quefaitlapolicelogo QUE FAIT LA POLICE ? – Bulletin d’information anti-autoritaire – Nouvelle série – numéro 20 – Mai 2008

Editorial

La police nous protège…

On nous dit que les policiers ont du cœur. C’est évident et, comme pour le commun des mortels, cet organe doit battre à environ 75 pulsations/minute. A l’occasion, ce rythme est susceptible de s’accélérer si le porteur d’une petite casquette est victime d’une brusque montée d’adrénaline. Pourtant, comment reprocher à un serviteur de l’ordre public de s’énerver lors d’un contrôle d’identité, s’il s’avère que « l’individu » ainsi repéré n’est pas en règle ? Pourquoi faudrait-il s’étonner, à la vue d’un policier de la BAC empoignant rudement un jeune des quartiers dits « sensibles » qui, non content de l’avoir outragé, résiste avec violence à une interpellation qui n’est en rien câline ? De même, il faudrait accepter, sans broncher, de voir des CRS en fureur disperser sans raison des citoyens qui n’ont que le tort d’assister avec un étonnement mêlé d’inquiétude à la façon dont ces gardiens de la paix règlent les problèmes de société. Soyons sérieux. Seuls les naïfs sont persuadés que les policiers ont pour fonction d’être les régulateurs de la vie de la Cité. Ces civils en uniforme sont bien plus utilisés pour la chasse aux sans papiers que pour s’inquiéter de la recrudescence de l’activité des monte-en-l’air. Dans ce contexte, ce serait au citoyen de se défendre pour les peccadilles, les policiers ayant bien d’autres tâches à assurer. Particulièrement la défense de cet espace Schengen, qui devrait rester inviolé. A cette fin, nous disposons d’une police de l’air et des frontières (PAF) -toujours aux ordres d’un ministre de l’Identité nationale- qui met en œuvre des moyens adaptés pour nous protéger de ces hordes étrangères qui ne cessent de menacer notre intégrité territoriale. Si, en haut lieu, on estime nécessaire de nous protéger, il serait indispensable de donner de plus en plus de pouvoir aux forces de l’ordre dont la fonction serait surtout de conforter ceux qui les animent. Sans que, par la suite, nous puissions avoir le front de nous plaindre des dérives de cette armée constamment en campagne, même en temps de paix.
Maurice Rajsfus

Nouvelle adresse, même préoccupation

Depuis la fin du mois d’avril, Que fait la Police ?, ainsi que l’Observatoire des libertés publiques, a changé d’adresse. Nous sommes toujours hébergés chez nos amis de NSP-Agora mais, désormais, au 9 rue Courat, 75020 Paris.

Policier tripoteur…

Le 27 février, la cour d’appel de Nancy confirmait la condamnation à 1 mois de prison avec sursis, mise à l’épreuve et 3 000 euros de dommages et intérêts d’un fonctionnaire de police quinquagénaire. Entre 1995 et 2000, ce déchet de l’humanité s’était permis de graves privautés sur une jeune fille mineure dont il avait la tutelle. A l’occasion, il se masturbait devant elle, tout en l’obligeant à regarder des films pornos. Moralité : il n’y a pas plus de détraqués sexuels dans la police que dans la moyenne de la population ! (D’après L’Est Républicain, 2 mars 2008)

Comptine

« Un deux trois, les p’tits policiers
Quatre cinq six, chassent les sans papiers
Sept huit neuf, ils attentent la prime
Dix onze douze, pourtant ils dépriment … »
D’après une comptine, aux multiples variantes, retrouvée aussi bien dans la France profonde qu’en Belgique ou au Canada.

Forte pensée

« Une brigade de CRS, lourdement armés et bottés, investit à grand bruit un champ de maïs aux OGM où agit seul, souriant, un petit homme faucheur volontaire. La troupe en action détruit plus de maïs que le petit homme ». (Dans Oeil de Fennec, petite publication de la Creuse, numéro 250)

Les suites d’une morsure

Le 26 mai 2007, un Malien, en cours d’expulsion depuis l’aéroport de Roissy, était malmené par des policiers de la PAF, à bord d’un avion en partance pour Bamako. En se débattant contre les brutalités subies, l’homme aurait mordu un policier. Lors d’un procès, en première instance, les juges avaient accordé le bénéfice de la légitime défense à cette victime, à cause du « caractère manifestement excessif de la contrainte exercée par les policiers », qui ne faisait que résister à son expulsion. D’autant plus que cet homme avait fait un malaise nécessitant son débarquement de l’avion. Le 18 mars, le policier mordu ayant fait appel, les juges lui ont donné raison, condamnant sa victime à cinq mois de prison avec sursis et 1 000 euros de dommages et intérêts. Comment ne pas noter que ce Malien, malgré tout sorti libre du tribunal, était entré légalement en France, en 1972, à l’âge de 16 ans, au titre du regroupement familial. (Source, Libération, 19 mars 2C08)

