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	<title>QUE FAIT LA POLICE ? &#187; Observatoire des Libertés Publiques</title>
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	<description>Observatoire des Libertés Publiques</description>
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		<title>QUE FAIT LA POLICE ? – Chronique anti-autoritaire de Maurice Rajsfus – 1er avril 2014</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Apr 2014 11:01:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Observatoire des Libertés Publiques]]></category>

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		<description><![CDATA[Il fallait bien terminer (peut-être provisoirement), cette aventure de <i><b>Que fait la police ?</b></i> Après la création de l’Observatoire des libertés publiques, le 6 avril 1994, un an jour pour jour après le véritable assassinat du jeune Makomé M’Bovolé (17 ans) au commissariat des Grandes Carrières, dans le 18<sup>ème</sup> arrondissement de Paris, bien connu pour sa tendresse immodérée envers la population issue de l’immigration colorée. Nous étions bien seuls avec mon camarade Jean-Michel Mension (Alexis Violet), pour montrer la police de la République pour ce qu’elle est réellement, et non pas une troupe de gardiens de la paix destinée à apaiser les conflits au sein de la population.[...]
<b>Ce n’est peut-être qu’un au-revoir</b></p>
<i><b>Que fait la police ?</b></i> prend momentanément congé de ses lecteurs, avec ce constat : sous la gauche, comme sous la droite, le comportement policier ne s’est guère amélioré. Il n’en reste pas moins qu’avec le retour probable de la droite au pouvoir nos policiers se sentiront bientôt de plus en plus légitimes pour représenter la colonne vertébrale d’un Etat fort. Au service de ceux qui ne songent qu’à remettre au pas ceux qui ont eu l’audace de les marginaliser.
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				<content:encoded><![CDATA[<p><b>Editorial : Aurons-nous des successeurs ?</b></p>
<p>Il fallait bien terminer (peut-être provisoirement), cette aventure de <i><b>Que fait la police ?</b></i> Après la création de l’Observatoire des libertés publiques, le 6 avril 1994, un an jour pour jour après le véritable assassinat du jeune Makomé M’Bovolé (17 ans) au commissariat des Grandes Carrières, dans le 18<sup>ème</sup> arrondissement de Paris, bien connu pour sa tendresse immodérée envers la population issue de l’immigration colorée. Nous étions bien seuls avec mon camarade Jean-Michel Mension (Alexis Violet), pour montrer la police de la République pour ce qu’elle est réellement, et non pas une troupe de gardiens de la paix destinée à apaiser les conflits au sein de la population.</p>
<p>Les difficultés envisageables ne devaient pas nous empêcher de publier 122 numéros imprimés du bulletin <i><b>Que fait la police ?</b></i>, puis après le décès de Jean-Michel, en juin 2006, la poursuite de cette action de salubrité publique avec 88 numéros, parus sur Internet. Une certitude : ce bulletin intéressait vivement nos premiers lecteurs qui, avec 300 abonnés payants entretenaient des liens très forts avec l’Observatoire des libertés publiques, rassemblant des milliers de signataires dans nos pétitions contre la violence policière ou pour la dissolution des BAC. Par la suite, lors du passage, gratuit, sur Internet, notre audience – j’étais seul désormais – devait se décupler, jusqu’à atteindre près de mille visites par jour sur notre site, mais il n’était plus possible de connaître ceux qui s’intéressaient à notre activité. Toujours est-il que les méthodes et les mauvaises manières policières n’ont guère évolué durant les vingt années qui viennent de s’écouler, depuis qu’en 1994, un ministre de l’Intérieur comme Charles Pasqua – dans la droite ligne d’un Raymond Marcellin – s’appliquait à créer le désordre au nom d’un ordre nullement menacé. Cela ne pouvait qu’étonner mais il faut bien constater que, vingt ans plus tard, le socialiste proclamé Manuel Valls, ne se conduit pas tellement différemment de ce mafieux gaulliste, et la provocation est restée l’arme habituelle d’une police qui n’est trop souvent républicaine que de nom. Ce qui s’est passé à Nantes, le 22 février 2014 ne fait que le démontrer. C’est donc sur ce dernier exploit de notre police que va se clore le bulletin <i><b>Que fait la police ?</b></i> qui, au cours des deux décennies écoulées, a relaté quelque 6.000 « faits divers » policiers. Nous ne nous sommes jamais aventurés dans l’éternel débat sur l’utilité de la police mais toujours est-il que lorsque les forces de l’ordre sont absentes, les situations ne dégénèrent jamais aussi violemment que lors de leur présence active. Par ailleurs, si les « racailles » ne sont pas plus nombreuses qu’il y a un siècle, il faut bien constater que les victimes de l’ordre se trouvent face à des fonctionnaires d’autorité assermentés, armés comme s’ils partaient en guerre. Ce qui paraît bien naturel car, comme de toute éternité, il faut bien mater la « canaille ». C’est pourquoi nos sociétés modernes se sont donné les moyens nécessaires pour y parvenir au prix de nombreuses vies humaines. Sans que soit évoquée, bien évidemment, l’abolition de la peine de mort, en octobre 1981.</p>
<p>Rien n’a changé, ou presque, durant les années écoulées. Ceux qui, depuis la place Beauvau, dirigent une armée policière plus répressive que préventive, tendent à se ressembler. La pseudo-défense des institutions leur procure cette nuque raide qui sied aux grands républicains pour qui l’existence d’une police d’ordre présente plus d’intérêt que la défense des libertés fondamentales. C’était le <i>leit-motiv</i> de Jean-Pierre Chevènement, lorsque cet homme, soit disant de gauche, était ministre de l’Intérieur. Si notre actuel Premier flic de France ne cesse de proclamer qu’il ;est inflexible dans le combat contre le racisme et l’antisémitisme (pourquoi séparer ces deux aspects de la sinistre stupidité populacière ?), il a malgré tout tenu le cap du rejet des Roms, initié par Nicolas Sarkozy, lors de son calamiteux discours de Grenoble, le 30 juillet 2010, annonçant l’ouverture de la chasse, avec l’honnête Brice Hortefeux en porte-flingue.</p>
<p>Inutile de trop s’attarder sur la politique de l’ordre (musclé) régnant au pays des Droits de l’homme – on nous croirait de parti-pris. Si les hommes (et les femmes) qui nous gouvernent ont peut-être, parfois, des états d’âme, il en va très différemment de ceux (et celles) qui manient la matraque et prétendent assurer aussi bien l’ordre moral que l’ordre public. Tant que les contrôles d’identité au faciès resteront la pratique habituelle de nombre de nos anges-gardiens, il sera possible d’affirmer que les mœurs policières n’ont pas changé depuis la période de l’occupation nazie, lorsque les policiers harcelaient ceux dont le profil ne leur paraissait pas très catholique. Tout comme ceux qui, de nos jours, n’hésitent jamais à détruire les campements précaires des familles Roms, veulent oublier que leurs anciens défonçaient les portes des logements de ceux qu’ils étaient chargés de rafler, de l’été 1941 à l’été 1944, lorsque leurs victimes désignés tardaient à répondre à l’injonction : « Ouvrez, police ! »</p>
<p>Restons-en là de ces comparaisons qui pourraient paraître outrageants, en espérant qu’un jour lointain, la police pourrait devenir un véritable service public, en lieu et place d’une force répressive dont il est quasiment interdit de critiquer les pratiques. </p>
<p>Il paraît qu’il ne peut être question de comparer la gestion policière de nos prétendus socialistes à la main de fer de la droite, lorsque celle-ci est au pouvoir. En fait, les uns et les autres font en sorte qu’il est difficile de les différencier, en matière répressive. C’est là un constat désespérant mais la nature humaine est ainsi faite que les possibles victimes de l’ordre ne cessent d’apprécier ceux qui affirment hautement qu’ils sont les régulateurs de la société.</p>
<p><b>Du Larzac à Nantes…</b></p>
<p>Qui aurait pu imaginer que les socialistes, de retour au pouvoir, auraient eux aussi cette profonde épine dans le pied que représentait le Larzac, au temps où Michel Poniatowski régnait sans partage sur les services de la place Beauvau. Il était alors nécessaire de chasser de ce plateau, où venaient s’alimenter les brebis, les incorrigibles écologistes qui s’opposaient à l’installation d’un camp militaire. Il y avait eu un mort et de nombreux blessés, mais contrairement à la morale dite républicaines, force n’était pas restée à la loi. Devant le détermination des militants venus de la France entière, et même de l’étranger, nos CRS et gendarmes mobiles n’avaient pas eu d’autre alternative que de se retirer de ces terres ingrates où il n’est possible que de brouter…</p>
<p>Près de quarante ans plus tard, c’est un scénario presque identique qui nous est proposé, à Notre-Dame-des-Landes. A la volonté forcenée de construire un aéroport sur les terres humides de Loire-Atlantique, répond, depuis une trentaine d’années, le refus des agriculteurs, soutenus par les écologistes. Le projet, pharaonique, conçu pour accueillir le Concorde n’est pas de saison mais l’ancien maire de Nantes, devenu Premier ministre, s’accroche à ce possible chantier, pour la plus grande satisfaction du groupe privé de travaux publics Vinci. Tout comme pour le Larzac, de nombreuses forces de l’ordre sont régulièrement sur le terrain pour remettre à la raison ces rêveurs, présentés comme de dangereux opposants au progrès. Il n’y a pas encore eu de morts mais cela pourrait bien arriver si les policiers de Manuel Valls continuent à être mis sur le terrain.</p>
<p>Ce qui s’est passé, le samedi 22 février, dans les rues de Nantes, à l’occasion d’une grande manifestation, qui se voulait pacifique, ne fait que démontrer l’acharnement du pouvoir, socialiste cette fois, à réaliser cet aéroport dont bien des experts estiment qu’il est coûteux et inutile. Qu’importe, une fois de plus, force doit rester à la loi et les manifestants n’ont pu que constater la difficulté de s’opposer aux certitudes d’un pouvoir démocratique n’ayant nullement l’intention de discuter ses décisions irrévocables. D’où la nuque raide du ministre de l’Intérieur et l’attitude rugueuse des forces de l’ordre.</p>
<p>Comme nos CRS et gendarmes mobiles sont toujours disponibles pour réprimer, cela fait donc bien des années qu’ils répondent à l’appel du préfet de Loire-Atlantique et du ministre de l’Intérieur de l’époque en utilisant les grands moyens contre les militants écologistes et les petits paysans de la région qui défendent farouchement leurs terres. A ce stade, tout comme lors de l’affaire du Larzac, il ne peut être question d’erreur de jugement mais bien de la volonté d’en découdre avec des manifestants qui ont le grand tort de faire face à la volonté du pouvoir.</p>
<p>Il n’en reste pas moins qu’après la lamentable démonstration de force du 22 février 2014, la volonté gouvernementale était avant tout de démontrer que la manifestation violente était surtout l’œuvre de bandes vandales organisées, avec l’évocation de ces fameux « Blacks-Bloc » n’ayant pour objet que de semer le désordre. Certes comme dans toutes les manifestations de ce genre, on trouve toujours quelques dizaines, voire quelques centaines de « casseurs », comme on dit. Pour autant, les services de Manuel Valls, qui ont surtout mis l’accent sur les policiers blessés, et les dégâts en centre ville, oublient que tout avait été mis en œuvre pour assurer l’échec d’une manifestation qui aurait pu être pacifique.</p>
