quefaitlapolicelogo QUE FAIT LA POLICE ? – Bulletin d’information anti-autoritaire – Nouvelle série – numéro 52 – août-septembre 2011


Editorial : Révision générale des politiques publiques

Nos policiers ne cessent de pleurnicher sur les difficultés de leur métier. Ils verseraient même de grosses larmes pour tenter de nous convaincre qu’ils ne sont pas aimés comme ils devraient 1’être. Ils sont pourtant armés jusqu’aux dents et ne cessent de nous alerter sur la dangerosité de leur activité. En effet, ils seraient constamment en péril face à ces jeunes des banlieues qu’ils ne cessent de contrôler. Dur métier donc que celui de policier, mais s’agit-il bien d’une profession ? Réprimer est peut-être une activité qui s’apprend bien plus sur le tas qu’en école de police, avec des tours de main bien particuliers, mais peut-on dire qu’un long apprentissage est indispensable pour taper comme un sourd sur ses semblables ?
Les lamentations des syndicats de policiers (il y en a bien une dizaine) font peine à entendre. Il est vrai que, suite à la mise en place de la Révision générale des politiques publiques (RGPP), les forces de l’ordre perdraient déjà une partie de leurs effectifs. Il n’empêche, lorsque l’on assiste au bourdonnement d’uniformes bleus derrière les portillons de certaines stations du métro parisien, un esprit raisonnable pourrait s’interroger sur la nécessité de cette lourde présence en un tel lieu. Le demeuré qui se pose une telle question n’a sans pas compris que les portillons du métro constituent un excellent piège à sans papiers, en un temps où la priorité est au remplissage des centres de rétention administrative. Avec en arrière-plan, les nombreuses expulsions planifiées en haut lieu. La réduction planifiée des effectifs des forces de l’ordre ne serait qu’apparente car, que peut bien signifier cette publicité permanente appelant, à pleines pages dans la presse, les jeunes à s’engager dans la gendarmerie ? Plus pernicieuse encore, cette affiche qu’il est possible de voir dans les commissariats de police : « Osez le civisme, devenez citoyen volontaires ! » A ce stade, faute d’effectifs, invitation est faite aux « bons » citoyens à devenir le flic de l’autre. Pour l’édification d’une société plus conviviale, bien entendu.
Maurice Rajsfus

Pandore chauffard

Le 30 mai, vers 15 heures, à Joué-les-Tours (Indre et Loire) un groupe de 23 enfants d’une école primaire était fauché sur un trottoir par un fourgon banalisé de la gendarmerie nationale. Une fillette, âgée de huit ans était tuée sur le coup et douze de ses camarades plus ou moins grièvement blessés. Selon la direction de la gendarmerie, le pandore qui conduisait le véhicule n’avait pas bu et n’était pas sous l’emprise de stupéfiants. Le fourgon, qui roulait peut-être à vive allure a, semble-t-il, heurté un trottoir avec une roue arrière. Peu après l’accident, un communiqué émanant du ministère de l’intérieur faisait état d’une flaque d’huile sur la chaussée ; information formellement démentie par le maire de Joué-les-Tours. Toujours est-il que le chauffard, mis en examen pour homicide et blessures involontaires a été laissé en liberté, sous contrô1e judiciaire. Le 31 mai, le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant devait s’excuser auprès des familles, au nom de la gendarmerie. (Source, France Inter, 31 mai et 1er juin 2011)

Forte pensée

« Nous conforterons le pouvoir d’intervention des forces locales de sécurité par l’octroi d’une capacité formalisée de médiation. » (Extrait de : le fiasco de Sarkozy, les propositions du PS)

Gardes à vue

Dans une décision datée du 31 mai, la cour de cassation s’est prononcée pour l’annulation des actes de nombreuses gardes à vue menées sans assistance de l’avocat, avant le 15 avril 2011. Date à laquelle les avocats peuvent être présents lors de l’ensemble des interrogatoires. Cette décision, qui pourrait provoquer de nombreuses demandes d’annulations, n’a pas tardé à provoquer la colère du syndicat Alliance de la police en tenue (classé à droite), tandis que le propos est plus modéré au syndicat Unité Police SGP-FO (qui serait de gauche). A suivre. (Source, Canal +, 1er juin 2011)

Hécatombe

Un homme qui, sur son balcon, chantait « Hécatombe », lors du passage de trois policiers, a été interpellé pour « outrage aux forces de l’ordre ». Le 30 mai, il était condamné à 40 heures de travaux d’intérêt général par le tribunal correctionnel de Cherbourg. Ces policiers semblaient avoir retenu que, dans sa chanson « Hécatombe », Georges Brassens notait qu’il aimait les gendarmes mais, « sous la forme de macchabés. » Toujours est-il qu’en son temps le chanteur anar n’avait jamais été poursuivi pour ses couplets vengeurs. (Source Canal +, 31 mai 2011)

Acrostiche

Pour ce mois de rentrée, c’est une acrostiche bien méritée qui est délivrée à notre ministre de l’Intérieur. Qui pourrait croire qu’il y a outrage, à la lecture de cet exercice bien anodin ?

Calme en apparence
Libéral forcené
Authentique sarkozyste.
Uniforme bleu dans la tête
Déterminé à sévir
En vue de 2012

Gardien
Utile
Et sécuritaire vigilant
Acharné de la traque et de la trique
Nestor Burma de l’Identité nationale
Terreur des sans papiers
(Essayez donc de vous distinguer à votre tour en ciblant une autre éminence de l’UMP)

Trouvé sur la toile…

« Quand l’Etat ne sait pas résoudre les problèmes, c’est la liberté qui s’envole. Il va falloir modifier toutes les inscriptions « Liberté, égalité, fraternité ». La police peut dorénavant mettre un logiciel espion dans votre PC en utilisant les ports réservés pour la police. Ensuite, toutes les données pourront être transmises à l’extérieur. Les mails personnels pourront ainsi être lus à distance. Sur le web, la police a désormais accès à toutes vos données. Un décret oblige désormais les fournisseurs de services sur Internet à conserver pendant un an mots de passe, traces d’achats ou commentaires laissés sur le web par les internautes. La police pourra y avoir accès lors d’enquêtes, ainsi que par le fisc ou l’URSAFF… » (Sur Internet, 3 juin 2011)

Culture

Dans la matinée du 4 juin, à Arnouville (95), la police antiterroriste intervenait au centre socio-culturel kurde, dans le cadre d’une présumée affaire d’extorsion de fonds visant à financer des activités terroristes. Au moment où des enfants préparaient un spectacle de danse, les policiers procédaient à cinq interpellations. Dans le même temps, une opération identique se déroulait a Evry (9I) avec plusieurs arrestations de militants du PKK. Selon plusieurs témoins, ces interpellations étaient opérées avec une rare violence : matraquage et grenades lacrymogènes lancées dans les centres culturels. A Arnouville, comme à Evry, les Kurdes qui s’estimaient injustement agressés devait réagir dans l’après-midi du 5 juin, et des affrontements allaient éclater entre les manifestants et la police. Ils étaient 1 500 à Arnouville et 350 à Evry, sous les slogans : « Turquie terroriste, Sarko complice ! » Les policiers faisant usage de gaz lacrymogènes et de flash-ball. (Sources, Métro et Libération, 6 juin 2011)

Balle perdue ?