Retombées d’une descente de police

A l’aube du 17 mars, une armada de 350 policiers -dont deux compagnies de CRS- investissait la cité de la Grande-Borne, à Grigny (91). Le but : retrouver les agresseurs d’une boulangerie, le 2 mars. A cette occasion, les policiers appelés sur place avaient été victimes de tirs de carabine à plombs. Au terme de cette massive descente de police, 19 suspects -dont la moitié sera relâchée- étaient interpellés. La suite de cette opération à grand spectacle était plutôt inattendue. Le 19 mars, la mère de l’un des jeunes interpellés, interrogée sur son fils, faisant l’objet de « réflexions déplacées » de la part d’un fonctionnaire de police, le projetait contre un mur. D’où comparution immédiate devant un juge. Ainsi, avant même que le garçon ne soit jugé, sa mère était condamné à six mois de prison avec sursis. (Sources, FR 3, 17 mars et 20 Minutes, 20 mars 2008)

Linge sale

« Je vous signale le cas d’un officier de police de la brigade financière, de Grenoble, qui est empêché de travailler depuis dix ans. Il a gagné plusieurs procès contre l’administration mais cela n’a rien changé. Il a porté plainte pour harcèlement moral après avoir subi de nombreuses procédures excessives. Le tribunal a classé son affaire sans l’étudier vraiment et l’a poursuivi aussitôt au prétexte qu’il a déshonoré ses supérieurs en portant plainte. Le ministère de la Justice n’a pas répondu à la demande qu’il a faite pour rouvrir l’instruction parce qu’il continue a subir les agissements. Il a été condamné malgré plusieurs témoignages qui confirmaient ce qu’il disait ». (Courrier reçu à l’Observatoire des libertés publiques)

Commissaire aux comptes… (suite)

Le 25 mars, le commissaire de police, chef de la Brigade des fraudes aux moyens de paiement à la préfecture de police de Paris, soupçonné d’avoir monnayé à des tiers des informations puisées dans un fichier de police (STIC) a finalement été placé en détention provisoire. Sa mis en examen porte essentiellement sur « la violation du secret professionnel », ainsi que « corruption passive d’une personne dépositaire de l’autorité publique ». Façon élégante de ne pas dire qu’il s’agit d’un ripou ordinaire. En effet, si ce commissaire avait perçu « au moins 20 000 euros en liquide » (retrouvés sur son compte bancaire), les enquêteurs cherchent si des fonds plus importants auraient pu transiter par une autre voie. De plus, si ce policier est officiellement poursuivi pour avoir vendu des informations, entre janvier 2006 et juillet 2007, 1a justice subodore que ce trafic aurait pu commencer bien plus tôt. Ce qui est certain, c’est que ce commissaire aurait touché 50 euros pour chaque consultation du fichier STIC. I1 lui est également reproché d’avoir profité de réunions de service pour glaner des tuyaux sur les perquisitions et gardes à vue programmées par ses collègues. Ces renseignements étant ensuite transmis à un ancien policier de la brigade financière, devenu gérant d’une société d’intelligence économique ayant notamment le pollueur Total comme client. A suivre. (Source, Libération, 26 mars 2008)

« Le forcené est mort ! »

Le 14 août 2007, un médecin de Neuilly-sur-Seine (92) reçoit un coup de téléphone d’un commandant de police. L’information est des plus sobres : « Votre fils a pêté un plomb. Un fonctionnaire a dû faire usage de son arme. I1 est mort… » Le mort » avait 37 ans, et laissait deux enfants. La veille, cet homme, déprimé, s’était disputé violemment avec sa petite amie. Des voisins ayant cru bon appeler les forces de l’ordre pour régler ce problème domestique, les policiers arrivent en nombre, casqués et bouclier en main, pour appréhender le  »forcené », à l’aide d’un flash-ball. Pourtant, l’homme s’est déjà blessé lui-même, ce qui permet aux policiers de le suivre à la trace dans sa fuite. I1 n’en reste pas moins qu’un brigadier-chef, équipé d’un gilet pare-balle lourd, sort son arme, la tient à deux mains, et tire -accidentellement, naturellement- et blesse mortellement cet homme affolé. Circonstance aggravante pour la victime, ses derniers mots auraient été :  »Sale con de flic ! » Cet outrage étant susceptible à lui seul d’excuser le geste assassin. C’est pourtant ce que l’on peut décrire comme une réponse disproportionnée contre un homme désarmé. Un an après, le flingueur n’est toujours pas mis en cause. (Source, Libération, 26 mars 2008)

Pathétique

Orfèvre en la matière, la préfecture de police de Paris commémore, à sa manière, les journées de mai et juin 1968. En effet, son magazine, Liaisons consacre un numéro spécial à cet événement où les policiers de la capitale se sont couverts de gloire. I1 est possible d’y découvrir des documents d’archives, et des photos, ainsi que des rapports de services. Edifiant. (source, Métro, 31 mars 2008)