<p>Le quotidien <i>Libération</i>, daté du 25 février, rappelait fort opportunément que le cortège – de 20.000 à 50.000 manifestants – s’était heurté, dès le début du parcours, à des grilles hérissées, comme à des canons à eau qui n’étaient pas là uniquement pour faire de la figuration. Par ailleurs, des artères prévues pour le passage des manifestants avaient été bloquées, alors que 1.500 policiers attendaient, sans doute impatiemment, le moment de passer à l’action. Selon un témoin l’interdiction d’emprunter le parcours traditionnel des manifestations à Nantes, ne pouvait que provoquer une « saturation du défilé réduit à une marche sur un petit kilomètre ». Ce qui ne pouvait manquer de « cristalliser les premiers affrontements ». </p>
<p>Une enseignante raconte : « Les lacrymogènes sont commencé à partir sans que rien ne se soit passé… Tout le monde s’est alors dispersé les familles avec les gamins les anciens… » Il est intéressant de noter que quelque 500 tracteurs de la Confédération paysanne, en majorité, avaient tenté de s’interposer entre les grilles des forces de l’ordre et les milliers de manifestants, afin « d’éviter la casse », expliquait un manifestant, mais les tracteurs devaient s’éloigner, repoussés par les « jets de gaz et de grenades assourdissantes ». Tout était donc prêt pour une violente intervention des CRS. Toujours dans Libération du 25 février 2014, l’une des victimes des charges policières, Quentin, explique que, comme ses camarades il n’était pas équipe comme l’était une minorité de casseurs. « Je ne suis pas armé, je ne porte pas de masque à gaz et de lunettes de protection. Je suis là pour répondre à u assemblement familial et festif…On rentrait pour se replier, les CRS avançaient vers nous avec les camions, et moi je reculais avec des gens en les regardant pour ne pas être pris à revers et pour vois les projectiles qui arrivaient. »</p>
<p>Ce manifestant paisible n’avait pourtant pas imaginé ce qui allait lui arriver : « J’ai senti un choc, comme une explosion dans mon visage, et une douleur extrêmement vive. » En fait, cet homme, âgé de 29 ans qui avait cru recevoir en pleine face une grenade assourdissante, devait apprendre en arrivant au service ophtalmologique du CHU de Nantes qu’il s’agissait plutôt d’un projectile tiré par un flash-ball ou de sa version améliorée : le LBD 40. Vous savez, cette arme non-létale dont on interdit aux policiers et aux gendarmes de les utiliser en visant la tête, et moins encore pratiquement à bout portant. La mère de Quentin affirme que son fils a été victime d’un tir tendu. Elle confiait à <i>Libération</i> : « Le scanner a montré des fractures multiples tout autour de son orbite gauche, qui est vide. Son globe oculaire est irrémédiablement perdu. » De son côté, Quentin rappelle qu’avant de tomber sous cette balle, qui aurait pu être meurtrière, il a vu : « Les CRS gazer n’importe qui. On les voyait viser des gens au flash-ball, ils les suivaient pour les shooter… »</p>
<p>Après l’hospitalisation de Quentin, le préfet de Loire-Atlantique ne manquait pas de promettre : « Il y aura une enquête pour déterminer dans quelles circonstances s’est produite cette blessure, bien entendu regrettable. » Ce même préfet cité par l’hebdomadaire <i>L’Anticapitaliste</i>, daté du 6 mars 2014, n’avait pas manqué d’affirmer tranquillement, au soir des affrontements : « …L’opposition institutionnelle à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes est la vitrine légale d’un mouvement armé ! »</p>
<p>En fait, les armes étaient du côté des forces de l’ordre. Les policiers auraient été attaqués, alors que la provocation des forces de l’ordre était flagrante. Curieusement, la préfecture de Loire-Atlantique ne manquait pas d’expliquer, au cours d’une conférence de presse : « …On l’avait pressenti : on savait même que des gens de l’ultragauche, dont les méthodes s’apparentent à celles des Blacks Blocs, allaient venir affronter la police, et casser ! » D’où l’indispensable questionnement : pourquoi ne pas les avoir arrêtés, interrogent les témoins, et la réponse toute empreinte de jésuitisme policier : « Au nom de la liberté de circulation… »</p>
<p>Les bavures et les multiples dérives imputables aux forces de l’ordre ont toujours eu leur justification, au nom de l’ordre menacé qu’il est indispensable de défendre. Jusqu’à commettre l’irréparable dont la responsabilité sera attribuée aux organisateurs de manifestations hostiles au pouvoir en place. D’où cette réaction de Françoise Verchère, conseillère générale de Loire-Atlantique, membre du Parti de Gauche qui, dans une lettre ouverte adressée à Manuel Valls, se demandait si : « Le désordre n’a pas été entretenu à dessein pour « discréditer notre combat ». Courrier resté sans réponse, bien entendu.</p>
<p>Ce qui est certain, et il est important d’y revenir, c’est que lors des affrontements des manifestants anti-mariage pour tous, avec les forces de l’ordre, les 26 janvier et 2 février 2014, les réactions policières avaient été nettement moins vigoureuses. Pourtant, la violence déchaînée par des éléments ouvertement fascistes, comme ceux du mouvement catholique intégriste, Civitas, les groupes nostalgiques de l’Action française, les gros bras du Comité anti-islam, et les néo-nazis de l’Oeuvre française, n’ont pas connu la réaction brutale, répétons-le, mise en œuvre à Nantes, le 22 février 2014.</p>
<p>La police serait-elle moins sensible aux gesticulations des nervis de l’extrême droite, censés agir au nom de la morale que face à un mouvement populaire ? Cette interrogation est récurrente et la réponse est évidente. Les manifestations relevant de problèmes sociaux propulsent dans nos villes des hordes « d’individus » incontrôlables, alors que les démonstrations relevant de la défense de l’ordre seraient bien plus conformes aux préoccupations de nos supposés gardiens de la paix.</p>
<p><b>Etat des lieux</b></p>
<p>Nos hygiénistes feraient bien de se pencher sur les lamentables conditions sanitaires vécues par les défenseurs de l’ordre public. Il serait nécessaire, indispensable même, d’envisager l’assainissement de ces lieux où les policiers, tous comme leurs congénères, éprouvent le besoin se soulager vessies et intestins. Comme nous ne voulons pas en rester à une note nostalgique, au moment où nous cessons provisoirement notre activité de veilleur, l’histoire policière qui va suivre ne peut que faire sourire. Elle a pour victime des policiers soumis à de très mauvaises odeurs sur leur lieu de travail quotidien, là même où ils peuvent prendre quelques moments de repos en sirotant une petite « Kro ».</p>
<p>La triste histoire qui nous intéresse ici se passe au commissariat de police de Berck-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais. Le quotidien <i>Libération</i>, daté du 3 mars 2014, nous informait que ce commissariat avait dû être évacué en urgence, quelques jours plus tôt, en raison des odeurs déplaisantes qui incommodaient fortement nos fonctionnaires chargés de maintenir l’ordre public. « Odeurs pestilentielles » précisait un policier. Aucun détail ne nous était épargné sur le vécu des victimes d’une mauvaise gestion des lieux destinés à des fonctions bien naturelles : gorge qui gratte, yeux qui piquent, nez qui coule ; et comme tout doit être connu des déboires sanitaires des protecteurs de nos libertés, il faut y ajouter les maux de ventre et les vomissements. Pauvres agents de la force publique que l’administration faisait vivre dans un cloaque où se concentraient tous les remugles des gardes à vue, mélangées à ceux résultant du passage dans les mêmes lieux de fonctionnaires n’ayant pas d’autre choix que ce partage non souhaité. L’histoire ne nous dit pas s’il se trouvait des « virgules » sur le mur, faute de papier.</p>
<p>Il y a peu de temps, un délégué du syndicat de policiers UNSA de ce commissariat, se confiait à un journaliste de l’AFP : « On est tous intoxiqués. Il y a des gens qui restent un quart d’heure, et qui font des malaises ». Même les pompiers, alertés étaient dans l’incapacité à identifier l’origine des effluves déplaisantes. Une société privée, qui effectuait des analyses commençait à parler d’odeurs prononcées d’ammoniaque. Suite aux visites médicales de leurs collègues, nos syndicalistes policiers ne manquaient pas de consulter à leur tour, et faire des prises de sang, pour apprendre que l’inhalation d’ammoniaque peut provoquer les malaises évoqués plus haut, et même des oedèmes pulmonaires. De là à évoquer une maladie professionnelle, plutôt coûteuse pour la Sécurité sociale, il y a un pas qui n’a pas été franchi. Toujours est-il que, fort heureusement, des bâtiments préfabriqués vont bientôt abriter nos policiers malmenés par des odeurs malvenues menaçant leur intégrité physique. Cela sans que la source des mauvaises odeurs destructrices a pu être trouvée. Dur métier que celui de policier, risquant d’être affronté aux mêmes difficultés respiratoires que les égoutiers, dont il paraît que la durée de vie est réduite en raison de l’activité qu’ils exercent. Pour leur édification, comment ne pas conseiller à nos braves gardiens de la paix la lecture du petit chef d’œuvre de mon cher Roger-Henri Guerrand, aujourd’hui disparu, <i><b>Les Lieux</b></i>, aimablement sous-titré « Histoire des commodités » (La Découverte 1997). Il faut bien rire un peu, avant de nous quitter.</p>
<p><b>Ce n’est peut-être qu’un au-revoir</b></p>
<p><i><b>Que fait la police ?</b></i> prend momentanément congé de ses lecteurs, avec ce constat : sous la gauche, comme sous la droite, le comportement policier ne s’est guère amélioré. Il n’en reste pas moins qu’avec le retour probable de la droite au pouvoir nos policiers se sentiront bientôt de plus en plus légitimes pour représenter la colonne vertébrale d’un Etat fort. Au service de ceux qui ne songent qu’à remettre au pas ceux qui ont eu l’audace de les marginaliser.</p>
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		<title>QUE FAIT LA POLICE ? – Chronique anti-autoritaire de Maurice Rajsfus – 1er mars 2014</title>
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		<pubDate>Thu, 27 Feb 2014 08:32:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Observatoire des Libertés Publiques]]></category>

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		<description><![CDATA[le 26 janvier 2014, à Paris, toutes les tendances du catholicisme traditionaliste, associées aux groupuscules fascistes, n’avaient pas manqué de rappeler que la bête immonde est de retour.  Côté catho, il y avait les zélatrices de tous les combats d’arrière-garde, attachées à la sauvegarde de fœtus non-désirés : SOS-Tout Petit, SOS-Maternité, Chrétiens solidaires, Laissez-les vivre, SOS-Futures mères, les débris de la trop célèbre Trêve de Dieu, ainsi que les traîne-lattes de la Confédération des familles chrétiennes. Ces braves mères de famille n’étaient nullement gênées de défiler aux côtés des pires voyous politiques qui, profitant de l’occasion, transformaient ce prétendu « Jour de Colère » en une démonstration voulant ressembler à ce 6 février 1934, qui avait fait trembler la IIIème république. Pou les groupes dits « identitaires », il semblerait que la tribu des Le Pen ne rassemblerait que de dangereux gauchistes…
Il y a bien plus grave, pour les citoyens épris de liberté : l’esprit fasciste qui commence à gangréner nombre de nos contemporains qui ont la mémoire courte. [...]
Il est vrai que des nervis « nationaux » sont toujours estimés moins dangereux  pour les institutions que ces supposés gauchistes qui ont pour seule ambition de changer le monde.
