 11 juillet 2009)</p>
<p><strong>Barrage pandore : 1 mort !<br />
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Dans la soirée du 10 juillet, à Saint-Pierre-de-Vauvray, près de Louviers (Eure), une équipe de gendarmes avaient mis en place un barrage pour contrôler des jeunes circulant sur des mini-motos.<br />
Comme bien souvent, en de telles circonstances, cela se termine très mal, et un garçon, âgé de 18 ans, devait mourir après avoir heurté une palissade en béton. Selon l&#8217;un de ses amis, le jeune homme aurait été poussé par un gendarme, ce qui devait provoquer l&#8217;issue tragique. Tout naturellement, la préfecture appelait en renfort 80 gendarmes pour réagir aux manifestations qui allaient se dérouler dans Louviers. Pour la gendarmerie, il s&#8217;agit simplement d&#8217;un accident. (Source, France 2, 13 juillet 2009)</p>
<p><strong>Petit escroc galonné<br />
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<p>Le 1er juillet, un capitaine de police, en poste à Laon (Aisne), sortait, menottes aux poignets du palais de justice. En fait, ce policier, patron de la brigade de sûreté urbaine de Laon, venait d’être placé en détention provisoire, après avoir été mis en examen par un juge d’instruction pour : »recel habituel et blanchiment habituel de fonds qui proviendraient d’abus de bien sociaux et banqueroute. » Ces fonds détournés par ses soins qui allaient transiter sur son compte bancaire. Pour compléter le tableau, cet honnête fonctionnaire était également mis en examen pour « corruption passive ». Ce qui signifie en clair que ce policier se faisait gentiment arroser.<br />
Au commissariat de Laon, on reproche désormais à ce galonné  à la carrière exemplaire (il avait été médaillé, le 7 mai 2009, pour ses hauts faits) d’avoir encaissé sur son comte, depuis 2006, de multiples chèque provenant d’entreprises du bâtiment pour une somme avoisinant les 150 000 euros. Il est vrai que cet excellent défenseur de l’ordre public ne rechignait pas à reverser une partie de ces sommes à la tierce personne qui lui avait procuré ce filon. Ce capitaine, sans peur et sans vergogne pourrait encourir plusieurs années de prison ferme. (Source, <em>L’Union de Reims</em>, 2 juillet 2009)</p>
<p><strong>Pyromanes en uniforme<br />
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<p>Le 2 juillet, trois policiers du commissariat de Reims étaient écroués. Le 1er juillet, alors qu’ils venaient de quitter leur service, ces braves gardiens de la paix s’étaient comportés en « véritables voyous de banlieue » en allant incendier une caravane d’habitation, à Nogent l’Abesse, pour régler un obscur différent opposant l’un d’eux à la victime. Les trois hommes, un brigadier, un gardien de la paix et un adjoint de sécurité, affectés à la brigade de nuit, devaient être rapidement remis en liberté sous contrôle judiciaire, avec l’obligation d’entreprendre des soins anti-alcooliques – les faits ayant été commis sous l’emprise de l’alcool. En effet, ces tristes personnages avaient entre 1 gr et 2 gr d’alcool par litre de sang. Il est important de noter également que l’alcool n’était l’unique raison de cette équipée puisque, la veille, la future victime avait reçu une quinzaine de SMS l’avertissant des mauvaises manières qui l’attendaient. Par ailleurs, sans doute sans doute pressé d’assouvir cette basse besogne, le trio avait heurté un véhicule en stationnement, sans s’arrêter – d’où également un délit de fuite. (Source, <em>L’Union de Reims</em>, 3 et 4 juillet 2009)</p>
<p><strong>Montreuil : les as du flash-ball<br />
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<p>Le 8 juillet, à Montreuil (93), au cours d’une manifestation de soutien à des squatters expulsés le matin même d’une ancienne clinique désaffectée depuis une dizaine d’années, un homme âgé de 34 ans était touché à un œil, suite à un tir de flash-ball. Bilan : trois fractures au visage, le globe oculaire fendu en deux, la paupière arrachée. Dans une lettre, son père accuse : « Il a perdu un œil du fait de la brutalité policière ! » Cette intervention musclée se déroulait au cours d’un dîner festif organisé, en guise de protestation, dans une rue piétonne de la ville. Le père de la victime raconte : « Il n’y a pas eu d’affrontement ; cinq personnes ont été touchées par des tirs de flash-ball, tous au-dessus de la taille. » Les personnes présentes, au nombre d’une trentaine, ne menaçaient personne. Cette intervention violente pouvait être décrite comme disproportionnée puisque, selon des témoins dignes de foi, il y aurait eu sur place quelque deux cents membres  des forces de l’ordre dont, également, des policiers du RAID. On ne peut éviter de parler de bavure dans la mesure où les policiers n’étaient pas en situation de légitime défense, intervenant même de façon provoquante. Dominique Voient, sénateur-maire de Montreuil, qui s’était félicitée de voir le commissaire de police demander une enquête à l’IGS n’en commentait pas moins cette agression avec amertume : « Le travail de restauration de la police républicaine est bien loin d’être achevé. »  (Sources <em>Rue89</em>, 12 juillet, <em>Libération</em>, 13 juillet et <em>Le Monde</em>, 14 juillet 2009)</p>
<p><strong>Mise au pas, à Montreuil !<br />
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<p>Les policiers peuvent, impunément, se livrer à des bavures. En revanche, il serait interdit aux vulgaires pékins de protester contre les dérives des forces de l’ordre. Ce qui s’est passé à Montreuil , dans la soirée du 13 juillet, est révélateur, à cet égard, de cette bonne morale : la police cogne, le bon peuple doit se taire ! En fin d’après-midi, quelque 200 personnes s’étaient rassemblées pour protester contre la bavure policière du 8 juillet. Même si cette démonstration se voulait pacifique, c’était insupportable pour les autorités policières. D’où la présence massive de gendarmes mobiles et de CRS. Selon les témoins, les forces de l’ordre ont chargé, matraque haute, sans véritable raison. Pour Dominique Voynet, l’ordre de « dissoudre » la manifestation avait été prise en haut lieu. D’où cette violence à disperser cette petite foule solidaire des squatters, tout en procédant à une vingtaine d’arrestations. (Sources, <em>France 2</em> et <em>France 3</em>, avec images significatives et <em>Libération</em>, 14 juillet 2009)</p>
<p><strong>Montreuil : la police et les journalistes<br />
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<p>A l’heure où la manifestation pacifique du 13 juillet commençait à se disperser, un journaliste stagiaire du Monde, qui ne faisait que son métier, était interpellé sans douceur par les policiers vers 21 h 15, il ne sera relâché que le lendemain à 6 h 30. Son récit est édifiant : « …J’ai été soudain plaqué » au sol, et j’ai entendu un policier dire : toi aussi tu viens avec nous ! Ils m’on attaché les mains dans le dos. J’ai répété à plusieurs reprises que j’étais journaliste mais ils ne m’écoutaient pas. Dans le fourgon, il y avait trois policiers qui traitaient les manifestants arrêtés avec moi de sales gauchos. (Au commissariat de Montreuil) …Ils nous ont envoyé dans une salle de fouille… nous avons été déshabillés, caleçons sur les genoux et fouillés… J’ai redit que j’étais journaliste mais ils n’ont rien répondu. Nous avons été placés dans une salle de garde à vue, avec deux caméras au plafond et des graffitis sur les murs peints avec du sang et des excréments. Il était sans doute 23 heures, nous n’avions rien mangé ni rien bu. Nous avons été transférés vers le dépôt de Bobigny, menottés dans le dos. J’ai redit que j’étais journaliste mais personne ne m’a répondu… Pendant l’interrogatoire, le policier disait que j’avais un casque lors de l’interpellation, ce qui était faux… » (Source, <em>Le Monde</em>, 15 juillet 2009)</p>
<p><strong>A propos de la bavure de Montreuil.<br />
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<p>Suite à l’agression policière du 8 juillet, à Montreuil au cours de laquelle un jeune homme a perdu un œil, il est important de rappeler que, depuis 2005, sept personnes ont ainsi été rendues borgnes par des policiers utilisant le flash-ball. Lorsque cette arme a été mise en service, en 2002, le fabricant justifiait son intérêt en expliquant qu’elle était « non-létale ». Au fil des bavures, dues à son utilisation, la terminologie était tranquillement modifiée en « peu-létale », ou même en « létalité atténuée ». En clair, si l’arme n’était pas nécessairement mortelle, elle n’en demeurait pas moins dangereuse.<br />
En mai 2009, La Direction centrale de la sécurité publique rappelait aux directeurs départementaux de la sécurité les « règles impératives » d’utilisation du flash-ball, tout en précisant que « les visées au niveau du visage et de la tête » étaient formellement proscrites. Cette note de service évoquait également  le « respect de la distance minimale de tir » &#8211; jamais à moins de sept mètres – alors que, trop souvent, des tirs sont effectués à bout portant. Il semble bien que la hiérarchie intermédiaire, tout comme la base policière, ne tiennent pas compte de ces « règles impératives ». D’autant plus que les auteurs de ces manquements au règlement ne sont pratiquement jamais jugés pour leur volonté de mal faire.<br />
A Montreuil, comme les autorités policières ne pouvaient admettre que l’on puisse s’insurger contre les effets de cette arme, les troupes de choc étaient lancées, le 13 juillet, contre des manifestants pacifiques. Face aux protestations de Dominique Voynet, sénateur-maire de Montreuil, le directeur départemental de la Sécurité de Seine-Saint-Denis avait l’audace de répliquer ; « Si vous n’êtres pas contente, il faut être conscient du fait qu’en Iran, on tire sur les gans ! » On ne peut pas être plus cynique, et de telles déclarations ont pour fonction d’inciter les citoyens de ce pays à ne pas se mêler de ce qui les regarde. En clair, il est rudement conseillé de ne pas manifester pour protester contre les mauvaises manières policières. <em>Communiqué de L’Observatoire des libertés publiques – 15 juillet 2009.<br />
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<p><strong>Montreuil : mécontentement policier<br />
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<p>Après la bavure de Montreuil, et les charges policières qui devaient suivre, quelques jours plus tard, Dominique Voynet avait fait ce constat que « le travail de restauration de la police républicaine était loin d’être achevé… » Ce qui devait provoquer la colère du syndicat de policier en tenue Alliance, dont le porte-parole n’hésitait pas à déclarer, le 15 juillet : « On ne peut accepter qu’une autorité locale puisse dicter sa politique de sécurité à une force indépendante de souveraineté nationale ! » Ces policiers ont le sens de la formule, particulièrement en ce qui concerne « l’indépendance » des fiers-à-bras toujours prêts à jouer de la matraque au nom d’un ordre public toujours prêt à semer le désordre… (Source, <em>Libération</em>, 16 juillet 2009)</p>
<p><strong>Les CRS n’aiment pas les lycéens<br />