Comme trop souvent, dans la matinée du 5 juin, dans la cité des Tarterêts, à Corbeil-Essonne, des policiers en grand nombre étaient venus « sécuriser » le quartier. Pour des raisons mal connues, les jets de pierres étaient à l’unisson des tirs de flash-ball. Manque de chance, une gamine, âgée de 9 ans, victime d’un tir de flash-ball devait être gravement blessée à une tempe, et conduite à l’hôpital où elle était plongée dans un coma artificiel. Dans un premier temps, les autorités policières affirmaient que la fillette avait reçu une pierre, lancée par des « émeutiers » pour, ensuite, évoquer la possibilité d’une balle perdue. Le 6 juin, les médecins affirmaient que la petite victime avait bien reçu un projectile d’origine policière. (Sources, France Info, 6 juin et France Inter, 7 juin 2011)

« Indignés » chassés !

Dans la soirée du 6 juin, les forces de l’ordre intervenaient pour déloger une quarantaine « d’indignés » rassemblés sur la place de la Comédie, à Montpellier. Il est intéressant de noter que la presse, écrite et audiovisuelle, a peut-être largement informé sur les « Indignés » de la Puerta del Sol, à Madrid, tout en restant bien plus discrète sur les manifestations de ce genre qui se déroulent en France. (D’après Libération, 7 juin 2011)

La peur de la police

Le 7 juin, à Nice, un jeune Tchetchène se tuait en sautant par la fenêtre de son logement pour échapper aux policiers venus l’interpeller. Six autres personnes devaient être arrêtées dans le cadre d’une opération « visant à démanteler une filière de soutien logistique à destination du Caucase », a-t-on appris de source policière. (Source, Métro, 8 juin 2011)

Complicité

Le 6 juin, Manuel Vals, député-maire d’Évry (91), évoquait sur TF 1 « une forme de complicité entre la municipalité de Corbeil-Essonne et des individus connus des services de police ». Cette déclaration intervenant après les incidents survenus la veille dans le quartier des Tarterêts, ne pouvait que déplaire au maire de Corbeil qui, le 7 juin, annonçait sa volonté de porter plainte contre Manuel Vals. (D’après Métro, 8 juin 2011)

Forte pensée

« Le crime n’est pas en récession. C’est un secteur extrêmement porteur. Il faut investir dedans. La crise est un accélérateur au crime. Elle lui ouvre des perspectives en lui donnant, couplé aux nouvelles technologies, de nouvelles opportunités ». (Alain Bauer, cité par Mathieu Rigouste, in Les Marchands de peur, page 99, Libertalia, 2011)

Béton armé…

Dans la matinée du 8 juin, une brigade de CRS intervenait au siège du cimentier Lafarge, à Saint-Cloud (92). Objectif : disperser une manifestation d’ouvriers de cette société, venus de l’Yonne pour s’opposer à la fermeture de leur cimenterie. Très durs dans l’affrontement, les CRS ont expédié à l’hôpital un délégué du Comité d’établissement, suite à une perte de connaissance. Résultat des courses, trois points de suture nécessités par un violent coup de matraque. Il paraît que la direction de Lafarge, qui n’aurait pas fait appel aux forces de l’ordre, était très remontée contre l’intervention policière. De son côté, le commissaire de police de Saint-Cloud affirmait que la direction de Lafarge avait appelé la Police. Dans l’un et l’autre cas, cela ne justifiait nullement la brutalité des CRS. (Source, Libération, 9 juin 2011)

On ne pelote plus…

Un arrêté portant interdiction des fouilles au corps intégrales, avec mise à nus, mesures bannies par la réforme de la garde à vue adoptée en avril dernier, a été publiée au Journal Officiel daté du 9 juin 2011. Toutefois, les policiers pourront demander, « le retrait des vêtements si les circonstances l’imposent ». Il n’en reste pas moins que les forces de l’ordre auront toujours le droit de pratiquer « la palpation de sécurité par une personne de même sexe, au travers des vêtements ». (Source, Métro, 10 juin 2011)

Bavure en famille

Désirant échapper à un contrôle, un militaire, âgé de 20 ans, a tiré sur un policier qui voulait l’interpeller. Cela se passait dans la nuit du 8 au 9 juin, à Saint-Chamond (Loire). Arrêté, 1e soldat a confié qu’il était sous l’emprise du haschich et de l’alcool. (Source, Direct Matin, 10 juin 2011)

L’Histoire au pas de charge

Dans la matinée du 10 juin, à Paris, un camion de fort tonnage, escorté par les forces de l’ordre s’appliquait à forcer l’entrée de l’hôtel de Soubise, où sont réunies les archives de France. Le but de l’opération consistait à évacuer le piquet de grève opposé aux travaux décidés par Nicolas Sarkozy, désireux de transformer les lieux en un musée de l’Histoire de France au contenu mal défini. Plusieurs responsables syndicaux étaient jetés à terre par les gendarmes mobiles. Des photos transmises à l’AFP font foi de cette intrusion violente. (Source, correspondante de 1’Observatoire des libertés publiques, témoin de cette agression, 10 juin 2011)