La Justice de ce pays et ceux qui nous gouvernent, ont-ils pris la mesure de cette montée d’une nouvelle forme de fascisme qui prend forme au pays de la Liberté, bien au-delà de ce que représente actuellement le Front National ? Comment ne pas s’inquiéter lorsque l’on assiste aux gesticulations d’une Béatrice Bourges, matrone de la politique du berceau, agitatrice du « Printemps Français », laquelle exigerait bien la guillotine  pour celles et ceux qui s’évertuent à défendre l’IVG comme une conquête sociale majeure. Il convient de bien entendre les vociférations des zélateurs de Dieudonné, bras-dessus, bras-dessous avec les affidés d’Alain Soral, authentique fasciste, porte-parole d’une nouvelle vague qui ne paraît pas inquiéter outre-mesure une opinion publique anesthésiée.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Editorial : Vers une société de la haine et du rejet !<br />
</strong>Il faut en être tristement persuadé. Notre société des Droits de l’homme connait une grave dérive. La police devenant l’unique recours pour freiner la contagion qui nous menace. Comment avons-nous pu en arriver là ? Après avoir été ivres d’une liberté retrouvée, en août 1944, suivant quatre longues années d’occupation nazie, soutenue par le régime de Vichy, tout paraissait possible. Pourtant, très rapidement nombre de Français ne tardaient pas à renouer avec les vieux démons de la pire réaction, qui avaient fait momentanément profil bas. L’image surfaite d’une France globalement résistante masquait le fait que des dizaines de milliers  de nos compatriotes avaient rejoint les partis fascistes puis la Légion des Volontaires contre le bolchévisme (LVF) sur le front russe et, enfin, la Milice de Vichy, qui comptera jusqu’à 30.000 membres. Dans le même temps, quasiment 10% des forces de l’ordre (police et gendarmerie), par conviction autoritaire ou pour ne pas désobéir aux ordres, allaient se livrer aux pires exactions. D’où cette réflexion : ceux de policiers qui ont prétendu résister la nuit ne pouvaient que collaborer le jour !<br />
Dans la France, enfin libérée, où d’authentiques avancées sociales n’avaient pas tarder à se faire jour la guerre de reconquête de l’ancienne Indochine française faisait rage, dès la fin de 1946, avec de nombreux volontaires, prêts à priver les Vietnamiens de ces libertés chèrement reconquises en France. Il n’est pas étonnant de constater qu’en 1947 et 1948, nos policiers, redevenus républicains, allaient matraquer, sans état d’âme, les mineurs du Nord-Pas-de-Calais en grève, et de même les dockers de Marseille. Dans le même temps, rares étaient les Français autoproclamés anciens résistants, à s’insurger contre le sort réservé aux Malgaches qui prétendaient eux aussi accéder à l’indépendance en 1947. En un temps où les partis de gauche étaient majoritaires, dans les assemblées, une politique de droite s’annonçait déjà.<br />
Malgré le Front populaire, et les grandes aspirations nées de la Libération, la France a surtout été un pays de merciers, bien plus qu’héritiers de ses révolutions passées. Ainsi, avec les débuts de la Guerre Froide, se profilait le retour des revanchards d’une guerre perdue. Nous avions vu réapparaître les débris de l’Action française, sous l’appellation d’Aspect de la France, et les anciens « collabos » ne cachaient plus leur passé. De son côté, l’armée de la République, humiliée en Indochine, recommençait à se hausser du col en Algérie, dès l’automne 1954 avec, en prime, les pleins pouvoirs qui lui étaient accordés, en février 1956, par le socialiste Guy Mollet, qui gouvernait le pays. Le manque de volonté des anciens résistants au pouvoir d’accorder l’indépendance aux Algériens en lutte ne pouvait manquer de provoquer l’arrogance des militaires leur putsch contre le pouvoir de la Métropole ramenant De Gaulle au pouvoir durant l’été 1958.<br />
Il aura fallu moins de vingt-cinq ans pour que le fameux « esprit de la résistance » disparaisse. Quelques années plus tard, le pouvoir de droite lançait sa police contre las Maghrébins de France qui manifestaient pour la libération de leur pays puis contre les rares militants français  qui s’opposaient à la sale guerre qui se poursuivait de l’autre côté de la Méditerranée. Sans que cela puisse indigner, au-delà de quelques centaines d’intellectuels, la torture était devenue le moyen habituel pour faire plier les combattants algériens et rares étaient ceux qui se risquaient à évoquer les méthodes de la Gestapo, importées au pays de la Liberté. Il est possible d’affirmer que les tueries du 17 octobre 1961, en plein Paris, tout comme l’assassinat de militants français à la station Charonne, le 8 février 1962, annonçaient le début d’une haine raciale envers les Algériens, qui ne s’est jamais démentie depuis dans les rangs des policiers, ainsi que chez de nombreux Français. Tous désireux d’affirmer un nationalisme dangereux. C’est dans ce climat délétère qu’allait survenir le mouvement de mai/ juin 1968, où la police s’illustrerait comme elle sait le faire lorsqu’il s’agit de protéger un pouvoir bien décider à siffler la fin de la récréation sociale.<br />
N’oublions jamais que la police s’est toujours trouvée complice des dictateurs ou des régimes autoritaires en devenir. Cela a été le cas en différentes périodes de notre histoire. Ainsi, le 2 décembre 1851, lorsque les forces de l’ordre, plutôt que l’armée, avaient été l’âme du coup d’état  du prince-président Louis-Napoléon. Tout comme la police de la IIIème république n’avait pas eu l’ombre d’une hésitation à se mettre au service de Pétain et de Laval, en juillet 1940. Plus généralement, c’est la police qui assure la réussite des coups d’Etat. Alors, si de nos jours certains évoquent avec émotion notre police républicaine, ce n’est pas sérieux. Les forces de l’ordre ont toujours été au service de l’ordre musclé, tout comme de l’ordre moral., si nécessaire. Comment oublier que lors de manifestations très pieuses contre les cliniques pratiquant l’IVG, les policiers répriment surtout les contre-manifestants, bien pus que les punaises de bénitiers. Cela, bien entendu, pour protéger la liberté d’expression.<br />
Depuis la première accession de la gauche au pouvoir, en 1981, les associations catholiques n’ont eu de cesse de dénoncer l’école de la République, en organisant, comme en 1983, à chaque fois plus massives à chaque recul du pouvoir en place. Dans le même temps était proclamée la volonté de défendre la famille. Depuis quelques mois, profitant du laxisme du gouvernement Hollande, les groupes de pression bien-pensants, associés à ce que le pays compte d’éléments réactionnaires et très souvent d’inspiration fasciste, ne cessent de revendiquer ce qu’il serait possible de qualifier de volonté au retour de l’ordre que nous avons connu à l’époque du gouvernement de Vichy.<br />
C’est ainsi que le 26 janvier 2014, à Paris, toutes les tendances du catholicisme traditionaliste, associées aux groupuscules fascistes, n’avaient pas manqué de rappeler que la bête immonde est de retour.  Côté catho, il y avait les zélatrices de tous les combats d’arrière-garde, attachées à la sauvegarde de fœtus non-désirés : SOS-Tout Petit, SOS-Maternité, Chrétiens solidaires, Laissez-les vivre, SOS-Futures mères, les débris de la trop célèbre Trêve de Dieu, ainsi que les traîne-lattes de la Confédération des familles chrétiennes. Ces braves mères de famille n’étaient nullement gênées de défiler aux côtés des pires voyous politiques qui, profitant de l’occasion, transformaient ce prétendu « Jour de Colère » en une démonstration voulant ressembler à ce 6 février 1934, qui avait fait trembler la IIIème république. Pou les groupes dits « identitaires », il semblerait que la tribu des Le Pen ne rassemblerait que de dangereux gauchistes…<br />
Il y a bien plus grave, pour les citoyens épris de liberté : l’esprit fasciste qui commence à gangréner nombre de nos contemporains qui ont la mémoire courte. Dans le même temps, comment ne pas s’inquiéter lorsque des policiers et certains de leurs syndicats représentatifs estiment que les partisans des régimes forts ont bien le droit de s’exprimer par la violence du langage, leur volonté de rejet des minorités dites « visibles », tout comme cette propension à agresser les journalistes présentés comme « journalistes collabos ». Pour les femmes agitant leur carte de presse sur le parcours, il était possible d’entendre cet aimable qualificatif : « Journalopes = salopes ! » Surtout, ne jamais oublier que, dès son arrivée au pouvoir, Nicolas Sarkozy pointait d’un doigt vengeur les journalistes, avec ce propos vindicatif : « Vous faites un joli métier… »<br />
Ce 26 janvier 2014, s’agitaient également d’authentiques fascistes, encadrant les énervés du mouvement Civitas, mais également des groupes royalistes, nostalgiques de l’Action Française de Charles Maurras, ainsi que quelques vieilles raclures de l’œuvre française avec, en soutien, le sinistre comité Anti-islam. Les mots d’ordre entendus, les pancartes et banderoles vues à la télévision ne souffraient pas la moindre équivoque. Les slogans les plus visibles stigmatisaient les « Frans-maçons pédophiles », clamaient « Juifs hors de France » ou « Mort aux sionistes ». Quand ce n’était pas, plus élégamment : « François, l’entends-tu qui se glisse dans ton cul, la quenelle… » et, plus brutalement : « Hollande, on t’encule ! » Propos rappelés par <em>Libération</em> en date du 27 janvier 2014. Cette manifestation, convoquée par le collectif « Jour de colère » se proclamait « indépendant des partis et des syndicats ». Au-delà, comment ne pas s’inquiéter au lendemain de cette manifestation qui avaient vu quelques centaines de nervis agresser les policiers, entendre certains de leurs responsables syndicaux évoquer ces fiers-à-bras du fascisme renaissant, qui ne faisaient « qu’exprimer une légitime colère ». Se trouvait d’ailleurs sur la même ligne de réflexion l’ancien ministre de l’Education nationale de Nicolas Sarkozy : Luc Chatel. Il est vrai que l’ancien DRH de Loréal avait appris ses classiques dans son ancienne maison-mère d’où cet exemple de civisme républicain.<br />
Au soir de cette « Colère », qui commençait à ressembler à une émeute, quelque 250 agités dangereux avaient été interpellés  mais, deux jours plus tard, en urgence, la justice ne prononçait que trois condamnations à des peines de prison avec sursis, alors que les fachos s’étaient affrontés aux policiers en leur balançant des barrières de sécurité.  Il est important de se poser une question indispensable : que se serait-il passé si de présumés « gauchistes »  s’étaient rendus coupables  de tels débordements ? Les juges se seraient montrés inflexibles avec, à l’appui, de témoignages de policiers aggravant les faits. Il est vrai que des nervis « nationaux » sont toujours estimés moins dangereux  pour les institutions que ces supposés gauchistes qui ont pour seule ambition de changer le monde.<br />
La Justice de ce pays et ceux qui nous gouvernent, ont-ils pris la mesure de cette montée d’une nouvelle forme de fascisme qui prend forme au pays de la Liberté, bien au-delà de ce que représente actuellement le Front National ? Comment ne pas s’inquiéter lorsque l’on assiste aux gesticulations d’une Béatrice Bourges, matrone de la politique du berceau, agitatrice du « Printemps Français », laquelle exigerait bien la guillotine  pour celles et ceux qui s’évertuent à défendre l’IVG comme une conquête sociale majeure. Il convient de bien entendre les vociférations des zélateurs de Dieudonné, bras-dessus, bras-dessous avec les affidés d’Alain Soral, authentique fasciste, porte-parole d’une nouvelle vague qui ne paraît pas inquiéter outre-mesure une opinion publique anesthésiée.<br />
Le 26 janvier 2014, à Paris puis le 2 février suivant, dans la capitale et à Lyon, d’une démonstration de force à l’autre, se constitue, peu à peu, une tentative de front autoritaire qui tente de profiter des libertés démocratiques pour ensuite les interdire. Le 26 janvier 2014, tout comme le 2 février suivant, toutes les variétés de cathos traditionnalistes, plus ou moins fascistes, selon ses diverses représentations n’avaient pour but unique que le retour à un ordre ancien dont nul n’ose, à part Alain Soral, rappeler les véritables origines. Nombreux parmi ces derniers, associés aux groupes dits « identitaires » étaient, à chacune des récentes manifestations, entourés de gros bras du genre de ceux que l’on hésiterait à fréquenter. Ceux-là font partie des groupes de choc cherchant l’affrontement avec une police dont ils savent qu’elle ne leur ait pas toujours hostile. Ce qui leur permet, à la moindre égratignure, de se présenter en martyrs. D’où leur impunité relative, tout comme la difficulté des policiers à vraiment mettre à mal leur volonté de déstabiliser une société qu’il conviendrait de remettre au pas. Curieusement, les médias n’ont pas vraiment rappelé  qu’au terme de la manifestation du 2 février, décrite comme non-violente, la police devait interpeller une douzaine de petits fachos du GUD ou proches de ce mouvement.<br />
Quant aux journalistes, témoins de ce jour répétitif de la « Manif pour tous », ils étaient sinistrement victimes de la vindicte des tenants d’un ordre ancien, relativement faisandé. Il semble bien qu’en cette soirée du 2 février 2014, alors que les animateurs de ce rassemblement, natalistes pas destination, appelaient à la dispersion sur la place Denfert-Rochereau, les plus énervés s’évertuaient encore à hurler : « La France aux Français ! » Ce qui signifiait, « étrangers, dehors ! » La police jusqu’alors très discrète s’apprêtait à intervenir, craignant des débordements comparables à ceux du 26 janvier.<br />
Le quotidien gratuit <em>Métro</em>, daté du 3 février 2014, ne manquait pas de souligner que les policiers, passant brusquement à l’action, amalgamaient les journalistes et une vingtaine d’identitaires, foulard relevé sur le nez. « Vas-y, gaze ! » ordonnait un officier. Un journaliste présent sur les lieux, persuadé de pouvoir faire son métier sans être agressé, témoignait : « Peu méfiant, je reçois une giclée d’aérosol dans les yeux. Estourbi, mais pas encore KO, je commence à m’éloigner quand trois policiers en civil arborant un brassard orange, me tombent dessus à bras raccourcis, en hurlant : « On t’as vu, tu nous balançais des canettes ! » Leur poigne est puissante, leur regard menaçant. Je me défends comme je peux (expliquant aux policiers) je suis journaliste, je suis journaliste ! Un quatrième se jette alors sur moi et m’assène un violent coup de poing dans l’estomac (…) Finalement, les quatre policiers me libèrent et tournent les talons sans un mot. » Sans même s’excuser évidemment. Entre temps, les petits fachos avaient eu le temps de s’éclipser, les policiers se retournant contre ceux qu’ils considèrent  comme leurs ennemis naturels : ces journalistes qui ont trop souvent l’audace de montrer l’institution du maintien de l’ordre pour ce qu’elle est fréquemment – un groupe armé fauteur de troubles et de désordres graves. Finalement, quel que soit le régime en place, les mercenaires de l’ordre ne font que renforcer les aspects rétrogrades d’une société de la haine  et du rejet. Ce qui ne peut que leur donner encore plus de pouvoir répressif. Cette réflexion est-elle caricaturale ? Il suffit de se pencher sur l’histoire de notre police, dite républicaine, pour être persuadé du contraire !</p>
<p><strong>Roms, dehors !<br />
</strong>Dans la matinée du 4 février, près de Villeurbanne (69), les forces de l’ordre évacuaient un campement Rom de 130 personnes, dont une cinquantaine d’enfants, nous informait <em>France Inter</em> de ce même jour.  Comme à l’ordinaire, nul ne sait si des propositions de logement mêmes provisoires, ont été proposées aux parias modernes. Quant aux enfants, jusqu’alors scolarisés, peu importe leur devenir…</p>
<p><strong>Le pandore « ex » innocent<br />
</strong>Il est curieux de constater que lorsqu’un policier ou gendarme est lourdement condamné pour des faits graves, la presse tient à préciser qu’il s’agit d’un « ex », même si les faits délictueux dataient de l’époque où le futur « ex » était encore en fonction. Ainsi, le cas d’un capitaine de gendarmerie âgé de 42 ans, longtemps en poste à l’antenne bastiaise de la Section de recherche de Corse. Cet excellent « ex » pandore a été condamné à cinq années de prison ferme, le 6 février 2014, pour des affaires de trafic de stupéfiants, mais également d’écoutes téléphoniques. Comme bien souvent ce défenseur de l’ordre public n’a pas manqué d’annoncer qu’il ferait appel de cette sanction, nous apprenait <em>Le Parisien</em>, daté du 7 février. Le verdict prononcé par le tribunal correctionnel de Bastia comprenait également une peine de cinq ans d’interdiction d’exercer une fonction publique et de détenir une arme.</p>
<p><strong>Gros bonnet, grand coquin…<br />
</strong>Le 5 février, un contrôleur général de la police nationale, ancien responsable de la sécurité publique, à Paris, était placé en garde à vue, puis mis en examen pour, notamment, « corruption » et « abus de biens sociaux ». Laissé libre, pourtant, après versement d’une caution de 10.000 euros, ce « grand flic » reste placé sous contrôle judiciaire avec interdiction d’exercer désormais la profession de fonctionnaire de police et de quitter le territoire français, nous apprenaient <em>Libération</em> daté du 6 février 2014 et <em>Le Parisien</em>, du 8 février.<br />
Ce policier, sans doute inflexible avec les faibles, est suspecté d’un certain nombre de dérives, comme ses demandes répétées de « classements de contraventions », ainsi que de « fautes plus graves encore », comme la « violation du secret professionnel » et même de « banqueroute  par dissimulation d’actifs ». Un juge parisien avait été saisi, dès novembre 2013, d’une information judiciaire à son sujet. Ce haut gradé de la police, qui avait dirigé, entre 2006 et 2013, le 1er district de la Direction de la sécurité de proximité sur huit arrondissements de Paris, avait été déchargé de son poste en décembre 2013, avant de se voir confier une mission secondaire. Il n’est pas inutile de rappeler que cet excellent fonctionnaire d’autorité, qui « sentait le souffre », depuis un certain temps, était impitoyable dans ses fonctions, particulièrement envers les vendeurs à la sauvette sous la Tour Eiffel, dans le même temps qu’il donnait la chasse aux mendiants sur les Champs-Elysées, tout comme la traque aux prostituées dans le bois de Vincennes.</p>
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		<title>QUE FAIT LA POLICE ? – Chronique anti-autoritaire de Maurice Rajsfus – 1er février 2014</title>
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		<pubDate>Fri, 31 Jan 2014 10:23:45 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Observatoire des Libertés Publiques]]></category>

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		<description><![CDATA[Tous les moyens sont bons pour rétablir un ordre nullement menacé, la plupart du temps. D’où cette volonté affirmée, dans certains quartiers, considérés comme « sensibles », d’interdire la distribution de ces petits brûlots censés remettre en question leur autorité que nul ne doit contester.