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<p>On le savait déjà, nos policiers n’aiment pas les étudiants, et pas davantage les lycéens. Tous des mauvaises têtes ne sachant que contester. Traditionnellement, de nombreux lycéens parisiens, en attente des résultats du bac, se rassemblent sur la pelouse du Champs de Mars. C’était le cas dans la nuit du 24 au 25 juin. Bien sûr on boit peu, on chahute, et il arrive même que l’on se querelle. Rien de bien grave, sauf que cela intéresse les CRS présents dans les parages, toujours prêts à rétablir un ordre qui n’est pas menacé. Une victime de l’un de ces cow-boys témoigne : « (Un CRS s’approche)…sans me prévenir, il m’a mis un coup de poing. » Le lycéen a une lèvre éclatée, mais ce n’était pas suffisant : « J’ai été déséquilibré, il m’a mis un coup de matraque dans le genou droit. Je tombe au sol. Il me fait une clé au bras. J’essaye de lui expliquer que je ne comprenais pas, que je n’avais rien fait. Il me répond : ta gueule, ta gueule ! Au bout de quelques secondes, il m’a relâché… » Un de ses amis a droit à un traitement identique.  Comme les lycéens tentent de parlementer, les CRS lâchent un chien sur l’un d’entre eux, avant de le matraquer. Il témoigne également : « Ils nous insultaient, nous provoquaient, cherchaient à ce que l’on s’énerve. » A la suite, deux lycéens reçoivent des coups de matraque, deux autres sont embarqués. L’un d’eux dit avoir « ramassé des baffes au poste », après avoir été agrippé à la gorge par un policier. Les CRS lui expliquant gentiment : « Les coups, c’est gratuit ! » La première victime bénéficiera d’une interruption de travail temporaire de quinze jours, suite à un œdème à un genou et un hématome au mollet. Un de ses camarades constate : «, avec amertume : « On s’est fait embrouillé… » Le 15 juillet, la préfecture de police, contactée, affirmai ne pas être au courant. » (Source, <em>Libération</em>, 16 juillet 2009)</p>
<p><strong>CRS en goguette : danger public<br />
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<p>Le 11 juillet, quatre jeunes, âgés de 16 à 20 ans, résidant à Saint-Pol-sur-Mer, près de Dunkerque, décide de sortir en boîte. Dans une discothèque, ils se « frittent » avec huit consommateurs. Il s’agit en fait de CRS en goguette, bien connus du tenancier. Vers 4 heures du matin, les quatre copains regagnent leur voiture quand six de ces CRS, en civil, surgissent avec des matraques anti-émeutes et des bombes lacrymogènes. Immédiatement, , ils explosent une vitre de la voiture et arrosent les passagers du contenu de leurs bombes lacrymo. Comme il faut bien ses distraire, les braves défenseurs de l’ordre public transforment le véhicule en épave. Entre temps, ces CRS étaient revenus à leur hôtel pour se munir de leur matériel répressif. Les victimes ont porté plainte le 13 juillet. Face au procureur, les CRS devaient reconnaître les faits, mettant leur agression sur le compte de l’alcool. Mis en examen pour « violences en réunion avec armes, préméditation et dégradation », ces brutes imbibées doivent comparaître devant le tribunal correctionnel de Dunkerque, le 4 septembre. Comble de cette affaire ; le procureur devait juger utile de préciser que les quatre jeunes gens étaient « sans passif avec la police, sans histoire, et sans casier judiciaire », à suivre. (Sources, <em>Libération</em>, 17 juillet)</p>
<p><strong>Mauvaises manières<br />
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<p>Le 2 juillet, sur une route de l’Essonne, un automobiliste heurte un autre véhicule. S’ensuit une bagarre. Or il se trouve que ce conducteur, sourd et muet de naissance, est gravement blessé. Pourtant, cet invalide se retrouve convoqué devant le tribunal de grande instance d’Evry (91) pour « violence avec usage ou menace d’une arme, suivie d’incapacité n’excédant pas huit jours, et dégradation de biens d’autrui… » Il témoigne du traitement subi : « (Les policiers) m’on isolé dans une cellule qui puait affreusement la pisse. J’ai plusieurs fois réclamé l’arrivée d’un interprète e langue des signes… »  Ce n’est que le lendemain qu’un interprète, à la compétence douteuse, arrivera au commissariat. Et puis, cette dernière précision du sourd et muet : « J’ai fini par signer une déposition car je n’en pouvais plus, les policiers me mettaient sous pression pour que j’abdique, et l’interprète traduisait mal mes propos. » Peut-on dire de ces policiers, pressés de constater un délit : « Il n’est pire sourd que ceux qui ne veulent pas entendre ! » (D’après <em>Libération</em>, 22 juillet 2009)</p>
<p><strong>Pour mémoire…<br />
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<p>Tout au long du mois de mai 1968, nos policiers s’étaient appliqués à matraquer les étudiants, sans état d’âme. Parfois à cinq ou six sur la même victime.  (Les photos publiées alors sont significatives de cet acharnement sur les futures élites de la Nation.) Cette brutalité devait faire réagir vivement le préfet de police, Maurice Grimaud : « Frapper un homme à terre, c’est se déshonorer et déshonorer la police ! » Ce n’étaient que de bonnes paroles car ce préfet, plus humaniste que la moyenne des serviteurs de l’ordre, n’était guère entendu par les chevaliers du guet. Maurice Grimaud avait tenté de sauver l’honneur de la police, mais il devait se sentir bien seul. Suite à son décès, le 16 juillet, une minute de silence devait être observée dans les commissariats de police, le 23 juillet. Nul ne manquait à l’appel pour ce salutaire rappel à l’histoire – y compris les matraqueurs de 2009, tout aussi répressifs que leurs anciens de mai et juin 1968. <em>Communiqué de l’Observatoire des libertés publiques, 23 juillet 2009.<br />
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<p><strong>Pratiques dégradantes<br />
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<p>Le 30 juin, la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) présentait un rapport sur « les traitements inhumains et dégradants » au dépôt du palais de justice de Paris. Avec, pour point fort, « les personnes prises en charge ne sont pas traitées avec dignité. » Sont dénoncées, en particulier, « les fouilles à nu excessives. » Pour cet office, les policiers s’activent sans la moindre vergogne. Une policière précise qu’il est demandé aux femmes « de s’accroupir, et de tousser trois fois, les jambes écartées. » Quant aux hommes, ils doivent se pencher en avant, et tousser. Tout cela se déroule évidemment dans la plus grande délicatesse : « Une fois que les cheveux, la bouche et l’anus de la personne ont été contrôlés, elle se rhabille et passe sous un détecteur de métaux. » En fait, un détenu déjà fouillé à la sortie de la maison d’arrêt, pourra être fouillé et mis à nu jusqu’à cinq fois dans une même journée, lorsqu’il est conduit au palais de justice. Il paraît que face aux critiques qui ne cessent de se multiplier, ces fouilles répétées pourraient être limitées. (Source, <em>Le Monde</em>, 24 juillet 2009)</p>
<p><strong>Libertés policières<br />
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<p>Le 21 juillet, le collectif Liberté-Egalité-Justice, qui réunit 34 organisations, dont le Syndicat de la Magistrature et la Ligue des Droits de l’homme, dénonçait, dans un communiqué : « L’alarmante banalisation des atteintes aux droits et libertés. » Ce collectif réclame un moratoire sur l’usage par la police et la gendarmerie d’armes de type flash-ball et Taser. Il demande l’ouverture d’une information judiciaire sur les incidents survenus à Montreuil, le 8 juillet. Par ailleurs, le 22 juillet, L’Institut international de presse, basé à Vienne (Autriche), s’inquiétait des atteintes à la liberté de la presse, en France. Suite à l’interpellation d’un journaliste stagiaire du journal Le Monde, et aux perquisitions qui ont eu lieu récemment dans plusieurs rédactions, l’Institut lançait cet avertissement : « La police doit réaliser que ces types d’incidents, qui semblent faire partie d’un mode d’agression envers les médias (…) sont préjudiciables à la réputation de la France. » (Source, <em>Le Monde</em>, 24 juillet 2009)</p>
<p><strong>La sécurité intérieure, fille naturelle de Big Brother !<br />
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<p>Le domaine de la surveillance policière s’élargit, mettant en péril ce qui peut encore subsister d’espace de liberté. Le 24 juillet, la CNIL (Commission nationale informatique et liberté) rendait public un avis réclamant des garanties sur l’utilisation des logiciels-espions de la police pouvant être introduits à distance dans l’ordinateur d’une personne, sans son consentement. La CNIL suggère – mais ce n’est qu’un vœu pieux – de limiter l’usage de ces logiciels pour qu’ils ne soient pas à la disposition d’un trop grand nombre de policiers, sans l’autorisation d’un juge.  Une certitude : la reconnaissance légale de ces logiciels figure d’ores et déjà dans le projet de loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (Loppsi II), qui doit être débattue à l’Assemblée nationale d’ici la fin de 2009. Ce texte ajoute au Code pénal dix nouveaux articles sur la « captation des données informatiques en matière de criminalité organisée. » Encore faut-il savoir ce que peut recouvrir la formule « criminalité organisée », qui n’est, à l’évidence, qu’un fourre-tout permettant de surveiller quiconque est utilisateur d’Internet puisque, selon cette loi d’orientation, seront concernés les lieux publics ou privés, de même que les cyber-cafés.<br />
Comme le rappelle utilement l’éditorial du Monde, qui nous fournit cette information, cette nouvelle atteinte aux libertés nous renvoie au STIC (Système de traitement des infractions constatées) qui permet déjà à la police de répertorier toute personne ayant été concernée par une procédure judiciaire – qu’elle soit mise en cause, victime ou simple témoin d’un délit. Avec cette précision : « Si la fusion projetée avec le fichier électronique tenu par la gendarmerie intervient, le champ sera encore plus large… Où est la limite de ces intrusions dans la vie de Français ? Nous sommes prévenus : Big Brother est là, tout près ! » Dans 1984 ; George Orwell avait imaginé le « télécran » permettant de contrôler les citoyens, chez eux. En 2009, Nicolas Sarkozy s’apprête à dépasser  cette fiction par une sinistre réalité ! (D’après <em>Le Monde</em>, 25 juillet 2009)</p>
<p><strong>Le lièvre policier et la tortue judicaire…<br />
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<p>Dans la soirée du 27 octobre 2005, deux jeunes, issus des « minorités visibles », Zyed et Bouna, se réfugiaient dans un transformateur EDF, à Clichy-sous-Bois (93). Poursuivis sans raison par des policiers désireux d’ajouter quelques délits à leur palmarès. Ces deux adolescents, âgés de 15 et 17 ans, devaient y trouver la mort.  Certes, deux policiers ont déjà été mis en examen pour « non-assistance à personnes en danger. » L’un de ces deux fonctionnaires, qui avait aperçu les deux garçons escaladant le grillage protégeant le transformateur, avait alors prononcé cette phrase, retrouvée sur les bandes radio de la police : « S’ils entrent sur le site EDF, je ne donne pas cher de leur peau ! » Sans que les deux policiers tentent le moindre geste pour les dissuader de franchir cette barrière.<br />
