quefaitlapolicelogo Que fait la police – Bulletin d’information anti-autoritaire – Nouvelle série – numéro 42 – août/septembre 2010


Editorial : Le policier et le Pékin (suite de l’éditorial du numéro 41)

Il va de soi que la police n’a jamais été constituée d’enfants de cœur mais il faut bien constater que les rapports police/citoyens ne font que se détériorer. Il est vrai que les uns et les autres n’utilisent pas le même langage ou, tout au moins, le même vocabulaire. Face à un intellectuel, le policier ordinaire se sent tellement stupide que cela peut le rendre vulgaire. Dans le jargon policier, chaque mot ressemble à un ordre impératif qu’il faut sur tout bien se garder de ne pas prendre au sérieux. Lorsque l’on se considère comme le régulateur d’une société risquant de partir à la dérive, il faut bien que se manifeste un minimum d’autorité !

Faute de quoi, où irions-nous ? C’est à ce niveau de réflexion que se situent deux questions essentielles :
– Est-il possible de vivre harmonieusement sans police ?
– Les policiers seraient-ils en mesure d’exercer leur activité s’ils ne bénéficiaient que de pouvoirs limités ?

A cette double interrogation, il est possible de répondre par une autre question : la société a-t-elle besoin d’être mise constamment sous haute surveillance ? De façon modérée, il est possible de dire que, lorsque le policier cessera de considérer ses concitoyens comme des « individus », le climat social ne pourra que s’en trouver amélioré. Si cela pouvait être envisagé, le défenseur de la veuve et de l’orphelin aurait changé de nature. Pourtant, à aucun moment, le serviteur de l’ordre public ne peut imaginer qu’il fait partie de la communauté des citoyens. Bien sûr, il paraît semblable à ceux qu’il côtoie, hors du service, mais ses tuteurs, en école de police, n’ont cessé de lui expliquer qu’il se doit d’être policier 24 heures sur 24. D’où cette raideur obligée, qui le fait considérer comme un être insensible. Il est peut-être marié, et père d’adorables enfants, mais nous croyons savoir qu’à l’intérieur du foyer familial, les rapports ne sont pas vraiment ce qu’ils devraient être. Mentalement, le policier ne sort jamais de son commissariat et offre à ses proches ce visage revêche qui le fait reconnaitre immédiatement par ceux qu’il croise dans la rue. Même en civil, tout dans son comportement révèle le policier, toujours aux aguets, constamment méfiant, prêt à bondir sur une proie possible. D’où cette difficulté à communiquer paisiblement avec ceux dont il est chargé d’assurer la sécurité. (A suivre)
Maurice Rajsfus

Forte pensée
« Le police est une chose si abominable que les Turcs préfèrent la peste, et les Anglais des voleurs. » (Champcenetz)

Rigolo
Dans l’après-midi du 1er juin, à Lyon, une équipe de braqueurs, armés de fusils d’assaut s’attaquaient à une bijouterie, en centre ville. Les malfrats étaient arrivés à bord d’un véhicule équipé d’un gyrophare. Tous portaient une vareuse avec « police » dans le dos. L’un d’eux faisait même dégager les passants présents sur le trottoir. (Source, Direct Matin, 2 juin 2010)

Municipaux en colère
Le 1er juin, quelque 3 500 policiers municipaux, sur 18 000, ont manifesté dans les grandes villes du pays. Ces sous-policiers désiraient dénoncer le manque de reconnaissance de leur profession, et obtenir les mêmes avantages salariaux que leurs collègues de la police nationale. Cela en un temps où la volonté du pouvoir paraît forte de confier aux « municipaux » les tâches dévolues aux « nationaux ». (D’après Direct Matin, 2 juin 2010)

A l’abordage
Dans la matinée du 2 juin, dans le 7ème arrondissement de Paris, cinquante militants du 9ème collectif des sans papiers, qui occupaient le siège de l’organisation internationale de la francophonie, alors que se déroulait le sommet Afrique-France, étaient « évacués » par la police. (Source, Direct Matin, 3 juin 2010)

Alerte au gaz !
Le 3 juin, vers 7 h 30, à Paris, de nombreux policiers expulsent les sans papiers qui campaient depuis une semaine sur les marches de l’Opéra Bastille. Sans violence, selon les autorités policières. En fait, les images visibles sur plusieurs chaînes de télévision, comme sur Internet, montrent les policiers usant généreusement de la matraque et des gaz lacrymogènes pour évacuer ces sans papiers revendiquant leur régularisation. De plus, contrairement aux affirmations de la préfecture de police, quarante-trois sans papiers devaient être interpellés, et certains d’entre eux placés en garde à vue pour quelques heures. (Source, France Inter, 3 juin 2010)

Comptine
Certains de nos correspondants ne se lassent pas d’alimenter cette rubrique car il faut bien rire un peu face à la volonté des policiers de nous faire marcher droit :
« Une trique
Pour la traque
Cogne, cogne, cogne
Ce sont les cognes
Poulardin
Peau d’lapin
Rintintin
Fait bobo
A pauvre bibi.
(A votre tour, si le cœur vous en dit, le droit de persifler est encore autorisé)

Cavalerie lourde
Le 2 juin, en fin d’après-midi, à l’Hay-les-Roses (94), c’était l’effervescence. Vingt-trois fourgons de police, avec une soixantaine de policiers, dont certains armés de flash-ball, investissaient la ville. Plus tôt dans la journée, une voiture de police avait été caillassée pendant une perquisition. C’était, aussitôt, l’appel aux renforts, et les policiers, venus de Choisy-le-Roi, Vitry-sur-Seine et Villejuif, se joignaient à leurs collègues locaux. Les forces de l’ordre investissaient un immeuble pour procéder à des fouilles, cela dans un quartier pas vraiment difficile. Comme les policiers ne pouvaient pas s’être déplacés pour rien, ils finissaient par procéder à une interpellation. Durant les deux heures que devait durer cette intervention, les habitants du quartier étaient empêchés de regagner leur domicile. « Ils ont ramené la cavalerie » commentait un riverain. (Source, le Parisien, 3 juin 2010)

Hortefeux, délinquant raciste !
Grand chef de toutes les polices de France réunies, Brice Hortefeux était pris en flagrant délit de propos racistes avérés, le 6 septembre 2009, lors de l’université d’été de l’UMP. Evoquant les citoyens français d’origine Arabe, il n’avait pas craint cette sinistre boutade : « Quand il y en a un, ça va. C’est quand il y en a beaucoup que ça pose des problèmes ! » Suite à cette insupportable mauvaise plaisanterie, le MRAP devait poursuivre le ministre devant les tribunaux. Le I6 avril 2010, lors du procès, le procureur avait requis la relaxe, estimant que le doute planait sur le caractère public de la conversation. Il n’empêche, lors du délibéré, le 4 mai 2010, le tribunal correctionnel de Paris devait condamner l’insulteur à 750 euros d’amende, plus 2000 euros de dommages et intérêts pour « injures envers un groupe de personnes en raison de leur origine ». S’estimant non coupable, car coutumier de ce genre de dérapage, le ministre a immédiatement fait appel de ce jugement, pendant que Dominique de Villepin martelait : « Ce n’est pas possible de laisser la police républicaine, qui patrouille dans les zones urbaines, sous la responsabilité d’un ministre condamné pour bavures raciales ». On ne le lui fait pas dire, mais notre police est-elle vraiment républicaine ? (D’après Libération, 5 juin 2010)

