quefaitlapolicelogo QUE FAIT LA POLICE ? – Bulletin d’information anti-autoritaire – Nouvelle série – numéro 40 – mai 2010

Editorial : le temps passe, les forces de l’ordre ne changent pas !

Parmi les pays qui se targuent d’être à la pointe de la démocratie, la France est au premier rang en matière de forces de l’ordre. Comme si cela ne suffisait pas, nos policiers et gendarmes s’avèrent être les plus rugueux pour utiliser un mot acceptable. Disposant d’un arsenal offensif redoutable, nos défenseurs de l’ordre public sont sans doute ceux qui utilisent volontiers cet armement qui ne devrait être que défensif. Il est vrai que, malgré leur nombre, tout comme leur capacité de nuire, les protecteurs actifs des institutions républicaines s’estiment être constamment en situation de légitime défense. Bien sûr, de temps à autre, il faut déplorer la mort d’un policier ou d’un gendarme. C’est un métier à risque limité, pourtant, car les bavures habituelles sont bien plus meurtrières. Comment ne pas constater que ces deux institutions sont en guerre contre les citoyens d’un pays, considérés comme globalement suspects. En témoignent ces nombreux fichiers policiers et, particulièrement ce STIC (Système de traitement des infractions constatées), qui rassemble près de 30 millions de noms, où l’on trouve côte è côte des coupables, des suspects, des témoins et des victimes, tous réunis dans une même machine à réprimer. Ce constat n’a rien d’étonnant et, sans confondre les périodes et la finalité de la répression, les forces de l’ordre sont tout aussi pugnaces, tout aussi xénophobes, qu’elles pouvaient l’être, de l’été 1940 à l’été 1944. (I1 est important de préciser quand même que, durant ces années noires, nos policiers et gendarmes, étaient également au service d’une abominable politique raciale). De nos jours, les cerbères de la République se contentent de pourchasser les sans papiers et les Roms. Ils trouvent cela normal puisqu’ils se contentent d’obéir sans défaillir aux ordres de leur hiérarchie. Expliquant même qu’ils ne font que leur devoir, comme tout fonctionnaire se doit de le faire. Sauf que la très grande majorité des fonctionnaires ne sont pas au service de la répression. C’est à ce niveau qu’il ne faut pas manquer de rappeler que les dérives de nos forces de l’ordre n’ont jamais été jugées pour leurs forfaits. C’est ainsi qu’après la Libération, le procès de la police, qui s’ était mise au service de la Gestapo, n’a jamais eu lieu, de même après les massacres du 17 octobre 1961, avec des algériens pour victimes, et du 8 février 1962, à la station de métro Charonne. Comme les policiers ne sont jamais responsables, et pas davantage coupables, il n’y a jamais eu de repentance. On nous rappelle régulièrement au devoir de mémoire. Alors, n’oublions jamais ce passé répressif, tout en restant vigilant sur un présent préoccupant…
Maurice Rajsfus

Forte pensée

Le secrétaire général du syndicat d’officiers de police Synergie officiers, Bruno Beschizza, élu UMP, le 21 mars au Conseil régional d’Ile de France, déplore que la « Tolérance zéro » prônée par Nicolas Sarkozy, ne soit pas appliquée : « Le président exprime avec force la volonté de l’exécutif. Mais bien souvent, elle se heurte à la résistance de l’autorité judiciaire. Aujourd’hui, insulter un policier ou le bousculer n’expose que très rarement à une condamnation. Et les voyous le savent… » Au secours ! Vivement la disparition des juges. (D’après Le Figaro, 24 mars 2010)

Au viol !

Le 24 mars, un policier marseillais, poursuivi pour viols et agressions sexuelles, en 2008, sur cinq jeunes femmes, au cours de leur garde à vue, a été condamné à neuf ans de prison ferme par la cour d’assises des Bouches du Rhône. Entre autres délicatesses, cet excellent serviteur de l’Etat aurait usé de son autorité pour contraindre l’une de ses victimes à lui pratiquer une fellation dans les toilettes du commissariat central de Marseille. (Source, Métro, 25 mars 2010)

A l’assaut !