Au fil des reconstitutions successives, le temps a passé et, près de quatre ans après cette bavure abominable, il parait que le dossier serait clos dans les semaines à venir. En effet, l’ordonnance de fin d’instruction viendrait d’être prise après une trop longue procédure. Il est vrai que l’on sait, d’expérience, que les policiers ne sont pas des justiciables comme les autres – ce qui incite les magistrats à une certaine lenteur. D’ores et déjà, nous savons que les parties disposeront de trois mois pour demander des actes supplémentaires, le parquet disposant ensuite d’un nouveau délai pour statuer. Le renvoi des policiers devant le tribunal correctionnel est possible. , mais un non-lieu n’est pas exclu. Une certitude : suite au caillassage d’un fourgon de police par les jeunes d’une cité, la justice est bien plus rapide, les juges n’hésitant jamais à se montrer impitoyables. (D’après <em>Aujourd’hui</em>, 30 juillet 2009)</p>
<p><strong>Montreuil : bavure à moitié reconnue<br />
</strong></p>
<p>Suite à la véritable agression dont un jeune réalisateur était victime à Montreuil, le 8 juillet, l’enquête conduite par l’IGS a notablement avancé. Il apparaît, sans conteste, que le policier de la BAC, auteur du tir de flash-ball, n’était pas directement menacé, et donc nullement en situation de légitime défense. A tout le moins, soulignent les enquêteurs, ce tir de flash-ball, qui allait faire perdre l’usage d’un œil à la victime, était hors des conditions d’utilisation, et sera donc considéré comme une riposte disproportionnée. La légitime défense étant écartée ; certains policiers n’en estiment pas moins se « sentir en parfaite insécurité juridique. » Notion difficile à trouver dans le Code de procédure pénale, mais qui permettrait, au-delà des textes, de se défouler sur quiconque oserait manifester sur la voie publique. Reste à savoir si le fonctionnaire d’autorité, dont le tir devait rendre borgne un jeune manifestant, a agi de sa propre initiative ou sur l’ordre de sa hiérarchie, au cours d’une manifestation pacifique. (D’après <em>Le Monde</em>, 31 juillet 2009)</p>
<p><strong>Mayotte : les sans papiers dans l’œil du cyclone<br />
</strong></p>
<p>Il n’y a pas qu’en France métropolitaine que la police et la gendarmerie s’appliquent à la chasse aux sans papiers. Il en va de même dans les départements et territoires d’outre-mer. C’est particulièrement le cas en Guyane et, plus particulièrement à Mayotte, au cœur de l’archipel des Comores. Pour les six premiers mois de 2009, ce sont  9.019 personnes (dont 1.310 enfants) qui ont été « reconduits à la frontière. » C’est-à-dire vers une autre île de cet archipel. Des contrôles quotidiens sont menés sur les routes, dans les quartiers connus pour abriter des sans papiers, tandis que les accès aux dispensaires et aux écoles sont l’objet de contrôles réguliers. Pour assurer de meilleurs résultats, les effectifs de la police et de la gendarmerie ont été triplés, depuis 2004, dans cette île de l’océan indien.  Un fonctionnaire de la PAF (police aux frontières) reconnaît les limites légales de ces expulsions : « Tout le monde sait que le chiffres obtenue depuis trois ans seraient irréalisables, à Mayotte, si l’on respectait la loi ! »  Sans commentaire. Ces trois dernières années, près de 9.000 enfants ont été expulsés, souvent en falsifiant la date de leur naissance. Des adolescents étant frauduleusement présentés comme des majeurs… (Source, <em>Libération</em>, 31 juillet 2009)</p>
<p><strong>La France d’Outre-mer a la nuque raide<br />
</strong></p>
<p>En Nouvelle-Calédonie, territoire français d’Outre-mer (TOM), les libertés syndicales sont relatives. Des militants du syndicat USTKE (Union syndicale des travailleurs Kanaks et exploités) sont emprisonnés. De plus, lorsque Bernard Kouchner se déplace à Nouméa, à la fin du mois de juillet, il refuse de recevoir les responsables de ce syndicat, dans le même temps que le centre-ville est bouclé par les forces de l’ordre.  Les 3 août, des affrontements devaient oppose des manifestants aux gendarmes mobiles. Aux jets de pierres des militants kanaks devaient répondre des tirs de gaz lacrymogène – les pandores abandonnant le terrain après avoir dénombré 27 blessés dans leurs rangs. Dans le royaume du nickel, suite à la tuerie d’Ouvéa, en 1988, les accords de Matignon signés en 1989 paraissaient ouvrir la voie à une forme d’autonomie interne.  Depuis, pourtant, des milliers de métropolitains ont été incités à s’installer en Nouvelle-Calédonie, où l’ordre colonial règne toujours. Au moindre conflit social, les piquets de grève sont attaqués par les forces de l’ordre. Suite aux événements du 3 août, des renforts policiers étaient annoncés. (Sources, <em>Le Monde</em> et <em>Libération</em>, 4 et 5 août 2009)</p>
<p><strong>Concentration policière<br />
</strong></p>
<p>Une nouvelle force policière va voir le jour, le 14 septembre : la Direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne (DSPAP), qui regroupera 26 fonctionnaires chargés, en principe, de lutter contre la petite et moyenne délinquance. Cette nouvelle structure, dirigée par Alain Gardère, fidèle de Nicolas Sarkozy, regroupera la police de proximité parisienne et les trois directions départementales de la sécurité publique des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne. Il est évident que la mise en place de ce « Grand Paris de la police » répond à l’inquiétude des autorités policières, suite aux révoltes des jeunes de banlieues en 2005 et 2007. Pour Nicolas Sarkozy, ce type d’organisation pourrait être étendu à d’autres agglomérations, « en fonction des besoins. » (Source, <em>Libération</em>, 5 août 2009)</p>
<p><strong>Haut et court<br />
</strong></p>
<p>Le 5 août, à Metz, à quelques mois de sa retraite, le général de corps d’armée commandant la gendarmerie dans l’Est de la France s’est donné la mort par pendaison. (Source, <em>France 3 Champagne-Ardennes</em>, 6 août 2009)</p>
<p><strong>Vigilants vigiles<br />
</strong></p>
<p>Décidés à empêcher la fermeture de leur usine, les salariés de Molex, à Villeneuve-sur-Tarn, en grève depuis le 7 juillet, étaient provoqués par les gardes du corps de leur patron américain. Ce qui provoquait des jets d’œufs de la part des ouvriers. Suite à cet affrontement, les grévistes apprenaient l’arrivée de vigiles, « affectés à la sécurité des bâtiments. » Sans doute pour permettre le déménagement des machines-outils, avant la fermeture du site. Jadis, les mercenaires de ce type étaient qualifiés de bandes armées du capital. N’oublions pas qu’il y a quelques mois, Nicolas Sarkozy avait évoqué la diminution des effectifs policiers, tandis qu’il incitait les sociétés privées de sécurité à créer cent mille emplois… (D’après <em>Libération</em>, 6 août 2009)</p>
<p><strong>Fin de scolarité<br />
</strong></p>
<p>Le corps d’un élève de l’école des officiers de police de Cannes-Ecluse (77) a été découvert, le 8 août, dans uj village des Pyrénées orientales. Selon les premiers éléments de l’enquête, cet élève officier, âgé de 30 ans, aurait utilisé son  arme de service pour mettre fin à ses jours. (Source, Le Parisien, 10 août 2009)</p>
<p><strong>Course-poursuite mortelle<br />
</strong></p>
<p>Dans la soirée du 9 août, vers 21 heures, à Bagnolet (93), un garçon âgé de 18 ans, prénommé Yakou, se tue après avoir voulu échapper à un contrôle de police. Dans un virage, le jeune homme, poursuivi par des policiers, perd le contrôle de sa moto et va heurter une barrière métallique. Immédiatement, le parquet de Bobigny va charger l’IGS d’enquêter, tandis que, dans le même temps, les policiers affirmaient que leur véhicule n’avait pas heurté le deux roues de celui qu’ils avaient pris en chasse. Ce qui n’était pas indispensable pour pousser à la faute un adolescent affolé. Il n’en reste pas moins que, selon un certain nombre de témoins, il n’y avait pas un mais deux véhicules, voire trois véhicules de police sur le terrain, dont l’un aurait serré la victime près d’un trottoir, dans le même temps qu’un véhicule de la BAC arrivait en sens inverse. Ce qui est certain, c’est qu’il existe des notes internes, au sein de la police, recommandant de ne pas se livrer à des courses poursuites dont l’issue est fréquemment tragique. Ce qui n’empêche pas certains cow-boys de continuer à partir en chasse – surtout lorsque le « délinquant » fait partie des <em>minorités visibles</em>.<br />
Bien entendu, selon certaines sources, le garçon serait défavorablement connu des services de police, comme si cela pouvait excuser l’issue fatale de cette poursuite.<br />
Toujours est-il que le soir même du drame, face à la colère des habitants , et de quelques jeunes du quartier, qui mettaient le feu à des voitures, six fourgons et une quinzaine de véhicules, avec à bord des policiers en nombre, armés de flash-ball, pour « sécuriser » le quartier, arrivaient sans tarder. Que faut-il penser de l’intervention du ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, qui tenait à présenter ses condoléances à la famille de Yakou. Comme s’il y avait une bavure à faire pardonner. Bien sûr, la moto 125 cm3 du jeune homme était d’un modèle non-autorisé en ville, mais cela vaut-il peine de mort ? Les policiers savent bien que les courses poursuite qu’ils entreprennent conduisent trop souvent à la mort programmée du gibier… (Sources, <em>Le Parisien</em>, 10 août, <em>Libération</em>, 11 août et <em>France Inter</em>, 12 août 2009)</p>
<p><strong>Prison pour enfant<br />
</strong></p>
<p>Depuis le 30 juillet, des Philippins, vivant en France depuis dix ans ont été placés en rétention au centre du Canet, à Marseille. Une fillette, âgée de moins de cinq ans, fait partie de cette famille en voie d’expulsion, rappellent le Réseau Education sans frontière (RESF) et la Cimade. Dans Libération, daté du 4 août, l’anthropologue Emmanuel Terray publiait une tribune intitulée « Enfants internés : la honte ! », où il écrivait : « …L’internement des enfants est une honte pour notre pays, et si nous restions silencieux, il nous déshonorerait toutes et tous, que cela plaise ou non à M. Besson, il nous rappelle les périodes les plus sombres de notre histoire… » Comment ne pas adhérer à ce cri de colère, mais il y a toujours des policiers sans état d’âme qui acceptent de participer aux missions inhumaines consistant à venir rapter des enfants, en compagnie de leurs parents, dont le seul crime est d’être différent du modèle local ! (D’après <em>France info</em>, 12 août 2009)</p>
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		<title>QUE FAIT LA POLICE ? – Bulletin d’information anti-autoritaire – numéro hors série &#8211; été 2009</title>