C’est le cas du bulletin Résistons ensemble, qui porte ce sous-titre, sans doute jugé outrageant par nos forces de l’ordre : « Contre les violences policières et sécuritaires ». Ce bulletin qui en est à son numéro 126, paraît être l’objet de la sollicitude des policiers de Gennevilliers (93). Nous avions déjà relaté que, le 15 avril 2013, deux diffuseurs de cette feuille, apparemment hautement subversive, avaient été interpellés, dans la cité du Luth, lieu d’intervention fréquent des policiers de la BAC locale. Depuis que ce quartier a été déclaré ZSP (Zone de sécurité prioritaire), en novembre 2012, les cerbères y sont de plus en plus nombreux, et il faut bien qu’ils se trouvent une occupation, même lorsque le quartier est calme. C’est sans doute pourquoi, le 16 décembre 2013, deux militants du réseau Résistons ensemble, en compagnie d’une responsable du syndicat Sud-Education, étaient interpellés à la sortie de la station de métro Courtilles par quatre policiers de la BAC, puis immédiatement conduits au commissariat de Gennevilliers. A chacune de ces interventions policières, les personnes interpellées sont placées en cellule, avec interdiction de téléphoner. Raison de ces interventions ? Le contenu de ce bulletin serait diffamatoire envers les forces de l’ordre.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><br />
Editorial La patrie en danger !</strong><br />
Si nos policiers républicains, aux ordres du non moins républicain Manuel Valls, ont une qualité profondément malfaisante, c’est celle de l’acharnement. Quelles que soient les raisons de leur zèle, ils ne renoncent jamais dès lors que la mission confiée par leur hiérarchie peut les faire distinguer. Reste surtout cette certitude des défenseurs de l’ordre public qu’ils défendent une société en grand péril. S’il ne se montre pas impitoyable dans l’exercice de sa fonction répressive, le policier lambda est insatisfait car il lui faut se persuader qu’il joue un rôle indispensable au sein d’un monde d’individus nécessairement suspects, sinon d’authentiques voyous. C’est pourquoi tous les moyens sont bons pour rétablir un ordre nullement menacé, la plupart du temps. D’où cette volonté affirmée, dans certains quartiers, considérés comme « sensibles », d’interdire la distribution de ces petits brûlots censés remettre en question leur autorité que nul ne doit contester.<br />
C’est le cas du bulletin Résistons ensemble, qui porte ce sous-titre, sans doute jugé outrageant par nos forces de l’ordre : « Contre les violences policières et sécuritaires ». Ce bulletin qui en est à son numéro 126, paraît être l’objet de la sollicitude des policiers de Gennevilliers (93). Nous avions déjà relaté que, le 15 avril 2013, deux diffuseurs de cette feuille, apparemment hautement subversive, avaient été interpellés, dans la cité du Luth, lieu d’intervention fréquent des policiers de la BAC locale. Depuis que ce quartier a été déclaré ZSP (Zone de sécurité prioritaire), en novembre 2012, les cerbères y sont de plus en plus nombreux, et il faut bien qu’ils se trouvent une occupation, même lorsque le quartier est calme. C’est sans doute pourquoi, le 16 décembre 2013, deux militants du réseau Résistons ensemble, en compagnie d’une responsable du syndicat Sud-Education, étaient interpellés à la sortie de la station de métro Courtilles par quatre policiers de la BAC, puis immédiatement conduits au commissariat de Gennevilliers. A chacune de ces interventions policières, les personnes interpellées sont placées en cellule, avec interdiction de téléphoner. Raison de ces interventions ? Le contenu de ce bulletin serait diffamatoire envers les forces de l’ordre. D’où la nécessité de prendre les empreintes digitales des diffuseurs, tout comme ces délinquants sont obligés de passer par la photo anthropométrique. Le commissaire de police de ce quartier expliquant à ses victimes qu’il veut les voir « disparaître » des rues du Luth. Par ailleurs, les policiers républicains refusent de restituer les centaines d’exemplaires du bulletin saisi. La partie serait-elle en danger ?</p>
<p><strong>Fichage ADN</strong><br />
Dans son numéro daté du 9 janvier 2014, <em>Le Monde Libertaire</em> revient longuement sur la pratique policière du prélèvement ADN. Il est rappelé que tout suspect d’un « crime ou délit », qui refuse un prélèvement ADN peut se voir poursuivre pour ce chef et risque un an de prison et 15.000 euros d’amende. Cette pratique qui, à l’origine, ne concernait que les auteurs de crimes sexuels et les pédophiles, en 1998, a été largement étendue depuis le passage de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur, sans que Manuel Valls n’envisage d’en modifier les aspects pervers, depuis l’arrivée de la gauche au pouvoir. Il n’est pas inutile de rappeler que les prélèvements effectués sont conservés pour une durée de 40 ans pour les personnes condamnées et 25 ans pour les personnes non poursuivies ou disculpées – il faut bien que les fichiers ne soient pas inutiles ! Par ailleurs, les personnes relaxées du délit pour lequel on leur demandait leur ADN restent poursuivies s’il y a eu refus de prélèvement ! Ce qui signifie qu’il est interdit de refuser quoi que ce soit à un policier de la République des Droits de l’homme, même lorsqu’il y a abus de pouvoir.<br />
Un certain nombre de détails relèvent d’un autoritarisme insupportable. Ainsi, le refus de fichage ADN est un délit continu, qu’aucune peine ni condamnation, même effectuée, ne vient éteindre. Condamné pour un refus, ce prélèvement peut être réclamé à vie. Ce qui constitue un moyen de contrôle permanent sur les populations, rappelle l’auteur de cet avertissement. En outre, si le prélèvement ADN ne peut être effectué sans l’accord de la personne, car le refus reste un droit, il n’en demeure pas moins que c’est un « droit coupable », passible de condamnation. De plus, celui qui refuse les prélèvements et fichages biologiques peut se voir convoqué à tout moment pour une nouvelle demande de prélèvement. S’il persiste dans son refus, il peut se voir à nouveau convoqué et jugé pour récidive de refus de prélèvement, cela même s’il a déjà effectué une première peine à ce sujet, payé ne amende ou effectué une peine de substitution.<br />
Il est bien évident qu’il s’agit là d’une pratique scélérate dont on peut s’étonner à bon droit qu’elle puisse encore subsister, à la grande satisfaction des hommes d’ordre. En cette matière, il n’y aurait guère de différence entre la droite dure et la gauche convenable…<br />
<strong><br />
Utile coopération</strong><br />
En un temps où tout finit par se savoir, il est possible d’apprendre qu’en novembre 2013 une compagnie de CRS avait été dépêchée à Rio de Janeiro, au Brésil suite aux manifestations qui s’étaient déroulées dans cette ville durant les mois précédents, pour entraîner les bataillons de choc de la police locale. Certes, il ne s’agissait pas de maintenir l’ordre dans ce pays, mais de permettre des échanges fructueux, nous rappelait Le Monde Libertaire daté du 9 janvier 2014, avec cette précision : « Le but était d’échanger des informations sur la façon d’agir durant les émeutes, actes de vandalisme, contrôle des groupes violents. » En fait, le but était de mieux préparer les forces de l’ordre brésiliennes  en vue de la coupe du monde de football et les jeux olympiques de 2016. Le Monde Libertaire jugeait nécessaire d’ajouter : « La police française est, paraît-il, spécialisée dans la gestion des mouvements de protestation et dans le contrôle des foules », et l’hebdomadaire libertaire rappelle, très opportunément, qu’en 2011, « le gouvernement français avait proposé ses services pour intervenir en Tunisie, au début de la Révolution, pour aider le régime en place à réprimer les mouvements contestataires. A cette époque, le France avait déjà fait parvenir du matériel répressif à Ben Ali, et la chère Alliot-Marie se proposant d’améliorer le savoir-faire de ses sbires. »</p>
<p><strong>Pétards et coke de luxe</strong><br />
Nous avions noté, récemment, que notre ministre de l’Intérieur avait décidé la création de 16 nouvelles zones de sécurité prioritaire (ZSP). C’est ainsi que pour mieux « lutter contre la délinquance dans les zones difficiles », ce sont quelque 80 de ces ZSP qui quadrilleront bientôt le pays de la liberté bien tempérée. C’est toujours Le Monde Libertaire, daté du 9 janvier 2014, qui profite de cette information pour persifler : « …En revanche, pas de ZSP à Neuilly, Deauville ou Avoriaz. Pourtant, les dealers y pullulent mais il est vrai que leurs clients sont des fils de bourgeois qui y vivent. Alors, comme il y a deux poids deux mesures, en matière de répression, il n’apparaît pas nécessaire de déplacer nos forces de l’ordre là où la sécurité publique n’est que rarement menacée… »</p>
<p><strong>Course poursuite</strong><br />
Dans la soirée du 10 janvier 2014, dans le 18è arrondissement de Paris, vers 23 heures, un policier faisait usage de son arme, à plusieurs reprises, sur un automobiliste qui refusait de s’arrêter, suite à l’injonction qui lui était faite. Pris en chasse par un véhicule de police qui le suivait de près depuis le 10è arrondissement, la voiture du fuyard finissait par percuter une autre voiture, au risque de créer un accident grave, avant d’être arrêté. C’est Le Parisien, daté du 11 janvier 2014, qui nous apprenait qu’une fois de plus, certains de nos policiers n’hésitent jamais à provoquer ce désordre risquant d’entraîner la mort d’un « délinquant » pour un acte relevant d’une simple amende.</p>
<p><strong>De quoi j’me mêle ?</strong><br />
En école de police, on enseigne aux futurs gardiens de la paix qu’ils doivent être défenseurs de l’ordre public vint-quatre heures sur vingt-quatre. Message reçu cinq sur cinq. C’est ainsi que les petites casquettes se mêlent de tout ce qui ne les regardent pas, même lorsqu’ils ne sont pas en service. Exemple récent : le 11 janvier, à La Courneuve (93), deux fonctionnaires de police, qui avaient bien le droit de s’offrir un repas – peut-être bien arrosé – croyaient utile de se mêler  d’une querelle qui se déroulait dans un restaurant. Résultat des courses, les deux policiers étaient blessés, l’un d’eux ayant eu un bras cassé, deux autres personnes ayant été blessées durant la bagarre. Cette information, relatée par le quotidien gratuit Métro, ne nous dit pas si les deux redresseurs de torts avaient tenté de faire usage de leur arme de service.</p>
<p><strong>Roms : on casse, on brûle…</strong><br />
Dans la matinée du 15 janvier les forces de l’ordre évacuaient un campement de Roms, à La Courneuve (93). Suite à ce nouvel exploit, devenu habituel, un incendie de grande violence ravageait les lieux. Fort heureusement, nous rappelle le quotidien gratuit 20 Minutes, les quelque 200 occupants devaient quitter rapidement les lieux, sans qu’il y ait de victimes, ni, bien entendu, proposition de réinstallation dans une aire publique.</p>
<p><strong>Chasse à l’homme</strong><br />
Dans la nuit du 15 au 16 janvier, une course poursuite, sur le périphérique parisien, s’est mal terminé – comme bien souvent. Bien que ce type d’intervention soit critiqué par le ministre de l’Intérieur, deux motards avaient pris en charge un conducteur roulant à vive allure. En tentant d’échapper à ses poursuivants, le chauffard devait perdre le contrôle de son véhicule note le quotidien gratuit Direct-Matin, daté du 17 janvier 2014. Résultat de cette brillante intervention : les quatre occupants du véhicule étaient gravement blessés, après avoir terminé leur course folle contre un  muret, à la porte de Bagnolet. </p>
<p><strong>Au viol !</strong><br />
Environ 120.000 femmes sont victimes de viol chaque année, au beau pays de France. C’est le thème d’une enquête parue dans Libération daté du 13 janvier 2014. Dans ce cadre, le quotidien relatait la mésaventure d’une jeune femme, ayant été violée à l’âge de quatre ans, tentant en vain, par la suite, de porter plainte auprès des services de police. Lesquels ne cesseront de décourager sa démarche. Il paraît que la présence d’éléments féminins dans la police permettrait de modifier le comportement de ces policiers qui, bien souvent, caractérisent les viols comme simple agression sexuelle puis se contentent de classer sans suite.</p>
<p><strong>Roms, dehors !</strong><br />
