quefaitlapolicelogo QUE FAIT LA POLICE ? – Bulletin d’information anti-autoritaire – Nouvelle série – numéro 58/59 – mars/avril 2012

Editorial : Et si l’on créait un fichier des personnes non fichées ?
Il y a, dans ce pays, qualifié de patrie de la liberté et des droits de l’homme, une catégorie de citoyens hautement suspects auxquels nos autorités policières ne se sont jamais intéressées. Ceux qui ne sont pas fichés. Il s’agit, en fait, de ces « individus » dont le comportement sort de l’ordinaire. Nous trouvons parmi ces êtres bizarres ceux qui ne disposent pas d’un téléphone portable, et ne peuvent être suivis à la trace, donc évidemment suspects. Par ailleurs, l’affaire de Tarnac étant encore dans les mémoires, la police ferait bien de s’intéresser de très près a tous ces hurluberlus dont la bibliothèque contient des ouvrages pouvant être considérés comme subversifs, même si l’édition et la vente de ces « brulots » ne peut en aucun cas constituer un délit. Enfin, n’oublions pas ces hommes et ces femmes sans histoire qui sont peut-être d’habiles dissimulateurs, ennemis de l’ordre public. Ces quelques réflexions démontrent, s’il en était nécessaire, l’urgence de créer un fichier de ceux de la France d’en bas qui ne sont pas encore fichés. Il ne reste que quelques semaines au pouvoir encore en place pour y remédier. Comment se fait-il que nos cerbères de la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur) n’ont pas encore mis en œuvre cet instrument indispensable qui permettrait d’assurer la tranquillité de ceux qui nous gouvernent ? Tous connus, tous fichés, et les bons esprits seront rassurés. Un peu à 1’image de Simon de Montfort qui, à l’époque de la Guerre des Albigeois, s’écriait : « Tuez-les tous. Dieu reconnaîtra les siens ! », Claude Guéant, au cours de ses nuits agitées, doit rêver d’un pays sous contrôle dont tous les habitants seraient fichés. On ferait le tri ensuite. Cela nous renvoie à Joseph Fouché, qui suggérait déjà au Premier consul Bonaparte de ficher tous les Français. Dure tâche car il aurait été nécessaire de rédiger 25 millions de fiches à la plume d’oie, et d’employer une armée de policiers pour les recherches indispensables pour la réalisation d’un tel monument. De nos jours, le travail serait simplifié car, en un clic, i1 y aurait possibilité de savoir qui fait quoi, quand, comment, pourquoi ? Une dernière suggestion : et si le droit de vote était interdit à celles et ceux dont le contenu de la fiche serait susceptible de laisser croire qu’ils pourraient constituer un trouble à l’ordre public ?
Maurice Rajsfus

Adieu aux armes
Dans la nuit du, 21 au 22 janvier, un policier en poste en Seine et Marne, a mis fin à ses jours par absorption de médicaments. Il était amoureux d’une collègue mariée avec un autre policier du même service, tous deux en instance de divorce. Auteur d’un faux accusatoire sur son collègue, il devait passer en conseil de discipline le 24 janvier. Les autorités policières rappellent, à cette occasion, que 42 policiers se sont donnés la mort en 2011. (Sources, Libération et Direct Matin, 24 janvier 2012)

Xénophobe, le préfet de police de Paris ?
Le préfet de police de la capitale, Michel Gaudin, a le sens de la litote. Le 24 janvier, il se confiait à un journaliste du Figaro : « Nous ne souhaitons pas tomber dans la xénophobie. I1 n’y a pas que des étrangers arrêtés, mais il ne faut pas cacher la réalité ». En fait le préfet de police ne dit pas autre chose que Claude Guéant mais il tente de masquer une triste réalité. (Source, Le Figaro, 21 janvier 2012)

Infraction au Code de la route ?
Le 20 janvier, à Paris, un piéton était grièvement blessé par un motard de la police nationale qui escortait la voiture de la ministre, Nadine Morano. Cette dernière se rendait à Orly pour un voyage privé, selon une source policière. Equipé d’un casque audio, ce piéton aurait traversé la chaussée sans entendre les sirènes des policiers. Ce qui fait défaut, dans cette information, c’est la vitesse du cortège ministériel. C’est ce qui pose question à la Ligue contre la violence routière qui fustige les escortes de personnalités qui « mettent en danger la vie des piétons et des motards. » (Sources, Direct Matin 25 janvier et Métro, 26 janvier 2012)

Ne pas s’intéresser au jardin secret de Claude Guéant !
A la mi-janvier, environ 150 personnes s’étaient retrouvées dans le bois de Vincennes pour manifester contre le centre de rétention, et en solidarité avec les sans papiers qui y sont enfermés. Des policiers, munis de matraques télescopiques, devaient les encercler, isolant trois militants placés ensuite en garde à vue durant cinq heures. » (Source, Le Monde libertaire, 26 janvier 2012)

Acrostiche
Claude Guéant ne va pas tarder à quitter son antre de la place Beauvau mais il excite toujours la verve de nos correspondants :
Chacal pour les uns
Libérateur pour d’autres
Aide-bourreau
Ubiquité certaine
Destructeur
En tous lieux

Grenadier de la Sarkozye
Uhlan même
Etonnamment hargneux
Activiste au service de Nicolas
Napoléon l’aurait apprécié
Totalement
(Ne tardez pas à prendre la suite, la série va bientôt s’achever)

Copwatch remet le nez a la fenêtre
Bloqué par voie de justice, en octobre 2011, le site anti policiers Copwatch, qui Fichait les policiers du Nord de l’Ile de France, annonçait, le 25 janvier, qu’il était de nouveau en ligne. A la grande indignation des syndicats de police, les animateurs de Copwatch affirment vouloir continuer à lutter contre la, répression des forces de sécurité. Le ministre de l’Intérieur n’exclut pas de porter plainte à nouveau. (Sources, 20 Minutes et Canal +, 25 janvier 2012)

Roms, dehors !
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Dans la nuit du 24 au 25 janvier, à Viry-Châtillon (9I), vers 4 h 45 du matin, une équipe de soixante-dix CRS délogeaient dix-sept familles de Roms qui squattaient depuis deux ans une ancienne gendarmerie laissée a l’abandon. Cette expulsion avait été ordonnée par la justice. (Source, 20 Minutes, 26 janvier 2012)
. Une soixantaine de policiers sont intervenus à l’aube du 25 janvier dans un campement de 80 Roms, installés à Créteil (94). Motif de cette descente de police : la remise d’un document les invitant quitter le territoire d’ici un an. (Source, Direct Matin 26 janvier 2012)

Matraques télescopiques
A la mi-janvier, environ 150 personnes s’étaient retrouvées au bois de Vincennes pour manifester contre le centre de rétention, et en solidarité avec les sans papiers qui y sont enfermés. Insupportable. C’est pourquoi ils devaient se voir encercler par des policiers armés de matraques télescopiques. Trois militants, interpellés, étaient placés en garde à vue durant cinq heures. (Source, Le Monde Libertaire, 26 janvier 2012)