Navrant !
Selon un sondage CSA, 56% des Français estiment que la généralisation du port d’arme à l’ensemble des policiers municipaux serait plutôt une bonne chose. Seuls 38% des personnes interrogées y sont opposées. (Source, Le Parisien, 6 juin 2010)

La haine
. Le 3 juin, à Nanterre (92) trois hommes ont agressé un policier alors qu’il quittait son commissariat. Il semble que celui-ci était attendu, pour des raisons que l’on ignore. Le fonctionnaire aurait eu le nez cassé, une joue fracturée, risquant même de perdre un œil. (Source, 20 Minutes, 7 juin 2010)
. Dans la nuit du 5 au 6 juin, trois policiers, dont le véhicule était caillassé, lors d’une patrouille à Choisy-le-Roi (94) ont été légèrement blessés. Selon une source policière, les fonctionnaires s’étaient trouvés entourés par une vingtaine de jeunes qui ont fait exploser les vitres de leur véhicule. (Source, Métro, 7 juin 2010)

Retour sur l’affaire Soumaré
On se souvient que lors de la campagne électorale pour les élections régionales, deux élus de droite du Val d’Oise avaient tenté de salir le candidat socialiste Ali Soumaré, en le qualifiant de délinquant multirécidiviste. D’où venaient ces fausses informations, concernant un ou plusieurs homonymes ? Il semblait que des policiers aient consulté le STIC, avant de transmettre de fausses informations pour mettre en difficulté le candidat de gauche. Ce qui est démenti fina1ement par le président de la CNIL, désormais persuadé que le dossier d’Ali Soumaré aurait été consulté au tribunal de Pontoise. Il n’empêche, Frédéric Péchenard, directeur général de la police nationale, qui assurait que la fuite ne provenait pas de ses services, a malgré tout reconnu qu’entre septembre 2009 et février 2010, 54 policiers auraient, à 74 reprises consulté le patronyme Soumaré, sur le STIC. Parmi eux, 34 se prénommaient Ali. Curieux quand même… (Source, Le Monde, 8 juin 2010)

Vigiles éducateurs
Des vigiles assisteraient les éducateurs d’un centre de placement immédiat (CPI), à Pantin (93). Les CPI accueillent, sur décision judiciaire, les mineurs délinquants âgés de 13 à 18 ans. Pour les syndicats d’éducateurs, ce projet constitue une nouvelle atteinte à leur mission éducative, au profit d’une orientation sécuritaire. Ils estiment que la présence d’un agent de surveillance ne contribuerait qu’à exacerber les tensions, et générer de la violence dans les centres. (Source, Le Monde, 8 juin 2010)

Alerte au gaz (2)
Le 8 juin, à Paris, plusieurs milliers d’infirmiers anesthésistes manifestaient pour la reconnaissance de leur spécialité. Pendant qu’une délégation était reçue au ministère de la Santé, les forces de l’ordre chargeaient, faisant usage de tirs de gaz lacrymogène. (Source, 20 Minutes, 9 juin 2010)

Doigt d’honneur ?
Le 31 mai, à Montreuil (93), un adolescent faisait un « mauvais geste » en direction d’un conducteur d’autobus qui ne s’était pas arrêté. Deux policiers, présents non loin, estimaient que ce geste, « un doigt d’honneur affirmaient-ils », leur étaient adressé. Ils devaient alors décider d’entrainer vers un terrain vague ce « délinquant » censé les avoir outragés, avant de le passer à tabac. Huit jours d’incapacité pour ce garçon âgé de 16 ans, qui a porté plainte auprès de l’IGS. (Source, France Info et Canal +, 10 juin 2010)

Course poursuite
Le 10 juin, à Courcouronnes (9I), un homme qui circulait sans casque sur une motocross non-homologuée, était poursuivi par des policiers. Alors qu’il venait de griller un feu rouge, les policiers tentaient de l’intercepter mais le motard accélérait et renversait une passante. Ensuite, arrivant à grande vitesse, au bout d’une impasse, il sautait sur un trottoir puis, glissant sur une vingtaine de mètres, avant de se retrouver gravement blessé à l’hôpital. Le système de vidéo-surveillance, montre que la police aurait été « loin » au moment de l’accident. Pas de contact donc, comme disent les policiers, qui savent pourtant que ce genre de poursuite se termine trop souvent par un accident, parfois mortel. (D’après, Direct Matin, 14 juin 2010)

Sociétés privés de sécurité
Le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, a dans ses cartons le projet de création d’une délégation interministérielle à la sécurité privée, a-t-on appris le 14 juin. A la tête de cette structure, un préfet serait chargé de veiller à une meilleure intégration des quelque 165 000 agents (vigiles, maîtres-chiens, gardes du corps, etc. ) que comptent actuellement les sociétés privées de sécurité. Cette évolution paraît aller dans le sens voulu par Nicolas Sarkozy, qui, il y a peu, exprimait le souhait de voir confier à ces structures privées des tâches assumées par la police nationale. (D’après, Direct Matin, 15 juin 2010)

La peur de la police
Dans la matinée du 14 juin, à Bagneux (92), un homme s’est tué en sautant par la fenêtre du 9ème étage de son immeuble, au moment où les policiers se présentaient à son domicile, dans le cadre d’une enquête sur un trafic de stupéfiant. L’IGS enquête également. (Source, Direct Matin, 15 juin 2010)

Profilage
Le 15 juin, le Conseil de l’Europe publiait son quatrième rapport sur la France. La situation est jugée préoccupante pour le pays des Droits de l’homme, particulièrement envers certaines pratiques policières. Ainsi, le recours au « profilage racial », pour « réaliser des contrôles d’identité ». (Source, Libération, 16 juin 2010)

Policier autiste
Le 17 juin, dans le RER, un jeune mal voyant était interpellé par des policiers désireux de se montrer productifs. Motif : son chien guide n’avait pas de muselière. La loi l’en exemptant pourtant. Ce jeune homme porte plainte pour « contrôle abusif, abus de pouvoir et discrimination », auprès du procureur de Créteil. (Source, Libération, 19 juin 2010)

Quand un gendarme dérape
Le I8 juin, un gendarme basé à Nouméa (Nouvelle Calédonie), était mis en examen. Ce brave pandore rémunérait ses indics avec de la marijuana. Le comble étant que cette herbe qui fait rire provenait des saisies effectuées par la gendarmerie. Par ailleurs, l’excellent militaire partageait le fruit des saisies avec les médecins qui intervenaient dans le cadre des placements en garde à vue. (Source, Le Provençal, 21 juin 2010)

Salut au drapeau
Le 19 juin, la police de Versailles plaçait en garde à vue deux jeunes suspectés d’avoir dérobé les drapeaux français disposés sur une façade à Viroflay (78). Sans doute un délit majeur. (Source, Le Provençal, 21 juin 2010)

Fête de la répression
La police s’est particulièrement distinguée au cours de la fête de la musique, en région parisienne, dans la nuit du 21 au 22 juin. 194 personnes devaient être interpellées, à Paris intra-muros, 27 dans les Haute-de-Seine, 12 en Seine Saint-Denis et 6 dans le Val de Marne. Soit 239 interpellations, dont un certain nombre de placements en garde à vue. (Source, Métro, 23 juin 2010)