Dans la matinée du 24 mars, avenue Daumesnil, a Paris, huit cars de CRS arrivaient devant le siège d’une agence d’intérim pour en déloger le piquet de grève qui occupait les lieux depuis plusieurs mois. Sans ménagement, ces travailleurs sans papiers étaient expulsés. La mairie de Paris n’avait pas été prévenue, ce qui contrevenait à la procédure normale. (Source, 20 Minutes, 25 mars 2010)

Comptine

Ceux qui ont eu affaire avec les agents, réputés être de « braves gens », nous envoient parfois les souvenirs de leurs rencontres musclés avec les plus musclés d’entre eux :
 » Un pain
Sur la tête
Un marron
Sur le nez
Une prune
pour la route
Prout cadet
C’est la police ! »
(Et si vous preniez la suite de ce correspondant parisien dont les bleus ont été longs à s’effacer…)

Sus aux sans papiers !

Le 25 mars, un Angolais sans papiers était enfermé, pour la troisième fois, au centre de rétention administrative de Lyon. Ce matin-là, Guilherme conduisait ses trois enfants à l’école du quartier de la Guillotière, dans le 7ème arrondissement de Lyon. Quelques jours plus tôt il avait été libéré du CRA par le juge des libertés. Pour tant, rapidement, la cour d’appel de Lyon devait annuler cette décision. C’est en retournant chez lui que cet homme s’aperçoit que les policiers sont de nouveaux sur ses traces. Peu de temps après, comme sa femme refuse d’ouvrir la porte, les policiers la défoncent et se ruent a l’intérieur. Pendant ce temps, Guilherme s’est réfugié dans une chambre qu’il ferme à clé. Sa femme donne ce témoignage : « J’étais dans le salon, avec ma fille dans le dos… Un policier a fait sauter la serrure, puis a dégainé son arme dans la direction de Guilherme. » Menotté, celui-ci est embarqué mais, devant l’immeuble une vingtaine de personnes tentent de s’interposer. Une parente d’élève, alertée, qui se trouve au premier rang du comité de soutien, dont certains membres prennent des notes, tandis que d’autres tentent de filmer cette intervention violente. Elle raconte : « Un policier m’a dit que c’était interdit de filmer, puis m’a fait une clé au bras en me retournant le pouce de la main gauche. » Très rapidement, le fourgon prend la direction des locaux de la police aux frontières, avant de partir vers le CRA de l’aéroport de Saint-Exupéry. Pour la préfecture du Rhône, la procédure « a été respectée ». I1 n’en reste pas moins que des parents d’élèves parlent d’acharnement de la part de la police. L’épouse de Guilherme rapelle :  »Ils ont pointé une arme, alors que Guilherme n’est pas un criminel. Il ne vole pas, il ne vend pas de drogue. Simplement, il n’a pas de papiers, et ne veut pas laisser sa famille », dit cette femme angolaise, régularisée en 2005. (Source, Rue 89, 26 mars 2010). Depuis, sous la pression des associations Guilherme a été remis en liberté. (Source, Libération, 9 avril 2010).

Un mort de plus !

Le 27 mars, dans la matinée, au Blanc-Mesnil (93), un « forcené », âgé de 72 ans, était abattu par la police, après échec de négociations. Le vieil homme a été tué suite à un échange de tirs. La procureure, chargée du dossier, expliquait, aussitôt après, que le flingueur n’ avait pas eu d’autre possibilité que de tirer a la tête. (Sources, France 3, 28 mars et Métro, 29 mars 2010)


Liberté de manifester

Le 28 mars, à Paris, plusieurs centaines de personnes manifestaient près de la maison de la Santé pour protester contre la surpopulation carcérale. Une centaine de manifestants devaient être interpellés, puis conduits au commissariat de police du XIème arrondissement Plusieurs d’entre eux seront placés en garde à vue. A 1’origine, cette « marche contre l’enfermement » avait été autorisée par la préfecture de police. (Sources, Direct Matin et 20 Minutes, 29 mars 2010)