Les brutes à l’œuvre en Outre-mer
Le 25 janvier, deux agents de la police aux frontières (PAF), en poste à Mayotte, ont été condamnés à six mois de prison avec sursis, peine assortie de six mois de mise à pied. Ils avaient battu une comorienne au centre de rétention. (Source, Libération, 26 juin 2012)

Retour sur une mort violente, à Clermont-Ferrand
Dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, à Clermont-Ferrand, un jeune homme prénommé Wissam tombait dans le coma, après une intervention policière. Il devait décéder neuf jours plus tard. Selon le procureur de la République, cette mort pourrait être due à une « compression des artères carotides ». Ce qui signifie, en clair qu’il a été asphyxié par pression au niveau du cou, suffisamment longtemps pour que son cœur cesse de battre. Comme le parquet exclu l’hypothèse d’une strangulation, cette compression aurait pu être causée par une malformation osseuse de la victime. En fait, une excroissance constatée à l’autopsie qui aurait pu appuyer sur la carotide et le priver d’air. Cette précision ayant pour fonction d’exonérer les policiers de toute intervention brutale : juste un geste technique enseigné en école de police. Il n’empêche, Wissam avait été interpellé, et déjà menotté, à bord du véhicule de police, lorsque les brutes, qui le trouvaient « agité », lui mettaient la tête entre les jambes pour « le calmer ». Ce geste porte un nom : « pliage ». Ce qui a déjà causé plusieurs morts du fait des cowboys de la police aux frontières. En 2005, cette pratique avait été interdite mais, dans les faits, elle n’est pas répertoriée dans les techniques autorisées. (Source, Libération, 25 janvier 2012)

Loin des yeux, loin du cœur…
Le 19 janvier, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) condamnait la France pour « traitement inhumain et dégradant », pour le placement en rétention d’un couple d’origine Kazakhe, avec leurs deux enfants en bas âge. Cette décision n’avait alors fait que relancer le débat sur l’enfermement des mineurs -procédure autorisée par le droit français. C’est une affaire remontant à 2007, lorsque cette famille, interpellée à son domicile, avait été placée au centre de rétention de Rouen-Oissel. L’enfermement de ces parias avait duré quinze jours. Lors de son arrêt, la CEDH devait rappeler que 178 familles, avec 356 enfants étaient passées par un centre de rétention, en 2010. Quant au comportement des policiers chargés de cette basse besogne, les exemples de mauvais traitement pouvant leur être imputés ne manquent pas. (Source, Le Monde, 27 janvier 2012)

Rigolo
L’ordre public ne fait pas dans le détail. C’est ainsi que, le 25 janvier, à Flins-sur-Seine (73) des policiers faisaient usage de leur pistolet a impulsion électrique Taser contre un cochon qui errait sur une route. L’animal, sonné, a quand même été rendu a son propriétaire. (Source, Direct Matin, 27 janvier 2012)

Au feu !
Selon une information en interne, révélée par 1’AFP le 26 janvier, 30 000 véhicules incendiés auraient été comptabilisés par la police, en 2011, contre plus de 32 000 en 2010. On respire, la « racaille » commencerait à être maîtrisée. Erreur, ce chiffre ne prend pas en compte Paris et sa banlieue, et pas davantage les données de la gendarmerie, en zone rurale… (Source, Libération, 27 janvier 2012)

Pandore protecteur des animaux
Le 27 janvier, devant le tribunal correctionnel de Besançon, un gendarme était condamné pour homicide involontaire. En 2010, durant une garde à vue, le pandore avait placé dans une situation de stress un retraité des usines Peugeot, âgé de 77 ans. Lequel était soupçonné d’avoir empoisonné un chien et des daims. Décédé depuis, d’une crise cardiaque, cet homme avait été innocenté. (Source, Libération, 28 janvier 2012)

Policiers « logés »
Copwatch a remis le couvert. Le 28 janvier, le site internet du syndicat de policiers en tenue, Unité SGP-Police était victime d’une opération de piratage. Une base de données contenant la liste de 500 délégués de ce syndicat, avec leur numéro de téléphone personnel a été récupéré, puis publié sur un site de fichiers en ligne. A la grande indignation du secrétaire général de ce syndicat, Nicolas Conte. Suite à cette opération, le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, devait annoncer, le 29 janvier, son intention de redemander la fermeture de Copwatch, déjà bloqué par voie de justice, en octobre 2011, ce site avait été réactivé le 21 janvier, à partir d’ une nouvelle adresse. (Source, Direct Matin, 30 janvier 2012)


A Nice : cow-boy municipal
Eric de Montgolfier, procureur de la République de Nice, estime que la police municipale du maire, Christian Estrosi, a trop tendance à jouer les cowboys. C’est ainsi que, le 30 janvier, le magistrat faisait appel de la relaxe d’un policier municipal qui avait provoqué un accident en se rendant sur une intervention, en 2010. Ce policier qui rejoignait le lieu de l’agression d’un chauffeur de bus avait roulé sur les voies du tram, avec son gyrophare allumé, avant de percuter une voiture et de renverser un piéton. (Source, Libération, 31 janvier 2012)

Feu à volonté… et au hasard
Le 30 janvier, le parquet de Montbelliard ouvrait une information judiciaire pour blessure involontaire contre un policier soupçonné d’être l’auteur d’un tir de « gomme-cogne » (de type flash-ball), qui devait blesser gravement un mineur âgé de 17 ans, le 7 février 2011. Ce jour-là, ce garçon, prénommé Ayoub, avait été touché, lors d’une bataille rangée entre deux bandes, à Audincourt (Doubs) par un projectile. Suite à l’intervention policière, l’adolescent avait perdu un œil, après avoir été opéré en urgence. Pour la procureure, « le tir était légitime » mais il reste à déterminer « pourquoi la victime a été touchée alors que c’est une autre personne qui était visée au thorax. » (Source, Libération, 31 janvier 2012)

Au front ?
Journaliste et essayiste, Elisabeth Weissman publie un état des lieux où elle considère comme inquiétant : une police menacée par la culture du chiffre. Cela va au-delà, particulièrement sur l’appréciation de la situation politique. A la question qui lui était posée : « En 2007, les policiers, marqués par le passage de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur avaient voté massivement pour lui. Qu’en est-il à trois mois de la présidentielle ? » Réponse, tout à trac : « Au terme de mon enquête, je pense sincèrement qu’une majorité d’entre eux vont voter pour Marine Le Pen ! » (Elisabeth Weissman, Flics : chronique d’un désastre annoncé, Stock, février 20I2)