Délit de faciès ?
A Rennes, le 19 juin, un postier était verbalisé par des policiers parce qu’il conduisait son vélo d’une seule main. Va suivre un contrôle d’alcoolémie, négatif, au commissariat, mais une amende de 22 euros pour « défaut de maitrise de véhicule ». Il est reproché à ce postier d’avoir emprunté la voie réservée aux cyclistes, ce qui est pour le moins curieux. Pour finir, il entend les policiers lui dire : « T’es pas de chez nous !  » En effet, ce facteur est noir de peau car d’origine congolaise. Finalement, cette victime du zèle policier va porter plainte pour discrimination, auprès de la Halde. (Source, France Inter, 23 juin, et Canal +, 24 juin 2010)

Feu à volonté
Dans la matinée du 24 Juin, à Stains (93), un homme âgé de 47 ans était grièvement blessé par les tirs d’un policier. Alors que cet homme menaçait des personnes avec un cutter, ce gardien de la paix, n’écoutant que son courage, ouvrait le feu à plusieurs reprises, s’estimant, selon une source policière, en situation de légitime défense. (Source, Direct Matin, 25 juin 2010)

Nicolas Sarkozy chahuté à la Courneuve
Dans la soirée du 23 juin, Nicolas Sarkozy avait décidé de revenir à la cité des 4 000, à la Courneuve (93), ce lieu même où, en 2005, il avait proclamé qu’il fallait passer ce quartier au karcher. Un seul incident à signaler : un jeune homme âgé de 21 ans devait lancer au président de la République : « Va te faire enculer, connard ! Ici t’es chez moi ! » Allait suivre une interpellation musclée laissant de lourdes traces d’ecchymoses sur le visage de l’insolent, qui devait bénéficier de neuf jours d’incapacité totale de travail. Lors de l’interpellation du jeune homme, un journaliste de FR 3, qui voulait filmer la scène, était gifflé par un policier. Jugé en comparution immédiate, le 25 juin, l’insulteur, prénommé Mohamed, était condamné à 35 heures de travaux d’intérêt général. Au cours de l’audience où il était jugé pour « outrage au président de la République » et « rébellion », Mohamed rappelle que les policiers l’on jeté à terre : « Ils m’ont étranglé. Je n’arrivais plus à respirer. J’ai cru mourir. » Alors que les policiers tentaient d’expliquer que le garçon s’était blessé au coure d’une chute.  » Pour bien se faire comprendre, Mohamed devait expliquer aux juges : « Je voulais dire que j’étais pas d’accord avec lui. Je l’ai fait avec mon langage. Lui, il dit bien sale con… » (Source, Le Parisien, 26 juin 2010)

Geôliers de la République
Dans la banlieue nord-est de Paris, le centre de rétention du Mesnil-Amelot, les forces de l’ordre qui gèrent ce lieu où sont enfermés des sans papiers voués à l’expulsion se conduisent envers ces parias comme s’il s’agissait de criminels de droit commun. Dans la nuit du 26 au 27 juin, un « retenu » marocain, qui refusait de prendre l’avion pour Casablanca, affirme avoir été tabassé par deux policiers et trois gendarmes. Comment s’étonner que, dans un tel climat, au cours de la semaine du 21 au 26 juin, il y a eu deux tentatives de suicide par pendaison et deux mutilations ? Sans oublier un refus d’accès aux soins. Ces informations émanent de la CIMADE et de l’association SOS soutien ô sans papiers. De son côté, le directeur du centre s’est refusé à tout commentaire, tandis que sa hiérarchie indiquait ne pas « être au courant de ces événements ». Dans le même temps, la préfecture de Seine-et-Marne affirmait : « I1 n’y a eu aucun incident général significatif ». (Source, Métro, 28 juin 2010)

Bavure en vraie grandeur
Le 11 juin 2009, à Argenteuil, un retraité algérien, âgé de 69 ans, venu passer quelques jours de vacances en France, était interpellé en compagnie de l’un de ses amis -lequel était en état d’ébriété. Les deux hommes, jetés à terre et menottés dans le dos, devaient rester dans cette position durant une heure. Dans un premier temps, après la mort de l’un d’eux, Ali Ziri, le parquet avait tout d’abord classé l’affaire. Pourtant suite à l’action du collectif local « Vérité et Justice pour Ali Ziri », l’enquête était rouverte car, en octobre 2009, une seconde autopsie relevait de nombreux hématomes, certains ayant la forme d’une chaussure. Depuis, l’affaire était au point mort mais l’avocat de la famille des deux hommes était poursuivi pour outrage à agent. Le 25 juin 2010, le procès de cet avocat ayant été renvoyé, le substitut du procureur du tribuna1 de Pontoise estimait que cette procédure devait être jointe à celle concernant la mort d’Ali Ziri. Pourtant, les huit policiers impliqués dans le décès de ce retraité algérien n’ont toujours pas été suspendus. (Source, le Parisien, 26 juin 2010)

La haine
Dans l’après-midi du 28 juin, à Saint-Denis (93), un poste de commandement de CRS était la cible de deux projectiles incendiaires. L’incident n’a pourtant fait ni victime, ni dégâts. (Source, Direct Matin, 29 juin 2010)

Stratégie de tension
Mardi 29 juin, vers 17 H 30, près du Forum des Halles, à Paris, il était possible de remarquer sept fourgons de CRS, alignés le long du jardin, dans ce quartier sans doute considéré comme « sensible » par la police. Il ne se passait rien, mais des groupes de CRS patrouillaient dans les rues grouillant de touristes. Il ne se passait rien mais la police paraissait veiller au grain. On ne sait jamais. Des fois que des « sauvageons » étrangers s’aviseraient de semer le trouble. Peut-être en est-il ainsi tous les jours, mais les policiers sont placés sous obligation de réserve. Alors… (Courrier reçu à l’Observatoire des libertés publiques le 1er juillet 2010)

Contradictions policières
Au cours du procès des « tireurs » de Villiers-le-Bel, qui se déroulait à la cour d’assise de Pontoise, trois des témoins -délateurs sous X- ne s’étaient pas présentés à la barre, le 28 juin. Il leur avait été promis pourtant, que leur déposition se ferait par écran interposé, visage flouté et voix déformée. Le 29 juin, un autre de ces délateurs légaux devait omettre de venir à l’audience. Pourtant, malgré la loi qui l’y autorise, la présidente de la cour d’assise hésitait à utiliser le recours judiciaire, avec cet argument : Aller faire rechercher un témoin à Villiers-le-Bel, par des policiers en uniforme, c’est lever son anonymat ! » (Source, Direct Matin, 30 juin 2010)

Curieuse perquisition
Le 29 juin, vers 18 heures, quelque 200 policiers investissaient brutalement le foyer de travailleurs immigrés Senghor, dans le 13ème arrondissement de Paris. Les forces de l’ordre recherchaient des vendeurs à la sauvette, au cours d’une opération « coup de poing, conduite par la Direction de sécurité et proximité de l’agglomération parisienne (DSPAP). Couloir par couloir, chambre par chambre, les policiers devaient se livrer à des contrô1es d’identité, et à des fouilles draconiennes. L’opération ne devait s’achever que vers 1 heure du matin. La rue du Chevaleret où se situe ce foyer, dont la majorité des résidents sont Sénégalais, était totalement bouclée. Résultat des courses : une quarantaine d’interpellation, la saisie de 20 000 euros en espèce, de plusieurs mètres cubes de tours Eiffel souvenir, ainsi que de cartes postales. L’un des résidents raconte : « les policiers ont fouillé ma chambre, n’ont rien trouvé, mais ça ne les a pas empêchés de m’interdire de prier et d’aller aux toilettes. » Un autre résident commentait : « Le motif de la contrebande, c’est bidon… C’est juste un pacte entre la direction (du foyer) et les flics pour aider le préfet à remplir ses quotas ! » Sans oublier les riverains empêchés de regagner leur domicile durant plusieurs heures… (Source, Libération, 1 er juillet 2010)