Rétention

Le 29 mars, le plus grand centre de rétention administrative (CRA), situé au Mesnil-Amelot (93) devait ouvrir ses portes. Parmi les 240 places prévues pour retenir les sans papiers, il est prévu des locaux pour « accueillir » une quarantaine de familles. Le site est entouré de grillages, de barbelés, de dizaines de caméras, ainsi que de détecteurs de mouvements. Des associations humanitaires ont lancé une pétition contre l’édification de ce véritable « camp » d’internement. Ce même 29 mars une manifestation était organisée pour dénoncer « ce type d’univers déshumanisé (qui) favorise le non droit, les violences et les tentatives de suicides ! » Cela sous le regard attentif d’un dispositif policier de grande ampleur ayant pour objet d’empêcher les manifestants d’approcher l’enceinte. Avec l’autre CRA, déjà installé au Mesnil-Amelot, la capacité « d’accueil » est désormais de 380 places. (Sources, Métro, 29 mars et Libération, 30 mars 2010)

Bavure envers les « baveux »

En novembre 2009, les dirigeants du syndicat Synergie-officiers décrivait les avocats comme étant des « commerciaux dont les compétences en matière pénale sont proportionnelles au montant des honoraires reçus. » Suite à cette déclaration provocatrice, ce syndicat est poursuivi en diffamation devant la 17ème chambre correctionnelle de Paris. (Source, Libération, 30 mars 2010)

La police et les sans papiers

A l’aube du 1er avril, dans le 5ème arrondissement de Paris, une dizaine de cars de CRS encerclaient l’immeuble de la rue du Regard occupé par 250 ouvriers du bâtiment, sans papiers, en attente de leur régularisation, depuis le 15 décembre 2009. Les policiers allaient les en expulser assez rudement. Selon la prétecture de police, aucun dossier de régularisation n’aurait été déposé, et une ordonnance d’expulsion des lieux avait été prononcée en février dernier. (Source, France Inter, 1er avril, Le Monde et Métro, 2 avril 2010)

Garde à vue

Le 1er avril, à Paris, six étudiants de l’Université Paris I -Tolbiac étaient mis en garde à vue. Convoqués à 10 heures du matin, au commissariat de police du 14ème arrondissement, ils s’y trouvaient encore dans la soirée. Motif ? Ils étaient accusée de séquestration par l’un des responsables de cette université, suite à l’occupation de leur bureau par des responsables syndicaux qui contestaient un projet de règlement intérieur. (Source, Libération, 2 avri1 2010)

La mort en scooter

On se souvient que, le 20 janvier 2010, à Woipy (Moselle), deux adolescents, circulant sans casque sur une moto, avaient été grièvement blessés, lors d’une course-poursuite avec les policiers municipaux de cette petite ville, leur camarade, qui pilotait le deux roues, étant mort dans l’accident qui s’en était suivi. C’est fréquemment le cas après des interventions de ce genre. Après plus de deux mois passés à l’hôpital, l’un des deux adolescents a accusé les policiers municipaux : « Ils nous ont coursés, il nous ont fait tomber », a-t-il affirmé devant la presse régionale. Ce garçon, Nabil, qui faisait ainsi ses premières déclarations après plusieurs semaines plongé dans un coma artificiel, ajoutait :  » Quand nous étions à terre, ils nous ont frappés ! » La seule défense des autorités est venue du procureur de Metz, lequel notait que les jeunes roulaient « sans casque et à une vitesse excessive, sur un scooter non éclairé déclaré volé depuis le mois de décembre. » Cela valait-il la peine de mort pour l’un des trois garçon ? (D’après Métro, 2 avril 2010)

Devoir de mémoire…

Selon la CGT-RATP, la préfecture de police aurait réclamé qu’un métro « spécial » soit affrété pour les sans papiers. Le directeur de la ligne 4 du métro parisien et la GGT-RATP ont réagit : « Cela rappelle certains souvenirs peu glorieux de l’histoire de la société. » Interrogé à ce sujet, la préfecture de police n’a pas démenti. Rappelons que, le 8 juillet 1942, suite à une ordonnance des autorités nazies, appliquée par la police parisienne, les personnes décorées d’une étoile jaune n’avaient plus accès qu’au wagon de queue des rames de métro. D’où cette réflexion nécessaire : en un temps où l’on ne cesse de nous renvoyer au devoir de mémoire, il serait bon que la direction de la RATP publie un communiqué pour réfuter ce qui paraît être plus qu’une rumeur. On n’ose penser qu’il s’agissait d’un poisson d’avril… (D’après , 20 Minutes, 2 avril 2010)

Ca va pêter ?