Relais policiers
La CNIL (Commission nationale informatique et liberté) a levé un gros lièvre. L’un des bailleurs parisiens du logement social se serait transformé en auxiliaire de la police. Qui aurait pu imaginer que l’Office parisien de HLM, Paris Habitat, avait également pour vocation de « loger » ses locataires, au mauvais sens du terme ? En clair, de ficher chaque occupant d’un appartement en fonction de ses revenus et de son origine, mais également de noter si l’un était alcoolique, ancien SDF, atteint d’Alzheimer ou même séropositif. Ce que la police n’avait jamais osé faire, Paris Habitat se l’est permis, sans doute dans le but d’alerter des gardiens d’immeubles mués en cerbères de l’ordre locatif. Pour Paris Habitat, pointé du doigt par la CNIL « pour atteinte à la vie privée des locataires », ses services auraient surtout agi « dans l’intention bienveillante d’avoir un suivi attentif et adapté » de ceux que cet office à bien voulu loger, au bon sens du terme, cette fois… (Sources, Le Parisien et Métro, 3 février 2012)

La haine de la police
Le 3 février, dans un quartier « sensible » de Melun, (77) une quinzaine de jeunes « délinquants » agressaient une équipe de CRS en intervention suite à un incendie de poubelles. Durant de qui est qualifié de « guet-apens », l’un des CRS devait être blessé à une cheville alors que les assaillants attaquaient les forces de l’ordre en lançant des pavés. Aucun d’entre eux n’a pu être interpellé. A noter le terme « délinquant » qui, à l’évidence, n’a pu qu’être emprunté au communiqué de la police. (D’après Direct Matin, 5 février 2012)

Propos d’un porte parole de la civilisation
Raymond Marcellin, ministre de l’Intérieur de sinistre mémoire, prétendait se mêler de tout. Il en va de même de l’actuel patron des forces de l’ordre françaises, Claude Guéant qui, le 4 février, n’hésitait pas à proclamer : « Contrairement a ce que dit l’idéologie relativiste de gauche, pour nous toutes les civilisations ne se valent pas! » Invitation mal déguisée faite aux policiers de surveiller les Maghrébins et, au-delà, l’ensemble des musulmans. (D’après Libération, 6 février 2012)

Faites l’humour, pas le rejet !
Sans doute à la suite de la lamentable déclaration de Claude Guéant, sur le thème « toutes les civilisations ne se valent pas… », il était possible de lire sur un mur du quartier latin. « Casse-toi, pov’ Claude ! » (Communiqué par un correspondant de l’Observatoire des libertés publiques, le 7 février 2012)

Protéger Marine…
Le 7 février, Marine Le Pen entamait une tournée électorale à La Réunion. Cette visite à haut risque se déroulant sous la protection attentive des CRS et de la gendarmerie mobile. C’était particulièrement le cas à Saint-Denis de la Réunion où des centaines de gendarmes avaient été déployés dans un quartier habituellement tranquille. On aurait pu croire à un déplacement de Nicolas Sarkozy, placé sous haute surveillance policière. (D’après 20 Minutes, février 2012)

Escorte
Au cours d’une séance du Conseil de Paris, le 7 février, les élus de la majorité de gauche devaient demander à Bertrand Delanoé qu’il saisisse le préfet de police a propos du « recours excessif » aux escortes policières avec gyrophares, dans les rues de la capitale, lors du déplacement des ministres. Selon le cabinet du préfet, cet usage serait strictement encadré et aurait même diminué de I2 % depuis 2008. Ce n’est pas le sentiment des riverains, sans négliger le tintamarre produit par les sirènes deux tons. (Source, Direct Matin, 8 février 2012)

Humour noir sauce Guéant
Suite à la condamnation de la France par la Cour européenne des droits de l’homme, et répondant aux campagnes conduites par le Réseau éducation sans frontières (RESF) et de la Fasti contre l’enfermement des mineurs dans des centres de rétention, le porte-parole du ministère de l’Intérieur a curieusement résumé la politique répressive du gouvernement, en tentant d’en atténuer les effets : « L’Etat doit veiller à ce que l’enfant ne soit pas séparé de ses parents », avant d’ajouter, de façon jésuitique : « Les enfants ne sont pas placés en rétention. Ils accompagnent leurs parents. Ils sont simplement accueillis dans ces lieux… ». A ce stade, la langue de bois n’a plus de limite, risque cet humoriste, qui s’exprime au nom de Claude Guéant, veut nous convaincre que les CRA (Centres de rétention administrative), « dédiés aux familles, sont des unités de vie, avec des espaces de jeu, du matériel de puériculture. » Sous le regard bienveillant, bien entendu des policiers de service. Cela va de soit. (D’après Libération, 8 février 2012)

Sinistre anniversaire
I1 y cinquante ans, la guerre d’Algérie allait bientôt se terminer mais si la police ne pourchassait plus les algériens de façon trop visible, elle prenait pour cibles les militants qui dénonçaient les attentats commis par l’OAS. Le 8 février 1962, 1a police sous les ordres du préfet Papon réprimait dans le sang une manifestation populaire. A la station de métro Charonne, a Paris, il y aura neuf morts et de nombreux blessés. Au lendemain de ce massacre, le ministre de l’Intérieur commentait tranquillement : « Ce sont des éléments incontrôlés de la police qui se sont rendus coupables de ces méfaits. » Les responsables de ces meurtres n’ont jamais été jugés, pas plus que ne l’ont été les auteurs de la tuerie qui s’était déroulée le 17 octobre 1961. Comment ne pas rappeler qu’en octobre 2011, le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, faisait savoir que la police n’avait pas d’excuses à présenter à propos de ces dérives meurtrières. (D’après Libération, 9 février 2012)

Echec postal
Le 4 février, les responsables de La Poste faisaient intervenir un grand nombre de CRS, arrivés à bord de treize fourgons, et munis d’armures, de masques à gaz et de grenades lacrymogènes. But de l’opération : déloger les grévistes qui occupaient les bureaux de la direction de cette administration pour les Hauts-de-Seine, à Nanterre. Une telle intervention est une première dans l’histoire des relations entre « partenaires sociaux », à La Poste. (Source, Tout est à nous, 9 février 2012)

Forte pensée
« La première exigence du pouvoir à l’égard de la police, c’est la discipline. Exigence impossible à satisfaire pleinement et qui ne peut naître que dans la cervelle d’un fou. » In, La Police, de Casamayor, Gallimard, 1973, page 134)

Agitation policière
Au cours de la matinée du 9 février, à l’appel du syndicat de policiers en tenue Unité SGP-Police, quelque 200 gardiens de la paix étaient rassemblés devant le tribunal de grande instance d’Evry (9I). Motif : ces braves défenseurs de l’ordre public étaient venus « exprimer leur mécontentement de la politique du Parquet sur les poursuites concernant les outrages, la rébellion et les violences contre les collègues. « Cette manifestation, organisée par des fonctionnaires de police, déguisés en civil, était encadrée par des CRS. Suite à cette démonstration une délégation de policiers était reçue durant près de deux heures par la procureure d’Evry et ses adjoints. (Source, Libération, 10 février 2012)