Bijou convivial
Le 30 juin, lors de la séance des questions au gouvernement, à 1’Assemblée Nationale, Brice Horteteux s’est livré à une nouvelle démonstration de xénophobie active. Evoquant les étrangers présentant une « menace à l’ordre public », et qui font « l’objet d’un recours contre leur expulsion, ceux 1à seront « désormais » obligés de porter un bracelet électronique. (Source, Le Monde, 2 juillet 2010)

La peur de la police !
Un homme, dont l’identité n’a pas été précisée, s’est noyé dans la Seine, à Draveil (91) dans la matinée du 1er juillet. Cet homme, qui s’était enfui à la vue d’une patrouille de police, se voyait immédiatement poursuivi. Sans doute affolé il devait plonger dans le fleuve pour tenter de gagner la rive opposée. Les policiers parvenaient à le sortir de l’eau mais il devait décéder rapidement. (Sources, Direct Matin et 20 Minutes, 2 juillet 2010)

Trois heures au poste pour avoir roulé en trottinette
Le 28 juin, un jeune marseillais, prénommé Aaron, qui circulait sur une trottinette, était interpellé par trois policiers. Ils commencent à demander à ce garçon, âgé de 13 ans, les papiers de son « véhicule », puis ils lui intiment d’ouvrir la petite boite à outils, où se trouve un téléphone portable. Réflexion immédiate : « Tu l’as volé, hein ! » Aaron est menotté, puis conduit au commissariat du 6ème arrondissement. Il raconte : « Je tremblais, j’ai commencé à pleurer. J’avais honte que des gens qui me connaissaient me voient. Eux se foutaient de ma gueule parce que j’étais en larmes. Ils m’ont traité comme un chien ! » Le garçon est soupçonné d’un « éventail de délits ». Il est vrai que le parquet précisait déjà que l’adolescent utilisait : « Un véhicule non homologué sur la voie publique. » Au commissariat, il est fouillé. En fin de soirée, son père, prévenu, vient le chercher, et les policiers lui remettent une convocation pour le lendemain. C’est alors qu’on indiquera au père que la trottinette a été confisquée et qu’elle serait détruite. Il se trouve que cet homme, ancien gendarme, s’est dit outré du comportement des policiers. Il commentait : « La police a autre chose à faire, non ? » Suite à cet incident, le père devait tenter de porter plainte à plusieurs reprises mais se serait heurté à un refus. (Source, La Provence, 3 juillet 2010)

Policiers de gauche…
Dans la nuit du 3 juillet, après le prononcé du verdict, condamnant les jeunes de Villiers-le-Bel à de lourdes peines, sans la moindre preuve, mais en s’appuyant sur des dénonciations sous X, les policiers n’ont pas manqué d’exprimer leur satisfaction. Parmi eux, Henri Martin, secrétaire général du syndicat SGP-Unité police (dit de gauche) tenait à déclarer : Ce soir, les jurés ont fait leur métier, en rendant une bonne justice ! » (Source RTL.fr , sur internet, 4 juillet 2010)

Ripou méridional
Le 2 juillet, à Marseille, un enquêteur du SRPJ (Service régional de la police judiciaire) était mis en examen, avant d’être écroué. Motif ? Violation du secret de l’instruction. Interpellé le 30 juin en compagnie de son épouse, ce policier est suspecté d’avoir alimenté le milieu marseillais en informations précieuses pour le mettre en garde. (Source, Métro, 5 juillet 2010)

Plaisanterie ?
Dans la matinée du 5 juillet, trois cents personnes étaient évacuées de la préfecture de police de Paris. Un appel téléphonique anonyme avait averti qu’un engin allait exploser. I1 ne s’agissait que d’une fausse alerte à la bombe, émanant certainement d’un fervent ami de la police… (Source, 20 Minutes, 6 juillet 2010)

Droit d’asile
A l’aube du 6 juillet, une compagnie de 75 CRS évacuait un important campement de 150 à 200 Roms, à Saint-Denis (93). Bienveillante, la police avait attendu la fin de l’année scolaire pour procéder à cette opération. Généreusement, les policiers devaient laisser le temps aux occupants de récupérer leurs biens avant que les pelleteuses ne détruisent les pauvres baraquements où ces Roms vivaient depuis une dizaine d’années pour certains d’entre eux. (Source, Métro, 7 juillet 2010)

Porosité policière
Le 6 juillet, six policiers de la Direction centrale de la sécurité publique étaient interpellés à Marseille et à Nîmes. Deux de ces policiers, informateurs du grand banditisme marseillais, étaient maintenus en garde à vue. Un enquêteur déplore un « problème de porosité au sein de la police marseillaise », mais une information a été ouverte pour « corruption passive et violation du secret de l’instruction. » La corruption paraît avérée, et il est bien évident que les renseignements fournis aux truands n’étaient pas gratuit. Rapidement, Brice Hortefeux tenait à affirmer que si les faits étaient avérés, des sanctions particulièrement exemplaires » seraient appliquées. Propos repris par Frédéric Péchenard, directeur général de la police nationale, qui tempêtait à son tour : « Cette enquête est une très bonne chose. Si elle révèle une faute avérée, les policiers seront sévèrement sanctionnés ! » De son côté, 1e syndicat (dit de gauche) SGP-Unité police, faisait savoir que s’il y avait quelques brebis galeuses dans la police, ce ne pouvait être qu’un épiphénomène. (Sources, libération, 7 juillet et Le Monde, 8 juillet 2010)

Ah bon …
Le préfet de Seine Saint-Denis, Christian Lambert a demandé aux policiers du département de ne plus poursuivre les conducteurs de mini motos ou de quads, mais simplement de les identifier pour les interpeller ultérieurement. L’objectif, a expliqué le préfet, le 7 juillet, est d’éviter les accidents lors des courses-poursuites. Il était temps. (Sources, Direct Matin et Métro, 8 juillet 2010)

Avec cœur et humanité
Dans la matinée du 8 juillet, à la cité des 4 000, à La Courneuve (93), des policiers, en grand nombre, procédaient à l’expulsion de squatteurs d’un immeuble destiné à la démolition. Selon la police, l’opération se serait déroulée dans le calme. Il semble que la réalité a été très différente, et la brutalité paraît avoir présidé à l’intervention des CRS. Un père de famille racontait : « Ils nous ont bousculé, et ont même marché sur mon enfant. » En douceur, bien entendu… (Source, France 3, 8 juillet 2010)

Ripoux marseillais (suite)
Un fonctionnaire de police, affecté à la Direction départementale de la sécurité publique des Bouches-du-Rhône, a été mis en examen le 8 juillet pour « délit d’accès frauduleux dans un système informatique » (Ce qui signifie, en clair, que ce policier a dû consulter le STIC à des fins peu convenables). Ce fonctionnaire, âgé de 43 ans, avait été interpellé le 7 juillet dans le cadre d’une opération « mains propres » organisée au sein de la police marseillaise. (D’après Libération, 9 juillet 2010)