I1 ne fait pas bon s’insurger contre un licenciement collectif. Le 1er avril, les salariés de l’usine Sudimatex, spécialisée, dans la fabrication de moquettes pour voitures, implantée à Crépy-en-Valois (Oise), menaçait de faire sauter leur usine, avec des bombonnes de gaz, si la direction continuait à refuser de négocier un véritable plan social. Réaction immédiate, non pas du ministère du travail mais du préfet de l’Oise. Lequel réquisitionnait dans l’urgence un escadron de gendarmes mobiles basé à Arras. La venue de ces 75 gendarmes, lourdement équipés, ne faisant qu’échauffer plus encore les ouvriers en grève, qui se sont alors retranchés dans l’usine. (Source, Aujourd’hui, 2 avril 2010)

Rigolo

Un adjudant de gendarmerie a été suspendu de ses fonctions, le 2 avril. Ce pandore avait écrit un poème en soutien au chef d’escadron, récemment suspendu pour avoir critiqué la mise sous tutelle de la gendarmerie par le ministère de l’Intérieur. Ce poême, intitulé « Il pleut sous nos képis », contenait ce vers, à propos de Nicolas Sarkozy : « Un nouveau Roy fut nommé, et tout a changé. » (Source, Libération, 5 avril 2010)

Nouveau

Nicolas Sarkozy envisagerait la création prochaine d’un secrétariat d’Etat à la sécurité publique. (Sources, France Info et France Soir, 5 avril 2010)

Fouille au corps devant témoin

C’est avec le plus grand étonnement que l’habitué d’un square du 18ème arrondissement de Paris a pu voir les forces de l’ordre faire leur devoir. I1 raconte, avec effarement, avoir vu : « Trois policiers (en VTT), deux hommes et une femme, tous blancs, en train de fouiller un jeune noir qui obtempère calmement aux ordres des policiers. En plein jour, dans un square. J’avais honte pour le jeune gars… Comment s’empêcher de penser à un contrôle raciste ? Où sommes-nous ? Aux Etats-Unis dans les années 1960 ? Le policier passe la main dans le collet du blouson du jeune homme. Le jeune homme enlève une chaussure, une chaussette, le deuxième policier palpe la chaussette. Seconde chaussure, seconde chaussette palpée. Le sac à dos est fouillé. La policière passe un coup de fil, avec des papiers à la main. Le jeune homme garde son sang-froid. Un policier rend au jeune homme son blouson… Finalement, les policiers prennent congé, et repartent bredouilles… J’ai assisté à tout ceci, et observé de loin, avec honte et indignation. » (Témoignage publié dans Libération, 5 avril, 2010)

Fusillade

Le 16 mars, en Seine-et-Marne, lors de l’affrontement entre des membres de l’ETA et des policiers, un brigadier-chef était tué. Le 4 avril, dans un communiqué publié dans le journal basque, Gara, l’ETA affirme que les policiers français ont tiré les premiers, sur un de ses militants, à terre et désarmé. De plus, les porte-paroles de l’ETA assurent n’avoir jamais eu l’intention de tuer le policier, et précisent : « Les militants de l’ETA ont tiré cinq balles, au total, la police française considérablement plus. » Quoi qu’il en soit, comment affirmer que, suite à cet échange de coups de feu, le policier francais a été « assassiné », comme l’affirment les syndicats de policiers. Question : lorsqu’un policier tue un « individu », dit-on de lui qu’il l’a assassiné ? (D’après Le Monde, 6 avril 2010)

La police, en lieu et place de la justice ?

Interrogée sur le projet de nouveau mode de procédure pénale, qui ne pourrait qu’accroître la confusion, une importante juriste, professeure au Collège de France témoigne de son inquiétude sur le rôle prépondérant bientôt dévolu au parquet, Mireille Delmas-Marty, auteure d’un livre récent, Liberté et sûreté dans un monde dangereux, estime que le parquet sera concurrencé par la police pour le contrôle des enquêtes. « On peut craindre que débordée par l’accroissement de ses pouvoirs, le parquet soit obligé d’en déléguer une partie à la police. » Cette juriste lucide tire le signal d’alarme : « Cela s’inscrit dans une logique de renforcement des pouvoirs de la police, marquée par de nombreux textes récents, y compris le projet de loi sur la sécurité intérieure (Lopsi 2), véritable fourre-tout qui mêle le mineur et l’adulte, le suspect, le petit délinquant et le terroriste, et radicalise les mesures de surveillance. (Nouvelle extension des fichiers, croisement des données, installation de mouchards informatiques, etc ») Et puis ce dernier avertissement : « Je crains que ne se mette en place de dangereux instruments juridiques qui pourraient permettre de transformer l’État de droit en Etat de police, sans pour autant garantir une société plus apaisée… » (Source, Le Monde, 6 avril, 2010)