On a trouvé çà sur Internet

Un policier, en poste à Mayotte, nouveau département d’Outre-Mer, se plaint de ses conditions de travail. Il est surtout courroucé par le triste sort de ses collègues mais non de celui des Comoriens que les policiers sont chargés d’expulser.
« Il est temps de réagir et de plus agir comme des moutons. On nous a menti. Aujourd’hui, on sue, on court, on prend de plus en plus de risques. On travaille comme des chiens, à des cadences infernales.
On tente même de nous acheter avec une journée de cohésion. Tout le monde est trompé, croyez moi.
« La vérité, c’est qu’on fait le chiffre pour satisfaire le patron et son adjoint, pour que leur déroulement de carrière se fasse dans des conditions optimales. Rien d’autre. On comprend mieux pourquoi, quotidiennement, ils nous harcèlent à la tâche. Et nous, dans tout ça, on gagné le gilet pare-balle. On a de plus en plus de BS (?) pas de primes car nous ne sommes pas méritants, et on prend des risques démesurés pour assouvir la soif de galonite de certains.
« On se fout de nous. Tous les jours, il faut faire des Iles, soit, mais on nous dit toujours que le chiffre n’est pas atteint. Menteurs, on se fout de notre gueule. Eux, les chefs, ils vont l’avoir leur prime. On parle même de 2 500 euros, oui Messieurs, pour le patron. Pour ne pas avoir à s’expliquer sur la prime collective non obtenue, le patron est vite parti en métropole. Il dira pour remonter le troupeau qu’on l’aura l’année prochaine si on ramène 5 000 clandestins.
« Il nous avait demandé de rattraper les chiffres d’Iles, quand il est arrivé. On a dit OK, on l’a fait. Parfois même on a été à la limite de la régularité. On continue de nous mentir alors que les chiffres sont largement atteints »
Versons quelques larmes…

Feu à volonté

Cela commence à ressembler à une triste habitude. Dans la soirée du 11 juin, à Vernouillet (78), un policier est intervenu dans une dispute entre deux frères d’origine turque, dans un appartement de la cité du Parc, et ouvrait le feu. Fort heureusement, seul un des deux hommes, blessé à un bras, a été hospitalisé. (Source, Métro, 14 juin 2011)

Toujours dans le social !

Le I5 juin, le tribuna1 de commerce de Marseille prononçait la liquidation de l’usine Net Cacao, à la grande indignation des syndicat qui estimaient l’entreprise viable. Une photo significative permet de voir, après le prononcé de la décision, une douzaine de policiers présents dans le hall au tribunal face aux salariés qui protestaient. Il est vrai que les 182 salariés victimes de cet arrêt de justice constituent un trouble à l’ordre public puisqu’ ils occupent leur usine. (D’après 20 Minutes Marseille, 16 juin 2011)

Y a bon Ben Ali…

Dans la matinée du 16 juin, à Paris, les forces de police se sont appliquées à déloger des réfugiés tunisiens qui s’étaient installés au siège de l’ancien parti de Ben Ali. Cinquante personnes devaient être placées en garde à vue, et trente-sept d’entre elles conduites en centre de rétention en vue de leur expulsion. Derrière cette opération, il y avait la volonté d’empêcher la divulgation d’archives prouvant la complaisance des services français à 1′ égard de l’ancien dictateur. (Source, Libération, 17 juin 2011)

Vers la fin du STIC ?

Le STIC (Système de traitement des infractions constatées), ainsi que son équivalant pandore, Judex, devraient être remplacés, dans un avenir proche, par le Traitement des procédures judiciaires. C’est ce qu’a annoncé Claude Guéant, répondant à la question d’un député socialiste. Ce nouveau fichier devrait faire l’objet de mises à jour régulières. Ce qui n’était pas le cas du STIC. En fait, il y aurait bientôt un fichier unique police-gendarmerie, couplé avec celui de la justice. En haut lieu, on se plait à expliquer que l’objectif ne serait pas de « fliquer » la population mais d’être suffisamment efficace, tout en protégeant les données personnelles. Avec l’évolution de la technique, les fichiers ont de plus en plus pour objet d’anticiper les comportements individuels ou de ceux de certaines populations, en déterminant les échelons de la dangerosité. Il est intéressant de noter la réflexion de l’ancien commissaire de police Georges Moréas, sur son blog : « Le plus important, ce ne sont plus les fichiers mais les critères de sélection. En faisant entrer des notions subjectives dans la mémoire d’un ordinateur, ne joue-t-on pas avec le feu ? » (Source, Le Monde, 20 juin 2011)

Feu à volonté (suite)

Le 20 juin, à Nanterre (92), une voiture de grosse cylindrée aurait foncé volontairement sur deux policiers, lors d’un contrôle routier, dans la cité Picasso. Les policiers, indemnes, n’en ont pas moins ouvert le feu contre le fuyard. Une enquête a été ouverte, comme c’est le cas lorsqu’un policier fait usage de son arme. (Source Direct Matin, 21 juin 2011)

Toujours le sursis pour les policiers baveurs

Le 20 juin, le parquet d’Evry (91) a requis des peines de huit et dix-huit mois de prison avec sursis dans deux affaires mettant en cause des policiers. Dans le premier cas, un brigadier était jugé pour avoir passé un homme à tabac, lors d’un contrôle, en septembre 2010, et pour avoir maquillé sa bavure en rédigeant un faux procès verbal. Dans le second cas, il était reproché à un ancien chef de la BAC d’avoir dissimulé des indices d’une scène de crime, lors d’une nuit d’émeute à Grigny, en mai 200l, alors qu’il accusait un mineur -placé pendant neuf mois en détention provisoire- d’avoir tenté de tuer un fonctionnaire de police. Bien sûr, ces deux policiers ont exprimé des regrets, d’ou peut-être la mansuétude du procureur, lequel s’inquiétant malgré tout de la dégradation de « l’image de la police ». Jugement le 12 septembre 2011. (Source, Le Monde, 22 Juin 2011)

Mandat d’arrêt européen

Dans la matinée du 21 juin, à Bayonne, des policiers cagoulés ont fait irruption chez la sœur d’Aurore Martin, cette militante basque recherchée par l’Espagne pour l’exécution d’un mandat d’arrêt européen. Les policiers s’apprêtaient à conduire Aurore Martin vers leur fourgon mais, après une empoignade, quelques dizaines de militants devaient parvenir à la libérer puis la conduire vers un bistrot du Petit Bayonne. La police renonçait alors à son action. Droit dans ses bottes, Claude Guéant n’en affirmait pas moins : « Cette dame est sous le coup d’un mandat d’arrêt européen. Il est du devoir de la police français de le mettre en œuvre ! » (Source, Libération, 22 juin 2011)

Sus aux Bédouins !