Cocorico
Un bilan triomphal a été dressé, le 9 juillet, par Eric Besson, gardien de l’Identité nationale. Les policiers et gendarmes, ainsi que les divers auxiliaires de l’autorité ont bien travaillé puis que I4 670 étrangers en situation irrégulière (c’est à dire sans papiers) ont été expulsés au cours du premier semestre de 2010. Pour l’ensemble de l’année, l’objectif du ministre est de 28 000 reconduites à la frontière, contre plus de 29 000, en 2009. (Source, Le Monde, 12 juillet 2010)

Snif, snif
Le I3 juillet, à Bayonne, un policier qui protégeait un trafiquant de cocaïne a été condamné à un an de prison. L’excellent fonctionnaire avait été dénoncé par celui qui lui devait lui servir d’indicateur. (Source, France Info, 14 juillet 20IO)

14 juillet : Paris sous haute surveillance
Pour la journée du 14 iuillet, Paris était bien protégé. Quelque 3 000 policiers et gendarmes mobiles veillaient sur la sécurité de la capitale. Particulièrement dans la zone allant de la place de l’Etoile à la place de la Concorde. Huit stations de métro étaient fermées -sans doute pour inciter les Parisiens à la marche à pieds. Par ailleurs, à travers la France, la police devait procéder à près 400 interpellations. (Source, Aujourd’hui, et France Inter, 14 juillet 2010)

Alerte au gaz
Dans la soirée du 14 juillet, quelques centaines d’indépendantistes basques, qui manifestaient à Bayonne, devaient être dispersés par la police à l’aide de gaz lacrymogène. (Source, France Inter, 15 juillet 2010)

16 juillet 2010
A l’aube du 16 juillet, plus de 150 policiers, gendarmes mobiles et douaniers investissaient deux cités de la ville de Sevran (93). But affiché : mettre la main sur des trafiquant de drogue et anéantir l’économie parallèle. Au fil de la matinée, la teneur des communiqués se modifiait. Selon la préfecture de Seine Saint-Denis, il s’agissait surtout de « nettoyer » les halls d’immeuble. Pourtant, comme il ne fallait pas que cette opération puisse paraître inutile, la préfecture faisait savoir qu’un kilo de cannabis aurait été saisi, ainsi qu’une arme de poing et quelques munitions. « Une opération anti-drogue qui fait flop ! », titrait Libération, le 17 juillet. En cette journée, où la presse écrite mais également audiovisuelle, avait négligé de rappeler la rafle du Veltd’Hiv’, réalisée exclusivement par des policiers français, le 16 juillet 1942, il fallait bien que nos forces de l’ordre s’illustrent d’une façon ou d’une autre. M.R.

Score
De source officielle, nous apprenons que 3 109 policiers ont comparu devant les Commissions de discipline de la police nationale, en 2009. Les sanctions diverses et leurs motifs n’étant pas révélés au bon peuple, qui n’a pas à les connaitre. Au ministère de l’Intérieur, on se félicitait de ce chiffre puisqu’il y aurait 10% de « délinquants » en uniforme, en moins, par rapport à 2008… (D’après France Inter, 16 juillet 2010)

Moins câlins qu’on ne l’a dit
A l’aube du 6 juillet, la police faisait irruption dans le camp de Roms du Hanul, à Saint-Denis (93), pour en expulser les I50 occupants. La presse ne s’était pas étendue sur cette opération (voir plus haut), et les rares échos laissaient entendre que tout cela s’était passé tranquillement. Ce que l’on ignorait, c’est que le 8 juillet, les familles qui s’étaient réfugiées en centre-ville avaient été victimes d’une opération « coup de poing ». Dans la matinée, treize fourgons de CRS et dix véhicules de police avaient été mobilisés pour les déloger de nouveau. Au cours de cet assaut, 24 militants en soutien étaient interpellés, l’un d’eux frappé puis placé en garde à vue, et ensuite mis en examen simplement parce qu’il prenait des photos du savoir-faire des policiers. (Source, Tout est à nous, 15 juillet 2010)

Acharnement
A Toulouse, la police aux frontières (PAF) a trouvé une astuce infaillible pour coincer les sans papiers, sans se faire accuser de pratiquer le contrôle au faciès. Les policiers se planquent à proximité d’un passage protégé et attendent une « traversée irrégulière de la chaussée par un piéton ». Il n’empêche, les cibles choisies sont visibles, et l’amende de 4 euros est complétée par un contrôle d’identité -les contrevenants étant souvent des sans papiers. Rien que pour le mois de mai 2010, une dizaine d’étrangers en situation irrégulière ont été ainsi embarqués vers le centre de rétention de la ville. Comme le souligne un avocat toulousain : « La PAF n’a plus de frontières à garder, alors elle surveille les deux frontières qui séparent une chaussée, et tant pis si cela ressemble à un détournement de procédure destiné à cibler une certaine catégorie de la population, l’essentiel étant d’améliorer les chiffres de reconduites à la frontière. (Source CQFD, juillet/août 2010)

Au feu, les pompiers
Dans la matinée du 16 juillet, les pompiers des Alpes-Maritimes manifestaient à Nice contre la réforme des retraites, injuste à leur égard. Leur cortège était stoppé par des policiers, venus en nombre pour les agresser violemment. (Source France Info, 16 juillet 2010)

Course-poursuite : 1 mort !
Dans la nuit du 16 au 17 juillet, à Saint-Aignan-sur-Cher (Loir et Cher), un gendarme devait tuer, d’une balle en plein cœur, un jeune homme de 22 ans, faisant partie de la communauté des « gens du voyage », à l’issue d’une course-poursuite. Selon le procureur, le garçon aurait tenté de forcer un barrage, et le gendarme avait tiré sans viser. De source émanant de la gendarmerie, le « délinquant » aurait trainé un gendarme sur cinq cents mètres. Ce que contestent vivement les membres de sa famille et ses amis. Toujours est-il que, le lendemain, la gendarmerie était agressée par une quarantaine de personnes, armées de barres de fer, tandis que des véhicules étaient incendiées et des commerces dévalisés. (Source, France 2 et France 3, 18 juillet, Aujourd’hui, 19 juillet 2010)

Gratuits
Comme chaque année, la presse gratuite n’est pas distribuée, de la mi-juillet à la mi-août. Il se trouve que nombre de petites bavures sont relatées par 20 Minutes, Métro ou Direct Matin, d’où cette impression -la presse nationale faisant défaut dans ce type d’information- que nos forces de l’ordre sont irréprochables durant la période des vacances…

Convivialité
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Dans la matinée du 19 juillet, les chauffeurs de taxi manifestaient à l’aéroport de Roissy, contre les restrictions faites à leur activité. Ils seront dispersé violemment par les policiers à l’aide des gaz lacrymogènes. (Source, France Inter, 19 juillet 2010)
. A l’aube du 20 juillet, à Paris, les policiers ont évacué quelque 200 demandeurs d’asile qui campaient sur les bords du canal Saint-Martin. (Source, France 3, 20 juillet 2010)

