quefaitlapolicelogo QUE FAIT LA POLICE ? – Bulletin d’information anti-autoritaire – Nouvelle série – numéro 30 – Mai 2009

Editorial : Un « Code spécifique » pour les mineurs

Deux ans après son arrivée au sommet de l’Etat, Nicolas Sarkozy a décidé de considérer les mineurs comme faisant partie d’un monde à part dans notre société déjà sécurisée à l’extrême. D’où sa volonté de mettre en place un « Code spécifique » permettant de mieux contrôler -et réprimer- les jeunes qui seraient un frein à son ardent désir de réformer le pays des Droits de l’homme. Rien ne saurait ravir davantage nos policiers toujours en recherche d’un ennemi public bien défini.

Cette politique anti-jeune correspond à la décision de refonder l’ordonnance 1945 sur la jeunesse. Elle est lourde de menaces répressives. Bien sûr, la future ex-ministre de la Justice avait tenu à assurer, le 3 décembre 2008, que « le principe selon lequel le mineur délinquant est aussi un mineur en danger ne doit vas être remis en cause ». Ce ne sont que des mots. Belle proclamation en tout cas qui pèse de peu de poids si l’on s’attarde sur le regard mauvais jeté par les défenseurs de l’ordre public sur les mineurs des banlieues lorsque ceux-ci ont l’audace d’avoir le teint quelque peu coloré.

Une certitude, le nouveau « Code de la Justice pénale des mineurs » ne fera pas dans la dentelle. Rachida Dati n’a d’ailleurs pas manqué de rappeler la nécessité d’une « réponse systématique à chaque acte de délinquance d’un mineur ». Déjà, nous ne sommes pas très éloignés de cette sinistre théorie américaine du « carreau cassé » devant conduire directement en prison l’auteur de ce délit gravissime. Gageons que nos policiers républicains ne manqueront pas d’être les actifs pourvoyeurs de ce « tribunal correctionnel des mineurs » également dans les cartons du ministère de la Justice.

Il nous faudra bientôt admettre que les mineurs montrés du doigt sont bien plus dangereux pour notre société que les truands de la finance, tout comme ces « entrepreneurs » qui ne cessent de faire croître les chiffres du chômage, et peut-être cette fameuse insécurité dans les banlieues. A-t-on envisagé, en haut lieu, l’élaboration d’un « Code répressif » contre les patrons voyous ?

Maurice Rajsfus

Comptine
D’après une ronde enfantine très répandue dans les provinces de notre douce France, utilisée également comme comptine en Suisse et Wallonie :
« J’ai des prunes à vous donner
Des marrons à distribuer
Ohé,ohé
Evitez de me croiser
Ça pourrait mal se passer
Ohé,ohé
Le premier qui rira
S’en repentira… »

Ex-pandore facétieux
Le 25 mars, un gendarme retraité était condamné par le tribunal correctionnel de Périgueux à mille euros d’amende. Quel dé1it avait donc pu commettre cet excellent citoyen ? Peu de choses, en fait. Sur le parking d’un supermarché, il s’était contenté de rayer la carrosserie des voitures anglaises. Au cours de l’enquête, il avait déclaré, « être moralement contre les Anglais », tout en leur reprochant leur « colonialisme » dans le département de la Dordogne. En supplément de l’amende, il s’est vu interdire d’approcher ce parking durant trois mois… (Source, Direct Matin, 27 mars 2009)

Dialogue social
Le 26 mars, quelque 200 chercheurs occupaient le siège du CNRS, à Paris, perturbant la réunion du Conseil d’administration. Cette action avait pour finalité de dénoncer de prochaines suppressions d’emplois. Réponse du gouvernement : l’envoi de CRS oui évacuaient l’élite de la Nation avec les bonnes manières dont ces policiers sont coutumiers. (Source, France Info, 27 mars 2009)