Intimidation
Le 26 janvier, à Nancy, à l’heure du laitier, des gardiens de la paix en uniforme et des policiers de la BAC, pénétraient au domicile d’un jeune militant de la CNT en défonçant la porte de l’appartement où il cohabite avec plusieurs militants libertaires. Immédiatement, l’un des militants était frappé au visage, puis menacé d’une arme de service pointé sur une tempe. Justification de cette intervention violente ? Les policiers recherchaient l’un des amis de ce groupe. Les jeunes ainsi agressés devait relater une fouille en règle de l’appartement -matelas retournés, tiroirs et valises fouillés. Quant aux policiers, ils affirmeront au cours de l’enquête « avoir utilisé la force strictement nécessaire. » Suite à cette descente policière, les victimes déposaient plainte dans un premier commissariat, essuyant un refus, avant de la faire enregistrer ailleurs. (Sources, Vosges Matin, 3 février et Tout est à nous, 9 février 2012)

Voyage tumultueux en Martinique
« Guéant, ferme là ! » et « Guéant, dégage ! ». C’est avec ces invectives que les Martiniquais ont accueilli le ministre de l’Intérieur, le 11 février, à Fort-de-France. Avant son arrivée aux Antilles, Claude Guéant n’avait pas craint de déclarer :  » Je crois qu’il y a eu malentendu sur le mot civilisation… », alors qu’il avait affirme de façon provocatrice, le 4 février :  » Toutes les civilisations ne se valent pas ! » Quant au député Martiniquais Serge Letchimy, s’il n’a pas rappelé au ministre de la police qu’il était sans doute descendant d’esclave, il lui faisait savoir qu’il ne le recevrait pas au siège du Conseil régional. Par ailleurs, comment ne pas noter que la première visite du ministre de l’Intérieur avait été réservée au commissariat de police de Fort-de-France. (Source, France Inter et Libération, 11 février 2012)

La peur des pandores
Le 11 février, vers 4 h 30 du matin, un homme de 37 ans, chutait mortellement dans un torrent, à Magland, (Haute-Savoie). Fuyant un contrôle routier, l’automobiliste avait refusé de s’arrêter, et s’était garé dans les bois avant de glisser et trouver la mort dans le torrent. (Source, Métro, 13 février 2012)

Feu à volonté !
Dans la nuit du 10 au 11 février, à Chatou (78) un policier ouvrait le feu sur un garçon de 16 ans. La victime venait de renverser un autre policier alors qu’il tentait de prendre la fuite à bord d’un véhicule volé. Blessé au bras, ses jours ne sont pas en danger. (Source, Direct Matin, 13 février 2012)

Légitime défense ?
Le 14 février, à Pontault-Combault (77), un « forcené » était abattu par des policiers, appelés par le voisinage. Il avait, par la suite, blessé un policier avec sa carabine. Très en colère après avoir constaté que sa voiture avait été vandalisée, l’homme, âgé de 42 ans, était sorti dans la rue armé d’un fusil de chasse, tirant en l’air pour exprimer sa rage. D’où l’intervention des policiers qui, bien évidemment, avaient riposté « en état de légitime défense ». (Source, Direct-Matin, 15 février 2012)

Policier à droite, policier à gauche…
« Le PS hésite sur la reprise en mains de l’Intérieur », titrait un quotidien du soir. Il semblerait que, comme en 1997, le parti socialiste ne soit pas décidé à renvoyer à leurs chères études les « grands flics » et les préfets qui se sont tellement appliqués à suivre les consignes de Nicolas Sarkozy. Rappelons-nous le cas du très répressif préfet de police Philippe Massoni, très proche de Charles Pasqua, et maintenu à son poste sous la gauche, alors que Jean-Pierre Chevènement était ministre de l’Intérieur, de 1997 à 2000. Le manque de volonté de chambardement dans les services du ministère de l’Intérieur, au cas où François Hollande l’emporterait à l’élection présidentielle, ne peut que susciter quelques inquiétudes. (D’après Le Monde, 15 février 2012)

Sus aux étrangers !
Les services de Claude Guéant n’ont de cesse de stigmatiser les étrangers. Dans un rapport, daté du 15 février, l’Observatoire national de la délinquance cible particulièrement les Roumains, condamnés pour vols et recels, en 2011. Il n’en reste pas moins que la grande majorité des mis en cause pour vol est représentée par des autochtones. Commentaire d’un sociologue, spécialiste des institutions pénales : « Ces statistiques résultent d’une prophétie autoréalisatrice…Si le ministre insiste sur un certain type de délinquance, l’institution va produire plus de chiffre sur cette délinquance. » CQFD. (Source, Le Monde, 16 février 2012)

Rigolo
Dans la nuit du 13 au 14 février, à Etampes (78), un jeune homme était intercepté par des policiers. Il roulait avec un gyrophare bleu en fonction. Lors de sa garde à vue, il devait expliquer qu’il était passionné par la police. Il est vrai que les analyses révélaient qu’il avait 2 grammes d’alcool par litre de sang. (Source, 20 Minutes, 16 février 2012)

Mémoire insultée
En juin 2009, à Argenteuil (95), Ali Ziri, travailleur algérien retraité, était venu passer quelques jours en France pour revoir ses amis. Interpellé, il était laissé pour mort suite aux brutalités des policiers. Le 14 janvier 2012, alors que le procureur devait requérir le non-lieu, suite à la plainte déposée contre les brutes, toujours en service au commissariat de la ville, une plaque était inaugurée à la mémoire de ce « chibani ». Comme il convient d’oublier les mauvais gestes des défenseurs de l’ordre public, le maire socialiste d’Argenteuil, sous la pression des syndicats de policiers et du ministère de l’Intérieur, a fait retirer la plaque commémorative. Comme la morale rigide doit prendre le pas sur le souvenir, un ami de jeunesse d’Ali Ziri, interpellé en même temps que lui, sera jugé le 7 mars 2012, pour « outrage ». La morale est sauve ! (Source, CQFD, février 2012)

Ordre municipal
A Puteaux (92), la maire UMP, Joëlle Ceccaldi-Raynaud ne supporte pas que l’on puisse évoquer ses louches tractations dans des opérations liées à des marchés publics. Le 16 février, lors du conseil municipal, cette femme énergique devait faire intervenir ses policiers municipaux – accompagnés d’un officier de police judiciaire – pour expulser un conseiller municipal d’opposition. Lequel n’a pas manqué de porter plainte. (Source, Libération, 18 février 2012)