Grenoble : c’est la guerre !
Dans la nuit du 16 au 17 juillet, suite au braquage d’un casino, à Uriage, près de Grenoble, un jeune apprenti cambrioleur était tué par des policiers de la BAC, au terme d’une course poursuite. En fait, ce garçon de 27 ans est mort d’une balle dans la tête, reçue au pied de son immeuble de la cité de la Villeneuve, à Grenoble. Dans les jours qui vont suivre, ce sont 150 CRS qui renforceront la police locale, sans oublier les éléments du GIGN et du RAID, également dépêchés sur les lieux, suite aux  »émeutes » gui ne manqueront pas de suivre. En tout quelque 300 membres des forces de 1’ordre, accompagnés d’un hélicoptère muni de puissants projecteurs. Cela parce que quelques dizaines de jeunes du quartier n’avaient accepté la mort de leur copain. Durant plusieurs jours, les habitants de La Villeneuve seront strictement contrôlés, et subiront la fouille systématique de leur véhicule. Comme le rappellera Jo Briant, professeur de philosophie en retraite, qui avait exercé au lycée Mounier de La Villeneuve, c’était quasiment l’état de siège. Ajoutant : « On n’empêchera pas les habitants de La Villeneuve de penser que ces dispositifs guerriers et terriblement traumatisants, humiliants, sont choisis précisément parce que la cité est à forte composition immigrée. » De son côté, Alain Manac’h, président de la Maison des habitants de la place des Géants, à la Villeneuve, commentait : « Monsieur Hortefeux est content. Il bombe le torse… Les hélicos, avec de gros projos tournent au dessus de mon village. Le temps qu’il faudra ! Et voilà, maintenant mon village c’est Kaboul ! » Sans perdre de temps, les syndicats de policiers tenaient à faire savoir qu’ils allaient « rétablir » l’ordre républicain, tandis que le 18 juillet on laissait entendre, depuis le ministère de l’Intérieur, que les forces de l’ordre ne se contenteraient plus d’utiliser les flash-ball et les Taser, et qu’étaient d’ores et déjà envisagés les tirs à balles réelles, lors des « émeutes » urbaines. (D’après Libération, 19 et 20 juillet 2010)

Bonne manières policières
Dans la matinée du 21 juillet, à La Courneuve (93), 1es squatteurs qui avaient été évacués de la barre Balzac, dont la destruction est prévue, et qui campaient sur les lieux, en ont été violemment expulsés pour la deuxième fois. Au cours de la charge violente des CRS, l’animateur de l’association Droit au Logement, Jean-Baptiste Ayraut devait être interpellé par les policiers. (Source France 3, 21 juillet 2010)

Arrêt pipi
Dans un parc lyonnais, le 21 juillet, un policier avise un père de famille qui fait faire un arrêt pipi à sa petite fille, âgée de trois ans et demi. Résultat : une amende de 300 euros. I1 faut bien que l’ordre règne ! (Source, France Info, 22 juillet 2010)

Stigmatisation démocratique
Les événements qui ont secoué la petite ville de Saint-Aignan (Loir-et-Cher), dans la nuit du 16 au 17 juillet, suite à la mort d’un jeune homme âgé de 22 ans, abattu par un gendarme, lors d’une course-poursuite (selon certaines sources) n’ont toujours pas été éclaircis. Le pandore n’aurait pas fait les sommations d’usage mais Nicolas Sarkozy s’est saisi de ce drame pour faire l’une de ces déclarations fracassantes auxquelles il nous a habitué. Le 21 juillet, le président de la République s’est laissé aller à stigmatiser lourdement un groupe social minoritaire. « Les événements survenus dans le Loir-et-Cher soulignent les problèmes que posent les comportements de certains, parmi les gens du voyage ! » C’est là un mauvais regard, et un sinistre signal lancé aux forces de 1’ordre. D’autant plus que Nicolas Sarkozy a promis de « faire le point de la situation dans tous les départements, et décidera les expulsions de tous les campements en situation irrégulière ! » Cette annonce, ayant provoqué des réactions indignées de plusieurs associations de soutien aux Roms, le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, croyait nécessaire de procéder à un léger démenti, expliquant que le président de la République, « Ne cherche pas à stigmatiser une communauté mais à répondre à une problématique. On a beau « être Roms, gens du voyage, et parfois même Français au sein de cette communauté, on doit respecter les lois de la République. » Ce parfois est admirable. Faut-il rappeler au porte-parole du gouvernement que plus 90 % de ceux qui sont qualifiés de « gens du voyage » sont de nationalité française depuis plusieurs générations. (D’après Libération, 22 juillet 2010)

Préfet musclé
Décidément, l’ENA ne serait plus la meilleure filière pour envisager une carrière dans la préfectorale. Après Christian Lambert, cadre supérieur de la police, devenu préfet de Seine-Saint-Denis, c’est au tour de Eric Le Douaron, ancien directeur de la sécurité publique, à Paris, avant d’être préfet de la Meuse, de se voir propulser préfet de l’Isère, suite aux événements qui ont secoué Grenoble entre les 17 et 20 juillet. Dans l’un et l’autre cas, c’est le président de la République qui installe ces nouveaux préfets, désormais en charge de la légalité républicaine et policière… (D’après Libération, 22 juillet 2010)

Nouveau
C’est un poste qui manquait, parmi la multitude des conseillers particuliers du président de la République. Le 16 juillet, Nicolas Sarkozy a nommé son propre conseiller à la sécurité. Issu de la filière des Renseignements généraux, le promu, Joël Bouchité, est présenté comme un « spécialiste averti des mouvements clandestins et des menaces nouvelles. » Ce qui couvre un champ d’investigation très large. Pour Nicolas Sarkozy, il devenait urgent de disposer d’un tel auxiliaire, alors que se profile la prochaine campagne pour les élections présidentielles. Perce également la volonté de « chapeauter » le ministre de l’Intérieur. (Source, Le Monde, 23 juillet 2010)

Dignité blessée
Les producteurs de poulets de Loué se sont mis sans un mauvais cas. Dans une affiche se voulant humoristique, il y avait cette proclamation : « Un bon poulet est un poulet libre !  » Pas la moindre volaille sur cette affiche mais des policiers bien visibles. Face à ce qu’il considère comme une injure faite à sa profession, le syndicat Unité-SGP Police a manifesté son indignation. (Source, Libération, 23 juillet 2010)

Cocoricouac
Désormais les policiers pourront surveiller, de façon rentable, les manifestations d’outrage au drapeau. Le 23 juillet, le Journal Officiel publiait un décret émanant du ministère de la Justice menaçant d’une amende de 1500 euros quiconque se risquerait à outrager le drapeau aux trois couleurs de la République. Il semble que Michèle Alliot-Marie travaillait à cet aspect répressif depuis le mois d’avril 2010, suite à la polémique sur une photo primée, lors d’un concours, à Nice. On y voyait un homme s’essuyer le postérieur avec l’oriflamme national. Cette amende, pour contravention de 5ème classe, sanctionnant le fait qu’il serait de « nature à troubler l’ordre public. » (Source, Libération, 24 juillet 2010)