Garde à vue (2)

Le 26 mars, trois élèves du lycée Antonin Artaud, de Marseille, sont interpellés par des policiers, suite à une dispute avec échange d’injures, comme il est courant entre adolescents. Il se trouve que l’une des lycéennes, qui aurait reçu un simple bouchon de champagne sur la tête, a pour maman une commandante de la police nationale. La quelle, prévenue, ne perd pas un instant er arrive sur place avec une douzaine de policiers, à bord de trois fourgons, pour rétablir un ordre qui n’est nullement menacé, au dire des enseignants présents sur les lieux. Les trois lycéens sont menottés, conduits au commissariat de police, où ils bénéficient d’une fouille au corps et d’une prise d’empreinte ADN. C’est la procédure, disent les policiers, après huit heures de garde à vue. Y a-t-il eu abus de pouvoir ? L’IGN enquête… (Sources, France 2 et France Info, 6 et 7 avril 2010)

Poésie pandore (suite)

Grâce à un blog impertinent, il nous est possible de citer quelques extraits significatifs du poème « Il pleut sous nos képis », rédigé par cet adjudant-chef, suspendu de ses fonctions, en attendant que la justice militaire règle son sort :

« …Un nouveau Roy fut nommé, et tout a changé.
Diviser pour mieux régner, tel était son but !
Il y parvint bien, précipitant la chute !

Pour ce faire, il choisit bien parmi les nôtres
Ceux d’entre eux les plus vénaux, les moins fidèles.
Leur fit miroiter, qu’ils furent ses « apôtres ».

Ces vendus et parjures aujourd’hui, ont ourdi
D’enterrer sans coup férir notre belle histoire
De nous taire, ils nous ordonnent, arguant : « Tout est dit ! »

L’un des nôtres osa parler, sans démériter,
Se faisant ainsi le râle de notre douleur.
Il fut vite éliminé par ces fossoyeurs !

Aujourd’hui Sainte-Geneviève saigne et pleure.
Je sens bien ses larmes chaudes sous mon képi
Comme si sur moi Sarkozy faisait son pipi… »

Ben mon colon ! Au-delà des vers de mirliton, il fallait oser (Source http://lesdessousdela policenationale.blogs.nouvelobs.com/arc 4 avril 2010)

Les policiers de Villiers-le-Bel mis en examen

En novembre 2007, à Villiers-le-Bel (93), un accident mortel s’était produit, suite au « contact » entre une mini-moto, avec deux adolescents à bord et un véhicule de police ? Les deux garçons qui ne portaient pas de casque devaient trouver la mort. Malgré de nombreuses incohérences, lors d’une enquête bâclée, une ordonnance de non-lieu était rendue, en octobre 2009. Le 7 avril 2010, pourtant, suite à une délocalisation du dossier, la cour d’appel de Versailles infirmait cette décision. Cette instance ordonnant également la mise en examen, pour « homicide involontaire » du policier qui conduisait le véhicule, tout en annonçant qu’elle allait elle-même procéder au supplément d’information demandé par l’avocat des familles des deux victimes. Il est en tout cas avéré que les policiers étaient en phase d’accélération et circulaient à 64 Km/h, sans gyrophare ni avertisseur, au moment du choc. Quant aux syndicats de policiers, ils évoquent une décision « prise dans un climat de suspicion » envers les forces de l’ordre. (Sources, Canal +, 7 avril et Le Monde, 8 avril 2010)