La police peut-elle redevenir un service public ?
L’association « graines de France » lançait récemment un appel pour que la police redevienne un authentique service public. Appel signé par des chercheurs, des magistrats, des avocats et des élus. A la mi-février, aucun syndicat de policiers ne s’était risqué à le signer. Pour les initiateurs de cet appel : « Le ministère de l’Intérieur n’a aucune volonté que le dialogue existe. On nous a opposé une fin de non-recevoir systématique ! » Il n’en reste pas moins que Yannick Danio, délégué national du syndicat SGP-FO fait ce constat : « Il y a urgence… Ce n’est pas un fossé qui s’est creusé entre les jeunes de certains quartiers et la police S’il n’y a pas une volonté politique pour corriger cela, on court à la catastrophe ! » Il faut néanmoins constater cette raideur des syndicats de policiers face aux propositions de « Graines de France », qui s’insurge particulièrement contre des pratiques abusives comme les contrôle d’identité au faciès, ou le rejet de l’obligation de fournir un reçu à chaque contrôle, pour en éviter la multiplication. Cela, aucun syndicat de policiers ne veut se risquer à l’accepter. Y compris le syndicat majoritaire, le SGP-FO, qui se dit « de gauche ». (Source, Libération, 18 février 2012)

Contrôle social hors contrôle…
Il y aurait actuellement quelque 80 fichiers, presque tous policiers, au pays de la Liberté. Dernière innovation de cette traque administrative, actuellement sur les rails ? La carte d’identité biométrique, dernière trouvaille de Claude Guéant , pour mieux encadrer encore la société française. Avec cet outil, qui comportera les données biométriques de 45 millions de Français (les étrangers étant naturellement contrôlés par d’autres moyens) pourront être exploitées sans le moindre contrôle. Il s’agit de ficher les empreintes digitales, comme la couleur des yeux, le tout dans une puce électronique. Une autre puce devant servir de signature électronique sur Internet pour les échanges commerciaux et administratifs, approche évidemment liberticide. Pour la Ligue des droits de l’homme, le Syndicat de la magistrature et le Syndicat des avocats de France : « L’ensemble de la population verra ses données biographiques et biométriques d’identité fichées au ministère de l’Intérieur. C’est une disposition démesurée et dangereuse pour les libertés publiques. » Par ailleurs, les spécialistes de la carte d’identité ne manquent pas de rappeler qui si ce document était rendu obligatoire, cela nous renverrait fâcheusement à l’époque de Vichy. (Source, Libération, 18 février 2012)

Ouvrez le feu !
Le 18 février, à Pontarlier, un policier utilisait son arme de service contre un automobiliste qui tentait de forcer un barrage Interpellé, l’homme aurait ensuite refusé de se soumettre aux contrôles d’alcoolémie et de stupéfiants. Ce qui n’était pas bien, mais était-ce une raison pour ouvrir le feu et risquer de tuer ? Une fois de plus, il convient de rappeler aux policiers que la peine de mort a été abolie en octobre 1981. (D’après Direct-Matin, 20 février 2012)

Les fichiers ne nous lâchent pas !
Parmi d’autre fichiers, plus préoccupants l’un que l’autre, il y a le FNAEG (Fichier national des empreintes génétiques), créé par la loi Guigou, en 1998. A l’origine, ce fichier était destiné aux auteurs de crimes et délits sexuels commis sur des mineurs de moins de quinze ans. Six lois plus tard – Nicolas Sarkozy étant passé par là – ce fichier concerne aujourd’hui presque toutes les infractions, à l’exception des délits financiers et routiers. Les personnes suspectées sont fichées au même titre que celles ayant été condamnées. Les empreintes étant conservées 25 ans pour ce qui concerne les suspects, contre 40 pour les autres. Selon une généticienne : « On stocke une information qu’on ne maîtrise pas ! » Par ailleurs, selon le service central de l’identité judicaire, ce fichier conserverait, en décembre 2011, précisément les empreintes génétiques de 1.834.5387 personnes (y compris les auteurs de simples graffitis), auxquelles s’ajoutent 116.000 traces non-identifiées. (Source, Le Monde, 22 février 2012)

Aveux forcés
Il y a dix ans, Marc Machin était condamné pour le viol et le meurtre de deux femmes, à quinze jours d’intervalle, au pont de Neuilly. Cet homme, alors âgé de 19 ans, avait été pris en mains, lors de l’enquête par un vétéran de la Crim’, célèbre auprès de ses collègues pour ses dons empathiques, facilitant l’aveu des suspects. Après le classique, « avoue, tu te sentiras mieux ! », suivi du cadeau d’un paquet de cigarettes, le jeune homme était passé aux aveux. Suite à cet abus de faiblesse, Marc Machin avait écopé d’une peine de 18 ans de prison ferme. Fort heureusement pour lui, le véritable coupable devait s’accuser, spontanément, en 2008. Au cours du procès, qui débutait le 21 février devant la cour d’assises des Hauts-de-Seine, à Nanterre, l’ancien accusé devait revenir sur les circonstances de ses aveux, quasiment suggérés. Il n’en reste pas moins que l’honnête policier de la Crim’, devenu commandant depuis son exploit, lançait aux journalistes qui l’attendaient à la sortie de l’audience : « Il a quand même pu être présent sur les lieux. S’il était présent, regardez le Code pénal et vous verrez que c’est de la non-assistance à personne en danger, la dénonciation de crime. » Finalement, un policier, fonctionnaire assermenté, ne peut jamais avoir tort… (Source, Le Monde, 22 février 2012)
Toujours le fichage
Le 21 février, une pétition contre le fichage informatique a été lancé par 27 organisations, partis et syndicats, pour réclamer « un véritable droit d’opposition à nos données personnelles. En 2012, sauvons la vie privée ! », proclame ce texte qui dénonce « la surveillance insidieuse échappant à tout contrôle légal réel. » (Source, Libération, 22 février 2012)

Et si c’était vrai …
Bernard Squarcini, grand patron de la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur), homme-lige de Nicolas Sarkozy, serait impliqué dans un éventuel trafic d’influence, le compromettant avec le sulfureux sénateur socialiste des Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guérini. Il n’est pas inutile de rappeler que le fils de Bernard Squarcini a été l’employé de Guérini au Conseil général que celui-ci préside. D’où la demande du magistrat qui instruit une affaire de marchés douteux. En cause, certaines informations confidentielles obtenues par Jean-Noël Guérini. Le magistrat instructeur soupçonne n accord « donnant-donnant » entre les frères Guérini et Bernard Squarcini, bien que ce dernier nie énergiquement pareil soupçon. Ce « grand flic » aurait-il eu des faiblesses, entre Corses ? ( D’après Le Canard Enchaîné, 22 février)