Aveux extorqués

Ce n’est pas nouveau. Combien d’innocents croupissent sur la paille humide des cachots de la République, suite à des aveux obtenus sous la pression de policiers ou de gendarmes, utilisant des procédés inavouables. Ces dernières années, le cas de Patrick Diels, qui devait passer dix-huit ans en prison avant d’être reconnu innocent, ne constitue pas un cas unique. En fait, peu importe la méthode mise en oeuvre, les enquêteurs ont besoin d’un coupable, et toute personne en situation de faiblesse peut devenir le « bon client ». Très récemment est ressorti le cas d’un désormais présumé innocent, qui croupit en prison depuis 2001. Accusé de deux meurtres, à Neuilly-sur-Seine, le présumé coupable de l’époque avait fini par craquer après 30 heures de garde à vue et cinq auditions successives, devant un policier certainement doté d’une force de persuasion redoutable. Par la suite, lors du procès, les juges ne devaient retenir que les aveux initiaux malgré les dénégations de l’accusé. Verdict : 18 ans de prison, et la même peine en appel. Fort heureusement, pour cette victime de l’acharnement policier, le véritable auteur de ces deux crimes s’est accusé et, de plus, son ADN a été retrouvé sur l’une des deux jeunes femmes assassinées. Question : combien de temps la justice mettra t-elle à se déjuger, et à remettre en cause le zèle d’un policier désireux de « ficeler » un dossier ? (Source, 20 Minutes, 31 mars 2008)

« Les Mercenaires de la République »

La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, du 26 août 1789, est sans ambiguïté lorsque dans son article 12 est abordé le problème d’une police qui serait au service des libertés, et non de l’oppression :
« La garantie des droits de l’homme et du citoyen nécessite une force publique. Cette force est donc instituée pour l’avantage de tous et non pour l’utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée. »
Comment ne pas constater que les grands ancêtres de la Révolution de 1789, qui servent de référence à nos élus républicains n’ont cessé d’être bafoués par ceux-là même qui s’en revendiquent. Il suffit de citer l’article 1 du préliminaire du Code de déontologie de la police, promulgué en mars 1986, pour se convaincre du peu de valeur des plus belles proclamations :
« La police nationale concourant, sur l’ensemble du territoire, à la garantie des libertés et à la défense des institutions de la République, au maintien de la paix et de l’ordre public, et à la protection des personnes et des biens. »

Pour mieux convaincre les destinataires de ce qui devrait représenter la Bible des policiers républicains, l’article 2 de ce Code précise :
« La police nationale s’acquitte de ses missions dans le respect de la Déclaration des droits de l’homme
et du citoyen, de la Constitution, des conventions internationales et des lois. »

Qu’en est-il exactement ? Il semble bien que tout comme au temps de l’occupation allemande, lors de la guerre d’Algérie ou durant les années qui allaient suivre mai 1968, 1a police a été employée à des tâches n’ayant rien de commun avec la fameuse « protection des personnes et des biens. » Et puis, au delà des missions attribuées à la police, il y a la manière et, là encore, il convient de s’interroger sur le comportement des fonctionnaires d’autorité dans l’exécution des ordres reçus. Supposés irréprochables, face à la population, nos policiers sont ainsi présentés dans l’article 7 du Code de déontologies :
« Le fonctionnaire de la police nationale est loyal envers les institutions républicaines. I1 est intègre et impartial, il ne se départit jamais de sa dignité en aucune circonstance. Placé au service du public, le fonctionnaire de police se comporte envers celui-ci d’une manière exemplaire. I1 a le respect absolu des personnes, quelle que soit leur nationalité ou leur origine, leur condition sociale ou leurs convictions politique, religieuse ou philosophique. »

Cette déclaration de principe devrait se trouver confortée par l’article 10 de ce même Code,
que chaque policier doit avoir dans une poche de sa vareuse :
« Toute personne appréhendée est placée sous la responsabilité et la protection de la police ; elle ne doit subir, de la part des fonctionnaires de police, ou de tiers, aucune violence ni aucun traitement inhumain ou dégradant… »

Quittons le domaine de cette quasi-utopie pour constater immédiatement que notre police nationale n’est plus véritablement au service du public. I1 est même possible d’affirmer que nombre de policiers se comportent bien plus en tristes justiciers qu’en gardiens de la paix -ce qui est leur titre initial. Au premier rang des victimes d’une police à qui la hiérarchie lâche la bride, on trouve, depuis une vingtaine d’années, les immigrés sans papiers, de plus en plus criminalisés, et il en va de même de leurs enfants. De la même façon, les étrangers à la peau colorée sont considérés comme autant de suspects. Comme notre police ne déteste rien tant que le désordre social, les sans logis (SDF) sont énergiquement pourchassés et, de même, les précaires qui se devraient d’être invisibles. Tous ceux-là constituant sans aucun doute un trouble à l’ordre public.

C’est ce panorama qui est déroulé au fil des pages, de façon lancinante, dans Les Mercenaires de la République*. Cette description des activités policière est évidemment en contradiction formelle avec les idéaux d’un pays qui jouit d’une constitution démocratique. Cette situation constatée nous renvoie à 1’article 12 de la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen,citée plus haut.