Promotion au choix

Au lendemain des élections régionales, Nicolas Sarkozy avait promis de faire de la sécurité l’une de ses priorités. Le 7 avril, il convoquait les responsables du secteur à l’Elysées. Parmi les décisions prises, c’est un policier, Christian Lambert, qui devient préfet de Seine-Saint-Denis, en remplacement d’un préfet issu « de la diversité ». Par ailleurs, le nouveau directeur de la gendarmerie avait été membre du cabinet de Nicolas Sarkozy lorsque celui-ci était ministre de l’Intérieur. On ne peut pas ignorer que Christian Lambert avait fait partie de ceux que l’on qualifie du titre de « grand flic », puisqu’il a été chef du RAID, ainsi que patron des CRS. Décidément, les « racailles » du 9-3 seront sous haute surveillance. Le maire de Sevran commentait ainsi cette nomination : « On fait venir le GIGN en Seine-Saint-Denis, Sarkozy est déjà en campagne électorale ! » Comment ne pas rappeler que lors des récentes élections régionales, la tête de liste UMP, dans ce département, n’était autre que le commandant Bruno Beschizza, secrétaire général du syndicat de policiers Synergie-officiers. Simple coïncidence bien entendu. (D’après Le Monde et 20 Minutes, 8 avril 2010)

Rigolo

Le 7 avril, l’ancienne préfète de Lozère, en poste dans ce département jusqu’en juillet 2009, a été interpellée dans Les Ardennes et placée en garde à vue. Cette excellente fonctionnaire à autorité est juste soupçonnée d’avoir dérobé des tableaux de maîtres, de l’argenterie et des meubles dans l’appartement de fonction qu’elle occupait lors de sa dernière affectation. Une enquête a été ouverte pour « vol et détournement de biens par personne dépositaire de l’autorité publique. » Source, Le Monde, 9 avril 2010)

Ah bon ?

Frédéric Péchenard, directeur général de la police nationale, serait-il en rupture avec l’idéologie sécuritaire ? Dans une longue tribune, cet autre « grand flic » s’est laissé aller à écrire : « …La garde à vue a bien des inconvénients : non seulement elle est attentatoire à la liberté individuelle mais elle impose à l’enquêteur une foule de contraintes procédurales qui le détournent de ses investigations. » Cet humaniste, ami de trente ans de Nicolas Sarkozy, va jusqu’à expliquer : « Peut-on imaginer qu’un policer – responsable de ses résultats et qui doit à la société et aux victimes, de consacrer son temps de travail à la recherche de la vérité – accomplisse de gaîté de cœur de longues et fastidieuses démarches formellement prescrites par le régime de la garde à vue ? « Sans oublier, au passage, ces humiliations comme la fouille au corps, ainsi que le prélèvement ADN, dont Frédéric Péchenard estime qu’elles devraient être interdites. Etonnant, non ? Et puis cette affirmation : « Pour la police aussi, la baisse du nombre des gardes à vue serait salutaire… » A quand le passage au non-acte ? (D’après Le Monde, 9 avril 2010)

Police nouvelle, vieilles pratiques

Certaines informations tardent à nous parvenir, mais elles arrivent toujours à percer le mur du silence. Ainsi, lors de l’évacuation par la police des sans papiers qui occupaient un immeuble de la rue du Regard, dans le 6ème arrondissement de Paris, cette opération a été nettement plus musclée que la relation qui en a été faite par la presse écrite et audiovisuelle. Ce 1er avril, les squatteurs, évacués de façon musclée par les forces de l’ordre, vers 6 heures 30 du matin, étaient également victimes de jets de gaz lacrymogènes, tandis qu’un cameraman avait sa caméra brisée. Après l’évacuation, 150 à 200 personnes allaient se trouver encerclées par les policiers, devant l’entrée de la station de métro Saint Sulpice. Selon des témoins dignes de foi, il semble qu’une idée saugrenue ait germé dans l’esprit étroit des organisateurs de cette action répressive : interrompre la circulation des rames de métro de la ligne 4, afin d’affréter une voiture spéciale « sans papiers », vers une destination inconnue. Inutile de préciser que le parallèle avec les pratiques datant d’il y a presque 70 ans n’ont pas manqué de revenir en mémoire des plus anciens usagers du métro. (Source, Cercle de résistance Paris Sud, par Internet, 2 avril 2010)

Poucave

Dans l’après-midi du 12 avril, quelque 200 policiers, appuyés par un hélicoptère, effectuaient une descente dans une cité de Champigny-sur-Marne (94). Objectif : mettre fin à un trafic de cannabis. Cette opération, préparée depuis 4 ans, a fait un véritable flop. En effet, si les policiers mettaient la main sur moins de 2 kilos de cannabis, quelques armes de poing ainsi qu’une petite somme en euros,, une quinzaine de personnes étaient interpellées, dont une femme, adjoint de sécurité de la police nationale. Laquelle aurait averti les dealers de ce qui se préparait. (Source, Le Parisien et France Info, 13 avril 2010)

Liberté de penser !