Jamais, en France, un gouvernement n’avait évacué  autant de campements de Roms, notait Libération, daté du 15 janvier 2014, qui relevait les chiffres cités la veille par la Ligue des droits de l’homme : 21.537 hommes, femmes et enfants ont ainsi été malmenés, en 2013, soit le double qu’en 2012. « Ce qui veut dire, précisait le responsable de la LDH auteur du rapport que certains ont vu leur campement évacué plusieurs fois dans l’année. » De même qu’en Seine-Saint-Denis, par exemple, les forces de l’ordre avaient prévu d’autres évacuations mais qu’elles avaient dû s’arrêter « car elles avaient utilisé tout leur budget ». D’où cette réflexion, pleine d’amertume, d’un vice-président de la LDH : « C’est la première année de plein exercice du gouvernement Ayrault. Nous attendions autre chose. » Et puis ce constat : « En pratique, la politique envers la minorité Rom, évaluée à 16.000 personnes en France, n’aurait pas changé en France depuis l’ère Sarkozy. » Ce qui amène Libération à ce commentaire : « Depuis la circulaire d’août 2012, la pression policière dans les camps seraient encore plus forte ! » Et le vice-président de la LDH ne manque pas de rappeler que chaque intervention policière constitue une rupture de toute tentative d’insertion, rupture de scolarité pour les enfants et rupture de recherche d’emploi et se soins. Comment ne pas imaginer que Manuel Valls, grand humaniste et grand républicain, n’en soit pas chagriné ?</p>
<p><strong>Très chers outrages à agents</strong><br />
Cela fait bien longtemps que, dans Que fait la police ?, nous expliquons l’intérêt bien compris des policiers à porter plainte pour outrage à leurs précieuses personnes. En fait, les policiers ne sont pas seuls à être concernés puisque tous les fonctionnaires peuvent réagir s’ils s’estiment outragés, mais on ne voit jamais un professeur des écoles ou une infirmière des hôpitaux publics porter plainte pour outrage. Cela ferait sourire. Il n’en va pas de même pour les défenseurs de l’ordre public qui, eux, sont armés jusqu’aux dents mais se lamentent au moindre propos mettant en cause leur rôle de régulateur de la société.<br />
Les plaintes émises pour ce motif par nos gardiens de la paix sont devenues tellement nombreuses que certains tribunaux, comme celui de Bobigny (93), en sont régulièrement encombrés. Ce qui nous avait conduits à persifler lourdement en expliquant que les sommes récupérées, suite aux plaintes, servent bien souvent à payer les traites de la voiture. La morale policière est ainsi faite et il ne faudrait pas s’en offusquer.<br />
Dans son édition du 18 janvier, Le Parisien s’étendait largement sur un rapport émanant de l’Inspection générale de l’administration (IGA), épinglant : « sobrement mais surement, l’utilisation par certains policiers du système d’indemnisation auquel ils ont droit lorsqu’ils sont victimes d’outrages ou d’insultes. »  De plus, cette structure administrative ne manquait pas de rappeler que ces plaintes constantes, émanant de fonctionnaires à l’épiderme sensible, étaient non seulement coûteuses pour le ministère de la Justice mais également, dans de nombreux cas, illégitimes. Ainsi, le système d’indemnisation, financé en partie par les deniers publics (frais d’avocats ainsi que les dommages et intérêts lorsque le coupable n’est pas solvable). Ce qui est certain, c’est que depuis ces trois dernières années, les dépenses destinées à laver l’honneur des policiers sont en hausse de 40 %. Par ailleurs, le rapport de l’IGA ne manque pas de noter : « Il est étonnant de constater que les montants sont près de trente fois supérieurs dans la police par rapport à la gendarmerie, pour des effectifs comparables. » Pour entrer dans le détail, l’ouverture de chaque dossier de « protection fonctionnelle » coût en moyenne 1.000 euros à l’administration. D’où cette interrogation de l’IGA qui s’interroge sur la pertinence d’ouvrir un dossier, avec l’assistance d’un avocat rémunéré par l’administration. Dernier constat de l’administration : « Certains policiers, certes peu nombreux, se sont fait une spécialité de ce type d’intervention, au point que les juges les ont repérés. » Triste spécimens d’humanoïdes qui prétendent défendre la paix sociale, mais n’hésitent jamais à procéder à un contrôle d’identité sur un SDF apparemment pris de boisson et réagissent en proférant des injures. Ce qui ne ferait que démontrer le manque de sang-froid des défenseurs de l’ordre public.</p>
<p><strong>« Burn out » policier</strong><br />
Le 22 janvier, à l’appel de leurs différents syndicats, les policiers en tenue manifestaient en nombre devant les préfectures des grandes villes. Motif de cette grogne policière, un mal être qui serait provoqué par les mauvaises conditions de travail de nos gardiens de la paix, le nouveau Code de déontologie promulgué le 1er janvier 2014 et, surtout, l’obligation de porter sur leur vareuse le numéro matricule exécré. C’est cette visibilité qui révulse nos policiers républicains, peu désireux d’être reconnus pour ce qu’ils sont. Curieuse pudeur car nos cerbères devraient être fiers d’arborer ce matricule qui devrait faciliter leurs relations avec le public. Question : en ont-ils vraiment la volonté ?</p>
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		<title>QUE FAIT LA POLICE ? – Chronique anti-autoritaire de Maurice Rajsfus – 15 janvier 2014</title>
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		<pubDate>Mon, 13 Jan 2014 07:54:06 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Observatoire des Libertés Publiques]]></category>

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		<description><![CDATA[Il fallait bien qu’une telle intervention de groupe se produise. La mèche a été allumée au travers d’une tribune libre publiée dans <em>Libération</em>, daté du 23 décembre 2013. Ce texte, signé pas par plusieurs victimes de policiers utilisateurs du flash-ball, sous ses différentes variantes, vaut d’être connu bien au-delà du cercle des lecteurs de ce quotidien.  Déjà, pourtant, l’Etat venait d’être condamné, le 18 décembre 2013, suite à la plainte d’une victime de la hargne policière qui avait eu la mâchoire fracturée par un tir de cette arme, le 21 juin 2009. Il faut s’attendre aux réactions indignées des syndicats de policiers, après cette tribune de libre, à moins qu’un silence honteux ne confirme leur peu d’inquiétude à user de ce flash-ball, sans que cela puise poser à ces humanistes en uniforme le moindre cas de conscience. Le témoignage de ces « estropiés »  de l’ordre public vient à son heure. En voici quelques extraits des plus significatifs]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Editorial : Flics ou politicards ? !<br />
</strong>La nouvelle tendance, pour certains de nos policiers de haut vol, consiste désormais à s’investir en politique, alors que quelques uns préfèrent côtoyer le monde du polar, tandis que d’autres s’appliquent à développer des officines de police privée. Ces dernières années, le commandant Bruno Beschizza, alors secrétaire général du syndicat Synergie-Officiers, qui voulait devenir conseiller régional pour l’Ile-de-France, voyait cette ambition favorisée par Nicolas Sarkozy, qui le nommait sous-préfet au tour extérieur, ce qui lui permettait de conserver un salaire correspondant à celui de son activité précédente – et en tout cas nettement supérieur aux émoluments de ses collègues du Conseil régional. Ce qui était, semble-t-il, légal, puisque le gardien de la légalité républicaine en avait décidé ainsi.<br />
Autre exemple. En mai 2012, Manuel Valls, devenant ministre de l’Intérieur, l’ami d’enfance de Nicolas Sarkozy, Frédéric Péchenard, qui avait gravi tous les échelons de la hiérarchie policière, jusqu’à devenir directeur général de la police nationale, se voyait débarquer de ce poste prestigieux, et renvoyé à la circulation. En fait, sans perte de salaire, c’est le secteur des accidents de la route qui lui était désormais réservé. Sans doute mécontent de sa nouvelle affectation, l’ami Péchenard se déclarait récemment candidat aux élections municipales, à Paris, sous la protection de Nathalie Kozsiusko-Morizet, avec sans doute l’ambition de devenir adjoint au maire, chargé des problèmes de basse police dans la capitale. Il faut bien exercer son talent.<br />
Sans que cela soit encore confirmé, alors que ces lignes sont écrites, un autre responsable syndical, de la police en tenue cette fois, aurait été approché par l’UMP, en Provence : il s’agit de Jean-Claude Delage, secrétaire général du très sarkozyste syndicat Alliance. Cet éminent porte-parole de la base policière s’est surtout illustré, ces dernières années, par ses coups de sang, lorsque certains de ses collègues étaient condamnés pour des dérives jugées mineures. Sa dernière intervention en date : la vigoureuse protestation émise lors de la révocation de plusieurs policiers ripoux de la BAC nord de Marseille. Sa colère, en la circonstance, n’était pas partagée par d’autres syndicats de policiers en tenue. Tout comme sa fureur contre le retour au port du matricule par les forces de l’ordre.<br />
Enfin, pour conclure provisoirement ce petit tour d’horizon des ambitions policières en politique, comment ne pas évoquer les déconvenues de Claude Guéant, ancien directeur général de la police nationale, devenu secrétaire général de l’Elysée, puis ministre de l’Intérieur, sous Nicolas Sarkozy. Cet éminent policier, qui se prenait sans doute pour Joseph Fouché, espérait poursuivre sa carrière en politique, mais il eut la malchance, comme un malheur n’arrive jamais seul, d’être battu aux élections législatives de juin 2012. Celui que les intimes affublaient de la douce appellation de <em>Cardinal</em>, n’allait pas tarder à voir les scandales s’accumuler sur sa réputation de grand serviteur de l’Etat. Il était donc possible d’apprendre, en décembre 2013, qu’il s’attribuait quelque dix mille euros mensuels – en liquide – de 2002 à 2004, au temps où il était directeur du cabinet d’un ministre de l’Intérieur nommé Nicolas Sarkozy.<br />
Triste époque, où les policiers n’ont pas le loisir de se reconvertir dans des activités honnêtes sans être poursuivis par un passé trouble ou leur mauvaise réputation. I n’y a pas de morale aux mésaventures connues par certains de ceux qui, par nécessité ou ambition, ont décidé d’abandonner les chaussettes à clous pour le costume plus élégant d’élu du suffrage universel.</p>
<p><strong>Flash-ball, enfin mis en accusation<br />
</strong>Il fallait bien qu’une telle intervention de groupe se produise. La mèche a été allumée au travers d’une tribune libre publiée dans <em>Libération</em>, daté du 23 décembre 2013. Ce texte, signé pas par plusieurs victimes de policiers utilisateurs du flash-ball, sous ses différentes variantes, vaut d’être connu bien au-delà du cercle des lecteurs de ce quotidien.  Déjà, pourtant, l’Etat venait d’être condamné, le 18 décembre 2013, suite à la plainte d’une victime de la hargne policière qui avait eu la mâchoire fracturée par un tir de cette arme, le 21 juin 2009. Il faut s’attendre aux réactions indignées des syndicats de policiers, après cette tribune de libre, à moins qu’un silence honteux ne confirme leur peu d’inquiétude à user de ce flash-ball, sans que cela puise poser à ces humanistes en uniforme le moindre cas de conscience. Le témoignage de ces « estropiés »  de l’ordre public vient à son heure. En voici quelques extraits des plus significatifs :<br />
« <em>Nous avons en commun le fait d’avoir été blessés et mutilés par la police française après avoir reçu un tir de flash-ball en pleine tête</em>. <em>Etre touché par une de ces armes, c’est s’effondrer, être évacué, hospitalisé et subir par la suite un nombre considérable d’interventions chirurgicales lourdes qui s’étendent sur plusieurs mois. Les lésions sont nombreuses et irréversibles : œil crevé, décollement de la rétine, enfoncement du plancher orbital, multiples fractures, dents cassées, joue arrachée. Pour plusieurs d’entre nous, l’implant d’une prothèse a été nécessaire.</em> »<br />
Faut-il rappeler, une fois de plus, que les règles d’utilisation de cette arme, dite non-létale, précisent que les policiers et gendarmes ne doivent absolument pas tirer à la tête de ceux qui sont censés « troubler l’ordre public », et pas à moins de sept mètres. Il faut être convaincu que, dans bien des cas, il ne s’agit nullement de balles perdues mais tirées de très près, avec la volonté de faire mal. Qu’importe, le policier peut s’attribuer tranquillement le droit de mettre en péril l’intégrité physique de ceux qu’il considère comme des gibiers de potence qu’il convient de mettre à la raison. Poursuivons le témoignage de ces jeunes hommes, qui évoquent le choc subi :<br />
« <em>…Des migraines, des cauchemars et la peur chevillée au corps. A Marseille, un homme, Mostéfa Ziani, est mort d’un arrêt cardiaque après avoir été touché en plein thorax. Le flash-ball peut donc tuer à bout portant, et il produit des dommages qui ne sont en rien des accidents. Les mêmes causes entraînant les mêmes effets, équiper la police avec ces armes, c’est lui reconnaître le droit de mutiler. Ce qu’elle a bien compris…</em> »<br />