Petits salauds chez les municipaux de Cannes
En novembre 2011, six policiers municipaux de Cannes se livraient à un bizutage sur une de leur jeune collègue. Alors que celle-ci effectuait son dernier jour de service, à Cannes, avant de prendre un nouveau poste, à Nice, la jeune femme avait été poussée dans les douches du poste de police. Aspergée de crème Chantilly, elle aurait ensuite été victime d’attouchements de la part de plusieurs de ses collègues venus fêter son départ. Le 8 février, ces petits salauds faisaient l’objet d’une demande « d’exclusion temporaire », en Conseil de discipline. (Source, Vosges-Matin, 9 février 2012)

Petites escroqueries entre collègues
Le 9 février, un policier de Metz était condamné à cinq mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Metz. Qu’avait bien pu faire ce gardien de la paix, dans doute apprécié par sa hiérarchie ? Peu de chose. Il se contentait de vendre des voitures d’occasion en mauvais état à des collègues, avec l’aide de son beau-frère qui se prétendait garagiste. Il n’est pas inutile de préciser qu’en première audience, en décembre 2011, le ministère public avait requis cinq ans de prison avec sursis. En appel, le tribunal s’est donc montré moins sévère. Sans doute parce qu’un policier ne peut pas être trop coupable… (D’après Vosges-Matin, 12 février 2012)

Faire grève : une faute lourde ?
Dans la soirée du 14 février, à Marseille, une vingtaine de marins de la SNCM (affiliés à la CGT) bloquaient un navire, dans le port, depuis 3 semaines. Ils se trouvaient bientôt affrontés à 400 CRS qui, avec la plus grande violence, levaient de blocus et cassaient la grève sans se priver de matraquer lourdement les marins récalcitrants. Par la suite, 17 de ces marins étaient convoqués en justice pour « participation à une grève illégale », tandis que deux délégués syndicaux étaient poursuivis pour « fautes lourdes ». (Source, Le Monde libertaire, 23 février 2012)

De plus en plus de policiers sur le pavé
La Direction de l’ordre public et de la circulation de la préfecture de police (DOPC), faisait savoir, le 23 février, qu’entre 2008 et 2010, les interpellations lors des manifestations parisiennes ont augmenté de près de 300%. En cause, principalement, le nombre d’opérations de maintien de l’ordre qui sont passés de 2.905, en 2008, à 5.630, en 2011. Il en a été de même lors des manifestations inopinées – plus de 14% pour la même période. Explication du directeur du DOPC : « Les communautés éprouvent le besoin de manifester, ce qui est tout à fait légitime. Certains adhèrent à la présence des policiers, d’autres non, et voire même en ont peur, d’autres non et nous rentrent dedans. » Selon cet important personnage : « de nombreux militants d’extrême-gauche, des anarchistes » figurent dans ces manifestations « inopinées », mais aussi « l’armée de l’ombre » ( ?). Peut-être « des gens qui n’ont jamais eu de problème avec la police mais qui vont péter un plomb pendant une manif. (Source, 20 Minutes, 24 février 2012)

La peur des jeunes
Le 23 février, dans le quartier de La Défense, des policiers procédaient à 28 interpellations. A cette occasion, les forces de l’ordre auraient « déjoué » une « possible rixe » entre bandes rivales venues d’Argenteuil et de Nanterre. Dix neuf jeunes étaient conduits dans différents commissariats. (Source, Direct-Matin, 24 février)

Le « défenseur des droits » se réveille…
Le 7 février, Dominique Baudis, défenseur des droits, demandait que soient engagées des poursuites disciplinaires contre deux policiers qui, le 14 octobre 2010, avaient grièvement blessé un jeune homme au visage, par un tir de « balles de défense » de type flash-ball. Cette intervention avait eu lieu lors d’une manifestation devant le lycée Jean-Jaurès, à Montreuil (93). Le policier tireur, mis en examen, en mars 2011, pour « violences volontaires », affirmait avoir visé le jeune homme au thorax mais, malencontreusement, le projectile était arrivé en pleine figure. Bilan : quatre fractures, avec hémorragie rétinienne et baisse d’acuité visuelle. Au cours de l’instruction, les policiers incriminés avaient commencé par mentir, expliquant qu’ils s’étaient trouvés en situation de légitime défense car agressée par une « pluie de projectiles ». Fort heureusement, comme bien souvent, une vidéo amateur , et des témoins, prouvaient que, bien au contraire, les policiers avaient eu une attitude provocatrice, traitant les lycéens de « p’tits cons » et d » « connards ». A cette occasion, le défenseur des droits déplore le manque de formation des policiers. A suivre, évidemment. (Source, Libération, 25 février 2012)

Sursis pour les humanistes de Grasse !
Le 9 mai 2008, à Grasse (Alpes-Maritimes, sept policiers de la BAC interpellaient Hakim, jeune homme de 22 ans qui « avait eu des mots » avec son banquier. Comme il se débat « violemment », les policiers lui passent les menottes aux poignets et aux pieds, avant de le jeter au sol. Là, face contre terre, un policier s’installe à califourchon sur son dos, tandis qu’un autre lui fait une « clé genre étranglement », au cou, qui sera prolongée « cinq à dix minutes », malgré les protestations des témoins, qui racontent qu’il avait « la tête violette ». Trainé jusqu’au fourgon de police, il avait « l’air tout mou, comme une guimauve », dira un autre témoin. A son arrivée au commissariat de police, un policier s’exclamera : « Il est bleu ! » En fait, Hakim est déjà mort « par asphyxie positionnelle » expliquera un policier, lors du procès qui s’est déroulé le 24 février 2012, suite à la plainte de la famille. Le même policier ajoutant, pour se justifier : « Nous n’avons fait que des gestes règlementaires… » Arguments repris par les avocats de la défense, qui reprendront ce leit-motiv : « Ce sont les gestes enseignés en école de police ! » Ce qui permettra aux juges de limiter les peines à 18 et 24 mois de prison avec sursis, pour « homicide involontaire » ; un policier municipal étant condamné à 6 mois de prison avec sursis, pour « non-assistance à personne en danger. » Les quatre autres policiers de la BAC devaient mieux s’en tirer puisque également poursuivi pour non-assistance à personne en danger, ils étaient relaxés. Quant aux humanistes, condamnés avec sursis, ils n’en ont pas moins décidé de faire appel de la décision des juges. (Source, Libération, 25 février 2012)

Trublions
Le 28 février, 200 policiers des Alpes-Maritimes manifestaient devant le palais de justice de Grasse pour protester contre les peines de prison – avec sursis – dont avaient écopé deux de leurs collègues. (Source, France-Inter, 28 février 2012)

La rose et le Résidu
Parmi les réformes concoctées par Nicolas Sarkozy, en matière de sécurité, depuis l’été 2002, que François Hollande conserverait, il convient de noter : ne serait pas remis en cause la création de la Direction générale du renseignement intérieur (DCRI). Par ailleurs, François Rebsamen, chargé du pôle sécurité dans l’équipe de campagne de François Hollande, explique : « L’idée n’est pas de supprimer tout ce qui a été fait » en matière de sécurité. Il faudra juste, « sur les 28 lois prises depuis 2002, celles qui n’ont eu aucun impact, aucune efficacité, et celles qui marchent. » (Source, Le Monde, 28 février 2012)