* Les Mercenaires de la République, de Maurice Rajsfus, Editions du Monde libertaire, 140 pages, 10 euros. (Vient de paraître)

Invasion

A l’aube du 31 mars, 200 policiers investissent une cité, dans les quartiers nord de Marseille, à la recherche des possibles meurtriers d’un garçon de 19 ans. Au-delà d’une enquête nécessaire, pourquoi une telle armada ? Pourquoi ne pas avoir mobilisé un corps d’armée avec les chars et l’aviation ? (D’après Métro, 1er avril 2008)

Moisson

Le 31 mars, l’organisation Greenpeace s’activait à déverser neuf tonnes de maïs non OGM devant le siège de l’UMP. Sur une photo, suite à l’intervention des forces de l’ordre, il est possible de voir deux policiers faisant passer un mauvais moment à un militant qui n’avait pas eu le temps de quitter les lieux. (Source, Métro, 1er avril 2008)

Petits nazillons chez les paras

L’armée professionnelle prenant très souvent le relais des forces de l’ordre (plan vigipirate, dans le métro et les gares), il convient de q’inquiéter des mauvaises habitudes ayant parfois droit de cité dans les casernes. Ainsi, une enquête de commandement a été ouverte contre trois soldats du 17è régiment de parachutistes, basé à Montauban. Ces joyeux militaires, pas nécessairement pris de boisson, se sont fait photographier, faisant le salut nazi, revêtu de leur treillis, tout en exhibant un drapeau frappé d’une croix gammée. (D’après Le Canard Enchaîné, 2 avril 2008)

Moins de policiers ?

Bonne nouvelle ou faux semblant ? Economie budgétaire oblige, il serait question de supprimer quelque 9.500 emplois dans les forces de sécurité, en trois ans. Répartition : 6.000 dans la police nationale et 3.500 dans la gendarmerie. Il y aura, tout d’abord, la fusion programmée le 1er juillet, des services des RG et de la DST, permettant de réduire une partie du personnel, au détriment des RG, semble-t-il. Ensuite, plus généralement, il serait question du non remplacement d’un départ sur deux à la retraite chez les fonctionnaires de police. Par ailleurs, une cinquantaine de brigades de gendarmerie seraient supprimées. Une certitude : bien que la police a toujours été présentée comme éminemment humaniste, il paraît que, sur les plages, les CRS pourraient être moins nombreux, dès cet été. A ce sujet, il convient de noter qu’un certain nombre de compagnies de sécurisation sont en cours de création pour « lutter contre les violences urbaines ». Alors, comme il n’est pas possible d’être au four et au moulin en même temps, les CRS cesseraient de s’impliquer dans les tâches subalternes représentées par la sécurisation des plages. (Source, Le Monde, 2 avril 2008)

Travailler plus…

Selon des estimations émanant du ministère de l’Intérieur, quelque 14 millions d’heures supplémentaires seraient dues aux gardiens de la paix et gradés (brigadiers et brigadiers chefs). Ce qui représenterait la somme de 320 millions d’euros, ou encore l’équivalent de 8.222 emplois équivalent temps plein. Selon les syndicats de policiers, les estimations varieraient plutôt entre 15 et 20 millions d’heures supplémentaires. D’où la colère des policiers de base, d’autant que ce problème aurait été réglé en partie pour les officiers. (Source, Le Monde, 2 avril 2008)

Chasse aux jeunes

Le 1er avril, le Réseau éducation sans frontière (RESF) et l’Appel contre une immigration jetable organisaient une conférence de presse pour dénoncer la chasse aux sans papiers et à leurs enfants. Il était rappelé qu’en 2007, près de 300 mineurs, y compris des nouveaux-nés, étaient passés par les centres de rétention administrative., avant leur expulsion. Dans le communiqué final, il était précisé : « Toute l’année, la préfecture, et les services de police, ont eu recours à tous les stratagèmes pour interpeller et expulser à tout va. Contrôles et nombreuses rafles au faciès, dans les transports et dans les rues, descentes de police sur les lieux de travail, dans les magasins, les écoles, les collèges et les lycées, et même dans les foyers, convocations pièges, interpellation à domicile… Tout est bon pour faire du chiffre. La politique du chiffre qui tue, qui criminalise la solidarité, qui appelle à la délation les travailleurs des services publics et sociaux… »