Etrangers dans leur archipel
Les territoires et départements d’Outre-Mer (DOM-TOM) ont, eux aussi, leurs centres de rétention administrative, gérés par la police aux frontières. C’est le cas, à Mayotte, seul territoire français de l’archipel des Comores, ou 140 sans papiers sont « retenus » sur 137 mètres carrés. C’est le constat récent du contrôleur général des lieux de privation de liberté, Jean-Marie Delarue, dans un rapport publié au Journal Officiel. Selon ce témoin privilégié, si l’on peut dire : « Ce centre n’est pas équipé de lits, et chaque personne ne dispose pas de natte de couchage. » Les douches sont en nombre insuffisant, et la distribution en produits hygiéniques « bien que prévue par le règlement intérieur », n’est pas effective.
Pour les mineurs, « la situation particulière des enfants abandonnés sur le territoire de Mayotte, après la reconduite de leurs parents, est préoccupante ! » Il ne faut pas oublier que les « retenue », sans papiers, sont essentiellement des Comoriens, mais originaires des autres îles de l’archipel. Pour les policiers de la PAF, raides dans leur logique sécuritaire, il ne s’agit évidemment que d’étrangers… (D’après Libération, 26 juillet 2010)

Au secours !
Des policiers de la BAC ayant participé à l’opération s’étant terminée par la mort d’un jeune de la cité de La Villeneuve, à Grenoble, auraient été menacés de mort. L’un d’eux ayant même un « contrat sur sa tête ». D’où la décision du directeur général de la police nationale, Frédéric Péchenard, de mettre en congé un certain nombre de policiers. D’autres, s’estimant en insécurité, ayant demandé leur mutation. Un chercheur du CNRS, sur la sécurité, commente : « Il est stupéfiant que la police doive protéger ses hommes en les retirant du terrain. Si c’est çà la reconquête des quartiers, ceux qui ont conçu ce modèle répressif ont à le repenser… On n’a pas trouvé mieux, en Europe, que le rôle de proximité, pour entretenir des relations positives avec la population, et prévenir les crises de violence… » (Sources, Le Monde et Libération, 28 juillet 2010)

Grosse colère
Le 26 juillet, suite aux événements sanglants qui se sont déroulés à Grenoble et à Saint-Aignan, le ministre de l’Intérieur a déposé plainte contre deux sites internet pour « injures et diffamation publiques contre la police. » I1 s’agit, selon une source proche du ministère de l’Intérieur de : juralibertaire.over-blog.com et de grenoble.indymédia.org. Faut-il croire qu’il ne s’agit là que du début d’une escalade pouvant viser, ultérieurement, des sites internet de grande audience dont les commentaires pourraient ulcérer Brice Hortefeux ? (D’après Le Monde, 28 juillet 2010)

Bande rivale
« La police est considérée comme une bande rivale à laquelle on répond ». Telle est la réaction d’un délégué grenoblois du syndicat de policiers en tenue Unité SGP-FO. C’est très exagéré. Qui pourrait affirmer que les policiers sont une bande ? (D’après Libération, 28 juillet 2010)

Taïaut, taïaut !
Au temps de la chasse à courre, « taïaut », c’était le cri du veneur pour signaler l’approche de la bête pourchassée, et on lâchait les chiens. La réunion interministérielle du 28 juillet, avec pour thème le « comportement des gens du voyage et des Roms » ne peut que donner un sinistre signal aux forces de l’ordre pour « pourrir » l’existence des Roms, venus de l’Europe de l’Est, mais également de tous ceux, largement majoritaires, qui sont citoyens français depuis plusieurs générations. Comme le disait l’un d’eux : « Nous sommes Français depuis bien plus longtemps que lui », montrant ainsi du doigt Nicolas Sarkozy. Pour les uns, c’est l’expulsion qui est promise, à court ou moyen terme. Pour les autres se profile la menace de contrôles fiscaux. D’un côté, les mythiques « voleurs de poules », de l’autre, les « Gitans en Mercédès ». Si les gendarmes pouvaient craindre d’être inoccupés dans les mois à venir, la nouvelle approche du combat contre l’insécurité devrait leur permettre de « nettoyer » nos banlieues. Désireux d’apparaître comme un ministre de l’Intérieur paisible, Brice Hortefeux, qui présentait le train de mesures répressives envisagées, n’en précisait pas moins qu’il n’était pas dans son intention de « stigmatiser » la communauté des Roms, dans ses différentes composantes. Le ministre n’omettant pourtant pas d’ajouter que « beaucoup de nos compatriotes sont à juste titre surpris en observant les cylindrés de certains véhicules qui trainent les caravanes. » Effectivement, la chasse est désormais ouverte ! (D’après Libération, 29 juillet 2010)

De quoi j’me mêle ?
Le 28 juillet, le syndicat de policier en tenue, Alliance a exprimé son « total désaccord » avec le plan de fermeture de 45 prisons vétustes, qui seraient remplacées par de nouvelles constructions. Déposant son grain de sel sur un terrain qui n’est pas le sien, le syndicat Alliance critique la taille et la localisation des futurs lieux d’enfermement. Les raisons de cette opposition sont peut être ailleurs puisque ce syndicat s’inquiète surtout des conditions d’extractions des détenus, qui seraient, « extrêmement compliquées à gérer en raison des distances excessives. » (Source, Libération, 29 juillet et Le Monde, 30 juillet 2010)

Avec cœur et humanité
Le 21 juillet, à la cité des 4 000, à La Courneuve (93), des policiers, en grand nombre, expulsaient des familles d’origine africaines qui campaient devant une barre d’immeuble qui devait être détruite. Selon la préfecture de police, l’opération se serait déroulée dans le calme. Pourtant, comme en de nombreuses circonstances, cette descente des forces de l’ordre avait été filmée. Sur le document vidéo, qui n’a pas tardé à circuler, on voit des policiers agresser violemment des femmes portant leur enfant dans le dos, tandis que certains de leurs collègues trainaient des enfants sur le sol, en les tirant par les pieds. Avec cœur et humanité, bien entendu. (Source, France 2, avec images significatives, 30 juillet 2010)

Un superbe parcours
Christian Lambert, nommé préfet de Seine Saint-Denis, en avril dernier, par Nicolas Sarkozy, qui avait tenu à venir l’installer lui même, bénéficie d’un honorable pédigrée. Celui qui a été chargé de mettre au pas une banlieue jugée rebelle est, selon la formule consacrée, sorti du rang. Simple gardien de la paix, lors de son entrée dans la carrière, il a pu bénéficier de l’ascenseur sécuritaire. Jugez plutôt. En 1979, c’est lui qui conduit le fourgon où planquent les policiers qui vont abattre Mesrine, sans la moindre sommation. Au cours des années 1980, il grimpe peu à peu dans la hiérarchie policière et participe à la traque des membres du groupe Action Directe. Devenu commissaire, en poste à la brigade antiterroriste, il sera chargé de créer la brigade d’enquête et de coordination, qui donnera naissance à la BRI (Brigade de recherche et d’intervention), qui s’illustrera dans la cité du Val-Fourré, à Mantes-la-Jolie, en 1981.
C’est en 1993 que Christian Lambert rencontre Nicolas Sarkozy, alors maire de Neuilly-sur-Seine (92), à l’occasion de la prise d’otages sur des enfants d’une école maternelle par Eric Schmidt, plus connu sous le titre de Human Bomb, lequel sera tué alors qu’il était endormi par des somnifères que la police avait mis dans son repas. En 2002, il prend la direction du RAID. C’est lui qui procédera à l’arrestation d’Yvan Colonna, en 2003. En 2005, il sera nommé à la direction centrale des CRS pour « gérer » la révolte née de la mort de deux adolescents dans un transformateur, à Clichy-sous-Bois. Préfet de la Seine Saint-Denis depuis le 20 avril 2010, Christian Lambert s’est rapidement appliqué à expulser les campements de Rom. C’est également sous sa haute direction que les forces de l’ordre devaient agresser les sans logis, qui campaient à belle étoile devant la cité Balzac, à La Courneuve, le 21 juillet. Belle carrière pour un ancien gardien de la paix. (D’après Tout est à nous! 29 juillet 2010)