Gendarmes mobiles : belle mentalité
I1 est parfois intéressant de s’attarder sur la Toile. Ainsi, quelques gendarmes mobiles se défoulent Facebook, et paraissent connaître un grand succès auprès de leurs semblables. (Malgré l’obligation de réserve à laquelle ils sont soumis). Ce que le curieux peut apprendre sur le « Réseau France » relève de la stupéfaction lorsqu’il est possible de noter certaines opinions clairement affichées « d’extrême droite », selon un blogueur pandore, et même « très extrême », avec la nostalgie très nettement proclamée du triptyque « Travail, famille, Patrie », à l’honneur sous Pétain. Pour ce sous-officier de la gendarmerie mobile, les centres d’intérêt sont clairement définis : « Les croisades, les ratonnades, le nationalisme ». Ce brave défenseur de 1’ordre public fait savoir qu’il fait partie d’un groupe intitulé très clairement : « Pour que les CRS chargent au sabre lors des manifs de gauche ». Ce même militaire, au service d’une France démocratique, est également membre d’un certain nombre de groupes comme, « Vive la race blanche », ainsi que : « Français, défends-toi, tu est ici chez toi ! » ou « La France aux Français. Algérie, Maroc,Tunisie aux Maghrébins ! » etc. Interrogée, la direction générale de la gendarmerie, « indignée », indique tomber des nues car, « Ce n’est pas du tout dans l’état d’esprit des gendarmes mobiles », tandis que des sanctions seraient annoncées contre ce gendarme raciste et un peu facho, ainsi que contre une de ses collègues. (Source, Le Monde, 27 mars 2009)

Sac à puces
« … Si on laisse les bases de données et fichiers de police, ou autres, proliférer, le réveil sera très douloureux. Même si l’on n’a rien à cacher, toutes ces données pourront être utilisées contre vous, si elles ne sont pas encadrées. Le droit à l’oubli, à l’anonymat, au silence des puces, c’est la seule garantie d’un avenir viable. » Interrogé, le sénateur Alex Türk (UMP), président de la Commission nationale informatique et liberté (CNIL), estime qu’il n’a pas les moyens de faire respecter le minimum de garanties, et il poursuit : « …Le seul conseil que je puisse donner, c’est d’être très vigilant face à ce que j’appelle la dilatation d’un présent numérique dans lequel toute votre vie est exposée, le présent comme le passé lointain, que vous vouliez ou non le cacher… » (Interview du président la CNIL, Alex Türk, Libération, 28 mars 2009)

Ripoux stupides
Le 27 mars, deux policiers en poste à Toulouse étaient mis en examen et immédiatement écroués pour « escroquerie et vols ». Ces gardiens de l’ordre public, sans doute impitoyables avec les pékins ordinaires, subtilisaient les numéros des cartes bancaires des gardés à vue, et même de leurs collègues pour effectuer des achats, depuis l’ordinateur de leur commissariat. Ces deux ripoux manquaient à ce point d’intelligence qu’ils faisaient livrer leurs achats au commissariat. De passage à Toulouse, la ministre de l’Intérieur s’est dite profondément indignée. (Source, France 2, 28 mars 2009)

Le gendarme et le juste milieu
Le 29 mars, dans le Var, un officier de gendarmerie était mis en examen et écroué. Motif : ce pandore galonné est soupçonné d’avoir transgressé le secret de l’instruction, et d’avoir commis diverses infractions lorsqu’il était en fonction en Corse. Selon le procureur de Bastia, il s’agit de « liaisons avec le milieu que fréquentait l’officier… » Ah bon. (Source, Libération, 30 mars 2009)

Des prunes pour des œufs
Le 31 mars, Nicolas Sarkozy était en visite à Chatellerault. Quelque 900 policiers avaient été mobilisés pour assurer la sécurité du président qui tenait une table ronde sur la crise. L’agglomération était quadrillée par les forces de l’ordre, qui tenaient très éloignés quelques milliers de manifestants pour leur interdire l’approche du lieu de cette rencontre. Des œufs ont été lancés sur les CRS, lesquels devaient répliquer avec des grenades lacrymogènes. Neuf jeunes étaient interpellés. (Sources, 20 Minutes et Direct Matin, 1er avril 2009)

Auxiliaire répressif
Le 3I mars, au motif qu’un groupe de lycéens aurait proféré des slogans contre la police au cours d’une manifestation, le maire de Colmar (UMP) décidait de priver leur établissement des aides municipales destinées aux voyages scolaires. (Source, Direct Matin,1er avril 2009)