La police parisienne ne peut se résoudre à lâcher les Tunisiens qui se sont réfugiés en France depuis quelques mois. Au cours de la matinée du 22 juin, une vingtaine d’hommes qui squattaient un secteur du parc des Buttes-Chaumont, et s’étaient mis à l’abri dans un kiosque, pour se protéger de la pluie ne l’ont pas été de la police. La préfecture de police avait dépêché quatre fourgons de CRS pour les déloger. Conduits au commissariat central du XIXème arrondissement, sept des migrants étaient rapidement libérés, tandis que quatorze autres étaient placés en garde à vue pour infraction à la législation sur les étrangers. Déjà, ces mêmes réfugiés avaient été expulsés quelques jours plus tôt du siège parisien de l’ancien parti de Ben Ali. (Voir plus haut) Plus généralement, les Tunisiens sont constamment harcelés par la police, avec des contrôles d’identité journaliers. Le 20 juin des CRS avaient saccagé un de leur campement de fortune, et même détruit leur armoire à pharmacie. A suivre. (Source, Métro, 23 juin 2011)

Police républicaine…

Le 22 juin, l’association No Border annonçait sa décision de saisir le Défenseur des droits, nommé ce jour même. Cela sur la base d’un rapport mettant en cause la déontologie de la police dans le traitement des migrants de Calais. Ce rapport relate le harcèlement systématique dont sont victimes les migrants cherchant à gagner l’Angleterre. Ces réfugiés sont constamment interpellés, conduits au centre de rétention administrative situé à 5 kilomètres de Calais, où ils sont détenus, quelques heures ou toute la nuit, interrogés, leurs empreintes digitales sont parfois prises. Le plus souvent, ils sont relâchés sans inculpation, et contraints de repartir à pieds. Ce scénario pouvant se reproduire le même jour ou le lendemain, avec pour unique objectif d’éloigner les migrants. Parmi les accusations portées contre la police, il y a la destruction des campements, le saccage des squats, la contamination de l’eau, la destruction de la literie en urinant dessus, ou à l’aide gaz lacrymogène, ainsi que la profanation des lieux de prières musulmans. Les militants de No Border posent la question essentielle : « A quel niveau ces actions sont-elles ordonnées, ou tolérées ? » A suivre également. (Source, Libération, 23 juin 2011)

Complicité d’assassinat

Un ancien policier de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) a été arrêté, le 22 juin, à son domicile à Pantin (93) par les enquêteurs du SRPJ du Val-de-Marne. Cet ancien de la Grande Maison, âgé d’une quarantaine d’années, reconverti dans la sécurité privée, est soupçonné d’avoir fourni une arme à l’épouse d’un élu de Valenton (94) qui voulait tuer son mari. Le 14 juin, cette femme avait été arrêtée, armée d’un revolver 22 long rifle, encagoulée, casquée et vêtue de noir. Dans ce dossier, un policier, affecté à la protection du président de l’Assemblée Nationale, a été mis en examen pour « complicité » et écroué. (Source, Le Parisien, 24 juin2011)

Pas racistes nos policiers ?

Le 21 juin, à Paris, revenant d’un concert donné à Cologne, le guitariste nigérian Keria Jones était interpellé sans motif, à l’arrivée de son train à la gare du Nord. Retenu pendant quarante-cinq minutes, fouillé à même le quai devant tous les voyageurs, le musicien était finalement relâché sans la moindre charge. Cette interpellation ne fait que relancer la polémique sur les contrôles au faciès. En effet, parmi les 600 voyageurs de ce train, les policiers avaient choisi de s’intéresser au seul Noir débarquant a Paris. Contactée le 23 juin, la préfecture de police n’a pas souhaité communiquer. (Source, 20 Minutes, 24 juin 2011)

Au viol !

Une ancienne adjointe de sécurité, Sibem Souid, qui avait publié l’Omerta dans la police, en 2010, a dénoncé, le 21 juin sur les ondes de RMC, des faits de viols dans un commissariat de police parisien. Au début de 2009, deux femmes policières auraient été violées par un policier, toujours en fonction. Suite à la plainte des victimes, celles-ci avaient été mutées. Dans l’urgence, Sibem Souid était convoquée a l’IGS, le 24 juin. (Sources, 20 Minutes, Métro et France-Inter, 24 juin 2011)

Course-poursuite mortelle

Dans l’après-midi du 24 juin, au Vésinet (78), un jeune homme en moto qui ouvre un cortège de mariage, est pris en chasse par des policiers de la BAC, qui le poursuivent à bord d’une Clio banalisée. Il se trouve, par le plus grand des hasards, que le garçon se prénomme Mohamed, et qu’il a peut-être le teint basané. Au cours de la poursuite, il aurait été percuté par une camionnette, ce qui provoquera sa mort. Ne surtout pas négliger le commentaire de la procureure adjointe de Versailles : « Il roulait à contresens et n’était pas casqué ! » Propos qui vont s’avérer mensongers, puisque selon de nombreux témoins, Mohamed était bien muni d’un casque, et ne roulait pas à contre sens. De plus, il n’y aurait pas eu de camionnette dans la file de circulation. En attendant l’enquête de l’IGPN, l’avocat de la famille de la victime devrait déposer plainte contre X, avec constitution de partie civile, pour « homicide involontaire et, éventuellement, non assistance à personne en danger. » Pour ne pas en rester là, cet incident ayant provoqué un attroupement, les policiers faisaient usage de leurs taser, et procédaient à quatre interpellations, dont deux pour outrage. Productivité oblige… (Source, Libération, 28 juin 2011)

Ce que ne fait pas la police !

Le 23 mai, une dame âgée de 82 ans, atteinte de la maladie d’Alzheimer, disparaissait, et devait errer durant cinq jours et cinq nuits dans le bois de Vincennes, avant de se noyer dans un petit point d’eau où des promeneurs allaient apercevoir son corps, le 28 mai. Malgré de nombreuses démarches auprès de la police, c’était le désintérêt. D’autant plus que les avis de recherche ne sont pas lancés avant soixante-douze heures. Un policier parisien, s’exprimant anonymement, accuse : « Ce qui est arrivé à cette dame, c’est le fruit d’une politique du chiffre désespérante. Le vrai travail du policier, protéger la veuve et l’orphelin, est terminé ! » En fait, la famille a eu le sentiment d’être abandonnée, même si la maladie d’Alzheimer est prétendument une priorité nationale. Commentaire du fils : « Quand on a besoin de trouver un scooter volé à Neuilly, on fait bien une recherche d’ADN, non ? » Après qu’eut été retrouvé le corps de la vielle dame, c’est toujours le fils qui ironise tristement : « Le lieutenant de police avait raison lorsqu’il me disait : ne vous inquiétez pas, nous les retrouvons toujours » (Source, Libération, 28 juin 2011)

Que fait la police ?