Stratégie de tension
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Dans la matinée du 30 juillet, à Montreuil-sous-Bois (93), les CRS ont expulsé plusieurs familles de Roms, qui occupaient depuis plusieurs mois une maison abandonnée. (Source, Libération, 31 juillet 2010)
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Ce même jour, en Haute-Saône le préfet avait requis la force publique pour faire expulser un groupe de « gens du voyage », qui stationnaient sur un terrain de football. Face à cette menace, le groupe de « voyageurs » devait décider de quitter les lieux avant l’arrivée des CRS. (D’après Libération, 31 juillet 2010)

Conseil constitutionnel 1, police 0 !
« En sommant le gouvernement de réformer, dans les onze mois à venir, le régime de la garde à vue, le Conseil constitutionnel a pris, vendredi 30 juillet, une excellente décision. Ce jour-là fera date. Car rien autant que l’application de cette mesure, la garde à vue, illustre les manquements aux droits de l’homme en France. En 1’espèce, il s’agit de sauvegarder une prérogative essentielle : la garantie des droits d’une personne arrêtée par la police, et présumée innocente… (Extraits de l’éditorial du Monde, 2 août 2010)

Garde à vue
Le SNOP (syndicat national des officiers de police, classé moins à droite que les autres syndicats) se déclare attristé par la remise en cause des conditions de la garde à vue. Pour son secrétaire général, Dominique Achispon : « Les collègues sont catastrophés. C’est une remise en cause de notre travail. Cette décision va bouleverser en profondeur le travail des policiers. » (Source, Le Monde, 2 août 2010)

La politique du gourdin
la France serait-elle en voie de devenir une République Gorille ? Suite au discours de Nicolas Sarkozy, à Grenoble, le 30 juillet, annonçant la déchéance de la nationalité française, « à toute personne d’origine étrangère gui aurait porté atteinte à la vie d’un fonctionnaire de police, d’un militaire de la gendarmerie ou de tout autre dépositaire de l’autorité publique », la porte était ouverte à toutes les surenchères -qui n’allaient pas tarder. Comme si un policier supplétif sommeillait en tout responsable de 1’UMP. Dès le 310 juillet, Brice Hortefeux élargissait cette volonté de déchéance de la nationalité française aux « actes de délinquance grave ». Ce qui permet d’envisager un vaste programme d’exclusion aux conséquences ravageuses, mais les bons citoyens pourraient être rassurés dans la perspective de rester entre vrais Français de France. Comme le président de la République a laissé entendre qu’il y avait un lien entre délinquance et immigration, les parents ne pouvaient pas être innocents du comportement des « sauvageons  » qu’ils ont mis au monde au pays de la liberté. Pour ne pas être en reste, le député Eric Ciotti, député UMP, chargé des problèmes de sécurité au sein de son parti, estimait nécessaire de faire voter une loi permettant de condamner à des peines de prison ferme les parents qui ne veilleraient pas à la bonne conduite de leurs enfants tombés dans la délinquance. Sans les nommer, il s’agit ici des rejetons issus d’une immigration de plus en plus montrée du doigt par les princes qui nous gouvernent. A l’analyse, il semblerait qu’il n’y aurait dans ce pays de bons citoyens que ceux issus d’authentiques Gaulois. Chacun d’entre eux se félicitant de ces lois répressives ouvrant la voie à une France sinistrement monocolore. A la grande joie, sans doute de Eric Besson, gardien de l’identité nationale. A la grande satisfaction de nos policiers républicains qui trouveront à s’employer utilement dans la chasse aux jeunes des banlieues. Ceux qui ont ouvert, encore plus largement la voie à la xénophobie, et au racisme, ont simplement oublié l’article premier de la Constitution de 1958 qui « assure l’égalité de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. » (Communiqué de l’Observatoire des libertés publiques, 3 août 2010)

Avec un peu de patience
En 2007, au cours de la répression d’une manifestation lycéenne, un lycéen âgé de 16 ans, avait perdu un œil suite à une intervention policière au flash ball à tir tendu. Après une enquête (suite à la plainte des parents) qui aura durée trois ans, l’auteur du tir a été renvoyé devant le tribunal correctionnel le 6 août. A suivre (Source, Libération, 7 août 2010)

Faut-il toujours appeler la police ?
Dans les premiers jours du mois d’août, un habitant de Massy (91) avait porté plainte pour agression à son domicile. Finalement, c’est la victime qui devait être arrêtée et placée en garde à vue, car les policiers avait découvert qu’il cultivait du cannabis à son domicile. Cet amateur de fumette illicite passait en comparution immédiate le 6 août. (Source, Libération, 7 août 2010)

Présumé ministre…
Le 7 août, Brice Hortefeux a inventé une nouvelle définition : « présumé coupable ». En fait, dans l’imaginaire du ministre de l’Intérieur, il est évident que la présomption d’innocence doit impérativement céder la place à la certitude de culpabilité. Sans négliger le fait que Brice Hortefeux lui même a été condamné le 4 juin dernier par le tribunal correctionnel de Paris pour « injure envers un groupe de personnes en raison de leur origine ». Il est vrai que le ministre a fait appel. (D’après Libération, le 10 août 2010)

Utile coopération
Le 8 août, de passage au commissariat de police d’Anglet (Basses Pyrénées), Brice Hortefeux évoquait la présence future de policiers Roumains dans les effectifs estivaux. (Source Libération, 9 août 2010)

Course poursuite mortelle
Dans la nuit du 7 au 8 août, à Mantes-la-Jolie (78), un adolescent de 15 ans, prénommé Ahmed, qui avait emprunté la voiture de ses parents, en vacances au Maroc, était pourchassé par des policiers. Avec deux de ses amis, âgés de 16 et 18 ans, il circulait dans le centre ville tous feux éteints, grillant plusieurs feux rouge. Dans un virage, le garçon affolé perdait le contrôle de son véhicule et s’encastrait entre un arbre et un panneau de signalisation. Les trois jeunes s’enfuyaient alors à pieds, deux garçons préférant se jeter dans la Seine, plutôt que se laisser appréhender. Si l’un deux regagnait la rive à l’injonction des policiers, Ahmed qui apparemment ne savait pas nager, refusait d’obtempérer et se noyait rapidement. Evidemment on faisait savoir aussitôt que Ahmed était bien connu des service de police et qu’il avait déjà fait quelques séjours dans un centre pénitentiaire pour jeunes. Sans attendre les résultats de l’enquête diligentée par l’IGS, Brice Hortefeux faisait savoir le 9 août, qu’il n’y avait pas eu bavure policière. Comme Ahmed était originaire des Mureaux, Dès le 9 août des renforts de CRS étaient envoyés dans cette ville avec un hélicoptère en appuis. A suivre. (Sources, France Inter et Libération, 9 et 10 août, Le Monde, 10 août 2010) ;

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