Propos grivois
Cela se passait le 13 mars, à Paris, dans le 13ème arrondissement. A la sortie du collège, une jeune fille de 14 ans s’assied sur le capot d’ une voiture, avec quelques copines près d’elle. Arrive quelques policiers qui se mettent à tutoyer les filles, et leur demandent de dégager. Deux des adolescentes sont embarquées au commissariat proche. Des policiers, très urbains, leur expliquent : « On va vous mettre avec les toxicomanes et les putes ! » ou même, « Elles avaient envie de se faire baiser ou quoi… » Comme bien souvent, les parents de ces enfants mineurs ne sont pas prévenus de l’interpellation et de la mise en garde-à-vue. Seul l’envoi d’un SMS par l’une des deux interpellées permettent d’alerter les familles. A la préfecture de police, on affirmait que c’était une affaire « bénigne »et que les parents avaient été prévenus « immédiatement ». Ce qui est faux, semble-t-il. Sur les propos graveleux tenus par les policiers, la préfecture indique me « rien n’apparaît dans la procédure. » (Source, Libération, 1er avril 2009)

CRS au secours de PPR
Dans l’après-midi du 31 mars, une cinquantaine de salariés de Conforama et de la FNAC (Groupe PPR) avaient bloqué leur patron, François Pinault, dans son taxi. Au bout d’une heure, une équipe de policiers arrivait sur les lieux pour dégager l’éminent personnage. (Source, Libération, 1er avril 2009)

Y aurait-il des voyous dans la police Française ?
Le 1er avril, l’organisation Amnesty International publiait un rapport sur les comportements des forces de l’ordre françaises intitulé : « La police au-dessus des lois ! » A l’appui, le rappel des abus de droit et les bavures particulièrement significatives. Comme à l’habitude, la réaction du ministère de l’Intérieur était indignée. De leur côté, les syndicats de policiers, comme le SGP et Alliance, réagissaient à l’ unisson. Il est vrai qu’il en va de même lors des publications des rapports de la Commission européenne des droits de l’homme ou même de la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS)
Par ailleurs, le rapport d’Amnesty international insiste sur les pressions subies par ceux qui osent se plaindre des méfaits policiers. L’accent étant également mis sur l’explosion des poursuites pour outrage et rebellions, portées systématiquement contre les victimes des bavures et dérives policières. Au terme de son rapport, l’ONG demande la création d’une Commission indépendante chargée des plaintes contre la police, insistant sur les insultes racistes, les passages a tabac fréquents et les homicides rarement élucidés. (Communiqué de l’Observatoire des libertés publiques, 2 avril 2009)

Bonne idée
La municipalité de Stains (93) ne voulait pas prendre la décision de créer une police municipale de dix agents, non armés, sans consulter les habitants et proposait un référendum sur ce sujet le 5 avril. A noter que le scrutin était également ouvert aux étrangers non ressortissants de l’Union européenne. (Source, Métro, 3 avril 2009)

Triste miction…
Le 3 avril, un policier était condamné à trois mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Blois. Ce délicat fonctionnaire avait, à la fin de 2008, uriné dans le gobelet d’un jeune homme placé en garde à vue au commissariat de la ville. (Source, Libération, 4 avril ‘2009)

Tir tendu
Le 30 mars, à Bastia au cours d’une manifestation nationaliste, lourdement réprimée, un jeune lycéen recevait en pleine face une grenade lacrymogène lancée à tir tendu, et à courte distance. Ce qui est strictement prohibé, mais aucune sanction n’était prise. Le 4 avril, une manifestation, de protestation contre cette agression était durement réprimée par les mêmes gendarmes mobiles. (Source, France 2, 4 avril 2009)