Police 1 – Mali 0

Le 4 avril, vers 14 heures, en gare du RER, à Joinville-le-Pont (94), des policiers de la BAC, assistent des fiers-à-bras du GPRS (Groupe de protection et de sécurité du réseau) aux sorties des portillons. Ils avisent un homme qui, après avoir validé son titre de transport, et les apercevant, marque un temps d’arrêt puis tourne les talons. Ce qui suffit à le rende suspect. Il est vrai que l’homme est noir de peau. Comme il sort de la gare, ce Malien, âgé de 29 ans, est suivi par les policiers qui le rattrapent. Prié de présenter une pièce d’identité, il montre sa carte Navigo. Comme il ne dispose que de ce document, les policiers lui demandent de les accompagner. C’est alors que cet usager du RER détale en direction du pont de Joinville, à quatre cents mètres de là, avec à sa suite les policiers à qui il vient de fausser compagnie. Arrivé sur le pont qui surplombe la Marne, il se jette à l’eau. Quand la brigade fluviale, alertée, arrive sur les lieux, l’homme a disparu dans les flots. Il sera retrouvé quinze minutes plus tard dérivant sur le fleuve. Ramené sur la berge par les pompiers, son cœur ne bat plus et il est pris en charge par le SAMU. Ranimé, il est transporté dans un état critique à l’hôpital Lariboisière où il décédera rapidement. Force est restée à la loi mais, dans la soirée du 4 avril, les policiers procédaient encore aux vérifications d’identité de la victime. Une certitude, le jeune homme était sous le coup d’un arrêté de reconduite à la frontière – d’où sa détermination à échapper aux policiers. Bien entendu, l’IGS a été saisie d’une enquête pour tout savoir sur ce sans papiers affolé par la vue des policiers. (D’après France-Info, France Inter et Le Parisien-Aujourd’hui, 5 avril 2008)

Les Lilas : révocation d’un forcené

Le 30 mars, la chaîne de télévision France 3 diffusait un reportage ancien dans l’émission strip-tease montrant l’ancien chef de la police de Yerres (91), malmenant un adolescent, tout en usant d’un langage trivial à son égard. Révoqué une première fois en septembre 2007, le policier s’était recasé au sein de la police municipale des Lilas (93). Le 2 avril, après avoir visionné ce reportage violent, le maire des Lilas, à son tour, relevait de ses fonctions ce « municipal » violent qui se prenait pour un justicier. Dans une vidéo mise en ligne sur un site Internet, la brute explique : « Quand je secoue les mômes, je ne leur mets pas de baffes, je ne les tape pas réellement… » Rien que cela. Et si d’autres maires de nos banlieues s’intéressaient de plus près aux comportements de leurs policiers municipaux, qui n’ont bien souvent que les pouvoirs qu’ils s’attribuent. (D’après Métro, 3 avril et 20 Minutes, 4 avril 2008)

Snif snif

Le 18 mars, 43 prévenus comparaissaient devant la 7è chambre correctionnelle de Marseille pour trafic de cocaïne. Parmi eux se trouvaient deux policiers, animateurs de ce réseau. Il s’agit en fait d’un ancien de la CRS 55, et d’un autre, toujours en activité, lesquels étaient associés à un truand, éliminé depuis les faits. Ce trafic de revente de cocaïne, qui s’était déroulé à Marseille et Montpellier, entre 2005 et 2006, devait être juteux puisque des « pochons » de 500 gr. et même de 800 gr. étaient régulièrement écoulés. La drogue était même placée en dépôt à l’accueil du cantonnement des CRS « où cela ne risquait rien. » A suivre, peut-être. (Source, La Marseillaise, 19 mars 2008)

Toujours le non-lieu

Lors du festival cinématographique de Cannes, en 2004, au cours d’une manifestation d’intermittents du spectacle, un policier s’était livré à des violences sur un cameraman de France 3. Le 31 mars, la cour d’appel d’Aix-en-Provence rendait un non-lieu en faveur du policier. Ce non-lieu ne faisait que confirmer une décision rendue par le parquet de Grasse, en 2006, suite à une plainte déposée contre un policier cannois, jugé pour violences « présumées » sur un manifestant lors d’un autre rassemblement d’intermittents, lequel avait été également relaxé. (Source, L’Est Républicain, 1er avril 2008)

Outrage ?

Le 2 avril, à Aix-en-Provence, un militant des droits de l’homme qui distribuait des tract appelant à la manifestation « contre une immigration jetable », le 5 avril à Marseille, était interpellé par des policiers, et placé en garde à vue pour « outrage ». Ce retraité de 74 ans sera libéré le lendemain, suite aux nombreuses réactions suscitées par son arrestation. (Source, La Marseillaise, 4 avril 2008)

Tabassage « transparent »

Le 2 avril, à Beaucaire (Gard), un jeune tarasconnais de 27 ans, dont l’épouse et leur bébé étaient assis sur la banquette arrière de leur voiture, sont invités, lors d’un contrôle de police, à se soumettre à une fouille. Il se trouve que le conducteur prénommé Aziz (ce qui doit le rende suspect) est violemment saisi aux testicules par un fonctionnaire de police ; il est ensuite frappé au visage, menotté puis encaisse un coup de pied dans le genou. Traîné au sol, il y est tabassé. Les coups vont continuer à pleuvoir, à l’abri des regards, aussi bien dans le fourgon de police qu’au commissariat où il a été conduit. A l’issue de sa garde à vue, Aziz ressort lesté d’une convocation pour « un stage de citoyenneté » pour « outrage » et rébellion ». La victime, qui a porté plainte, tient à rappeler que le médecin, appelé au commissariat, n’avait même pas daigné constater ses blessures. Il se trouve que ce dérapage policier a été filmé par des témoins et qu’il peut être consulté sur deux sites internet. Pourtant, estime le commandant de police, aux manettes ce jour-là, « tout est transparent »… (Source, La Marseillaise, 4 avril 2008).