Comme au temps des colonies
Le 27 février, le tribunal correctionnel de Saint-Denis de la Réunion condamnait à de lourdes pertes de prison des manifestants qualifiés d’émeutiers. L’un d’eux avait été interpellé, le 25 février, par des policiers de la BAC, pour avoir refusé d’obéir à l’ordre de dispersion, lors d’une manifestation, au Port. Sans résister, ce jeune docker avait simplement repoussé, instinctivement, un policier. Le rapport de police notait : « il bougeait beaucoup, il s’est cogné tout seul ! » En fait, le sang giclait partout, s’échappant d’une arcade sourcilière du garçon. Verdict : six mois de prison ferme. Deux autres manifestants écopaient de peines de deux ans et un an de prison ferme, sans doute pour s’être trouvés au mauvais endroit au mauvais moment, au gré des policiers de la BAC, très nombreux sur l’Ile de la Réunion, en compagnie de forts contingents de gendarmes mobiles dépêchés en urgence de la métropole. (Source, Le Monde, 29 février 2012)

Mœurs policières chez Ikéa
Ce n’est certainement pas la première fois, ni la dernière, que des capitaines d’industries ou des patrons d’administration, font appel discrètement à des services de police pour consulter le tristement célèbre STIC (Système de traitement des infractions constatées). Motif non avoué : se renseigner sur des salariés devant être embauchés ou suspectés d’être des « meneurs ». Dans certains cas, il est possible que des clients ou des fournisseurs se voient ainsi « fliqués ». L’ennui, c’est qu’il n’est pas possible de consulter cet énorme fichier (quels 36 millions de noms, où se retrouvent, pêle-mêle, des coupables de délits, des suspects, des témoins et même des victimes) sans l’autorisation ou la réquisition d’une autorité de justice.
Dernier corrupteur connu, la société Ikéa. Prudente pourtant, cette multinationale s’était abritée derrière une société de recherches confidentielles, servant de relais entre Ikéa et les services de police. Il est pourtant évident qu’un « accord STIC » liait Ikéa à ces « privés ». Lesquels se chargeaient d’obtenir les renseignements désirés. Au passage, les policiers corrompus recevaient la juste récompense de leurs services bienveillants. Certes, cela n’est pas nouveau, et un certain nombre de policiers, pris trop souvent les doigts dans le pot de confiture, ont perdu leur emploi, avant d’être parfois lourdement condamnés. Il reste la tentation, pour ceux qui n’ont pas encore été pris. Cette dernière affaire a au moins le mérite d’éclater au grand jour, permettant de mieux connaître les relations troubles entre certaines entreprises et des policiers plus ripoux que républicains. Toujours est-il que, dès le 29 février, les syndicats du groupe Ikéa-France annonçaient qu’ils allaient déposer plainte en justice. (D’après Le Canard Enchaîné, 29 février 2012)

Mal-logés, taisez-vous !
Dans la matinée du 29 février, à Paris, une centaine de militants du collectif des mal-logés occupaient brièvement les locaux d’un service du Premier ministre. Ils dénonçaient un rapport visant à réduire la, part d’aide publique accordée au logement social. Les forces de l’ordre devaient les « raccompagner » rapidement, sans incident, parait-il jusqu’à la station de métro la plus proche. (Source, Direct-Matin, 1er mars 2012)

Un joli coco
Le 2 mars, un policier était jugé devant le tribunal correctionnel de Créteil (94). Ce brave défenseur de l’ordre public, en poste à Vitry-sur-Seine, soupçonné de corruption, aurait commis une série de vols, et soutiré plusieurs milliers d’euros à des personnes placées en garde à vue. Sa mise en examen, médiatisée en septembre 2011, avait révélé un trafic datant de 2008. Cet excellent policier avait notamment monnayé, pour 6.000 euros, un faux permis de séjour à un sans papier Haïtien, et dérobé 25.000 euros à une Chinoise pendant sa garde à vue. (Source, Direct-Matin, 2 mars 2011)

Dehors les Roms (suite sans fin)
Le 1er mars, le tribunal de grande instance de Versailles ordonnait l’expulsion de près de 80 Roms installés dans une caserne désaffectée, proche du château royal. La justice a accordé huit jours aux occupants pour quitter les lieux. Tous sont issus d’un camp démantelé, dans l’Essonne, par les forces de l’ordre, le 20 février. (Source, Direct-Matin, 2 mars 2012)

A la charge !
Au cours de la matinée du 2 mars, à Florange (Moselle), des salariés des hauts-fourneaux de l’entreprise Arcelor-Mittal, qui occupaient les voies ferrées, étaient chargés par une quarantaine de gendarmes mobiles. Evacuation opérée sans violence, paraît-il, mais au cours de la « bousculade » il y a eu un blessé. (Source, Aujourd’hui, 3 mars 2012)

Alertez les bébés !
Dans l’après-midi du 1er mars, vers 18 heures, dans un square du 18è arrondissement de Paris, deux policiers demandent à un garçon de 13 ans de décliner son identité. Motif : les policiers auraient été alertés pour tapage. L’adolescent, qui se prénomme Abdelkahim, prend la fuite après avoir donné un faux nom. Rattrapé, il est placé en garde à vue au commissariat pour « fourniture d’une identité imaginaire » et « rébellion ». S’il reconnait avoir donné une fausse identité, le garçon nie toute rébellion. Il raconte : « Les policiers étaient grands, je me suis laissé faire… » Placé en cellule, comme un dangereux malfaiteur, on lui enlève ses lacets. La maman, alertée par l’avocat, appelle le commissariat, où les policiers n’évoquent plus la « rébellion ». La garde à vue est levée au bout de trois heures et l’enfant repart, lesté d’une convocation pour le lendemain, et d’une amende notifiant « cris et vociférations sur la voie publique. » Les policiers expliquant que ce jeune s’est montré tapageur et proférait des injures. » Version très différente du « délinquant » qui affirme : « J’étais sur un banc en train de discuter avec des copains… » Peut-être qu’Abdelkahim avait le mauvais profil pour des policiers désireux de faire du chiffre. (Source, Aujourd’hui, 3 mars 2012)

Ca branle dans le manche
Après la mise en examen de Bernard Squarcini, patron de la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur), suite à l’affaire Woerth-Bettancourt, c’est au tour de Michel Gaudin de se retrouver dans l’œil du cyclone. En effet, le préfet de police de Paris a été entendu récemment comme « témoin assisté » pour avoir commandité une enquête contre des policiers jugés « trop à gauche ». (Source, 20 Minutes, 5 mars 2012)