Strasbourg en état de siège
Depuis les premiers jours d’avril, Strasbourg, où allait se tenir le Sommet de l’OTAN, était en état de siège. Quelques heurts se produisaient déjà, dès le 2 avril, près du camping installé par les contestataires, avec quelque 300 interpellations et une vingtaine de garde-à-vue. Le 3 avril, dans l’après-midi, les gendarmes mobiles repoussaient, à l’aide de grenades lacrymogènes le groupe pacifiste des clowns de 1a « Parade Solidaire », tandis que des canons à eau venus d’Allemagne arrosaient ces dangereux rigolos. Le 4 avril, la ville s’éveillait enserrée dans un dispositif policier fort de plus de 10 000 hommes. Sur les grands axes, des haies de barrières grillagées et de policiers avaient été installées tous les dix mètres. Dans la nuit du 3 au 4 avril, des hélicoptères de surveillance survolent le village de tentes des manifestants. Dans l’après-midi du 4 avril, les policiers laissent passer quelques centaines de « casseurs », et se gardent bien d’intervenir lorsque l’ancien poste des douanes et l’hôtel Ibis sont la proie des flammes, ne facilitant même pas l’intervention des pompiers. S’il n’y a pas eu provocation, cela y ressemble fort. A suivre. (Sources, France 3, France 2, Libération 4 avril et Le Monde, 6 avril 2009)

Ennemi public

Un lycéen du Val-de-Marne, âgé de 15 ans, a eu les honneurs de la police pendant les vacances de Noël dernier. Motif de l’instruction des fonctionnaires en petite casquette au lycée Paul-Doumer, au Perreux ? Le garçon avait créé un blog où il mettait en ligne les dates des manifestations à venir, avec quelques slogans comme : « Education bradée, jeunesse sacrifiée ! » Il semble que les fins limiers se soient pointés dans le lycée, sans y avoir été invités, suite à un article sur ce sujet dans Le Journal du Dimanche. Arrivés dans l’établissement, les policiers s’étaient permis de demander des renseignements sur ce lycéen, et consulter son dossier. A la préfecture, on affirme que le garçon ne sera pas fiché. Cette action a finalement payé puisque le blog subversif est fermé. (Source, Le Canard Enchaîné, 1er avril 2009)

Pour l’honneur…

Il ne fait pas bon plaisanter avec les policiers. Le 10 janvier, vers 23 H 45, à Epinal, une équipe de petites casquettes débarque dans un bar, dont on leur a signalé un bruit de musique trop important. A l’arrivée des policiers, l’un des consommateurs, assis sur un billard, se met à les compter. Ce qui a le don d’agacer les six fonctionnaires. L’homme, plutôt ivre, qui n’a pas ses papiers dans ses poches, se lève pour aller les chercher dans son blouson. Aussitôt la meute lui saute dessus. Au procès pour outrage, qui se déroulait le 2 avril au tribunal correctionnel d’Epinal, le client de bar raconte : « Ils m’on fait une clé au bras et m’on menotté. C’est à partir de ce moment que je les ai insultés. » Finalement, les cow-boys, qui avaient porté plainte, sans doute pour sauver leur honneur, ont eu gain de cause. Leur victime a été condamnée à 300 euros d’amende. (D’après Vosges-Matin, 3 avril 2009)

Strasbourg en état de siège

Depuis les premiers jours d’avril, Strasbourg, où allait se tenir le sommet de l’OTAN, était en état de siège. Quelques heurts se produisaient déjà le 2 avril, près du camping installé par différents groupes contestataires, il y avait déjà quelque 300 interpellations, et une vingtaine de garde à vue. Le 3 avril, dans l’après-midi, les gendarmes mobiles s’attaquaient au groupe des clowns de la « Parade solidaire », avec des grenades lacrymogènes et le soutien de canons à eau venus d’Allemagne. Le 4 avril, la ville s’éveillait enserrée dans un dispositif policier fort de 10.000 hommes. Sur les grands axes, des haies de barrières métalliques et de policiers, tous les dix mètres. Dans la nuit du 3 au 4 avril, des hélicoptères de surveillance survolaient déjà le village de tentes des manifestants. Alors que des casseurs provoquaient des incendies, dans l’après-midi du 4 avril, la police se gardait bien d’intervenir rapidement, ne facilitant même pas l’intervention des pompiers alors que l’hôtel Ibis était en feu. (Sources, Libération et France 3, 4 avril 2009)

Totalement dégrisé !