Humanisme UMP

Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, « tout en ayant une pensée pour la famille de ce jeune », a estimé que le Malien qui s’est noyé dans la Marne, le 4 avril (voir plus haut), aurait du « se conformer au contrôle de police. » Le ministre ne manquant pas d’ajouter : « Nous sommes dans un pays où il y a un état de droit. Il y a des contrôles, et quand on est un citoyen en règle on se conforme aux contrôles de police. » Fermez le ban ! Question : ce jeune Malien était-il considéré comme un citoyen en règle par des policiers pour qui la chasse aux sans papiers est l’unique activité ? (D’après 20 Minutes, 7 avril 2008)

Expulsion violente

Dans la nuit du 5 au 6 avril, des incidents éclataient au centre de rétention de Vincennes (94). Vers 1 heure du matin, des policiers de la PAF étaient venus réveiller un Malien « retenu » pour le placer sur un vol avec pour destination Bamako. Aussitôt, plusieurs « retenus » déclanchaient une alarme, des draps étaient incendiés et des projectiles lancés en direction des policiers. Le calme ne revenant que vers 6 heures 30. (Sources, Métro et 20 Minutes, 7 avril 2008)

Un gangster dans l’antigang

Le 28 mars, un policier de l’antigang, en poste à Versailles, investi un appartement à Bois-Colombes (92), en compagnie d’un complice. Quelques jours plus tard, les deux hommes étaient arrêtés pour séquestration et vol qualifié. Le policier est soupçonné d’avoir lui-même menotté deux femmes et deux hommes qui se trouvaient dans l’appartement, et d’y avoir volé une somme de 3.200 euros. (Source, 20 Minutes, 7 avril 2008)

Pékin sur Seine

Pour protéger le passage de la flamme olympique dans les rues de la capitale, la police de la République était sur le pied de guerre. Environ 3.000 policiers avaient été mobilisés ce 7 avril. Soit 50 véhicules de police dont 35 fourgons de CRS, des policiers en rollers et à cheval, accompagné de joggers prêtés par le corps des sapeurs pompiers de Paris. Sans oublier des bateaux de la brigade fluviale et un hélicoptère. Autour de cette armada, il y avait 65 motards de la police nationale. Sur le parcours, il était évident que les policiers s’appliqueraient surtout à protéger les Chinois brandissant des drapeaux de leur pays, tandis qu’ils agressaient visiblement les porteurs de drapeaux tibétains. Depuis les trottoirs, il était possible d’entendre des slogans comme « libérez Paris ! », pendant que des policiers, déguisés en robocop, se déchaînaient avec une violence sans égale contre les contestataires pacifiques. Bien entendu, la ministre de l’Intérieur, tout en expliquant que les policiers s’étaient contentés de faire leur travail, laissait entendre que les forces de l’ordre n’avaient pas été missionnées pour arracher les drapeaux tibétains des mains des manifestant. Il y aura plusieurs dizaines d’interpellations, des menottages injustifiés en supplément à des brutalités inqualifiables. Dans la foulée, plusieurs policiers allaient s’appliquer à matraquer lourdement un cameraman de France 2. Selon des sources sérieuses, ce déploiement policier – qui n’était pas gratuit – aura coûté quelque 400.000 euros au contribuable. (Sources, images de France 2, 7 avril, Libération, Le Figaro, Le Monde, et Le Parisien, 8 avril 2008.

Les gros naïfs

Mieux vaut tard que jamais. La CNDS (Commission nationale de déontologie de la sécurité) s’émeut de la « banalisation » du menottage, des gardes à vue et des fouilles au corps. Le 8 avril, dans son rapport annuel, cette respectable institution pointe enfin les abus commis par les forces de l’ordre. Dans le même temps, la CNDS se dit préoccupée par un phénomène qui ne fait que se multiplier : les dépôts de plainte par les policiers eux-mêmes contre ceux qu’ils interpellent.
Depuis quelques années, les rapports de la CNDS étaient simplement consacrés aux bavures les plus visibles. En 2008, les membres de cette instance prennent conscience du fait que les « abus sécuritaires » doivent être « placés sous surveillance. » Une certitude : le Code de procédure pénale n’envisage jamais le menottage systématique, réservant cette pratique pour les personnes représentant un danger pour leur entourage ou pour eux-mêmes. (D’après Le Monde, 9 avril 2008)

C’est à lire

Une équipe de chercheurs vient de publier un petit ouvrage au titre significatif, La frénésie sécuritaire : retour à l’ordre et nouveau contrôle social. Les dix universitaires qui ont réfléchi sur ce sujet y dénoncent « la nouvelle culture du contrôle. » (La Découverte, 138 pages, 10 euros)