Cette tribune libre rappelle que, dans bien des cas, les plaintes portées contre les auteurs souvent connus de ces agressions se sont révélées vaines. Parfois, un juge ordonne le non-lieu, quand ce n’est pas le procureur qui bloque un dossier durant plusieurs années car, bien évidemment,  la justice se garde bien de poursuivre des policiers assermentés. D’où ce constat :<br />
« <em>…Sans surprise, la justice couvre la police. Il y a belle lurette, en effet, que l’action de la police s’est affranchie du droit. Pour le flash-ball, les distances de sécurité et les zones sécurisées ne sont jamais respectées, pas plus que le tir ne correspond à un état de légitime défense, comme le prescrit pourtant la règlementation officielle…</em> »<br />
Ces faits que nous dénonçons depuis bientôt vingt ans, dans <em>Que fait la police ?</em>, éclatent enfin au grand jour, au travers de cet authentique manifeste anti-violence. Est visée, au premier chef, la violence aveugle de policiers qui s’attribuent le droit de blesser, voire de tuer, alors qu’ils sont simplement censés rétablir l’ordre dit « républicain ». Est-ce que le fait d’être assermenté peut permettre toutes les dérives qui ne pourraient que conforter un Etat autoritaire dont la police serait le principal pilier ?  La religion de l’ordre conduit ses fidèles  à  considérer comme une émeute le simple fait de manifester pacifiquement contre l’expulsion d’un squat de mal logés, et les manifestants considérés tels de dangereux « individus ». Autre constat indigné des signataires de cette tribune libre :<br />
« <em>…Dans les quartiers populaires, le flash-ball fait partie de la vie quotidienne, et intervient systématiquement quand la population se révolte contre la violence de la police (…) Ce que la logique policière appelle, littéralement, neutraliser une menace, et désigne de toute évidence la nature réelle du flash-ball : écraser et faire taire ce qui échappe au pouvoir. C’est là le travail normal de la police. Mais ce qui est nouveau, c’est la méthode utilisée. Le flash-ball est le nom d’un nouveau dispositif, qui repose sur la peur et la mutilation – en un mot, la terreur. Il s’agit cette fois de frapper les corps mais aussi les cœurs et les esprits, en nous marquant dans notre chair et celle de nos amis. Présenté comme une arme défensive, le flash-ball est clairement une arme offensive qui donne à la police le droit de tirer sur la foule. Le déploiement de la violence policière, en l’état actuel du rapport de force, ne doit pas entraîner la mort… </em>»<br />
Qu’ajouter de plus à ce texte, sinon notre étonnement de constater qu’un gouvernement de gauche, donc supposé humaniste, puisse couvrir de tels comportements de la part de ses fonctionnaires d’autorité ? Après le flash-ball et le pistolet à impulsion électrique Täser, de quel moyen va-t-on doter une police triomphante, qui n’attend que la chute de cette gauche, sécuritaire à souhait, pour user, encore plus violemment, de son pouvoir discrétionnaire ?</p>
<p><strong>Trouble à l’ordre public<br />
</strong>A la lecture du <em>Monde</em>, daté du 30 décembre, nous apprenions que Manuel Valls veut faire interdire par les préfets les spectacles de Dieudonné. Motif bien naturel, cette volonté de « casser la mécanique de haine » développée par l’histrion proche du Front national, qui peut « troubler l’ordre public ». Il y a longtemps que nous connaissons les sketches antisémites de ce sinistre pitre qui, récemment, se laissait aller à éructer, à propos du chroniqueur de <em>France-Inter</em>, Patrick Cohen : « Moi, quand je l’entends parler, Patrick Cohen, je me dis, tu vois, les chambres à gaz, dommage… » Il ne s’agit pas là de stupidité mais de haine pure, savamment distillée. Pourtant, comme l’exprime un dirigeant du MRAP, cet « ostracisme serait de nature à décupler l’impact déjà très important qu’il a sur les réseaux sociaux…Dieudonné, il faut le combattre politiquement, et uniquement sur ce terrain ! »<br />
Sans chercher à faire de comparaison, il convient de s’interroger sur le manque de réaction de notre ministre de l’Intérieur lorsque ses CRS et gendarmes mobiles s’appliquent à détruire les pauvres campements des Roms, maltraitant parfois leurs occupants. Avec, bien souvent, un comportement authentiquement haineux, ayant pour volonté de stigmatiser un groupe humain, déjà rejeté au temps de Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux. A ce niveau, ce sont les défenseurs des institutions républicaines qui créent un trouble officiel à l’ordre public, sans que les grands esprits ne s’en émeuvent véritablement. </p>
<p><strong>Feu sur les pompiers !<br />
</strong>Dans l’après-midi du 27 décembre 2013, à Grenoble, des pompiers manifestaient pour la reconnaissance de la pénibilité de leur travail. Comme trop souvent, les  CRS ne manquaient pas d’intervenir, de façon musclée, et l’un des pompiers était grièvement blessé, à un œil, après avoir reçu en pleine face une grenade lacrymogène. Cette information, fournie par <em>France 3</em>, le 28 décembre, avec images significatives à l’appui, n’est que la répétition de très mauvaises habitudes. En effet, ce n’est pas la première fois que CRS et gendarmes mobiles agressent violemment des soldats du feu. Sans que cela indigne particulièrement les services du ministère de l’Intérieur. </p>
<p><strong>L’ambition de la promotion<br />
</strong>Une fois de plus, nous citerons le juriste Casamayor, qui avait parfaitement décrit les motivations de nos policiers républicains. Lesquels proclament hautement que leur unique ambition est de servir l’Etat. Il ne pouvait manquer de commenter tranquillement les relations troubles entre l’Etat et ses fonctionnaires d’autorité : « Faute de s’assurer des hommes qu’il place sur l’échelle hiérarchique, le pouvoir s’est efforcé d’en consolider certains barreaux…LA police comprend non seulement des compagnons mais des ingénieurs. C’est sur eux, les commissaires, que le levier du pouvoir s’appuiera. Ils constituent l’échelon solide qui maintiendra tout l’édifice. L’avancement étant plus passionnément convoité à mesure qu’on s’élève dans la hiérarchie ceux qui occupent un tel poste, qui comporte plusieurs échelons, seront très sensibles à la promotion. Ils se trouvent sur un point de bascule. Même ceux qui font de la démagogie à l’égard de leurs subordonnés, les ont déjà abandonnés à leur sort médiocre et ingrat. A leur égard, le calcul du pouvoir est juste. Des fonctionnaires qui nourrissent des aspirations bourgeoises et qui ne sont pas mécontents de faire valoir leur instruction, sont portés à considérer comme valables tous les schémas préétablis et, par conséquent, à faire le jeu de l’autorité, quelle qu’elle soit. La méthode est toujours la même et, avec les ambitieux, il n’est pas besoin de méthode. L’ambition est vulnérable. Il suffit de lui montrer du doigt le palier du dessus, il s’élance. Celui qui n’a pas d’ambition particulière cède un peu moins vite, mais il est évident  que si l’on agite devant ses yeux, lorsqu’il atteint un certain âge, le bicorne qui consacre l’entrée dans le corps préfectoral ou la direction qui le hisse au niveau des grands commis de l’Etat, il va pencher dans le sens du pouvoir, comme un roseau dans le lit du vent. (Pourtant) Le policier a appris si tôt à distinguer les pouvoirs réels des pouvoirs apparents qu’il ne suffit pas de le récompenser pour le convaincre. Il faut l’investir, peu à peu, comme une forteresse bien défendue. Le moyen qui réussit le mieux, c’est la flatterie. Non pas la flatterie imbécile  qui accumule les épithètes dont abusent les discours officiels, et qui font rire, mais la flatterie habile… » (In, <em>La police</em>, de Casamayor, Gallimard, 1973, pages 143 et 144)</p>
<p><strong>Indignation policière<br />
</strong>Les syndicats de policiers, unanimes, appellent leurs adhérents à manifester, le 27 janvier 2014, contre le rétablissement du numéro matricule sur les uniformes des défenseurs de l’ordre public. Nos policiers auraient-ils honte d’être reconnus pour ce qu’ils sont alors qu’ils ont choisi, de façon réfléchie, de manier la matraque, plutôt que de pratiquer le dialogue et d’user du flash-ball pour les contacts rapprochés…</p>
<p><strong>Suicide<br />
</strong>Dans la nuit du 29 au 30 décembre, en gendarme en poste à L’Ile Rousse (Corse) se donnait la mort avec son arme de service. Sans laisser de message pour expliquer son  geste.</p>
<p><strong>Proches ou lointains ?<br />
</strong>Selon un sondage réalisé par <em>L’Essor de la Gendarmerie</em>, publication des retraités de la maison pandore, 83% des Français auraient une bonne opinion des gendarmes, tandis qu’ils ne seraient plus que 65 % pour apprécier les policiers. Il n’en reste pas moins que ces résultats, publiés dans <em>Libération</em>, daté du 30 décembre 2013, demandent à être analysés de plus près. En effet, les Français ne sont plus que 35 % à se sentir proches des gendarmes, alors qu’ils ne sont plus que 15% pour les policiers. Le pire est à venir. Lorsque la question de l’honnêteté était posée aux sondés, 35% d’entre eux étaient persuadés de la probité des gendarmes, alors que seulement 2% des policiers étaient réputés purs et sans taches. Bien sûr, la fragilité des sondages n’est plus à démontrer, de même que la sourde hostilité des gendarmes envers les policiers. Attendons la possible réaction des syndicats de policiers…</p>
<p><strong>Matricule et… déontologie<br />
</strong>Ainsi donc, Manuel Valls a doté nos forces de l’ordre d’un nouveau code de déontologie, entré en vigueur le 1er janvier 2014. Les précédentes Tables de la loi sécuritaire, promulguées par Pierre Joxe, le 18 mars 1986, qui ne concernaient que nos policiers avaient peut-être besoin d’u n petit toilettage. Il convient de noter immédiatement que, quelques jours après l’inauguration de cette première en matière de moralisation autoritaire, la droite gagnait les élections législatives et il revenait au doux Charles Pasqua d’appliquer les nouvelles règles en vigueur. Nous savons, de mauvaise expérience, ce qu’il en a été, et les pires dérives avaient atteint des sommets inattendus avec, particulièrement, l’apparition de ces brigades motorisées dites de « voltigeurs ». Lesquelles devaient être à ‘origine du véritable assassinat de l’étudiant marocain Malik Oussekine, rue Monsieur-le-Prince, à Paris, en décembre 1986. Mauvais présage !<br />
Le nouveau Code, qui contient 33 articles, et désormais commun à la police et à la gendarmerie, est censé fournir à l’une et l’autre de ces institutions, « les repères essentiels sur leur obligation et leur cadre d’action : discrétion, probité, discernement et impartialité. » Depuis quelques semaines, c’est surtout l’article 15 de cette Bible autoritaire qui fait débat dans la famille chaussette à clous ; celui concernant le port obligatoire du numéro matricule des différents intéressés – même les policiers en civil se doivent d’en décorer leur brassard. Ce qui n’a pas manqué de provoquer des remous dans les deux professions ayant pour objet de réguler notre vie quotidienne. Pourtant, dès le 20 décembre 2013, Manuel Valls, la main sur le cœur, tenait à affirmer : « Ce matricule n’est pas un digne de défiance. J’entends bien que tous les policiers et gendarmes le portent ! » Est-ce à dire que certains se risqueraient à faire de la résistance ?<br />
Risquons-nous à faire un peu d’histoire relativement contemporaine. Il ne semble pas que nos policiers, ceux qui pourchassaient les résistants et les Juifs étrangers, se soient vraiment indignés lorsqu’il leur fut demandé, en janvier 1942, de prêter serment d’allégeance à Pétain ! Il reste heureusement un document de cette cérémonie, avec des policiers paraissant très convaincus de leur engagement politique. L’un d’eux, bras le vé au milieu de ses collègues, ,en un geste enthousiaste ressemblant à s’y méprendre au salut nazi, laissant voir au revers de sa vareuse son  numéro matricule : 2.805. Par charité mécréante, et afin de ne pas chagriner d’éventuels héritiers, nous tairons son patronyme, alors que cet excellent défenseur de l’ordre nazi avait pris ses responsabilités.<br />
Toujours est-il qu’en ce mois de janvier 2014, ses lointains successeurs rechignent à exhiber ce signe de reconnaissance redevenu obligatoire. <em>Libération</em>, daté du 3 janvier 2014, relatait la grogne des policiers en tenue, et la fureur du porte-parole du syndicat Alliance, Jean-Claude Delage, qui n’hésitait pas à affirmer, sans rire : « Les policiers sont plus contrôlés que les voyous et auront bientôt moins de droits qu’eux. En plus, ce matricule coûte cher, près d’un million d’euros, et ne règle rien ! » Pour le porte-parole du syndicat des cadres de la sécurité intérieure (majoritaire chez les commissaires de police), cette mesure « ne servira en rien à rapprocher la police de la population… »<br />