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		<pubDate>Tue, 07 Jul 2009 09:10:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Observatoire des Libertés Publiques]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour faire s'esclaffer vos amis et même vos enfants, vous trouverez ici le rappel d'une trentaine de comptines anti-autoritaires publiées dans <em>Que Fait la Police ?</em> , depuis avril 2006. Si ce petit exercice peut au moins vous faire sourire, rejoignez nos correspondants qui ont alimenté cette rubrique, avec cet humour qui sied aux citoyens qui évitent de fréquenter les forces de l'ordre. Nous avons même l'espoir de faire sourire les policiers qui nous lisent, en tout cas ceux qui limitent leur activité à la protection de la veuve et de l'orphelin.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Il faut bien rire un peu&#8230;<br />
</strong></p>
<p>Pour faire s&#8217;esclaffer vos amis et même vos enfants, vous trouverez ici le rappel d&#8217;une trentaine de comptines anti-autoritaires publiées dans <em>Que Fait la Police ?</em> , depuis avril 2006. Si ce petit exercice peut au moins vous faire sourire, rejoignez nos correspondants qui ont alimenté cette rubrique, avec cet humour qui sied aux citoyens qui évitent de fréquenter les forces de l&#8217;ordre. Nous avons même l&#8217;espoir de faire sourire les policiers qui nous lisent, en tout cas ceux qui limitent leur activité à la protection de la veuve et de l&#8217;orphelin. Généralement, les gentilles bluettes qui suivent, un peu démarquées, issues de toutes nos provinces, servaient à rythmer les jeux enfantins. S&#8217;il pouvait en aller de même avec les textes ici proposés nous en serions ravis.</p>
<p>***</p>
<p>&nbsp;&raquo; A bon chien, bon rien<br />
A bon flic bon chien<br />
Haut les mains<br />
Crottes de chien.&nbsp;&raquo;<br />
(Cette charmante évocation de la dure vie du policier avait été publiée dans la revue <em>Oeil de Fennec</em>)</p>
<p>***</p>
<p>&nbsp;&raquo; Am stram gram<br />
Flic et flic et colégram<br />
Bourre et bourre et ratatam<br />
Am stram gram&#8230;&nbsp;&raquo;<br />
(Envoi d&#8217;un correspond anonyme, sans origine précise)</p>
<p>***</p>
<p>&laquo;&nbsp;Pique pique la bourrique<br />
Tout partout il y a des fliques<br />
Qui souvent nous font la nique<br />
Tout en haut d&#8217;la rue du Bac&nbsp;&raquo;<br />
(D&#8217;après une comptine très appréciée dans le Dauphiné)</p>
<p>***</p>
<p>&laquo;&nbsp;Tac tac tac<br />
I1 pleut des matraques<br />
Tuque tuque tuque<br />
En plein dans la nuque<br />
Flac flac flac<br />
On reçoit des claques<br />
Flic fLic flic<br />
C&#8217;est bien ça le hic&nbsp;&raquo;<br />
(Adaptation d&#8217;une comptine de l&#8217;Ile de la Réunion)</p>
<p>***<br />
&laquo;&nbsp;Nos flicaillons font ci, font ça<br />
Font comme font les rats.<br />
Et quand serons-nous sages ?<br />
Jamais jamais jamais !&nbsp;&raquo;<br />
(D&#8217;une chansonnette en vogue dans le Quercy)</p>
<p>***</p>
<p>&nbsp;&raquo; Nicolas place Beauvau<br />
Dans son bungalow<br />
La maison s&#8217;écroule<br />
Nicolas débagoule&nbsp;&raquo;<br />
(D&#8217;après une très ancienne ritournelle savoyarde)</p>
<p>* * *</p>
<p>&laquo;&nbsp;Vous êtes chômeur ?<br />
Votre mère est Normande ?<br />
Engagez-vous dans les Sections d&#8217;assaut<br />
Avec flash-ball<br />
Formation rapide et musclée<br />
Vous vous ferez votre Beur&nbsp;&raquo;<br />
(Communiqué par la petite revue de poésie <em>Mon Oeil</em>)</p>
<p>***</p>
<p>&laquo;&nbsp;Coquins coquailles<br />
Derrière la muraille<br />
Ils traquent la racaille<br />
Comme le veut Sarkozaille&nbsp;&raquo;<br />
(De la part d&#8217;un nostalgique des anciennes barrières de Paris)</p>
<p>***</p>
<p>&laquo;&nbsp;La France répressive<br />
Aimez-là ou combattez-là !&nbsp;&raquo;<br />
(Lu sur les murs de l&#8217;Université de Nanterre)</p>
<p>***</p>
<p>&laquo;&nbsp;ABCD, le chef condé<br />
EFGH, prend une hache<br />
IJKL, pour couper nos ailes<br />
MNOP, s&#8217;est coupé les pieds<br />
QURST, ce triste entêté<br />
UVWXYZ, ne manque pas de zèle&nbsp;&raquo;<br />
(D&#8217;après une comptine canadienne,pays où la police n&#8217;est pas caline)</p>
<p>***</p>
<p>&laquo;&nbsp;A la queue leu leu<br />
Tous les flics sont bleus<br />
S&#8217;ils sont gris<br />
tant pis !<br />
(Comptine flamande, gentiment détournée)</p>
<p>***</p>
<p>&laquo;&nbsp;Nicolas sur son tonneau<br />
Joue la comédie fric-frac<br />
Mais v&#8217;la l&#8217;tonneau qui craque<br />
Nicolas tombe dans la caque&nbsp;&raquo;<br />
(D&#8217;après une comptine languedocienne)</p>
<p>***</p>
<p>&laquo;&nbsp;Avec Pécresse<br />
Pas de tendresse<br />
Trop de CRS&nbsp;&raquo;<br />
(Tout au long du mouvement étudiant de l&#8217;automne 2007, ce sympathique slogan fleurissait sur les murs des facs)</p>
<p>&laquo;&nbsp;B1eu bleu<br />
L&#8217;uniforme est bleu<br />
Rond rond rond<br />
Le bâton est rond<br />
Flac flac flac<br />
Je me moque&nbsp;&raquo;<br />
(A quelques mots prés cela se chantait dans le Loiret)</p>
<p>***</p>
<p>&laquo;&nbsp;A la Saint-Nicolas<br />
Bla bla bla<br />
Grande soirée de gala<br />
Carla Carla Garla<br />
Les grands dans les petits plats<br />
Gras gras gras<br />
Les autres ventre plat<br />
Na na na !&nbsp;&raquo;<br />
(A l&#8217;imitation d&#8217;une comptine chantée dans la région de Dunkerque à l&#8217;occasion de la Saint-Nicolas)</p>
<p>***</p>
<p>&laquo;&nbsp;Une pour moi, c&#8217;est la prune<br />
Deux pour toi, c&#8217;est la claque<br />
Trois pour nous c’est les boeufs<br />
Quatre bien fait tête de noeud&nbsp;&raquo;<br />
(Origine inconnue)</p>
<p>***</p>
<p>&laquo;&nbsp;Un deux trois<br />
Gros bouts de bois<br />
Quatre cinq six<br />
Trop de police<br />
Sept huit neuf<br />
Où sont les boeufs ?<br />
Dix onze douze<br />
Dans la bouse !&nbsp;&raquo;<br />
(Cela se chantait dans le Limousin, en évoquant les animaux de la ferme)</p>
<p>***</p>
<p>&laquo;&nbsp;Un deux trois<br />
Les p&#8217;tits policiers<br />
Quatre cinq six<br />
Chassent les sans papiers<br />
Sept huit neuf<br />
Ils attendent la prime<br />
Dix onze douze<br />
Pourtant ils dépriment&nbsp;&raquo;<br />
(D&#8217;après une comptine retrouvée dans la France profonde, mais également en Belgique et au Canada)</p>
<p>***</p>
<p>&laquo;&nbsp;Zon zon zon<br />
Allez en prison<br />
En prison petit bonhomme<br />
Qui volez toutes nos pommes<br />
Zon zon zon<br />
 Allez en prison !&nbsp;&raquo;<br />
( D&#8217;après une comptine circulant en Languedoc)</p>
<p>***</p>
<p>&laquo;&nbsp;A la soupe soupe soupe<br />
Par peur du chom&#8217;du du du<br />
Ils jouent du bâton ton ton<br />
Comme de bons lardus du du<br />
Attendent les galons lon lon<br />
Les autres en zonron zon zon&nbsp;&raquo;<br />
(Cette rengaine se chantait avec d&#8217;autres héros montrés du doigt dans l&#8217;ouest et le centre de la France)</p>
<p>***</p>
<p>&nbsp;&raquo; Un individu du du<br />
Comme disent les flics flics flics<br />
Victime de prunes prunes prunes<br />
Criait à l&#8217;injustice tice tice<br />
Reçu des coups de lattes lattes lattes<br />
pour apprendre à se taire taire taire&nbsp;&raquo;<br />
(I1 paraît que cela se chantait à Marseille)	</p>
<p>***<br />
&laquo;&nbsp;Pif paf pouf<br />
Que du bourre-pif<br />
Pour le blanc bec<br />
Qui croise la BAC<br />
Petite casquette<br />
Et grosse matraque<br />
Les crânes qui craquent<br />
Et le macaque<br />
Est sardonique&nbsp;&raquo;<br />
(D&#8217;après une comptine retrouvée en Suisse et en Savoie)</p>
<p>***<br />
&laquo;&nbsp;Bleu bleu bleu<br />
Les policier est bleu<br />
Raide raide raide<br />
Sa matraque est raide<br />
Blêmes blêmes blêmes<br />
Ses victimes son blêmes&nbsp;&raquo;<br />
(D&#8217;après une comptine chantée en Belgique et dans le Nord)</p>
<p>***<br />
&laquo;&nbsp;Gentil CRS<br />
Tu bats ta femme<br />
Hors du service<br />
Arrête tes sévices<br />
Vice vice<br />
Où la peau d’tes fesses<br />
Deviendra tambour<br />
Bourre bourre<br />
Qu&#8217;on battra toujours&nbsp;&raquo;<br />
(Dans le pays de Vaud, cette petite chanson s&#8217;adressait aux maris jaloux)</p>
<p>***<br />
&laquo;&nbsp;Nous ne sommes pas<br />
Des têtes à claques<br />
Nous ne sommes pas<br />
Des têtes de veau<br />
Bravo bravo bravo<br />
Les poulets ont les pieds plats&nbsp;&raquo;<br />
(D&#8217;un facétieux correspondant Wallon)</p>
<p>***</p>
<p>&laquo;&nbsp;Le policier n&#8217;est pas de bois<br />
Boit boit boit<br />
Mais sa matraque<br />
Qui échaudure<br />
Qui nous bordure<br />
Dure dure dure<br />
Est de bois dur<br />
Ca c&#8217;est sûr !&nbsp;&raquo;<br />
(D&#8217;un correspondant marseillais qui avait pu éprouver la qualité des matraques des anges gardiens locaux)</p>
<p>***<br />
&laquo;&nbsp;Monsieur de l&#8217;ordre<br />
Se préparait à mordre<br />
Sérieux sous sa casquette<br />
Ses menottes cliquètent<br />
Exhibant sa matraquette<br />
I1 est armé pour la tempête<br />
Pomme de rainette<br />
Petite trompette&nbsp;&raquo;<br />
(Cela se fredonnait au pays de Gascogne)</p>
<p>***<br />
&laquo;&nbsp;J&#8217;ai des prunes à vous donner<br />
Des marrons à distribuer<br />
Ohé ohé<br />
Evitez de me croiser<br />
Ca pourrait mal se passer<br />
Ohé ohé<br />
Le premier qui rira<br />
S&#8217;en repentira&nbsp;&raquo;<br />
(Cette comptine a beaucoup voyagé puisqu&#8217;on la retrouvait aussi bien en Suisse qu&#8217;en Wallonie)</p>
<p>***<br />
&laquo;&nbsp;A la trique<br />
Jolie trique<br />
Mon papa est policier<br />
Ma maman est en acier<br />
Mon pépé porte l&#8217;épée<br />
Ma mémé est mal léchée<br />
Fait comme le voisin<br />
Mange ton picotin 1&#8243;<br />
(Cette ronde enfantine était bien connue dans l&#8217;est de la France mais également en Suisse romande)</p>
<p>***<br />
Bien entendu,ce petit jeu ne manquera pas de se poursuivre, dès la rentrée et nous vous incitons à y participer car, comme disait Jacques Prévert, il faut bien rire un peu. Et puis, n&#8217;est-ce pas, en démocratie, il est possible de rire de tout, même de la police.</p>
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		<title>A vos ordres ? Jamais plus !</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Jun 2009 15:56:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Observatoire des Libertés Publiques]]></category>

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		<description><![CDATA[« L'anarchie est la plus haute expression de l'ordre » (Élysée Reclus), mais l'ordre que l'on nous impose est loin d'être de cette nature. L'ordre public, c'est l'ordre brutal mis au service du pouvoir quel qu'il soit. Il faut être cohérent : l'ordre n'est pas réellement au service des citoyens mais sert essentiellement à les encadrer, les surveiller, les contrôler.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>« L&#8217;anarchie est la plus haute expression de l&#8217;ordre » (Élysée Reclus), mais l&#8217;ordre que l&#8217;on nous impose est loin d&#8217;être de cette nature. L&#8217;ordre public, c&#8217;est l&#8217;ordre brutal mis au service du pouvoir quel qu&#8217;il soit. Il faut être cohérent : l&#8217;ordre n&#8217;est pas réellement au service des citoyens mais sert essentiellement à les encadrer, les surveiller, les contrôler.</p>
<p>L&#8217;ordre, c&#8217;est le bon plaisir du souverain, jadis, de celui qui gouverne, de nos jours. Au-delà, l&#8217;ordre ne représente pas uniquement la volonté du prince, comme ses caprices du moment.</p>