Dans la nuit du 6 au 7 avril, un homme qui avait été placé en cellule de dégrisement, au commissariat de police de La Baule, était retrouvé mort. Bien entendu, les circonstances de ce décès ne sont pas connues. (Source, 20 Minutes, 8 avril 2009)

Pratiques policières : gros mensonges

Résumé des chapitres précédents. Le 30 mars, à Bastia, lors d’une manifestation lycéenne, suite à la condamnation du militant nationaliste Yvan Colonna, un garçon de 14 ans recevait en pleine face une grenade lacrymogène lancée à tir tendu, et à courte distance par un CRS. Le 4 avril, nouvelle manifestation, toujours à Bastia, contre les violences policières, cette fois.
Le 5 avril, en visite en Corse, la ministre de l’Intérieur réfutait catégoriquement la pratique des tirs tendus. Les propos de Michèle Alliot-Marie sont à retenir, pour leur sincérité : « …Il n’y a pas eu et il n’y a pas de violences policières….Les tirs tendus ne sont pas autorisés dans la police ! » Pour mieux tenter de convaincre les journalistes auxquels elle s’adressait, la ministre croyait bon d’ajouter : « …Des instructions sont données pour que, lorsqu’on lance des grenades, celles-ci sont envoyées en l’air… » Tout en précisant : « …Il est extrêmement difficile d’avoir des tirs tendus avec le matériel réglementaire en dotation au sein des forces de l’ordre. » Il n’en reste pas moins que le fabricant de ces lances-grenades, baptisés Cougar, vend la mèche en expliquant : « Il suffit de faire pivoter le Cougar de 180° pour réaliser des tirs tendus de 5 à 30 mètres. » Ce qui est d’ailleurs précisé sur la la fiche technique, intégralement disponible sur le site Internet de l’industriel. Par ailleurs, lors de la manifestation du 4 avril, à Bastia, plusieurs témoins, dont des cameramen de télévision, certifient avoir constaté que des CRS avaient bel et bien pratiqué des tirs tendus à courte, voire à très courte distance, en direction des manifestants. Ce qui ne devait pas empêcher le procureur général de Bastia de répéter les propos de la ministre de l’Intérieur : « Aucun élément ne montre des gens en train de faire des tirs tendus, CRS ou gendarmes, les forces de l’ordre sont aussi républicaines, et agissent dans le cadre de la légalité. » Puisqu’on nous le dit… (Source, Le Monde, 7 avril 2009)

Privation de liberté

Depuis quelques mois, la France dispose d’un « Contrôleur général des lieux de privation de liberté ». Lequel est « irrité » car il s’est aperçu que les noms de détenus qui lui écrivaient, comme celui de toutes les personnes qu’il rencontre lors de ses visites, étaient « soigneusement relevés » ; en particulier dans les lieux dépendant de la police nationale et de l’administration pénitentiaire. Décidément, le domaine des libertés ne cesse de rétrécir. (Source, Le Monde, 9 avril 2009)

Hors-la-loi !

Le 8 avril, vers 13 heures, place Saint-Michel, à Paris, se déroule une manifestation statique en soutien aux sans papiers, comme aux citoyens solidaires. Thème : « Si la solidarité devient, un délit, nous demandons donc à être poursuivis pour ce délit. » Lors de la dispersion, des policiers postés sur le pont Saint-Michel exigent des manifestants qu’ils retirent de leur vêtement l’autocollant : « Aidant, je suis prêts à être poursuivi. » Ce qui n’est prévu par aucune loi ou décret, et n’est rien d’autre qu’un abus de pouvoir. (Courrier reçu à l’Observatoire des libertés publiques, 10 avril 2009)

Encore Strasbourg

Dns un mail envoyé le 7 avril aux syndicats de police, un gardien de la paix a accusé sa hiérarchie d’avoir donné l’ordre aux effectifs présents à Strasbourg, le 5 avril, et qui se rapprochaient de l’hôtel Ibis en flammes, de « faire demi-tour ». Le secteur étant jugé « trop dangereux ». Le 8 avril, le syndicat d’officiers de police Synergie affirmait que cette accusation était fausse. Il n’empêche, depuis le 6 avril, la stratégie de la police, durant les affrontements, et la lenteur de ses interventions, n’ont cessé d’alimenter la polémique. (Source, Libération, 9 avril 2009)