Le 15 février 2010, à Paris, des policiers de la SAT (Section anti-terroriste) déboulent chez une assistante sociale. Il est 6 heures du matin, et la jeune femme voit s’engouffrer chez elle cinq policiers, armés de gilets pare-balles. Ils lui disent : « Nous sommes chez vous pour vos idées gauchos et vos actions militantes. » Il se trouve, effectivement, que la « délinquante » est membre du Réseau éducation sans frontière (RESF), et participe à une veille « anti-rafles », dont la fonction est d’alerter des militants par SMS en cas d’arrestations massives de sans papiers. Les policiers fouillent l’appartement, et demandent à leur victime si elle a des « lectures subversives ». Elle demande aux policiers si elle allait pouvoir sortir. Réponse de l’un des cow-boys : « Au train om vont les choses, ça m’étonnerait ! » Encadrée par trois policiers, la jeune femme est conduite au 36, Quai des Orfèvres. Suit la procédure devenue sinistrement habituelle : photos anthropométriques, prises d’empreinte diverses, suivies de l’inévitable mise à nu et fouille au corps de rigueur. Après un passage en cellule, cette dangereuse terroriste est interrogée sur « ses idées politiques », avec cette réflexion : « Madame, vous êtes là pour ça ! » Finalement, après plus de treize heures de garde à vue, les policiers finissent par conclure qu’elle n’est pas « la bonne personne ». Son avocate a déposé plainte pour « atteinte illégitime à sa vie privée, à son intégrité physique, à sa liberté d’aller et venir, ainsi qu’à sa dignité. » Source, Libération, 13 avril 2010)

Grogne

Le 13 avril, à Cannes, plusieurs dizaines de policiers municipaux se retrouvaient dans la rue pour protester contre des entraves à « leur liberté d’expression », tout comme pour défendre leurs revendications en matière de salaire et de retraite. (Source, Libération, 14 avril 2010)

Un commissariat très glissant

Dans la soirée du 13 avril, un citoyen, prénommé Philippe, se présente au commissariat de la rue de Clignancourt, dans le 18è arrondissement de Paris. Né au Sénégal il est visiblement noir. L’homme veut porter plainte pour « usurpation d’identité ». Le comité d’accueil doit être de qualité puisque, d’abord malmené, il est ensuite conduit au commissariat de la Goutte-d’Or (connu comme un trois étoiles répressif). Il en sortira plongé dans le coma. Selon l’unique version policière, Philippe serait arrivé « dans un état de surexcitation, sous l’emprise de l’alcool ou de stupéfiants. » D’un commissariat à l’autre, le ton serait donc monté et un policier aurait reçu un coup de poing. Celui-ci aurait alors tenté de maîtriser au sol « l’individu », avec l’aide d’une collègue. Ce qui va provoquer une chute générale dans les escaliers. Après cette dégringolade, Philippe est transféré dans un service d’investigation car il aurait « perdu connaissance » après avoir « cogné sa tête contre un banc. » La police des polices enquête mais les policiers soutiennent la thèse d’un dérapage accidentel. Selon une source proche de l’enquête, Philippe aurait été évacué vers l’hôpital Henri-Mondor de Créteil. Quant aux deux policiers qui ont chuté dans l’escalier, ils étaient examinés à l’Hôtel-Dieu et se voyaient délivrer deux et trois jours d’arrêt de travail, avant de porter plainte contre leur victime pour « violence volontaire ». De son côté, le maire socialiste du 18è arrondissement, Daniel Vaillant (auteur en octobre 2001 de la Loi sécurité quotidienne), s’inquiète « du nombre d’incidents constatés dans les commissariats du 18è arrondissement, dont la réputation n’est plus à faire. Il aurait été étonnant que les syndicats de policiers restent sans réaction, d’où cette intervention du syndicat de policiers en tenu Alliance, qui ne perçoit « aucun élément qui pourrait justifier une accusation pour violences illégitimes ou négligences des policiers. » (D’après Libération et Métro, 15 avril 2010)