Chauffards

Le 22 février, dans la soirée, trois personnes passent en voiture à un carrefour, dans le 18è arrondissement de Paris. Elles sont percutées de plein fouet par un véhicule de police qui a brûlé un feu rouge, arrivant sur leur gauche, à 80 km/heure, sans gyrophare ni sirène. Bien évidemment, les policiers contestent cette version, expliquant qu’ils étaient sur une « intervention urgente », et que leur avertisseur fonctionnait. Manque de chance pour ces intègres serviteurs de l’ordre public, il y avait des témoins. Il n’en reste pas moins que la plainte des victimes a été classée sans suite car, selon le parquet, « l’infraction est insuffisamment caractérisée pour justifier un renvoi devant le tribunal correctionnel. » De plus, après l’accident, les policiers avaient fait passer un alcootest au conducteur victime de leur mauvaise conduite. Selon une source policière, l’IGS enquête et recherche de nouveaux témoins. (Source, Métro, 9 avril 2008)

Pandore à la main leste

Le 9 avril, an adjudant de gendarmerie en poste à Dabo (Moselle) comparaissait en correctionnelle, à Metz. Le pandore est accusé d’avoir convoqué dans sa brigade des jeunes femmes pour les harceler sexuellement. (Source, Métro, 9 avril 2008)

Spectateur

« …Je suis scandalisé par les violences policières qui ont émaillé le passage de la flamme olympique, le 7 avril. Est-il normal de frapper violemment un photographe, de renverser des handicapés, et visiblement s’en amuser ? » (lettre de lecteur dans Métro, 9 avril 2008)

Liberté de la presse

« Je voudrais que vous sachiez que lundi après-midi, au carrefour Raspail-Montparnasse, j’ai voulu brandir votre journal au passage du cortège de la flamme olympique. Les policiers en faction m’ont demandé de le ranger. » (D’un lecteur de Libération, 9 avril 2008)

Etat de siège

Paris, 10 avril. Dans l’après-midi, grande manifestation des lycéens, accompagnés de nombreux professeurs. Dès 13 heures, le Quartier Latin paraît être en état de siège. Dans le périmètre constitué par le jardin du Luxembourg, la Sorbonne et le Panthéon, il était possible de compter une centaine de fourgons de CRS et de gendarmes mobiles. Sur le boulevard Saint-Michel, vers Port-Royal, chaque entrée de rue était barrée par un cordon des forces l’ordre, casqués, bouclier et matraque en main. Le sentiment pouvait être fort que la République en danger faisait le nécessaire pour se défendre contre une horde de barbares dont l’unique revendication était de garder ses profs. De leur côté, ces derniers avaient le front de proclamer qu’ils préféraient travailler tous, plutôt que travailler plus. Insupportable pour les anges gardiens lancés par milliers dans les rues de la rive gauche de Paris, regards durs et mâchoires serrées. Il faut bien se persuader que, pour les gardiens de l’ordre public, l’ennemi n’est pas à la frontière mais surtout sur ce qu’ils considèrent comme « leur » territoire national.
L’Observatoire des libertés publiques

« Il est des nôtres… »

Il n’est pas rare que l’on écluse de nombreuses canettes de bière dans les fourgons où les policiers patientent avant d’être lâchés contre des manifestant plutôt inoffensifs. Il n’est pas davantage exclu que les libations soient nombreuses au sein même des commissariats de police. Il ne faut pas trop en faire état car cela confinerait à l’outrage. Soyons-en persuadés : le fonctionnaire de police est sobre…Sauf, lorsque, pour de multiples raisons, il s’adonne à la boisson !
En fait, le phénomène de l’abus de boisson dans les rangs de la police nationale est avéré à ce point qu’un établissement consacré aux policiers alcoolos a été créé dans les années 1950 par un syndicat de policiers (de gauche) attentif aux dérives de ses adhérents. Cet établissement est aujourd’hui géré par l’Association nationale d’action sociale des personnels de la police et du ministère de l’Intérieur. Les 56 lits que compte cette clinique sont occupés en quasi permanence par des fonctionnaires qui « craquent dans un contexte professionnel tendu. » La directrice des lieux note qu’en 2007 il y a eu 20.400 nuitées et que, comme il n’est pas possible d’accéder à toutes les demandes, elle étudie actuellement « la possibilité d’augmenter la capacité d’accueil. »
L’un des policiers de cet hôpital particulier explique : « Avec mes amis et collègues, j’ai multiplié les apéros. On buvait beaucoup, mon comportement a évolué. Mais je ne me suis pas fait tout de suite à l’idée que j’étais alcoolique…Tout a basculé le jour où la culture du résultat a été instituée… » Dès lors, la bavure n’est pas loin ! (D’après Libération, 11 avril 2008)

Brute de décoffrage

Un manifestant pacifique, lors de la traversée de Paris par la flamme olympique, témoigne de son étonnement : « …Des nuées de CRS nous sautent dessus. J’ai à peine le temps de sortir de ma poche mon drapeau tibétain que trois fonctionnaires me plaquent au sol. Alors que je dis au CRS : « Arrêtez, je suis non-violent », il me répond : « Moi aussi », avant de m’envoyer un coup de pied dans les côtes et un autre dans le genou. Clef au bras, menottage, les flics sont très nerveux : « Allez, on dégage tout, on se dépêche ! » hurle le grand stroumph. Nous violemment jetés sur le bas côté. L’un de nous, qui na reçu un coup de pied à la tête, est blessé et aigne abondamment. Il s’ntend dire : « Vous aurez une plainte contre vous. J’ai un fonctionnaire blessé ! » (Courrier de lecteur paru dans Libération, 12 avril 2008)