Dans la matinée du 29 juin, plusieurs hommes armés ont braqué une bijouterie, rue des Francs-Bourgeois, à Paris. Butin : 500 000 euros. Les patrouilleurs de Claude Guéant censés sécuriser les rues de nos villes devaient se trouver dans un autre quartier, peut-être a la recherche d’éventuels sans papiers. (D’après France inter, 29 juin 2011)

Ripounet

Le 28 juin, à l’heure du laitier, le commissaire divisionnaire de Colombes (92) était arrêté comme un vulgaire « individu ». Cet éminent policier est simplement soupçonné de « trafic d’influence », en lien avec son activité de commissaire. L’interpellation étant effectuée par des policiers de l’IGS, sous les ordres d’un juge parisien. Il « aurait renseigné un commerçant sur une enquête dont il faisait l’objet ». (Source, 20 Minutes, 30 juin 2011)

Contrôle au faciès généralisé

L’hebdomadaire Le Point révèle que le directeur départemental de la sécurité publique des Yvelines a adressé un mail à tous les policiers du département. Selon ce document, les gardiens de l’ordre public sont incités à faire du contrôle au faciès en ciblant les étrangers, ce qui est interdit par la loi. Cet éminent cadre de la police demandait que les contrôles soient faits dans les quartiers, aux alentours des restaurants susceptibles d’employer des sans-papiers, et systématiquement sur les personnes à la peau colorée. Il y avait urgence car il s’agissait de combler le retard pris au mois de mai sur les objectifs de procédure contre les sans papiers. (Source, Tout est à nous, 30 juin 2011)

Pas raciste le ministre de l’Intérieur ?

Dans un restaurant chinois du 20ème arrondissement de Paris, le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, devait écouter sans broncher la fille adoptive des époux Chirac dire qu’i1 « fallait nettoyer le quartier de la racaille ». Souhait complété par une autre personne : « Les voyous, c’est les noirs et les arabes ! »La maire de l’arrondissement, présente sur les lieux, face au manque de réaction du ministre, qui s’était bien gardé de recadrer le propos, préférait partir. (Source, 20 Minutes, 30 juin 2011)

Saint-Denis : c’est la guerre !

Le 23 juin, en fin de journée, à Saint-Denis (93) de nombreux policiers en tenue, et en civil, débarquent dans une cité, en plein centre ville. Ils braquent des flash-ball sur les fenêtre et agitent les matraques ainsi que les bombes lacrymogènes. Les policiers donnent le sentiment qu’ils jouent à la guerre : ils s’abritent sous les porches des immeubles, traversent la chaussée prudemment, comme s’ils étaient menacés. Ils sont brutaux, voire incorrects avec les habitants pour les inciter à rentrer chez eux. Ensuite, après avoir fouillé les parties communes de deux immeubles, ils repartent et laissent trois policiers en faction à un coin de rue. Ce n’est pourtant pas terminé. Peu de temps après, deux jeunes hommes s’aperçoivent que leur voiture, garée en bas de chez eux, a été verbalisée. Ils s’en inquiètent auprès des policiers et, très vite, le ton monte. Les policiers, pourtant armés jusqu’aux dents, appellent du renfort. Des dizaines de policiers arrivent, courant dans tous les sens, frappant les jeunes et lançant même une grenade lacrymogène. Pour ne pas en rester là, ils vont même agresser verbalement un adjoint au maire qui tient une réunion à l’antenne jeunesse du quartier. Les grands moyens sont déployés avec un hélicoptère stationnant au dessus des immeubles. Cette opération d’une grande violence ne peut que déclencher la colère des passants. Depuis les étages, des projectiles divers vont viser les forces de l’ordre. Résultat de l’opération : la porte d’un appartement des défoncée, cinq jeunes sont interpellés et embarqués violemment. Trois d’entre eux étant déférés en comparution immédiate pour caillassage, un autre interdit de territoire et un cinquième interdit de circuler dans la cité. (Source, correspondants de quartier de Tout est à nous, 30 juin 2011)

Alerte à la cantine…

On n’arrête pas le progrès dans le domaine du sécuritaire au quotidien. C’est ainsi qu’il a été possible d’apprendre que la petite commune de Plan-de-Cuque (Bouches-du-Rhône) avait décidé de faire appel à une société privée de vigiles pour surveiller la cantine scolaire. Explication embarrassée de ce maire provençal, face à la grogne des parents et du personnel : « Ce ne sont pas des vigiles mais neuf surveillants mis à disposition par une société de sécurité. » Selon ce maire, sécuritaire à l’extrême, son initiative intéresserait d’autres communes. » (D’après Direct Matin, 1er juillet 2011)

Attaque ou chahut ?

Dans la soirée du 2 juillet, à Champigny (94), quelques dizaines de jeunes étaient venus « chatouiller » le commissariat local. Selon certains syndicats de policiers, « une vingtaine de jeunes, munis de mortiers, de barres de fer, de pierres et de projectiles en tout genres ont attaqué le commissariat… » De son côté, le directeur de cabinet du préfet du Val-de-Marne devait relativiser l’incident : « Contrairement à ce qui a été dit, il n’y a pas eu de boulons ou de barres de fer. Les jeunes avaient des pétards et quelques fusées d’artifice qu’ils ont allumé. Puis ils se sont éloignés. » Selon une source proche de l’enquête, il n’y a eu aucune dégradation et aucun blessé, que ce soit chez les jeunes ou chez les policiers. Pour le directeur de cabinet du préfet, il s’agit plutôt d’actes de provocation perpétrés par des jeunes qui avaient envie de s’amuser ». I1 n’en reste pas moins que plusieurs personnes devaient être interpellées. Question : pourquoi les syndicats de policiers cherchent-ils à dramatiser les situations ? Un habitant Je Champigny, père de famille, commentait : « C’est bien fait pour la police. Pourtant, je suis militaire mais, sans arrêt, on se fait contrôler pour un oui pour un nom dans ce quartier. On ne peut plus marcher tranquille. » Toujours est-il que la préfecture du Val-de-Marne n’a pas confirmé les informations divulguées le 3 juillet, et faisant état de protestations contre l’installation d’une brigade spécialisé de terrain. (Sources, Métro et Le Parisien, 4 juillet 2011)

Suicide

Dans la matinée du 4 juillet, une policière, en poste au commissariat de Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes) s’est donnée la mort en se tirant une balle dans le cœur avec son arme de service. A bord du véhicule où son corps a été retrouvé, il y avait une lettre où la policière, âgée de 39 ans évoquait les conditions de travail de plus en plus dures, la culture du résultat et les pressions de la hiérarchie. (Source, France Inter, 5 juillet 2011)

Encore Champigny

Pour la deuxième fois en 24 heures, dans la nuit du 3 au 4 juillet, le commissariat de police de Champigny (94) a été attaqué, et quatre engins incendiaires lancé sur le parking. Sans doute pour venger l’arrestation de cinq jeunes. La préfecture du Val-de-Marne continue à qualifier ces attaques de « simples provocations » de gamins, tandis que les syndicats de policiers et le ministère de l’Intérieur continuent à estimer qu’il s’agit « d’actes sérieux n’ayant rien d’anodin. » (D’après Direct Matin, 5 juillet 2011)

Tunisiens, dehors !