Il est vrai que, dans ce domaine, alors qu’il est demandé aux policiers et gendarmes, à l’article 14 du nouveau Code déontologie, d’avoir des relations empreintes de courtoisie envers la population et « à se comporter, en toutes circonstances, d’une manière exemplaire propre à inspirer en retour respect et considération », cela ne semble pas être toujours le cas. Ainsi, cet « incident », relaté par le collectif « Stop le contrôle au faciès », qui nous rappelle que ces pratiques se sont mal déroulées, à l’aube du 1er janvier 2014. Exemple : sur un quai de gare, à Lyon, trois hommes ont dû baisser leur pantalon et caleçon, en public, pour une palpation de sécurité. L’un d’eux était noir de peau, et le policier palpeur, qui avait estimé que « l’individu » avait une « tête de fumeur », sans doute de cannabis, avait refusé de procéder à la palpation avec discrétion, alors que l’article 15 du nouveau Code stipule que cet attouchement autoritaire se doit d’être « pratiqué à l’abri des regards ». C’est ainsi que si le port du matricule est mal venu par nos croquemitaines de l’ordre public, le respect des nouvelles normes de leur déontologie ne semble pas avoir été réellement compris.</p>
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		<title>QUE FAIT LA POLICE ? – Chronique anti-autoritaire de Maurice Rajsfus – 1er janvier 2014</title>
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		<pubDate>Sun, 29 Dec 2013 07:50:36 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Soyez rassurés, braves gens, l’année 2014 s’annonce sous les meilleurs auspices. Les zones de sécurité prioritaires (ZSP) ne cessent de s’étendre (voir plus bas) et les effectifs des forces de l’ordre sont de nouveau à la hausse. Paris, plus particulièrement, bénéficie désormais de 300 policiers supplémentaires, et le XXè arrondissement de la capitale sera désormais doté d’une ZSP. Il ne faut donc plus céder à l’inquiétude ambiante, et les bons citoyens verront de plus en plus d’uniformes bleus dans les lieux sensibles de notre beau pays de France. Serait-ce que le manque de vocations pour la prêtrise a permis d’orienter les chômeurs potentiels vers la fonction de chaussettes à clous ? Bientôt, peut-être, le ministère du Travail sera en mesure d’annoncer une baise tendancielle du chiffre des sans travail…]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Editorial : Bonne année, bonne sécurité !<br />
</strong>Soyez rassurés, braves gens, l’année 2014 s’annonce sous les meilleurs auspices. Les zones de sécurité prioritaires (ZSP) ne cessent de s’étendre (voir plus bas) et les effectifs des forces de l’ordre sont de nouveau à la hausse. Paris, plus particulièrement, bénéficie désormais de 300 policiers supplémentaires, et le XXè arrondissement de la capitale sera désormais doté d’une ZSP. Il ne faut donc plus céder à l’inquiétude ambiante, et les bons citoyens verront de plus en plus d’uniformes bleus dans les lieux sensibles de notre beau pays de France. Serait-ce que le manque de vocations pour la prêtrise a permis d’orienter les chômeurs potentiels vers la fonction de chaussettes à clous ? Bientôt, peut-être, le ministère du Travail sera en mesure d’annoncer une baise tendancielle du chiffre des sans travail…<br />
Nous allons, à l’évidence, vers des temps nouveaux, et comme la police ne cesse de se moderniser, la parité homme/femme sera sans doute envisageable. Cette évolution du corps répressif ne serait pourtant pas une véritable conquête du féminisme car les cow-girls du maintien de l’ordre se conduisent généralement comme des mecs. Déjà certaines de nos compagnes sont en mesure de prétendre aux postes de la haute hiérarchie policière. Comme il va peut-être en aller de même dans la gendarmerie, la certitude doit être partagée d’une sécurité assurée pour ceux qui auraient tout à craindre d’une possible révolte sociale. D’autres femmes s’activant, cette fois, à freiner l’ardeur de leurs compagnons revendicateurs. D’où cette volonté, place Beauvau, de veiller au grain car il faut bien qu’en toute démocratie digne de ce nom, le désordre soit combattu avec la plus grande vigueur.<br />
Hypothèse : et si Manuel Valls accédait, en cette année 2014, à ces hautes fonctions auxquelles il aspire, ferait-il appel à une policière de choc pour lui succéder au ministère de l’Intérieur ? Nicolas Sarkozy nous avait déjà fait un tel cadeau avec Michèle Alliot-Marie, laquelle s’était avérée grande amie du dictateur tunisien Ben Ali, après avoir prétendu défendre la République lors de l’affaire de Tarnac.</p>
<p><strong>Les banlieues sous haute surveillance<br />
</strong>A peine arrivé place Beauvau, Manuel Vals tenait à démontrer que nul ne pourrait lui en remontrer en matière de sécurité. Il est vrai que certains de ses maîtres en socialisme bien tempéré lui avaient montré la voie à suivre. Plus particulièrement Lionel Jospin, qui avait donné le ton en claironnant, en janvier  2002 : « La sécurité est une valeur de gauche ! » Ce terme, prioritaire dans le jargon de la rue de Solférino, est désormais solidement arrimé au vocabulaire socialiste, et n’est plus considéré comme un gros mot. C’est ainsi que la sécurité inquiète plus nos socialistes que le problème du chômage. D’où la promptitude du ministre de l’Intérieur à annoncer sa propre performance en matière de sécurité avec la mise en place de quinze ZSP, dès le 11 septembre 2012. La première de ces structures positives étant installée à Saint-Ouen (93), rapidement, suivie par les quartiers « sensibles » de Paris, Marseille, Lille et Lyon, ainsi que leurs banlieues jugées préoccupantes.<br />
A la suite de Jean-Pierre Chevènement, puis Nicolas Sarkozy et ses séides, il n’était plus seulement question de qualifier les jeunes des cités de « sauvageons » ou de « racailles », mais de montrer de façon plus visible encore les matraques Tonfas, les flash-ball et pistolets à impulsion électrique Taser, ainsi que les bombinettes de gaz lacrymogènes. On n’est jamais suffisamment répressif, n’est-ce pas. Sans perdre de temps, une deuxième vague de ZSP était annoncée, le 15 novembre 2012, concernant cette fois 49 territoires, d’un bout à l’autre du pays des Droits de l’homme et de la police réunis et, plus particulièrement, à Nîmes, Toulouse, Montpellier, Bordeaux et Strasbourg. Nous en étions donc à 64 ZSP. Difficile d’en rester là et, le 11 décembre 2013, ce sont 16 nouvelles ZSP qui étaient annoncées, avec mise en place rapide à Caen, Rennes, Orléans et Trappes. A la fin de 2013, la France ays des Libertés bénéficiait donc de 80 ZSP ? Certes, quelques villes importantes sont encore absentes de cette sollicitude et Calais réclame déjà sa ZSP. Pas de panique. Encore un effort, et l’ensemble du territoire sera de plus en plus sécurisé, car placé sous haute surveillance de l’institution policière, en 2015, semble-t-il. Une certitude, ce quadrillage sécuritaire représente l’une des promesses électorales du candidat Hollande qui aura été tenue.</p>
<p><strong>Panier de crabes<br />
</strong>Suite à une « faute déontologique » du patron de la police judiciaire parisienne, qui avait prévenu Brice Hortefeux de sa prochaine convocation par la Justice, les remous ont été nombreux au ministère de l’Intérieur. Tout d’abord, le fautif, Christian Flaesch, en poste depuis 2007, était limogé, le 11 décembre 2013, provoquant des ambitions bien évidentes… Il n’en reste pas moins, comme le rappelait Le Monde, daté du 13 décembre, que ce directeur de la police judiciaire, bien que classé à droite, avait un bel avenir devant lui car Manuel Valls « ne rechigne pas à s’attacher la fidélité d’hommes réputés sarkozystes ». Raté : le proscrit était resté très proche de ceux qui l’avaient promu, il y a quelques années. Par ailleurs, le panier de crabes qui abrite les hauts cadres de la police judiciaire tanguerait lourdement, avec volonté de ne pas déplaire à leur ministre.</p>
<p><strong>Dehors, les Roms !<br />
.</strong> Dans la matinée du 9 décembre 2013, quatre campements de Roms, situés dans l’Essonne, à Ris-Orangis et à Liesses, étaient évacués par la police. C’est ainsi que 120 hommes, femmes et enfants étaient priés d’aller voir ailleurs, pour y rencontrer bientôt les CRS et gendarmes mobiles chargés de les faire circuler.<br />
<strong>.</strong> A l’aube du 10 décembre, un camp de Roms abritant une dizaine de familles était délogé par les forces de l’ordre. Sur la cinquantaine de personnes « évacuées », une quinzaine d’entre elles devaient accéder à un logement « temporaire », tandis que six autres faisaient l’objet d’une OQTF (Obligation de quitter le territoire français).</p>
<p><strong>Suicide<br />
</strong>Le 11 décembre, un policier âgé de 34 ans, était retrouvé sans vie dans une voiture, avec une balle dans la tête, dans un bois. A Chelles (77). L’arme de service du fonctionnaire, qui aurait servi à tirer le coup mortel, se trouvait dans le véhicule. Selon une source, proche de l’enquête, « toutes les hypothèses son ouvertes ». Ce qui signifierait que ce policier ne s’est peut-être pas vraiment suicidé…</p>
<p><strong>Renforts urgents<br />
</strong>En visite à Calais, le 12 décembre, Manuel Valls présentait un énième plan pour renforcer la lutte contre l’afflux de migrants qui tentent régulièrement de passer en Angleterre. A cette fin, quelques unités de CRS seront bientôt déployées sur les points jugés « sensibles », nous informait le quotidien gratuit <em>Direct-Matin</em>, daté du 13 décembre. Dans le même temps, le ministre de l’Intérieur promettait des moyens supplémentaires  à la police pour assurer « l’accueil » des parias en centre de rétention administratif. A ce sujet, il convient de rappeler que, dès son arrivée au ministère de l’Intérieur, en mai 2007, Nicolas Sarkozy avait eu comme priorité de détruire le camp de Sangatte où la Croix Rouge accueillait  dignement ces migrants d’où, depuis, leur dispersion tout au long du littoral et le constant appel à des renforts policiers qui sont loin de jouer le rôle d’assistantes sociales.</p>
<p><strong>Les policiers en prennent pour leur matricule<br />
</strong>Depuis la décision prise par Manuel Valls de rétablir la présence du numéro matricule sur les vareuses de nos serviteurs de l’ordre public, le petit monde policier est en ébullition. Avec à la tête des fonctionnaires en colère, vent debout, leurs syndicats professionnels. Motif non avoué de cette indignation : et s’il était possible de connaître les noms des policiers auteurs de bavures ou, plus simplement, de comportements pouvant être qualifiés de non-droit. Pourtant, il y a quelque 70 ans, nos policiers aux ordres de Vichy et des nazis, n’éprouvaient aucune honte à arborer leur numéro matricule sur leur képi avec, sur leur vareuse, la francisque de Pétain. Ceux-là pourchassaient alors les résistants de tout bord et les Juifs, sans chercher à dissimuler leur identité policière.</p>
<p><strong>Hors de l’église, mécréants !<br />
</strong>Dans la matinée du 15 décembre 2013, une trentaine de sans domicile fixe, Maliens, Ivoiriens et Pakistanais, tentaient de s’installer dans la basilique Saint-Denis (93). Ces hommes, sans abri depuis leur expulsion de deux immeubles insalubres, en juin dernier, désiraient surtout attirer l’attention sur leur situation. La police ne devait pas tarder à les déloger, nous apprenait le quotidien gratuit <em>Métro</em>, daté du 16 décembre avec, sans doute, le grand sens humanitaire que nous connaissons.</p>
<p><strong>Harceleur en uniforme<br />
</strong>Le 16 septembre 2013, le chef de la police municipale de Bois-Colombes (92) était placé en garde à vue pour « harcèlement sexuel et moral » envers ses subordonnées nous relatait le quotidien <em>Métro</em>, daté du 17 décembre. Dès le mois d’octobre dernier, un syndicat de policiers municipaux avait alerté la mairie des « dysfonctionnements graves au sein de la police municipale » de cette ville de la banlieue parisienne.</p>
<p><strong>Dans les égouts policiers de Marseille<br />