Quand le président se déplace

Dans un courrier des lecteurs de l’Essor, revue officieuse de la gendarmerie nationale, un commandant pandore se lâche à propos d’un récent déplacement à Valence de Nicolas Sarkozy. Présent sur les lieux, le galonné s’insurge : « En vingt-six ans, j’ai fait des services de ce genre mais je n’ai jamais vu un tel déploiement, et surtout un tel coût. » Plutôt outré, le commandant rappelle les 1.265 gendarmes déployés sur la voie rapide Valence-Romans, coupée dans les deux sens pendant trente minutes, ainsi que les deux hélicoptères mobilisés. La suite étant à l’avenant pour le coût en matériels divers qu’il avait été nécessaire de faire venir de Lyon. (Source, Le Canard Enchaîné, 9 avril 2009)

Taser, etc,

La société Taser, tellement appréciée par nos forces de l’ordre, lance sa nouvelle petite merveille, Shockwave, petite mitrailleuse électrique. En appuyant sur un simple bouton, il est possible de projeter au sol n’importe quelle personne située dans une zone définie. Le Shockwave est modulable, avec ses six électrodes il peut stopper un groupe de manifestants. Si le pistolet Taser est déjà largement entré dans le « matériel » policier, que dire de cette mitrailleuse qui sera en mesure de multiplier ses effets ? (Source, Tout est à nous, 9 avril 2009)

Les brutes au tribunal

Durant la révolte des banlieues, en novembre 2005, deux policiers étaient accusés d’avoir roué de coups u jeune, sans raison valable. Cette agression avait été filmée par France 2. En raison d’une nouvelle enquête de l’IGS et de l’apparition de nouveaux témoins, le procès contre ces braves fonctionnaires, qui devait se tenir le 9 avril, a été renvoyé au 18 juin. (Source, Métro, 10 avril 2009)

Surveillance policière

En 2009, la France est de plus en plus surveillée par le pouvoir. C’est le constat fait par la Ligue de droits de l’homme, dans un livre récemment sorti en librairie, sous le titre Surveillance générale, publié par les éditions La Découverte. A mettre en toutes les mains. (Source, Libération, 11 avril 2009)

Petite tuerie familiale

Le 13 avril, un policier du commissariat de Tarbes tue son épouse et ses deux enfants, avec son arme de service. Il prend la fuite après avoir laissé un message annonçant qu’il allait mettre fin à ses jours. Le « forcené » sera interpellé par ses collègues dans la soirée du 14 avril, après s’être tiré deux balles dans le ventre. Il décèdera quelques heures plus tard. (Sources, France 2 et France Inter, 14 et 15 avril 2009)

Le patron de la PAF d’Orly et les « bœufs-carottes »

Il semblerait que le grand chef de la police aux frontières (PAF), de l’aéroport d’Orly soit dans de mauvais draps. Ces temps derniers, il était régulièrement convoqué dans les bureaux de l’IGPN (Les bœufs-carottes). Rien de grave, semble-t-il. Cet excellent fonctionnaire de police aurait bénéficié de cadeaux somptueux de la part de plusieurs compagnies aériennes. Entre autres, des voyages gratuits en famille, puis avec des collègues, sous le soleil de Tunisie. A suivre. (Source, Le Canard Enchaîné, 15 avril 2009)

Pas raciste, la police ?

En juillet 2008, après avoir pu consulter son dossier administratif, un policier parisien découvrait cette mention, écrite en rouge et à la main, dans un coin de sa fiche de candidature au concours de lieutenant de police : « Arabe ». Le policier ayant écrit à Michèle Alliot-Marie pour s’en étonner, la ministre de l’Intérieur devait lui répondre, sans rire : « Je vous informe que cette annotation renvoie à l’option choisie en langue étrangère… » (Source, Le Canard Enchaîné, 15 avril 2009)

Flux tendu

Il faut garder en mémoire les dénégations indignées de Michèle Alliot-Marie, quant à l’existence de quotas de PV imposés aux policiers. Manque de chance, Le Canard Enchaîné a pu se procurer une note à en-tête du ministère de l’Intérieur, exigeant de chaque fonctionnaire d’autorité un minimum d’un timbre-amende par service. Ce document concerne le département du Tarn, mais cette pratique de la politique du résultat est largement répandue sur tout le territoire. (D’après Le Canard Enchaîné, 15 avril 2009)