<p>Une certitude, lorsqu&#8217;une société fonctionne en bon ordre, elle perd les moyens de contester, de se soulever même lorsque le poids des interdits devient insupportable.</p>
<p><a href='http://quefaitlapolice.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/06/maurice_rajsfus_a_vos_ordres.jpg' title='maurice_rajsfus_a_vos_ordres.jpg'><img src='http://quefaitlapolice.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/06/maurice_rajsfus_a_vos_ordres.jpg' alt='maurice_rajsfus_a_vos_ordres.jpg' /></a></p>
<p>Introduction : En bon ordre<br />
1. Citoyen ou individu ?<br />
2. Menaces, mensonges et mépris<br />
3. L&#8217;ordre, les bonnes mœurs et la morale<br />
4. L&#8217;ordre et la propriété<br />
5. L&#8217;ordre familial<br />
6. Le parti de l&#8217;ordre apprécie la médiocrité<br />
7. L&#8217;immobilisme au service de l&#8217;ordre<br />
8. L&#8217;obéissance, pilier essentiel de l&#8217;ordre<br />
9. Ordre et désordre<br />
10. La violence au travail<br />
11. Et Dieu, dans tout ça ?<br />
12. Les tarés à la rescousse !<br />
13. L&#8217;ignorance, béquille de l&#8217;ordre<br />
14. La peur et l&#8217;horreur<br />
15. La peur comme habitude<br />
16. Patriotisme et xénophobie<br />
17. L&#8217;ordre patronal<br />
18. Le vaudou moderne<br />
19. L&#8217;ordre misogyne<br />
20. Vivre dans la joie ou mourir dans l&#8217;honneur<br />
21. L&#8217;ordre glorieux<br />
22. L&#8217;ordre guerrier<br />
23. Morale et civisme<br />
24. L&#8217;exclusion<br />
25. La discipline au service de l&#8217;ordre<br />
26. L&#8217;ordre financier<br />
27. La publicité dans l&#8217;ordre des choses<br />
28. L&#8217;autoritarisme<br />
29. La haine à la rescousse de l&#8217;ordre<br />
30. Comment vivre sans armée ?<br />
31. Vivre sous haute surveillance<br />
32. Le nationalisme sans fard<br />
33. L&#8217;ordre comme morale<br />
34. L&#8217;ordre devrait forcer le respect<br />
35. Le retour de l&#8217;homme des cavernes<br />
36. La contrainte dans l&#8217;ordre des choses<br />
37. La hiérarchie, premier maillon de l&#8217;ordre<br />
38. La punition, gardienne de l&#8217;ordre<br />
39. La banalité de l&#8217;ordre<br />
40. La volonté autoritaire<br />
41. Dura lex sed lex<br />
42. Le système carcéral, sous-produit de l&#8217;ordre<br />
43. Un seul contrordre : la révolution<br />
44. L&#8217;ordre contre-révolutionnaire<br />
45. Le pouvoir en bon ordre<br />
46. Gouverner, c&#8217;est réprimer !<br />
47. Les forces de l&#8217;ordre<br />
48. La justice en ordre de marche<br />
49. Le drapeau et la chanson<br />
50. Ordre public et ordre privé<br />
51. Le vocabulaire de l&#8217;ordre<br />
52. Le devoir de désobéissance<br />
Pour conclure : Vers la société autoritaire  </p>
<p>Commander en ligne aux <a href="http://editions.federation-anarchiste.org/produit.php?ref=9782915514148&#038;id_rubrique=12&#038;PHPSESSID=6eef61e72ada018423e6b617fb79dbd6">éditions du monde libertaire</a></p>
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		<title>QUE FAIT LA POLICE ? – Bulletin d’information anti-autoritaire – Nouvelle série &#8211; numéro 31 – juin-juillet  2009</title>
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		<pubDate>Wed, 27 May 2009 13:50:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Observatoire des Libertés Publiques]]></category>

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		<description><![CDATA[Tout au long de la campagne pour les élections présidentielles de mai 2007, nous avons pu entendre le candidat Sarkozy marteler son slogan préféré : travailler plus pour gagner plus ! Deux ans plus tard, il y a de moins en moins de travail, et les salaires sont bloqués, tout comme les retraites. Le moral de la population est en berne, sauf celui des policiers.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Editorial  : Forces de désordre<br />
</strong><br />
Tout au long de la campagne pour les élections présidentielles de mai 2007, nous avons pu entendre le candidat Sarkozy marteler son slogan préféré : travailler plus pour gagner plus ! Deux ans plus tard, il y a de moins en moins de travail, et les salaires sont bloqués, tout comme les retraites. Le moral de la population est en berne, sauf celui des policiers.</p>
<p>Seuls les policiers, en effet, paraissent satisfaits. Ils ne gagnent peut-être pas beaucoup plus, mais ils ont davantage de pouvoir chaque jour avec l&#8217;obligation de résultat qui leur est imposé -et de maigres primes à la clef- nos fonctionnaires d&#8217;autorité peuvent avoir le sentiment qu&#8217;ils sont devenus le meilleur bouclier de la République. Armés de cette certitude, ils peuvent réprimer sans état d&#8217;âme, comme dans les premiers jours d&#8217;avril, à Strasbourg, comme lorsqu&#8217;ils s&#8217;activent à évacuer les salariés d&#8217;une usine occupée. Il est possible de les voir fanfaronner avec leurs flash-ball et leurs pistolets électrique Taser, quand les gaz lacrymogènes peuvent s&#8217;avérer insuffisants. Plus pacifiquement, ils aiment faire des moulinets avec leurs matraques Tonfa, et même s&#8217;en servir habilement pour étrangler la victime du moment. Lorsqu&#8217;ils se contentent des jeux de mains, on les voit particulièrement doués pour passer les menottes -bien serrées- au premier venu, sans raison valable, mais qu&#8217;il convient de surveiller parce que &laquo;&nbsp;susceptible&nbsp;&raquo; de faire un mauvais coup. Avec leurs pieds, les bons policiers se sont initiés au jeu de la balayette, permettant de projeter au sol un quidam qui ne comprend pas ce qui lui arrive. Avec la langue, nombre d&#8217;entre eux ont appris à pratiquer le jargon des truands, sans négliger les basses injures sexistes ou racistes. Reste la tête. Qu&#8217;est-ce que de bons policiers peuvent bien faire avec leur cerveau en bon état de fonctionnement ? Traquer des sans logis, sans rechigner, ou de pauvres vendeurs à la sauvette.</p>
<p>En 1942, leurs anciens n&#8217;avaient jamais hésité à participer aux rafles des familles juives étrangères. En 2009, manquant de l&#8217;indispensable devoir de mémoire, ils ne sont pas davantage inquiets lorsqu&#8217;ils traquent ces familles immigrés criminalisées pour n&#8217;avoir pas de papiers, et qui avaient eu la naïveté de croire que la France était une terre de liberté.</p>
<p>Dans quelques semaines, on rappellera le souvenir de la rafle du Vel d&#8217;Hiv, le 16 juillet 1942. A cette occasion, des policiers, arborant fièrement leur fourragère rouge, feront partie du spectacle…<br />
<strong>Maurice Rajsfus</p>
<p></strong><br />
<strong>Contrôle policier musclé<br />
</strong><br />
Le 3I mars, Amnesty International publiait son rapport, soulignant l&#8217;impunité dont bénéficient certains policiers mis en cause pour leur violence. Ce même jour, à Saint-Germain-en-Laye (78), un cow-boy fait montre de son talent en maltraitant une mère de famille aisée, venue faire ses courses en voiture, mais ayant oublié ses papiers chez elle. Cette femme a beau dire que sa fille présente à ses côtés va aller chercher son permis de conduire, rien n&#8217;y fait. Le policier tient son délit, et en fait part à son collègue : &laquo;&nbsp;On tient le délit et le casier judiciaire !&nbsp;&raquo; Entre temps, cette femme, qui proteste contre les mauvaises manières policières, est immobilisée sur le capot de la voiture par une clef au bras énergique. Selon le policier, cette dame l&#8217;aurait traité de &laquo;&nbsp;connard !&nbsp;&raquo;, ce qu&#8217;elle nie (dans son activité professionnelle, elle est conseillère principale d&#8217;éducation). Menottée, elle est conduite au commissariat où elle est malmenée puisqu’elle se révolte, mais se réveille aux urgences, à l&#8217;hôpital de Poissy. Cette personne respectable, une fois de retour au commissariat est placée en cellule de garde à vue, après la fouille de rigueur. Elle attendra une douzaine d&#8217;heures avant de pouvoir se rendre aux toilettes. Elle sera relâchée le 1er avril, vers 17 H, lestée d&#8217;une convocation au tribunal de Versailles, et un oedème au bras droit. Le lendemain, elle portera plainte auprès de l&#8217;IGPN. (Source, <em>Libération</em>, 25 avril 2009)</p>
<p><strong>Les policiers détestent-ils les jeunes ?<br />
</strong><br />
Le 28 avril, la CNDS (Commission nationale de déontologie de la sécurité) publiait son rapport annuel, relatant les dérives et les bavures policières. Cette année, l&#8217;accent était plus particulièrement mis sur le comportement des fonctionnaires d&#8217;autorité envers les mineurs. La CNDS devait rappeler que le &laquo;&nbsp;climat répressif&nbsp;&raquo;, à l&#8217;honneur dans les unités de police ne devait &laquo;&nbsp;en aucun cas, faire perdre de vue aux forces de sécurité qu’un mineur, même délinquant, même dangereux, reste vulnérable&nbsp;&raquo;. Par ailleurs, si les autorités ne cessent d&#8217;affirmer que nos policiers ne sont pas racistes, il n&#8217;en reste pas moins, selon le rapport de la CNDS, que &laquo;&nbsp;les jeunes sont trop souvent stigmatisés, surtout s&#8217;ils n&#8217;ont pas la peau claire&nbsp;&raquo;. Dans une cinquantaine de cas, les manquements graves soulignés par la CNDS ne peuvent qu&#8217;inquiéter : &nbsp;&raquo;interventions policières dans les établissements scolaires (un garçon de neuf ans conduit au commissariat), des violences illégitimes contre des adolescents, des fouilles à nu, sans raison, des menottages abusifs, sans oublier le comportement brutal envers les enfants de sans papiers menacés d&#8217;expulsion, etc… La CNDS insiste également sur les conditions insupportables de la garde à vue, et le fait que &laquo;&nbsp;ce sont les jeunes, interpellés le plus souvent pour des faits de faible gravité qui sont l&#8217;objet de violences&nbsp;&raquo;. Pour une fois, les syndicats de policiers n&#8217;ont pas réagi. (Sources, <em>Libération</em> 28 avril et <em>Le Monde</em>, 29 avril 2009)</p>
<p><strong>Comptine<br />
</strong><br />
D&#8217;après une ronde enfantine jadis bien connue dans l&#8217;Est de la France mais également en Suisse romande :<br />
&laquo;&nbsp;Ah la trique<br />
Jolie trique<br />
Mon papa est policier<br />
Ma maman est en acier<br />
Mon pépé porte l&#8217;épée<br />
Ma mémé est mal léchée<br />
Fait comme le voisin<br />
Mange ton picotin.&nbsp;&raquo;<br />
Le jeu continue. Vous pouvez tous y participer. Y compris les policiers désirant s&#8217;y exercer…</p>
<p><strong>Humanisme policier<br />
</strong><br />
I1 existe bien en France un délit de solidarité amoureuse, menaçant les couples franco-étrangers. C&#8217;est une retombée des lois Horteteux de 2007.<br />
&laquo;&nbsp;Cécile et Roger (Sénégalais) vivent en concubinage depuis trois ans. Le couple, alors qu&#8217;il se rend en visite chez des parents, est interpellé. Tous deux sont placés en garde-à-vue. Cécile est entièrement déshabillée. La policière qui la fouille lui demande de se mettre à quatre pattes, et de tousser. Ensuite, rhabillée, elle est menottée pour être interrogée par un officier de police. Elle est finalement libérée, mais fait l&#8217;objet d&#8217;un rappel à la loi pour avoir aidé Roger à se maintenir illégalement en France&nbsp;&raquo;. (Source, <em>Libération</em>, 27 avril 2009)</p>