Dans la soirée du 5 juillet, dans le 11ème arrondissement de Paris, des réfugiés tunisiens, qui regagnaient comme chaque soir le gymnase de la rue de la Fontaine-au-Roi, en étaient empêchés par les forces de l’ordre, présentes en grand nombre sur les lieux. Rapidement, les policiers devaient se montrer brutaux, refusant même que les Tunisiens puissent récupérer leurs affaires. Des tirs de gaz lacrymogène ont même retenti jusque vers 2 heures du matin. (Source, France Inter, 6 juillet 2011)

Suicide (2)

Une policière, décrite comme dépressive, a mis fin à ses jours, le 6 juillet, en se jetant du haut d’un pont, à Toulouse. Cette policière, violée en 2007, avait été l’objet d’une passe d’arme entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal lors d’un débat pour le second tour de l’élection présidentielle. (Source, Métro et 20 Minutes, 7 juillet 2011)

Que fait la Police ?

Le 6 juillet, vers midi, à Alforville (94), deux braqueurs ont réussi à dévaliser une agence du Crédit Lyonnais, à l’aide d’une voiture bélier, lors d’un transfert de fonds. Butin : environ 100 000 euros. (Source, 20 Minutes, 7 juillet 2011)

Front national : toujours proche de la répression

Mauvais sang ne saurait mentir. I1 y a une quinzaine d’années, Jean-Marie Le Pen tentait de créer des syndicats de salariés dans les professions sécuritaires : police, gardiens de prison, vigiles, etc. Marine Le Pen parait avoir les mêmes préoccupations. Ce qui s’exprime dans une lettre ouverte adressée aux policiers, aux gendarmes et aux douaniers. Le 5 juillet elle y déplore que, « depuis le début de l’année 2011, les reconduites à la frontière soient en chute libre ». Dans cette lettre, l’héritière de la tribu Le Pen dit : « Partager les inquiétudes des forces de l’ordre sur l’inaction totale du gouvernement de Nicolas Sarkozy contre la clandestinité. » Gageons que le gouvernement prendra note rapidement de cette « inquiétude » pour serrer les boulons de sa politique répressive anti-immigrés. (D après Le Monde, 7 juillet 2011)

Bilan sécuritaire mis en doute

Dans un épais rapport (248 pages), intitulé, « L’Organisation et la gestion des forces de sécurité », publié le 7 juillet, la Cour des comptes mettait vivement en cause la politique de sécurité du gouvernement et son coût induit. Passant au crible les forces de sécurité publiques, policiers et gendarmes réunis, la Cour contredit la satisfaction affichée par le pouvoir sur la baisse de la délinquance, suscitant la colère du ministre de l’Intérieur, Claude Guéant. Parmi d’autres aspects, le rapport de la Cour des Comptes fustige « le développement rapide mais coûteux de la vidéo surveillance. Ce qui a surtout attiré l’attention des Sages c’est, d’une part, l’organisation du temps de travail des policiers « couteux et complexe » et, d’autre part, la mise en œuvre par Nicolas Sarkozy, dès 2002, « de la culture du résultat comme mode de fonctionnement quotidien des services de sécurité publique (qui) a conduit à faire prévaloir une gestion des services par des objectifs chiffrés. » (Source, Le Monde, 8 juillet 2011)

Outrage

Le 8 juillet, à Paris, un Russe, militant gay, était interpellé, puis placé en garde à vue, pour avoir insulté un policier, en marge d’une manifestation devant l’ambassade de Russie. (Source, Libération, 9 juillet 2011)

Terre promise…

Dans la soirée du 8 juillet, à l’aéroport de Roissy, une centaine de CRS intervenaient violemment contre des militants pro-palestiniens qui manifestaient après avoir été empêchés de prendre leur avion, à destination d’Israël. Des dizaines de manifestants étaient interpellés, et l’un d’eux sérieusement blessé. Vers 21 heures, les manifestants, qui avaient été la cible de tirs de grenades lacrymogènes, étaient évacués de force dans des cars de police. Il n’est pas négligeable de rappeler que les services israéliens avaient dressé des listes de personnes, « indésirables » en Israël, à l’attention de plusieurs compagnies d’aviation. Les quelles, sans doute avaient alerté la police pour que l’ordre règne… (Sources, France 2, 9 juillet, avec images significatives, et correspondants par internet)

Garde à vue

Une fois de plus, le syndicat Alliance de la police en tenue (proche du pouvoir) revenait de nouveau sur la réforme de la garde à vue. Le 11 juillet, ce syndicat, peuplé d’humanistes, devait appeler les policiers à passer à « l’action », leur enjoignant, à titre symbolique, à demander la levée de leur habilitation judiciaire pour protester contre la présence d’un avocat dès le début de la garde à vue. Dans un communiqué, Alliance dénonce « les effets néfastes d’une loi bâclée, entraînant un taux d’élucidation en baisse significative. » (Source, Libération, 12 juillet 2011)

Légitime défense ?

Le 12 juillet, à Arcueil (94),un policier a fait feu sur des braqueurs qui venaient d’attaquer une bijouterie. Alors qu’ils prenaient la fuite, les braqueurs devaient heurter un fourgon de police. C’est alors que l’un des policiers dégainait et ouvrait le feu. Il ne semble pas que ce policier se soit trouvé en situation de légitime défense. (D’après 20 Minutes, 13 juillet 2011)

Incitation à l’émeute

Ce n’est plus seulement une impression. Les centres de rétention administrative (CRA), gérés par la police de l’air et des frontières, ressemblent de plus en plus à des prisons où l’on enferme des hommes et des femmes dont l’unique crime est d’être démunis du précieux permis de séjour. Comme l’enfermement ne suffit pas, les policiers gestionnaires de ces lieux de non-droit se permettent d’y interdire certaines lectures risquant « d’inciter à l’émeute ». Le sociologue Mathieu Rigouste, qui visitait un ami tunisien, enfermé dans un CRA près de Toulouse, vient d’en faire la triste expérience suite au refus affirmé des policiers de laisser pénétrer une revue. Il commente : « le camp c’est l’une des expressions la plus contemporaines de ce qu’Hannah Arendt appelait la Banalité du mal. La où le droit bourgeois se démasque, l’Etat est nu et assume pleinement son rô1e de gardien, là où la démocratie se dévoile comme une machine de guerre sociale. » (Extrait d’une tribune libre de Mathieu Rigouste parue dans Libération, le 14 juillet 2011)