Suicides

Il paraît que le ministère de l’Intérieur s’inquiète de l’important nombre de suicides dans la police nationale. C’est ainsi que, le 14 avril, un comité central d’hygiène et de sécurité s’est gravement penché sur ce problème. Si ces actes (une cinquantaine par an) trouveraient le plus souvent des raisons d’ordre privé, il semble que cela soit également lié aux conditions de travail. Pour les syndicats UNSA-Police et SGP-FO, « la pression des chiffres et des résultats » serait l’une des causes de ces suicides –notamment la politique de rigueur mise en place par le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, en 2004. (Source, 20 Minutes, 14 avril 2008)

Silence, on fiche !

La HALDE (Haute autorité de lutte contre les discriminations) et la CNIL (Commission nationale informatique et libertés) ont été saisies par plusieurs associations d’un projet de nouveau fichier. Baptisé Ardoise, ce fichier, qui serait commun à la police et à la gendarmerie, remplacerait le STIC (Système de traitement des infractions constatées) contiendrait, en plus des données habituelles, des renseignements tels que l’homosexualité, les handicaps physiques, l’appartenance syndicale ou sectaire, ainsi que la mention SDF. Il convient de rappeler que le fichier STIC contient déjà, outre des noms de coupables de crimes ou de simples délits, des suspects et même de simples témoins, soit déjà plus de 25 millions de fiches. Le fichier Ardoise ne ferait qu’aggraver la situation puisqu’un simple témoin, déjà fiché par routine, serait également connu de la police pour ses choix politiques, syndicaux ou même son orientation sexuelle. Même un syndicat policier de droite, comme Alliance, s’émeut de cette évolution. (Source, Le Monde, 16 avril 2008)

Ca vient de sortir

Le 14 avril, les 48 policiers formant les trois premières unités territoriales de quartier (UTEQ) ont pris leurs parques en Seine-Saint-Denis (93). Il s’agit d’une expérimentation destinée à être étendue à d’autres départements « sensibles ». En fait, il ne s’agit pas seulement de lutter contre la délinquance mais également d’obtenir des renseignements pour développer « le lien de confiance police/population. » Dotés de l’armement classique, ces policiers ont été également formés à l’utilisation du flash-ball, du pistolet électrique Taser et de la matraque tonfa. Il sera possible de les distinguer à leur logo « UTEQ 93 ». Curieusement, le parti socialiste a tenu à rappeler que ces unités ressemblent à cette « police de proximité » instaurée par le gouvernement Jospin, en 1997, avec Jean Pierre Chevènement à la manœuvre, et supprimée par Sarkozy en 2002. (D’après 20 Minutes, 14 avril 2008)

Chers policiers municipaux

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Le 16 avril, lors d’un colloque au Sénat, Alain Bauer, éminent spécialiste des problèmes de la délinquance, a annoncé l’imminence de la publication d’un décret autorisant les policiers municipaux à disposer, eux aussi, du pistolet à impulsion électrique Taser. (Source, 20 Minutes, 17 avril 2008)

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Six policiers municipaux cannois ont été suspendus par le procureur de la République de Grasse. Pendant un an pour deux d’entre eux et six mois, pour les quatre autres. Il leur est reproché des interpellations musclées de personnes en état d’ivresse, ainsi que l’établissement de procès-verbaux illégaux et la rédaction de rapports de missions mensongers. (Source, Métro, 18 avril 2008)

Maintien de l’ordre électrique

Le 17 avril, cinq policiers de la PAF, en poste au centre de rétention administrative de Vincennes (94) étaient placés en garde à vue, avant d’être relâchés – ce qui ne préjugerait en rien des conclusions de l’enquête ouverte. Lors des incidents qui s’étaient déroulés dans le CRA, au mois de février, ces policiers avaient fait usage de leur pistolet à impulsion électrique Taser pour obliger les « retenus » à regagner leurs chambres. Ces sans papiers étant traités tels des criminels dangereux. (D’après France Info et 20 Minutes, 18 avril 2008)

Faux nez !

A l’heure où la République qui, selon Nicolas Sarkozy devrait célébrer les bienfaits de la colonisation, tout en rejetant tout sentiment de repentance, enterre le poète Aimé Césaire sous des tombereaux de fleurs, comment ne pas rappeler sa colère contre le colonisateur, alors qu’il revient en Martinique, après ses études, en 1939 :
« …Va t’en lui disais-je, gueule de flic, gueule de vache, va t’en, je déteste les larbins de l’ordre et les hannetons de l’espérance. Va t’en mauvais gris-gris, punaise de moinillon… Flics et flicaillons, verbalisez la grande trahison, le grand défi (…) parce que nous vous haïssons, vous et votre raison, nous nous réclamons de la démence précoce de la folie flambante, du cannibalisme tenace… » (In Cahier d’un retour au pays natal)

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