Crise du logement
Dans la soirée du 4 mars, à Paris, des policiers sont intervenus dans un immeuble de la rue de Châteaudun, réquisitionné par l’association « Jeudi noir ». Cinq des militants interpellés étaient placés en garde à vue. (Source, 20 Minutes, 5 mars 2012)
La haine de la police
Le 5 février, un garçon de 18 ans était jugé en urgence, à Valence. La veille, il avait mordu un policier qui était intervenu pour faire cesser un tapage nocturne causé par le jeune homme, en état d’ivresse. Verdict : dix mois de prison, dont quatre avec sursis. C’était très cher payé car lorsqu’un policier provoque « involontairement » la mort d’un « individu » pris de boisson, c’est surtout le non-lieu, voire le sursis qui est décidé par les juges. (D’après Le Dauphiné Libéré, 6 mars 2012)

La traque aux Roms (suite sans fin)
Quelque 200 Roms, installés depuis un an à Vitry-sur-Seine (94), sur un terrai appartenant aux hôpitaux de Paris, sont menacés d’expulsion. Une fois de plus, ces parias voient la traque se poursuivre. C’est ainsi que, durant le dernier week-end de février, des policiers, flash-ball à la ceinture, avaient investi leur campement pour procéder à des fouilles. L’un des soutiens des Roms avait alors commenté : « Avant, la police se contentait d’expulser mais maintenant, c’est la traque. Elle les suit partout pour voir où ils vont s’installer, et les déloger à nouveau. » Pourtant, le 6 février, comme il y a des limites d’inhumanité à ne pas dépasser, le tribunal administratif de Melun devait débouter les Hôpitaux de Paris de leur demande d’évacuation de ces Roms, dont 80 enfants. (Source, 20 Minutes, 6 et 7 mars 2012)

Blang-Blang
Dans l’après-midi du 7 mars, quelque 70 militants d’associations de chômeurs envahissaient la brasserie Fouquet’s, sur les Champs-Elysées, pendant plusieurs minutes. Cette action se voulait pacifique, mais l’intervention policière devait virer à la « bousculade ». Deux des manifestants étaient interpellés, et quelques dizaines d’autres conduits au commissariat pour contrôle d’identité. Motif de cette intrusion, dans le lieu symbole du « Bling-Bling », la stigmatisation des chômeurs par le président de la République. (Source, Libération, 8 mars 2012)

Au viol ?
Le 7 mars, un policier parisien, soupçonné de viol sur une mineure de 10 ans, dans le Val-de-Marne, était interpellé et placé en garde à vue à Créteil (94). Les faits se seraient déroulés au domicile de la victime, sous la garde de ce policier, le viol ne serait pas formellement établi. (Source, Direct-Matin, 8 mars 2012)

Neuilly, sous haute protection !
Neuilly-sur-Seine (92) est certainement l’un des communes où la délinquance est la plus faible. Ce qui n’a pas empêché des édiles de doter la ville d’un réseau de 24 caméras de vidéo-protection, reliées à un centre de supervision urbaine. Pour le maire, cette décision s’appuie sur une « étude de pertinence ». (Source, Métro, 8 mars 2012)

Flash-ball en légitime défense ?
Le 27 décembre 2007, à Nantes, quelques centaines d’étudiants et de lycéens manifestaient contre la loi Pécresse, dans le parc du rectorat. Les policiers, arrivés en grand nombre, referment les grilles du parc, où les manifestants se trouvent piégés. C’est à travers les grilles qu’un policier vise un lycéen, âgé de 16 ans, qui s’écroule victime d’un tir de flash-ball au visage. Il perdra un œil. Lors du procès dun flingueur, les 9 et 7 mars 2012, ce policier était accusé de « violence aggravée avec arme, par personne dépositaire de l’autorité publique », et risque sept ans de prison. Au cours du procès, il était possible d’apprendre que ce policier avait bénéficié d’un après-midi de formation, devant suffire à l’habiliter pour l’usage de cette arme. Juste avant que le lycéen soit grièvement blessé, le policier avait déjà tiré neuf fois sur la foule, expliquant aux juges : « Ces gens-là ont eu de la chance, je les ai touchés là où j’ai visé… » Ce ne devait pas être le cas du jeune lycéen, qui, soit disant visé au thorax, devait être gravement blessé au visage. Au cours de son témoignage, le père de la victime avait rappelé que, ces dernières années, à Montreuil (93) et à Toulouse, trois autres victimes ont été mutilées à un œil par des tirs de flash-ball. Au final, le procureur demandait la relaxe du policier, arguant de son obéissance à un ordre hiérarchique. Délibéré, le 3 avril (Source, Libération, 8 mars 2012)

Police et culture
Le 2 mars, à Paris, une cinéaste réalisait un documentaire sur les actions du collectif Jeudi Noir, bien connu pour ses actions visant à occuper des logements vides. Arrêtée, puis placée en garde à vue, avec quatre militants de Jeudi Noir, alors qu’elle couvrait l’occupation d’un logement dans le 20è arrondissement, elle ressortait du commissariat, le lendemain, vers 13 heures, mais sans son matériel de tournage. « Procédure scandaleuse », dénonce l’avocate de l’association Reporters sans frontières, qui précise que, « selon le Code pénal, la garde à vue vise une personne soupçonnée d’avoir commis ou tenté de commettre un crime ou un délit. Ce qui n’est absolument pas le cas de la réalisatrice…Et sa caméra ne peut être saisie comme une pièce à conviction. » Quant à la réalisatrice, elle s’interroge : « Les rushes vont-ils être utilisés pour nourrie l’enquête contre le collectif Jeudi Noir ? » (Source, Le Monde, 9 mars 2012)

Convivialité présidentielle
Le 8 mars, dans l’après-midi, Nicolas Sarkozy se rendait à Ysingeaux pour y rencontrer les ouvrières de Lejaby, où l’accueil sera mitigé. Ensuite, il devait tenir meeting à Saint-Just Saint-Rambert (Loire) où 200 CRS, casqués et armés de flash-ball allaient charger une centaine de manifestants qui le recevaient à coups de sifflets. Là, le candidat entend crier « Sarko dégage ! », pendant que les CRS commencent à jouer de la matraque. Il convient de noter que, bien avant l’arrivée du président, les ronds points étaient tenus par les CRS, et l’accès à l’usine Lejaby fermé. (Source, Libération, 9 mars 2012)

Viol en réunion
Le 8 mars, un gardien de la paix, un CRS, ainsi qu’un agent de sécurité de la SNCF, étaient condamnés par la Cour d’appel de Colmar à des peines de deux ans et demi et trois ans de prison ferme, pour des agressions sexuelles répétées sur une prostituée roumaine. Ce tribunal ne faisait qu’alourdir les peines prononcées en première instance. Tous trois ont été reconnus coupables d’avoir abusé, entre septembre 2005 et juillet 2006, d’une prostituée terrorisée à l’idée d’être expulsée en Roumanie. (Source, Le Parisien, 9 mars 2012)

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