Mauvais profil

L’institution policière n’est pas raciste – c’est bien connu. Pourtant, en 2007, un gardien de la paix d’origine marocaine était victime d’une attitude discriminatoire du jury d’admission, qui le recalait à l’oral lors du concours du corps des officiers. A cette occasion, plusieurs questions lui avaient été posées sur son origine et ses pratiques religieuses, tout comme des interrogations plus incidieuses sur l’observation du Ramadan ou le port du voile par son épouse. Suite à une plainte du recalé, le Conseil d’Etat devait annuler la délibération du jury, le 16 avril 2009. Michèle Alliot-Marie en profitait aussitôt pour parader et assurer que son ministère allait « tenir compte de la décision du Conseil d’Etat. » Le policier pourra repasser le concours mais reste à connaître le comportement du prochain jury. (D’après Libération et Métro, 17 avril 2009)

Suicide

Le 16 avril, un CRS âgé de 27 ans, cantonné à Deuil-la-Barre (95), s’est suicidé chez ses parents, à Sète. Il semble que ce policier se soit donné la mort suite à une déception sentimentale. (Source, France 3, 17 avril 2009)

Cagoules

Le 16 avril, la ministre de l’Intérieur transmettait un projet de décret au Premier ministre. Décret visant à interdire aux personnes participant aux manifestations de se dissimuler le visage à l’aide d’une cagoule. Cela dans le but d’empêcher leur identification, précisait la ministre. Le texte prévoit que tout participant à une manifestation publique, cachant volontairement son visage serait puni d’une amende de 1.500 euros. En cas de récidive, dans le délai d’un an, cette amende pourrait être portée à 3.000 euros. Question : que feraient les forces de l’ordre si lors des défilés du prochain 1er Mai, des centaines de milliers de manifestants descendaient dans les rues le visage recouvert d’une cagoule ? (D’après 20 Minutes, 17 avril 2009)

Circulez !

Le 17 avril, en marge d’une manifestation d’étudiants, à Besançon, les policiers devaient interpeller une soixantaine d’entre eux. Allait suivre un contrôle d’identité apparemment musclé. Un étudiant témoignait, à la sortie du commissariat de police : « Les policiers nous ont frappés, menottés et emmenés en camion. » Le prétexte officiel de cette razzia policière était fourni par le procureur de la République. De Besançon : « La manifestation avait généré une entrave à la circulation ! » (Source, Libération, 18 avril 2009)

Alerte aux gaz !

Dans la soirée du 20 avril, entre la gare du Nord et la place de la Chapelle, quelques centaines de Tamouls, réfugiés à Paris, manifestaient pour attirer l’attention de l’opinion publique sur les massacres des populations civiles tamoules, au Sri Lanka. La police s’était rapidement invitée à la fête, et cela ne pouvait que déraper. Certes, il y a eu des vitrines brisées et des véhicules incendiés mais la « force publique » n’avait pas hésité à sortir les matraques et user de jets de gaz lacrymogènes, pratiquement à bout portant en pleine face des Tamouls. Près de deux cents personnes étaient interpellées et plusieurs d’entre elles placées en garde à vue. (Sources, France 3 et Canal +, 21 avril 2009, avec images significatives)

Sus aux sans papiers

Le 21 avril, à 7 heures du matin, quelque 300 policiers investissent la « Jungle » de Calais. Environ 150 sans papiers, pour la plupart Afghans, sont interpellés. Il semble que cette démonstration policière avait pour objet de faire place nette, avant la visite à Calais du ministre Eric Besson, gardien de l’Identité nationale. Par ailleurs, il n’est pas hasardeux de noter que cette opération était réalisée le jour même de l’intervention de Nicolas Sarkozy, à Nice, qui avait pour volonté la dénonciation d’une remontée de l’insécurité dans le pays. (D’après France-Inter, 21 avril 2009)

Rappel

Pour nous joindre par courrier, et nous faire parvenir des coupures de presse sur les bavures et les dérives policières, notre boîte aux lettres est toujours : Observatoire des libertés publiques, C/o NSP – 20, rue Courat, 75020 Paris.

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