<p><strong>La police rend sourd<br />
</strong></p>
<p>D&#8217;après un courrier significatif d&#8217;un lecteur de <em>Siné-Hebdo</em> : &laquo;&nbsp;Le 27 février, je me trouve dans une rue de Rennes, avec un grand nombre de jeunes, et nous chantons, certes un peu fort. Une patrouille de police arrive, et se montre d&#8217;emblée très provocatrice, nous tutoyant, et nous poussant violemment&#8230; Je me fais embarquer. Arrivé au commissariat, on me fait entrer dans une cellule et me déshabiller. Me voila en caleçon, avec trois représentants des forces de l’ordre qui ne cessent de me manquer de respect. Je demande, une fois de plus, à être vouvoyé, et je me prend une droite qui me met KO. Mon tympan vient d&#8217;être percé, ils me laissent à terre. Plus tard, un agent entre dans la cellule et me dit : &laquo;&nbsp;Regarde comment je vais te réveiller&nbsp;&raquo;, me prend et me relève par la gorge. Je me sens humilié, impuissant. J&#8217;apprends que je suis retenu pour &laquo;&nbsp;ivresse publique&nbsp;&raquo;, et demande à souffler dans le ballon. En vain. Au matin, je demande à porter plainte pour coups et blessures. On me fait attendre longuement, en multipliant les intimidations d&#8217;agents qui me suggèrent d&#8217;y renoncer, en me disant : &laquo;&nbsp;Vous savez, on fait un métier difficile&nbsp;&raquo;.<br />
De cette affaire, mon avocat m&#8217;a dit une chose qui m&#8217;a révolté : &laquo;&nbsp;Si après m&#8217;avoir frappé le policier avait vu que je saignais, il aurait déposé plainte pour outrage à agent et rébellion, pour se dédouaner&nbsp;&raquo;. (Source, <em>Siné-Hebdo</em>, 29 avril 2009)	</p>
<p><strong>Lyon II, c&#8217;est la guerre !<br />
</strong><br />
Comme de nombreuses université, Lyon II est resté bloqué durant plusieurs semaines. le 27 avril, le président ayant décidé d&#8217;en finir, les vigiles aspergeaient de gaz lacrymogène les étudiants réunis en AG. Dans la soirée, à la sortie, une souricière montée par	 les policiers orientait les étudiants vers une rue étroite, dressant aussitôt un barrage devant eux. La patronne d&#8217;un restaurant témoigne : &laquo;&nbsp;Quand les étudiants sont arrivés, un deuxième barrage s&#8217;est refermé derrière, juste devant mon resto. On a vu des policiers sortir des fourgons avec des chiens, des matraques et des bombes lacrymogènes. Ils ont foncé dans le tas. Moi, je ne suis pas pour les manifestations mais là, ils n&#8217;avaient rien fait. C&#8217;était révoltant à voir !&nbsp;&raquo; (Source, <em>Libération</em> 2 mai 2009)</p>
<p><strong>Bébé en rétention<br />
</strong><br />
Le 29 avril, à Nîmes, un couple russo-azerbaïjanais, et leur bébé, âgé de quatre mois, était placé en centre de rétention. Comment ne pas noter que nos policiers républicains, chargés de cette mission, avaient répondu présents à l&#8217;appel. Le 30 avril, le juge des libertés avait pourtant considéré que le placement en rétention d&#8217;un bébé était &laquo;&nbsp;incompatible avec la Convention des droits de l&#8217;homme et la Convention des droits de l&#8217;enfant.&nbsp;&raquo; Il n&#8217;en reste pas moins que le procureur faisait immédiatement appel d&#8217;une décision de remise en liberté. (Source, <em>Libération,</em> 2 mai 2009)</p>
<p><strong>Toujours Tarnac !<br />
</strong><br />
Le 28 avril, à Paris, un juge antiterroriste ordonnait le placement en garde-à-vue d&#8217;une jeune femme, membre d&#8217;un Comité de soutien au groupe des neuf de Tarnac. Sa garde-à-vue sera prolongée à deux reprises, en vertu des dispositions des lois antiterroristes. Le 1er mai, après 72 heures d&#8217;interrogatoire, la jeune femme ressortait libre des bureaux de la PJ. L’arrestation de cette photographe avait été réalisé à l&#8217;identique de l&#8217;opération de Tarnac, avec les méthodes de l&#8217;antiterrorisme. Le passager de la voiture raconte : &laquo;&nbsp;&#8230;La fenêtre est ouverte, et je vois un gros calibre s&#8217;approcher tout près de mon visage.&nbsp;&raquo; Sur son blog, il précise les ordres éructés par les policiers encagoulés : &laquo;&nbsp;Les mains sur le tableau de bord&#8230; On ne bouge plus&#8230; Sors de là&#8230; Les mains sur la voiture, etc…&nbsp;&raquo; Suivent palpations et menottage de la conductrice qui est aussitôt conduite dans le fourgon. Les bonne manières policières sont toujours aussi conviviales, avec ou sans raison. (Source, <em>Libération</em>, 2 mai 2009)</p>
<p><strong>BAC contre PAF<br />
</strong><br />
Le 30 avril, à Pierrefitte (93), un policier qui n&#8217;était pas de service, se tuait à moto. L&#8217;homme, membre de la police aux frontières (PAF) venait de commettre plusieurs infractions au Code de la route et refusait d’obtempérer aux injonctions des policiers de la PAC qui le pourchassaient. Selon les premiers éléments de l&#8217;enquête conduite par l&#8217;IGS, le fuyard avait brûlé deux feux rouges, avant d&#8217;être percuté par un automobiliste. Pour les policiers de la BAC, rien ne pouvait laisser supposer qu&#8217;il s&#8217;agissait d&#8217;un &laquo;&nbsp;collègue&nbsp;&raquo;. Une hypothèse, selon laquelle le policier de la PAF sortait d&#8217;une soirée arrosée &laquo;&nbsp;avec d&#8217;autres collègues&nbsp;&raquo;, a été avancée mais il ne s&#8217;agirait que d&#8217;une &laquo;&nbsp;piste parmi d&#8217;autres.&nbsp;&raquo; Lesquelles ? (Source, <em>20 Minutes</em>, 4 mai 2009)	</p>
<p><strong>CRS contre mâtons<br />
</strong><br />
Le 4 mai, les syndicats de gardiens de prison, privés du droit de grève, avaient décidé de bloquer l&#8217;entrée et la sortie de leur lieu de travail. Ce qui ne pouvait qu&#8217;enrayer la machine judiciaire. L&#8217;intervention des CRS devait être brutale. Sur tous les écrans de télévision, il était possible de voir, en gros plan, les CRS gazant à bout portant les gardiens qui manifestaient, devant la prison de Fleury-Mérogis, pour protester contre leurs conditions de travail. I1 en allait de même devant les établissements pénitentiaires de Gradignan, Lille, Perpignan, Marseille, Strasbourg, etc&#8230; (Source Canal +, France 2 et France 3, avec images très significatives, 4 mai 2009)</p>
<p><strong>Bandes et cagoules</p>
<p></strong>Le 4 mai, le député-maire UMP de Nice, Christian Estrosi, déposait sa proposition de loi visant à réprimer la « participation à une bande violente », et les violences avec port de la cagoule. L’infraction de participation à une bande serait passible de trois ans de prison et d’une amende de 45.000 euros. (Source, <em>Métro</em>, 5 mai 2009)</p>
<p><strong>Policier gros menteur<br />
</strong><br />
Le 17 novembre 2007, vers 2 heures du matin, un cycliste qui roule lentement, mais à contre-sens, rue de Lappe, dans le IIè arrondissement  de Paris, a le mauvais goût de demander un renseignement à un policier. Lequel lui inflige immédiatement une amende pour avoir emprunté un sens interdit. Le ton monte. Les insultes fusent, et le cycliste est placé en garde à vue. Libéra, il dépose une plainte pour « faux », « mensonges » et violences, contre le policier. Le plaignant était sûr de lui. Et pour cause : il avait pris soin d’enregistrer l’altercation à l’aide de son téléphone portable. Ce policier, qui avait relaté l’incident de façon mensongère a quand même été condamné à trois mois de prison avec sursis, et un mois d’interdiction d’exercer. Pour les magistrats, c’est « le manque de sang-froid » de l’un des policiers qui avait été au départ de l’enchaînement des faits. (Source, <em>20 Minutes</em>, 6 mai 2009)</p>
<p><strong>Méthodes expéditives<br />
</strong><br />
Dans la matinée du 5 mai, dans le 11è arrondissement de Paris, plusieurs dizaines de policiers délogent de façon musclée les occupants d’un immeuble squatté depuis le 1er janvier. L’un d’eux témoigne : « J’étais en slip. Je n’ai même pas pu me laver. » Un autre, réalisateur de court-métrages, déplore : « Tout mon matériel vidéo a été saisi. Ils ne m’ont même pas laissé prendre une valise. » Une vingtaine de personnes avaient installé leur atelier d’art plastique dans ce lieu. (Source, <em>20 Minutes</em>, 6 mai 2009)</p>
<p><strong>« Chauffeurs » de manifs…<br />
</strong><br />
La provocation policière est une pratique aussi ancienne que l’institution elle-même. Parmi les exemples les plus connus, citons ce 14 juillet 1968, quand quelques policiers en civil entonnaient L’Internationale devant la fontaine Saint-Michel, à Paris ; un fourgon de police arrivant rapidement sur les lieux pour embarquer les choristes improvisés, mais pas les chefs de chœur qui s’étaient déjà éclipsés. Comment oublier la manifestation des sidérurgistes du 23 mars 1979, à Paris. Dans la soirée, sur les grands boulevards, des membres du service d’ordre de la CGT avaient mis la main sur un homme qui lançait des pierres sur les CRS. Il ne s’agissait pas d’un « casseur » mais bien d’un policier – la préfecture de police expliquant  qu’il est « constant de mêler des policiers en civil aux manifestants pour appréhender les auteurs de délits. »<br />
Il semble que ces mauvaises manières soient toujours de saison. Ainsi, lors du défilé parisien du 1er mai dernier, une demie douzaine de crânes rasés, encapuchonnés, bardés d’autocollants « Casse-toi pov’con ! », invectivait les gendarmes mobiles sur la place de la Bastille, lieu de la dispersion. Les projectiles ne tardaient pas à voler et les gendarmes allaient embarquer tout le groupe pris dans la souricière, sauf la petite équipe de provocateurs, tous policiers. Une heure plus tôt ; ces « chauffeurs de manifs » avaient été photographiés, sortant duex par deux des fourgons de police stationnés non loin, sur le boulevard Richard-Lenoir. Ces faux manifestants faisaient partie d’une « compagnie de sécurisation », créée en 2005 par le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy. (D’après <em>Le Canard Enchaîné</em>, 6 mai 2009)</p>
<p><strong>Grande armada<br />
</strong><br />
Le 5 mai, près de Montevrain (77), les policiers du commissariat local, assistés de 150 CRS, intervenaient entre 7 heures et 13 heures pour évacuer 200 caravanes de « gens du voyage ».  Pour « impératif de sécurité publique devaient expliquer les autorités policières. Escortés par les forces de l’ordre, les nomades étaient dispersés au long de l’autoroute A 4. (Source, <em>Le Parisien</em>, 6 mai 2009)</p>
<p><strong>Petits menteurs<br />
</strong><br />
Le 4 mai, le tribunal correctionnel de Strasbourg devait constater la nullité des poursuites engagées à l’encontre de trois jeunes, interpellés la veille de la manifestation anti-Otan du 4 avril. Des policiers avaient affirmé que ces garçons étaient en possession de « substances incendiaires ». Certains policiers ne sont pas à un mensonge près pour étoffer leur tableau de chasse. Ceux-là seront-ils sanctionnés ? (D’après <em>Libération</em>, 6 mai 2009)</p>
<p><strong>Utilisation illégale du flash-ball<br />
</strong><br />