Petit Ripou

Un brigadier-chef du commissariat de police de Bourgoin-Jallieu (Isère) a été écroué vers le 5 juillet, pour avoir monnayé des titres de séjour à des étrangers sans papiers. (Source, Libération, 16 juillet 2011)

Du côté de chez Taser

En 2007 et 2008, l’industriel, patron de la société Taser-France faisait espionner Olivier Besancenot, alors porte-parole de la LCR, suite à l’accusation portée par ce dernier de la dangerosité de cette arme présentée comme « non-létale ». A cette occasion, le militant d’extrême gauche s’était aperçu que ses faits et gestes, de même ceux de sa compagnes, étaient surveillés. Le patron de Taser avait même fait procéder à des vérifications sur son possible patrimoine. Le 13 juillet 2011, cet industriel curieux était renvoyé en correctionnelle en compagnie de deux détectives privés, d’un agent des Douanes, d’un inspecteur des impôts et de deux fonctionnaires de police. Du joli monde, pour une enquête nauséabonde. (Source, Libération, l5 juillet 2011)

Les forces de l’ordre occupent le métro…

Le 1undi 18 juillet, vers I6 h 30, il n’y a pas de véritable affluence dans l’échangeur du RER parisien. Il n’empêche, un passant curieux peut recenser, d’un coup d’œil rapide, une vingtaine de gendarmes mobiles, des policiers des chemins de fer accompagnant des contrôleurs de la RATP qui exercent une surveillance attentive non loin des portillons. Certains de ces cerbères étant munis de gilet pare-balle, comme s’ils partaient en guerre dans un quartier en insurrection. Objectif visible : verbaliser des « sauvageons », comme le disait Jean-Pierre Chevènement ou des « racailles », selon le vocabulaire choisi de Nicolas Sarkozy. Plus sûrement, la volonté parait être de « choper » des sans papiers. Pendant ce temps, les monte en l’air avaient tout le loisir de se livrer a des activités de cambriole… (Correspondance reçue à l’Observatoire des Libertés Publiques, le 20 juillet 2011)

Police de proximité

Un homme, âgé de 79 ans, décédé depuis plusieurs mois, est retrouvé par la police, le 20 juillet, dans son appartement, à Meaux (77). Selon une source policières, la famille « avait saisi la police depuis plusieurs semaines, en raison de la disparition du septuagénaire. » Pourtant, « aucune odeur suspecte n’avait été décelée au niveau de l’appartement. » D’où sans doute la négligence policière. Rassurant. (Source, Libération, 21 juillet 2011)

Que fait la police ?

Le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, ne cesse d’expliquer que sa politique de Maintien de l’ordre est couronnée de succès. Selon l’Observatoire de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), le nombre de faits constatés de violences contre les personnes n’a cessé d’augmenter entre juillet 2010 et juin 2011, par rapport à la période correspondante 2009/2010. Soit + 2,32%. Selon l’ ONDRP cette hausse s’explique, pour les deux tiers, par « des faits de violences crapuleuses ou des vols violents. » (Source, Libération, 21 juillet 2011)

Au viol, en interne

L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a ouvert une enquête, le 22 juillet, après l’agression sexuelle présumée d’une élève de l’école de police de Roubaix, par des « camarades » de promotion. Cinq élèves ont été places en garde à vue. Cet « incident » ne peut que poser problème sur la qualité du recrutement des futurs gardiens de l’ordre public. A suivre. (Source, Libération, 23 juillet 2011)

Légalité policière

En octobre 2010, une jeune femme, adjointe de sécurité, faisait paraître un livre, Omerta dans la police, où elle dénonçait le climat de racisme régnant parmi les policiers de la PAF, à Orly. Le 26 juillet 2011, le ministre de l’Intérieur notifiait sa sanction à l’imprudente, pour « manquement à l’obligation de réserve ». Soit dix-huit mois d’exclusion, dont six mois avec sursis. Ce même 26 juillet, la « délinquante », dans une interview donnée à France 3, rappelait l’article 40 du Code de prodédure pénale, selon lequel il lui fallait dénoncer ce type de dérives. Claude Guéant a préféré adopter un autre principe, selon lequel « tout fonctionnaire qui révèle une grave illégalité au sein de son administration, doit être lourdement sanctionné. » (Sources, France 3, 26 juillet et Libération, 27 juillet 2011)

Snif, snif

A Mayotte, nouveau département français, trois gendarmes et un policier, tous membres du GIR, alimentaient un trafic de drogue, avec une matière première sans doute issue des scellées. (Source, France 2, 29 juillet 2011)

Faux et usage de faux

Le 12 juillet, un sacristain de la cathédrale de Montpellier était retrouvé mort à son domicile ; étranglé avec une corde à rideau. Quatre jours plus tard, un fidèle de cette paroisse était arrêté et écroué, soupçonné d’être le meurtrier. Sous de vagues présomptions, les policiers se hâtaient de boucler un dossier vite fait mal fait. Le « suspect » raconte : « Trois policiers débarquent chez moi, me plaquent contre le mur, me mettent les menottes et m’emmènent avec eux sans me dire pourquoi. » Un policier lui martèle qu’il a été filmé par une caméra le soir du crime, chez la victime. Encore traumatisé, il précise : « Le policier a tellement dit que c’était moi que je ne suis demandé si l’on pouvait commettre un crime, et tout oublier. » Au bout de huit mois d’incarcération, l’avocate de cet homme, alertée par les lacunes de la procédure, et en l’absence de preuves contre son client, peut enfin visionner la vidéo de sa garde à vue. Stupeur : alors que le procès-verval écrit mentionnait des aveux, la vidéo montrait un homme qui n’avouait pas. Cet innocent, qui faisait un parfait coupable pour la police, est donc libre. Certes, l’auteur du PV mensonger a été suspendu de son habilitation d’officier de police judiciaire, mais il ne semble pas que ce fonctionnaire a été révoqué. A suivre. (Source, Libération, 29 juillet 2011)