Policiers zélés

Le 15 avril, deux policiers de la BAC comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Bobigny. Les faits ? Le 3 avril 2005, à Stains (93), ces deux fins limiers contrôlent un supposé petit délinquant, devant un établissement de boissons. Comme l’homme, qui se prénomme Mohamed, n’a pas ses papiers sur lui, les policiers disent qu’ils vont le conduire au poste. En fait, le « délinquant », menotté, est emmené en forêt. Il affirme avoir été malmené durant le trajet, les policiers voulant obtenir des renseignements sur un trafic de stupéfiants. Arrivé en forêt, il est sorti du véhicule de police et frappé. Ensuite, l’un des policiers lui colle le canon d’un révolver dans la bouche. Cette petite séance est interrompue par la présence d’une riveraine. En juin 2005, Mohamed porte plainte devant l’IGS. Bien entendu, les policiers avancent une toute autre version, mais la riveraine confirme les dires de « l’individu ». Les policiers seront mis en examen, mais le soutien de leur hiérarchie permettra de faire durer l’enquête pendant 5 ans. Finalement, pour les enquêteurs de l’IGS, « ces fonctionnaires de la BAC étaient jeunes et avaient été laissés sans contrôle suffisant sur la voie publique par leur hiérarchie. » A suivre, peut-être… (Source, France-Soir, 15 avril 2010)

Fouchtra !

Notre ministre de l’Intérieur, 1er flic de France, illustre ce qui est plus qu’un lieu commun : les policiers ne son pas plus racistes que la moyenne des Français. Lesquels, selon une statistique basse, seraient environ 30% à ne pas apprécier ceux qui ne leur ressemblent pas. Il convient de se souvenir que, le 15 septembre 2009, lors d’une université de l’UMP, Brice Hortefeux expliquait, après dérapage, qu’il avait évoqué des Auvergnats, alors qu’il s’était laissé à dire, devant un jeune militant UMP, d’origine arabe : « Quand il y en a un, ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes ! » Suite à ce propos peu convivial, émis par un ministre de la République, le MRAP avait porté plainte pour « injures raciales ». Le 16 avril 2010, le procès se déroulait devant la 17è chambre correctionnelle de Paris. Pour le parquet, il s’agissait bien d’un « propos outrageant, méprisant » et « le délit d’injures raciales » bel et bien constitué. Il n’en reste pas moins pour le procureur qu’il s’agissait « d’une discussion à bâtons rompus », s’adressant à « un groupe privé ». il ne serait donc pas possible de poursuivre ces propos, aussi « critiquables soient-ils ». Belle conclusion susceptible d’encourager les policiers à s’occuper sérieusement des « Auvergnats ». Jugement le 4 juin. (D’après Le Monde, 19 avril 2010)

Biture mortelle

Comme à l’habitude, l’information qui suit ne fera pas la « une » des grands quotidiens nationaux. Le 17 avril, à Boulogne-Billancourt, (92), un SDF était retrouvé mort au commissariat de police après avoir passé la nuit sans une cellule de dégrisement. Il est possible que les policiers de service aient oublié de le border. Bien entendu, l’IGS enquête. (D’après France Inter, 17 avril et Direct-Matin, 19 avril 2010)

Chute provoquée ?

Le 16 avril, à Paris, un groupe de jeunes basques escaladaient l’Arc de Triomphe de la place de l’Etoile. Leur but : y accrocher une banderole rappelant la mort suspecte d’un militant de l’ETA, retrouvé à la morgue, le 15 mars 2010. L’un d’eux, en redescendant en rappel du monument, devait faire une chute de 20 mètres. Selon les manifestants, les policiers auraient provoqué la chute de ce militant qui souffre de multiples fractures. (Source, Libération, 19 avril 2010)

Coupures de presse

Pour alimenter ce bulletin, il nous est nécessaire de disposer des informations paraissant dans la presse régionale, à propos des dérives policières, dont la presse nationale ne rend compte que très rarement. Merci de nous faire parvenir les coupures de presse à : Observatoire des libertés publiques, 20 rue Courat, 75020 Paris.

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