Le 1er mai, à Neuilly-sur-Marne (93) un jeune Français prénommé Samir, âgé de 18 ans, était hospitalisé. Il venait d’être atteint à la tête par un tir policer de flash-ball. Il est pourtant rappelé que les policiers se doivent, selon les règles d’utilisation, de ne viser la tête en aucun cas. Pourtant, déjà, le 19 mars, lors d’une manifestation, à Toulouse, un étudiant de 25 ans, touché par un tir de flash-ball, avait perdu un  œil.<br />
Que s’est-il passé ce 1er mai ? Au cours de la soirée, des jeunes jouent et courent dans la cité des Fauvettes, à Neuilly-sur-Marne, et la police intervient. Le tir n’est pas contesté mais le tribunal de grande instance de Bobigny, qui avait ouvert une enquête, n’a pas jugé nécessaire de saisir l’IGS. Samir, qui souffre constamment d’étourdissements et de nausées depuis cet « incident », dit ne pas comprendre pourquoi il a été visé par un homme identifié comme un policier de la brigade canine de la BAC, circulant à bord d’un véhicule banalisé.<br />
Elève dans une école hôtelière, Samir s’écroule après avoir été touché, mais reste conscient. Il raconte la suite : « Ils m’on mis à plat vente, menotté et embarqué. Dans la voiture je leur ai demandé pourquoi ils m’avaient visé. Ils m’ont répondu que c’était de la légitime défense. »  Dans la voiture, Samir est fouillé, puis menotté attaché à un banc. Comme il ne cesse de vomir, les policiers finissent par appeler les pompiers. La version des policiers est différente. Ils expliquent qu’ils ont appelé la BAC en renfort car ils étaient inquiets de voir autant de jeunes dans la rue. Dans leur rapport, ils évoquent un possible guet-apens, reconnaissant avoir utilisé des flash-ball et des grenades de désencerclement, avant d’affirmer avoir été « caillassés » par des pierres de « dix centimètres de diamètre ». Il n’en reste pas moins, selon  les jeunes du quartier, que les jets de pierre n’ont eu lieu qu’après l’arrestation de Samir, et non avant. Le maire de Neuilly-sur-Marne craignait que la situation dégénère, comme à Clichy-sous-Bois, à l’automne 2005. Il y a juste eu quelques incendies de poubelles. (Source, <em>Le Monde</em>, 7 mai 2009)</p>
<p><strong>A la casse !<br />
</strong><br />
En mars 2008, alors chef adjoint au commissariat de Coulommiers (77), un commandant de police était mis à la retraite d’office pour avoir critiqué son administration. Ce gradé avait appelé l’attention du ministère de l’Intérieur sur les dysfonctionnements du fichier STIC (Système de traitement des infractions constatées). Le 5 mai 2009, le tribunal administratif de Melun suspendait cette décision, infligeant un camouflet à Michèle Alliot-Marie. Il s’agit de Philippe Pichon, auteur de Journal d’un flic. (Source, <em>Le Monde</em> et <em>Libération,</em> 7 mai 2009)</p>
<p><strong>Agents électoraux en casquette<br />
</strong><br />
Il y a de bons citoyens, experts en bourrage d’urnes, lors des consultations électorales. A Carcassonne, durant les élections municipales du printemps 2008, quelques policiers ont participé à la modification des résultats, non pas en bourrant les urnes mais en trafiquant les procurations. Il se trouve que le maire sortant a été réélu avec seulement 56 voix d’avance, alors que ces braves policiers s’étaient appliqués à « bricoler » 76 procurations vierges. Ces procurations litigieuses avaient quitté le commissariat pour la permanence UMP où de bons militants les remplissaient, avant qu’elles soient validées par les policiers. Grâce à cette innocente manip’, le maire UMP de Carcassonne est toujours en place, au service de ses administrés. (D’après <em>Le Canard Enchaîné</em>, 6 mai 2009)</p>
<p><strong>Toujours le flash-ball<br />
</strong><br />
Un tir de flash-ball, bien ajusté, pour un simple stationnement en double-file, c’est l’exploit d’un policier d’Argenteuil (95), le 15 avril. Ce tir, effectué de près, devait arriver en plein ventre d’un automobiliste qui avait redémarré pour éviter un contrôle de police. Ce dérapage policier n’a été connu que parce qu’il a été intégralement filmé par un témoin. Il est donc difficile de le nier et moins encore de l’expliquer. Le commissaire de police d’Argenteuil et le préfet du Val d’Oise n’ont pas souhaité s’exprimer. (Source, <em>Canal +</em>, avec images particulièrement significatives, 7 mai 2009)</p>
<p><strong>Banlieue frondeuse<br />
</strong><br />
Le 9 mai, à Villiers-le-Bel (95), ville de la banlieue nord où la police s’est fréquemment illustrée, une trentaine de CRS ont été pris à partie par des dizaines de jeunes qui leur ont lancé des pierres et des bouteilles. D’autres policiers étant encerclés par une centaine de jeunes qui leur lançaient des pavés. (Source, <em>Direct Matin</em>, 11 mai 2009)</p>
<p><strong>Haine policière<br />
</strong><br />
L’Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers (ANAFE), dans son rapport pour l’année 2008, dénonce, une fois de plus, « l’inhumanité » du traitement des sans papiers dans la zone d’attente de l’aéroport de Roissy. Dans ce rapport, l’accent est mis sur les violences policières, habituelles dans ce lieu de non-droit. (Source, <em>Libération</em>, 11 mai 2009)</p>
<p><strong>Encore Tarnac<br />
</strong><br />
Retour sur l’interpellation de la photographe, membre d’un comité de soutien aux « Neuf de Tarnac », le 28 avril. La jeune femme, qui était à bord de sa voiture, raconte : « … Alors que je ralentissais, je me suis retrouvée avec un pistolet sur la tempe, tandis que deux autres me braquaient de face. J’ai cru à un <em>carjacking</em> (les policiers hurlaient) terroristes ! Terroristes ! » Menottée, elle est emmenée à son domicile où les policiers saisissent deux ordinateurs et des exemplaires du livre collectif, l’Insurrection qui vient. Retour à la voiture de la photographe, où les policiers, qui s’avèrent appartenir à la SDAT (police antiterroriste) saisissent également quelques centaines d’exemplaires de ce même ouvrage, dans le coffre, livre nullement interdit ! Commentaire de la supposée terroriste : « Ils ont dit, bingo ! Comme s’ils avaient découvert une cache d’armes. » Au bout de 48 heures, lorsqu’elle est présentée à un juge d’instruction pour prolonger sa garde à vue, celui-ci ne peut que lui dire : « Ce n’est pas ma faute, mais vous allez trinquer pour les autres. » (Source, <em>Le Monde</em>, 12 mai 2009)</p>
<p><strong>Rigolo…<br />
</strong><br />
Le  12 mai, dans la soirée, le préfet de l’Essonne, et le député socialiste Manuel Vals, invitaient le bon peuple à une rencontre à l’hôtel de ville d’Evry, avec des représentants des forces de l’ordre. Ce rendez-vous était inscrit dans le cadre des forums : « Vos libertés, votre sécurité, parlons-en ensemble ! » Manifestations organisées par le ministère de l’Intérieur. (Source, <em>Métro</em>, 12 mai 2009)</p>
<p><strong>Mobilisation générale<br />
</strong><br />
Le 12 mai, Nicolas Sarkozy était présent à Nancy pour s’adresser aux membres du corps hospitalier. Dans les rues avoisinantes du lieu de son intervention, les forces de l’ordre étaient nombreuses : un policer tous les cinq mètres. (Source, <em>France 2</em>, avec images très parlantes, 12 mai 2009)</p>
<p><strong>Bavure ordinaire<br />
</strong><br />
Le 9 mai, des policiers intervenaient à la cité de la Cerisaie, à Villiers-le-Bel (voir plus haut). Les habitants de ce quartier sont la cible et les policiers tirent au flash-ball, à bout portant, au milieu d’un petit groupe réuni autour d’un barbecue, tout en lançant des grenades de gaz lacrymogène. Motif : une patrouille avait été agressée mais c’était dans une autre cité. Bilan : deux blessés graves, dont l’un a perdu un œil. L’IGPN, qui a été saisie par le parquet de Versailles, fait savoir que cinq policiers avaient été légèrement blessés. (Source, <em>Métro</em>, 13 mai 2009)</p>
<p><strong>Suicide<br />
</strong><br />
Dans la nuit du 11 au 12 mai, un gendarme, en poste à Oloron Sainte-Marie (Pyrénées Atlantiques), s’est suicidé dans l’appartement qu’il occupait dans sa caserne. « Affaire strictement privée », a tenu à préciser la gendarmerie. (Source, <em>Métro</em>, 13 mai 2009)</p>
<p><strong>CRS contre Tamouls<br />
</strong><br />
Depuis le 27 avril, des Tamouls, exilés en France, campaient dans un square de la place de la République, à Paris. Leur but: alerter l’opinion publique sur les massacres qui frappent les populations civiles tamoules, au Sri-Lanka. Dans la matinée du 13 mai, plusieurs équipes de CRS intervenaient brutalement pour déloger ces parias. (Source, <em>20 Minutes</em>, 14 mai 2009)</p>
<p><strong>Inflation délinquante…<br />
</strong><br />
La politique du chiffre joue un rôle éminent dans la politique sécuritaire du pouvoir sarkozyste. Avec pour chef d’orchestre l’incontournable Alain Bauer, président de l’Observatoire de la délinquance. (C’est ce même Alain Bauer qui préside le groupe fichiers au ministère de l’Intérieur) Comme il faut impressionner la France profonde et persuader les masses laborieuses de la nécessité d’une répression intensive, les chiffres publiés par l’Observatoire de la délinquance sont chaque année plus impressionnants. Ainsi, en 2008, 1,2 millions de personnes ont été mises en cause pour des crimes et délits, contre 960 000 en 2002. (Il convient de préciser que les fumeurs de shit et les sans-papiers, interpellés, permettent de gonfler les statistiques). Par ailleurs, le nombre de gardés à vue est passé de 426 671,  en  2003, à 577816, en 2008, soit 35,42 % de hausse de mis en cause. Il est à noter, malgré tout, que les violences conjugales étant devenues un délit, en 2006, cela n’a pu que gonfler les statistiques policières. (D’après <em>Libération</em>, 14 mai 2009) </p>
<p><strong>Policiers pressés<br />
</strong><br />
Paris, 14 mai. A l’angle de la rue de Rivoli et de la rue des Pyramides, vers 13 heures, un fourgon de police, dont les occupants n’étaient pas en intervention, rate son virage et percute un camion-nacelle à l’arrêt. L’ouvrier, présent sur la nacelle, est « sérieusement secoué », tandis que les six fonctionnaires qui se trouvaient à bord du fourgon, sont légèrement blessés. Immédiatement, la préfecture de police faisait savoir que le dépistage d’alcoolémie du conducteur s’était révélé négatif. Il est possible que l’excès de vitesse du véhicule de police puisse être expliqué par un impératif : que les pizzas arrivent chaudes au commissariat… (D’après <em>Le Parisien</em>, 15 mai 2009)</p>
<p><strong>PACS répressif<br />
</strong><br />
Il semble que les policiers en tenue du syndicat Alliance veuillent se « rapprocher » des gendarmes pour la « mise en commun » des moyens de ces deux institutions. Pour ce syndicat, l’unification décrétée le 1er janvier 2009 ne suffit pas. Il faut formaliser ce rapprochement, pour plus d’efficacité, avec un commandement unique. (Source, <em>Le Parisien</em>, 15 mai 2009)</p>
<p><strong>STIC en stock<br />
</strong><br />
Pas content le président de la CNIL, Alex Türk, pourtant élu UMP. Cet humaniste de répertoire s’inquiète car les procureurs n’assurent pas leurs obligations de sortir du STIC – Système de traitement des infractions constatées – (5 millions de mis en cause et 28 millions de victimes et témoins), les personnes dont l’affaire a fait l’objet d’un classement sans suite, d’un non-lieu ou d’une relaxe. (D’après <em>Le Monde</em>, 15 mai 2009)</p>