Le patron des CRS puni

En février 2011, les syndicats de CRS lançaient un cri d’alarme pour protester contre la dissolution programmée de plusieurs compagnies, a Marseille et Lyon. A cette époque, le directeur central des CRS s’était trouvé dans l’incapacité d’enrayer ce mouvement, et le ministère de l’Intérieur avait dû faire marche arrière. Six mois plus tard, ce policier de haut rang est prié de quitter son poste. Sans doute pour manque de fermeté. Soyons sans crainte, il ne manquera pas de rejoindre un placard doré. (Source, Le Monde, 29 juillet 2011)

Crise du logement

Dans la matinée du 30 juillet, à Montreuil (93) une armada de CRS délogeaient des sans-logis d’une imprimerie désaffectée. L’opération se serait déroulée sans violence. Il parait qu’une quarantaine de personnes ont été relogées. Quant aux cent cinquante autres… (Source, France 3, 30 juillet 2011)

Blog de retraité

Sur son blog hebdomadaire, l’ancien commissaire de police Georges Moréas tient un discours qui pourrait le faire passer pour un dangereux gauchiste peu soucieux de l’ordre public. Quelques évidences
valent le déplacement :
– Lorsqu’une arme non-létale est mise au point, comme le lanceur de balles de défense (le flash-ball), on cherche immédiatement à la rendre plus puissante, donc plus dangereuse.
– En région parisienne, lorsque trois pékins se réunissent, des dizaines de cars de CRS et de gendarmes mobiles sont embusqués, prêts à foncer si nécessaire.
– Contrairement à ce que l’on entend parfois, si les policiers sont armés, ce n’est pas pour se défendre mais, comme le dit le Code de déontologie : « pour protéger l’individu et la collectivité contre les atteintes aux personnes. » (Source, Le Monde, 1er août 2011)

Harcèlement sexuel en interne

Le parquet de Nanterre (92) a saisi l’IGN, suite à la plainte pour harcèlement sexuel d’une policière de la sous-direction antiterroriste contre un de ses supérieurs. Cette jeune femme, commandante de police, accuse son supérieur hiérarchique d’avoir porté atteinte à sa carrière après qu’elle avait refusé de céder à ses avances, en 2006. En 2009, une mission d’expertise pour la Commission européenne des droits de l’homme lui avait été refusée. (Source, Le Monde, 3 août 2011)

Dealer en uniforme

Le 28 juillet, le tribunal correctionnel de Versailles a condamné un policier municipal de Mantes-la-Jolie (78), à dix-huit mois de prison ferme. Cet excellent fonctionnaire territorial, âgé de 38 ans, avait été interpellé, en décembre 2010, en pleine transaction de vente de cannabis et de cocaïne. Son petit trafic durant depuis une dizaine d’années. Curieusement, son complice fournisseur devait écoper de quatre ans de prison ferme. Ce qui devrait signifier que si l’on porte un uniforme la sanction serait moins forte. (D’après Aujourd’hui, 29 juillet 2011)

Convivialité policière

A Paris, dans la nuit du 4 au 5 août, les forces de l’ordre se sont appliqués à évacuer rudement une centaine de sans-logis qui campaient rue de la Banque, et revendiquaient l’application de la loi DALO (Droit au logement opposable). L’opération s’est déroulée vers 2 heures du matin, les CRS arrachant les bâches en plastique qui protégeaient les familles en plein sommeil. (Sources, France 2 et France Info, 5 août 2011)

Qu’en est-il des « Voisins vigilants » ?

C’était la grande ambition de Nicolas Sarkozy : transformer chaque Français en un flic plus ou moins bénévole, avec pour mission d’en surveiller un autre. Avec la volonté parallèle de diminuer les effectifs de police et de gendarmerie, la création des « Voisins vigilants », la solution paraissait être trouvée. Manque de chance, cette mayonnaise perverse ne semble pas avoir pris. Le rôle de quasi-délateur dévolu aux citoyens de ce pays rappelle de très mauvais souvenirs, et particulièrement la période de l’occupation allemande et du pouvoir de Vichy. Ce qui ne convient pas particulièrement à une population qui n’a pas entièrement démissionné de son libre-arbitre. C’est ainsi que, pour prévenir les cambriolages, par exemple, les préfets peineraient a recruter ces « Voisins vigilants » qui, à l’occasion, pourraient rendre d’autres services aux forces de l’ordre. Cette initiative, lancée en 2007, ne s’est pas étendue au-delà de quelques communes pilotes. La volonté du ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, était de transformer ces volontaires en « collaborateurs occasionnels » des services de police, avec possibilité de rémunération à la clé, suite à la loi adoptée le 15 mars 2011. (Source, Le Monde, 5 août 2011)

Xénophobie à pas de Guéant

Claude Guéant fait du zèle. Le ministre de l’intérieur tient à se distinguer à l’approche des élections présidentielles. Alors que son prédécesseur, Brice Hortefeux, avait fixé à 28 000 le nombre d’étrangers à reconduire à la frontière pour 2011, sa volonté est d’atteindre les 30 000. Ce qui serait « le meilleur résultat historiquement enregistré par la France », a-t’il précisé le 8 août. Toujours est-il qu’à ce jour, 17 500 personnes ont déjà été expulsées. Droit dans ses bottes, l’hôte de la place Beauvau, expliquait le même jour : « grâce aux instruments nouveaux que donne la loi immigration-intégration, avec notamment la prolongation de rétention administrative, nous pouvons être plus efficaces ». Infatigable, l’homme-lige de Nicolas Sarkozy réitérait sa volonté de réduire de 200 000 à 180 000 le nombre d’entrées légales d’étrangers en France, qu’il s’agisse « d’une immigration du travail, d’études ou liée au regroupement familial ». La répression va toujours connaître de beaux jours. (Source, Le Progrès, 9 août 2011)

Coup double

Tôt dans la matinée du 11 août, les forces de l’ordre se sont appliquées à évacuer des sans logis revenus s’installer rue de la Banque à Paris. De même, leur collègues ont chassée d’autres parias en expulsant rudement une centaine de Roms, dont une trentaine d’enfants, qui s’abritaient sur la place d’Aix à Marseille. (Sources, France Inter et Le Monde, 11 août 2011)

Renseignements généreux

Le 12 août, Maurice Rajsfus, en vacances animait un débat sur le thème, « de la Police de Vichy à la Police de la République », à La Pesse, petit village du Jura de 350 habitants. Rien que de très banal pourrait-on penser. Pas vraiment, puisque quelque jours auparavant, un policier de la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur), en poste à Saint-Claude, venait s’étonner auprès du Syndicat d’Initiative locale de la présence de cet intrus. (Source, correspondant local)

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