<p><strong>Tapage « diurne »…<br />
</strong><br />
Le 27 février 2008, à Marseille, un enseignant de 47 ans, qui assiste à un contrôle musclé à son gré, dans le hall de la gare Saint-Charles, exprime son indignation, et crie à deux reprises : « Sarkozy, je te vois ! » Les policiers estiment que ce citoyen a, par ses cris, porté atteinte à la tranquillité publique, et lui dressent un PV. Surprise, début avril 2009, l’enseignant est cité à comparaître, le 18 mai, pour « tapage diurne injurieux », délit passible d’amende. Comme il était 18 heures, ce 27 février 2008, l’avocat de ce « trublion » ne s’interdit pas de demander une reconstitution <em>in-situ</em>, afin de mesurer le niveau de décibels dans une gare en pleine heure de pointe. (Source, <em>20 Minutes</em>, 15 mai 2009)</p>
<p><strong>Ca se dégrade !<br />
</strong><br />
Le 14 mai, la Commission « Citoyens, justice, police », qui regroupe la Ligue des droits de l’homme, le Syndicats des avocats de France et le Syndicat de la magistrature, présentait son rapport annuel sur les liens entre police et population. Ce document pointe une « dégradation des rapports », tout en soulignant  « la disproportion entre les moyens nécessaires pour réaliser une interpellation, et ceux qui sont réellement déployés, rendent ces opérations dangereuses et traumatisantes. » Réflexion intéressante à laquelle le ministère de l’Intérieur et les syndicats de policier pourraient utilement réfléchir. (D’après <em>Métro</em>, 15 mai 2009)</p>
<p><strong>N’oubliez pas<br />
</strong><br />
Pour nous communiquer toutes informations utiles et coupures de presse relatives aux dérives et bavures policières, une seule adresse : Observatoire des libertés publiques, C/O NSP, 20 rue Courat, 75020 Paris.</p>
<p><strong>Petite chronique du flash-ball<br />
</strong><br />
L’affaire est suffisamment préoccupante pour que le très légaliste Figaro s’en mêle. On s’est enfin aperçu que les blessures au visage provoquées par les lanceurs de balles en caoutchouc ne font que se multiplier. Il paraît que l’IGPN instruit plusieurs affaires de ce genre. Alors qu’il est interdit d’utiliser cette arme, dite non-létale, à tir tendu, et surtout pas en direction du visage, à moins de sept mètres, et en aucun cas à bout portant, il est évident qu’un certain nombre de cow-boys n’hésitent pas à se mettre hors-la-loi, en toute impunité. Ces derniers mois, les « incidents » de ce genre se sont multipliés : le 19 mars à Toulouse, le 30 mars à Ajaccio, le 1er mai à Neuilly-sur-Marne et le 9 mai à Villiers-le-Bel. Dans plusieurs cas, les victimes ont perdu un œil.<br />
L’engin mis en cause n’est autre que la dernière version du flash-ball, le « lanceur 40 », dernier cri de cette arme qui, théoriquement, peut blesser mais ne tue pas. Le ministère de l’Intérieur a tenu à donner cette précision : « On ne parle plus d’arme non-létale mais de moyen de force intermédiaire. » LE Lanceur 4-46, ou LBD (Lanceur de balles de défense) a été récemment commandé à 2 500 exemplaires par le ministère de l’Intérieur pour « équiper les services confrontés aux violences urbaines. » Avantage essentiel de ce nouveau modèle,, il peut lancer des projectiles à plus de 40 mètres au lieu de 15 mètres auparavant. Cela avec suffisamment de puissance pour mettre KO la cible visée. (D’après <em>Le Figaro</em>, 15 mai 2009)</p>
<p><strong>A poil, les gaziers !<br />
</strong><br />
Après des semaines de grève et des coupures intempestives de gaz par certains salariés de GrDF (Société de distribution de GDF-Suez), sans volonté de négocier de la part de la direction, des agents de cette entreprise envahissaient les locaux, rue de Courcelles et rue de Vienne, à Paris, dans l’après-midi du 14 mai. La police ne tardait pas à intervenir, interpellant une centaine de manifestants et plaçant 74 d’entre eux en garde à vue, durant plusieurs heures, alors qu’ils s’apprêtaient à tenir une assemblée générale. Certes, les salariés en colère avaient sans doute bousculé l’ordonnancement de quelques bureaux mais le comportement était sans commune mesure. Interviewé sur plusieurs chaînes de télévision, l’un des responsables syndicaux devait relater les conditions de leur garde-à-vue. Menottés, puis mis à nu, au commissariat, avec fouille au corps, comme pour des trafiquants de drogue. Belle performance policière ! (D’après <em>Le Figaro</em> et <em>France 2</em>, 15 mai 2009)</p>
<p><strong>Dans la marge, les SDF<br />
</strong><br />
Au cours de l’après-midi du 15 mars, l’Association Don Quichotte avait installé une centaine de tentes sur le quai des Tuileries, à Paris. Vers 23 heures, les forces de l’ordre intervenaient et arrachaient les abris de fortune, confisquant même les duvets de certains sans logis. Force devait rester à la loi ! (Source, <em>France Inter</em>, 16 mai 2009)</p>
<p><strong>Qui veut la guerre civile ?<br />
</strong><br />
Dans la nuit du 16 au 17 mai 2009, à La Courneuve (93), un fourgon de police a essuyé des coups de feu, suite à l’interpellation de trois « petits caïds ». Qui ne pourrait être inquiet ? Pourtant, certains ne cherchent qu’à attiser les braises qui couvent dans les banlieues. « Des armes de guerre ont été utilisées, n’ont cessé de marteler les médias. Les uns parlent de pistolet-mitrailleur, d’autres précisent qu’il s’agit d’une Kalachnikov, ou même d’une « arme lourde ». Qu’en est-il ? Une certitude : la colère des jeunes envers les forces de l’ordre ne cesse de monter. Cela fait au moins vingt ans que certains policiers sèment la haine dans les banlieues « sensibles ». La méthode n’a jamais varié : contrôles d’identité sur un même jeune plusieurs fois par jour, fouilles systématiques, injures, provocations, menaces. Ce qui ne peut que laisser des traces.<br />
Sur ce terreau, les policiers sont confortés par leur ancien ministre de l’Intérieur – devenu président – qui n’avait pas hésité à qualifier globalement les jeunes des cités de « racailles ». Plus particulièrement, à La Courneuve, c’était la volonté affirmée de passer un quartier au Kärcher. La situation actuelle, née aussi bien de la marginalisation, de la ghettoïsation, du chômage et trop souvent du racisme policier, est tout à fait préoccupante. Elle témoigne de la volonté des autorités policières de créer un climat d’insécurité permettant de donner de plus en plus de pouvoir aux compagnies de sécurisation chargées de pourchasser « l’ennemi intérieur ». Ce qui permet de faire diversion face aux vrais problèmes, en période de crise économique et sociale.<br />
Depuis le 17 mai, des renforts de police ont été envoyés à La Courneuve. Comme nous approchons des élections européennes du 7 juin, il y a, sous-jacente, la volonté évidente de faire peur à la France profonde. Sans doute pour inciter au bon choix au moment de glisser le bulletin dans l’urne… (Communiqué de <strong>l’Observatoire des libertés publiques</strong>, 18 mai 2009)</p>
<p><strong>Paranoïa Tarnac<br />
</strong><br />
Le 18 mai, sept militants, désignés comme étant d’extrême-gauche, étaient interpellés au cours d’une double opération policière : trois à Rouen et quatre à Forcalquier. Tous sont soupçonnés d’être « proches » de Julien Coupat. Il est reproché à certains d’entre eux d’avoir distribué des tracts et diffusé des mails contestant la politique antiterroriste. (Source, <em>Métro</em>, 19 mai 2009)</p>
<p><strong>Convivialité policière<br />
</strong><br />
Cela se passe à la police municipale de Cannes. Deux « municipaux » paisiblement homosexuels, ont porté plainte pour homophobie contre deux de leurs collègues. Ils dénoncent un « harcèlement moral » subi dès l’instant où leur homosexualité a été connue. L’un d’eux raconte : « Certains agents refusent de travailler avec moi, de me parler ou de serrer la main. » Avec cette intéressante précision : il avait trouvé un jour, sur son casier, cette inscription, « 100% tarlouze ! » Il paraît que l’IGPN, saisie, va mener une enquête… (Source, <em>20 Minutes</em>, 19 mai 2009)</p>
<p><strong>Sarkozy, je te vois (suite)<br />
</strong><br />
Le professeur qui avait crié « Sarkozy, je te vois ! », dans le hall de la gare Saint-Charles, à Marseille, lors d’un contrôle d’identité musclé, en février 2008, était jugé le 19 mai. La justice a requis contre lui une amende de 100 euros, pour « tapage diurne ». (Source, <em>Libération</em>, 20 mai 2009)</p>
<p><strong>Policiers blessés à Juvisy<br />
</strong><br />
Les incidents entre jeunes des banlieues et policiers ne font que se multiplier. Le 17 mai, un garçon de 19 ans était arrêté à Juvisy (91), après des échauffourées opposant une vingtaine de jeunes à des policiers qui tentaient d’interpeller deux conducteurs de petites motos. L’un des deux policiers a eu le nez cassé, l’autre étant blessé à un œil. (Source, <em>Métro</em>, 20 mai 2009)</p>
<p><strong>Sécurité, quand tu nous tiens…<br />
</strong><br />
Le  19  mai, à Floirac (Gironde), deux « individus », âgés de 6 et 10 ans, étaient interpellés à la sortie de l’école par une équipe de six policiers, avant d’être placés en garde à vue durant deux heures.  Cette opération de basse police suivait la plainte d’une maman, après le vol de la bicyclette de son fils. Il y avait erreur sur les suspects, mais cet exploit policier montre les limites du tout sécuritaire. Face à la colère provoquée par cet exploit, le ministère de l’Intérieur aurait diligenté une enquête, tandis que le porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre faisait également part de son indignation. De son côté, le directeur départemental de la sécurité, droit dans ses bottes, estimait que les policiers n’avaient fait que leur devoir. (Sources, <em>France 2</em> et <em>France Info,</em> 21 et 22 mai 2009)</p>
<p><strong>La police à l’école<br />
</strong><br />
Le 21 mai, intervenant devant les délégués de la PEEP (Fédération de parents d’élèves plutôt classée à droite), le ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos, a annoncé son intention de faire fouiller les cartables à l’entrée des établissements scolaires. A cette fin, il suggérait de mettre en place une force d’agents mobiles dépendant de l’Education nationale. Les conseillers principaux d’éducation (CPE), et même les chefs d’établissements, pourraient se voir dotés du statut d’officier de police judicaire. Et pourquoi ne pas installer directement les salles de classe dans les commissariats de police ? (D’après <em>France 2</em> et <em>France Info</em>, 21 et 22 mai 2009)</p>
<p><strong>Course-poursuite à Amiens : un mort<br />
</strong><br />
Le 21 mai, à Amiens, des heurts violents ont opposé des jeunes à la police, suite à une course-poursuite entre le conducteur d’un deux-roues et des policiers municipaux. Bilan des opérations : un mort. D’où la violente réaction de jeunes. (Sources, <em>Canal +</em> et <em>France Info</em>, 22 mai 2009)</p>
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