</strong>On se souvient de l’énorme scandale à propos d’une unité de la BAC nord de Marseille, révélé en février 2012, avec des pratiques dignes de la Mafia. Ces policiers rackettaient les dealers, gardant ensuite la drogue et les sommes confisquées aux petits voyous, laissés en liberté. Ce qui permettait de poursuivre un utile trafic pour les défenseurs de la liberté. Sur une trentaine de ces excellents fonctionnaires, quatorze avaient été mis en examen puis, peu à peu, réintégrés dans d’autres unités, tandis que le policier qui avait « balancé » ses collègues, était rapidement révoqué. Finalement, le 17 décembre 2013, six de ces ripoux comparaissaient devant une Commission de discipline de la police nationale, nous rappelait le jour même, l’ensemble des médias. Ce même jour, deux policiers se voyaient rejetés de l’institution tandis qu’un troisième était frappé d’une année de suspension. Pas encore condamnés par leurs collègues, voire par la justice, les ripoux marseillais avaient adopté une ligne de défense bien connue : nous gardions la drogue et l’argent pour payer nos indispensables indics.</p>
<p><strong>Acrostiche :<br />
</strong>N’oublions pas notre ministre de l’Intérieur, en lui dédiant cet acrostiche que nous a fait parvenir un simple correspondant :<br />
Vétilleux, comme il se doit<br />
Ardent républicain, à l’image de Clémenceau<br />
Laboureur infatigable de camps de Roms<br />
Lardu en chef de notre police<br />
Socialiste affirmé<br />
La place est libre pour continuer à assurer cette petite rubrique, qui ne peut que faire sourire Manuel Valls.</p>
<p><strong>Cayenne : un mort !<br />
</strong>Il n’y a pas qu’en métropole que nos forces de l’ordre se distinguent avec leur arme de dotation. Dans la nuit du 15 au 16 décembre 2013, près de Cayenne, deux policiers faisaient usage de leur automatique contre un homme qui « aurait » refusé de se soumettre à un contrôle d’identité, et « aurait » pointé sur les policiers une arme non-identifiée. Résultat : un mort. L’homme avait été expulsé d’un dancing par un vigile qui n’avait pas tardé à appeler la police. D’où cette intervention meurtrière. L’enquête ouverte pour « homicide par agent de la force publique », devra déterminer si es deux policiers avaient agit en situation de légitime défense, nous apprenait Le Monde, daté du 18 décembre. Comme cela ne devait pas manquer de se produire, suite à un tel exploit, une centaine de personnes sortaient du dancing pour lancer des projectiles sur les policiers flingueurs ; la victime devant décéder à son arrivée à l’hôpital.</p>
<p><strong>De grands serviteurs de l’Etat…<br />
</strong>Des proches de l’ancien président de la République, grands patrons de la police républicaine, en d’autres temps, sont désormais dans l’œil du cyclone. Ainsi Claude Guéant, directeur du cabinet de Nicolas Sarkozy, au ministère de l’Intérieur, de 2002 à 2004. Il est désormais avéré que durant ce laps de temps, Claude Guéant s’était tranquillement attribué une rallonge de 10.000 euros par mois, en liquide, et nullement déclarée au fisc. Cet honnête serviteur de l’Etat « piochait » sans vergogne dans ces « primes de cabinet » dont la pratique avait pourtant été abolie, en janvier 2002, lorsque Lionel Jospin était premier ministre.<br />
Le 17 décembre 2013, l’honnête Claude Guéant était placé en garde à vue, en compagnie de l’excellent policier Michel Gaudin, ancien directeur général de la police nationale, puis préfet de police de Paris, et toujours proche collaborateur de l’ancien président de la République, Nicolas Sarkozy. Sans rire, l’entourage de Claude Guéant ne manquait pas d’expliquer qu’il s’agissait d’argent puisé dans des « frais d’enquête des policiers », qui ne lui étaient pas destinés mais utilisés comme « gratifications ». Entendu par les enquêteurs de l’Office central de la lutte contre les infractions et la corruption, l’ancien ministre de l’Intérieur devait s’expliquer  sur l’origine et la destination des sommes d’argent reçues, lorsqu’il dirigeait le cabinet de Nicolas Sarkozy, de 2002 à 2004.<br />
<em>Le Monde</em>, daté du 18 décembre 2013, nous rappelle que les auditions de ces deux éminentes personnalités intervenaient dans le cadre d’une enquête ouverte, le 14 juin 2013, pour « détournement de fonds publics et recel ». Suite à la publication d’un apport de l’Inspection générale de la police nationale, commandé par Manuel Valls, alors que l’enquête étai déjà lancée, une perquisition effectuée au domicile de Claude Guéant, en février 2013, avait permis la découverte de factures payées en liquide, pour un montant de 20 à 25.3000 euros. De son côté, <em>Le Canard Enchaîné</em> révélait que les policiers enquêteurs avait découvert, chez le plus proche collaborateur de Nicolas Sarkozy, des traces de mouvements financiers suspects. Notamment sur une somme de 500.000 euros qui, selon Claude Guéant, correspondait à la vente de deux tableaux à un hypothétique avocat maltais, tableaux qui n’auraient été que de vulgaires croûtes. Comment négliger l’éventuel financement de la campagne électorale pour les élections présidentielles de 2007, dont Claude Guéant aurait supervisé des versements occultes, et qui ne seraient que la partie visible d’un iceberg d’argent sale.<br />
Ce 17 décembre, après seize heures de garde à vue, es deux hommes-lige de Nicolas Sarkozy retrouvaient leur liberté sans avoir été mis en examen. La suite n’est nullement prévisible. D’où ce titre du Monde, daté du 18 décembre, qualifiant cette affaire d’Etat de « Système Guéant », qui ne peut manquer d’avoir des suites. En effet, l’ancien ministre de l’Intérieur, interviewé sur RMC, devait justifier, avec un certain aplomb, ces sommes dont il estimait n’avoir pas à justifier l’origine : « Cela vient de primes payées en liquide. Elles n’ont pas été déclarées car cela n’était pas l’usage… » De son côté, Libération, daté du 18 décembre 2013, évoquant « les caisses noires e la Sarkozie », ne prenait pas de gants pour s’interroger : « L’enquête devra déterminer si Guéant  a rapté cet argent pour son enrichissement personnel ou pour financer son mentor Sarkozy. » Ce qui paraît certain, c’est que l’ancien ministre de l’Intérieur n’a pas redistribué l’argent liquide – qui lui était transmis par Michel Gaudin – aux collaborateurs de son cabinet, comme il l’avait prétendu.<br />
Nous n’en sommes sans doute qu’au début d’un feuilleton mettant en cause des hommes politiques décidément peu recommandables, en compagnie de policiers de haut vol, complices dans une série d’affaires nauséabondes conduites au nom d’intérêts particuliers. Comment ne pas conclure, momentanément, par un indispensable : à suivre…</p>
<p><strong>Gens du voyage, allez voir ailleurs !<br />
</strong>Dans la matinée du 19 décembre, à Fresnes (94), une centaine de CRS s’activait à évacuer quelque 200 personnes, dites « gens du voyage », installé sur un terrain privé laissé en friche, pouvait-on apprendre sur <em>France 3</em>, ce jour même. Quelques heurts devaient se produire lors de l’expulsion des caravanes, face à la colère de ceux qui se voient chassés d’un terrain vague à l’autre. Il s’agit là de citoyens français, mais nos braves policiers ne cessent de les traiter comme des Roms, regrettant peut-être de ne pas pouvoir leur présenter la sinistre OQTF (Obligation de quitter le territoire français). La veille, il avait été possible d’entendre le député de Paris, Pierre Lellouche, éructer : « Il est plus facile de se débarrasser d’une voiture encombrante que d’un Rom ! » A méditer…</p>
<p><strong>Le flash-ball enfin puni<br />
</strong>Bien que les tirs de flash-bal, à la tête, soient strictement proscrits par les règlements en usage, les cow-boys de la police qui en sont munis n’hésitent jamais à transgresser cet interdit. C’est ainsi que nombreuses sont les victimes devenues borgnes, suite à la hargne policière. Un coup d’arrêt pourrait être porté à cette pratique depuis le 18 décembre 2013. Ce jour-là, devant une cour de justice, les avocats d’un homme de 30 ans, qui avait eu la mâchoire fracturée, suite à un tir de flash-ball, le 21 juin 2009, place de la Bastille, à Paris, lors de la fête de la musique, ont fait condamner l’Etat à lui verser 79.000 euros, en guise de réparation, sans oublier les frais de justice et d’expertise. C’est ce que nous apprenait <em>Le Monde</em>, dans son édition datée du 20 décembre 2013. Il faut espérer que cette décision de justice fera jurisprudence, incitant peut-être les amateurs de cette arme à clamer leur ardeur. Sans perdre de temps, le jeune homme, soutenu par le collectif « Face aux armes de la police », lançait un appel « à toutes les personnes blessées », afin de multiplier les procédures, dans la mesure surtout où l’usage de cette arme devient de plus en plus fréquente.</p>
<p><strong>Beaucoup de bruit pour rien ?<br />
</strong>Finalement les 17 et 18 décembre, la montagne répressive annoncée contre les policiers dévoyés de la BAC nord de Marseille aurait accouché d’une souris : trois révocations et deux exclusions temporaires. Sur les trente quasi-délinquants de cette unité d’élite, seulement six serviteurs de l’ordre, qui auraient gravement failli, ont été plus ou moins sanctionnés, alors qu’ils étaient mis en examen, depuis octobre 2012, pour : « Vols en bande organisée, extorsion en bande organisée, acquisition, détention et transport non-autorisé de stupéfiants. » Par ailleurs, dix-huit policiers de cette BAC avaient déjà été frappés d’un blâme, tandis que dix autres s’étaient vus sanctionnés par des suspensions allant de sept jours avec sursis à six mois ferme.  Il est possible de dire que, pour des fonctionnaires assermentés, les Conseils de discipline n’ont pas été particulièrement punitifs, en raison des faits reprochés. Ce qui n’a pas empêché le secrétaire général du syndicat Alliance des policiers en tenu (très sarkozyste), cité par <em>Le Monde</em>, daté du 20 décembre 2013 de dénoncer des « sanctions politiques », tout en aboyant : « Le ministre a annoncé la dissolution de la BAC, l’administration a dit que les faits étaient très graves et, comme personne ne veut se déjuger, un tribunal d’exception prononce des sanctions excessives sans une seule preuve ! »<br />
Question : à partir de quel niveau de malversation un policier risque-t-il de devenir un délinquant ordinaire, donc justiciable comme n’importe quel citoyen de ce pays ?</p>
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		<title>QUE FAIT LA POLICE ? – Chronique anti-autoritaire de Maurice Rajsfus – 15 décembre 2013</title>
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		<pubDate>Thu, 12 Dec 2013 07:49:04 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Observatoire des Libertés Publiques]]></category>

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		<description><![CDATA[C’est devenu, hélas !, une sinistre habitude. La tentation d’exclusion des minorités visibles est restée la règle incontournable dans notre cinquième République. Ce qui s’exprime, de nos jours, par l’ignoble chasse aux Roms. Cette pratique initiée sous le régime de Nicolas Sarkozy, n’a guère varié depuis l’arrivée d’une certaine gauche au pouvoir. Risquons une triste plaisanterie empruntée à Victor Hugo : « Déjà Manuel perçait sous Nicolas… » Certes, on se contente d’expulser et, comme l’exprimait cyniquement Brice Hortefeux : « Ce n’est pas Auschwitz, quand même ! » 
Depuis le discours haineux du 30 juillet 2010, à Grenoble, au cours duquel Nicolas Sarkozy sonnait la charge, appelant au démantèlement de centaines de campements de Roms venus de Roumanie ou de Bulgarie, voire du Kosovo, dans l’espoir de trouver un havre d’accueil au pays de la liberté, les Droits de ‘homme ont été sévèrement bousculés. Il se trouve pourtant, circonstance aggravante, que sous la houlette de du ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, propulsé à ce poste par François Hollande, la traque de ces nouveaux parias n’a jamais été aussi efficace. Peu importe que l’on saccage des vies, l’ordre républicain, assuré par des socialistes purs et durs, doit être assuré.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Editorial Roms &#8230; Unique objet de mon ressentiment !<br />
</strong>C’est devenu, hélas !, une sinistre habitude. La tentation d’exclusion des minorités visibles est restée la règle incontournable dans notre cinquième République. Ce qui s’exprime, de nos jours, par l’ignoble chasse aux Roms. Cette pratique initiée sous le régime de Nicolas Sarkozy, n’a guère varié depuis l’arrivée d’une certaine gauche au pouvoir. Risquons une triste plaisanterie empruntée à Victor Hugo : « Déjà Manuel perçait sous Nicolas… » Certes, on se contente d’expulser et, comme l’exprimait cyniquement Brice Hortefeux : « Ce n’est pas Auschwitz, quand même ! »<br />
Depuis le discours haineux du 30 juillet 2010, à Grenoble, au cours duquel Nicolas Sarkozy sonnait la charge, appelant au démantèlement de centaines de campements de Roms venus de Roumanie ou de Bulgarie, voire du Kosovo, dans l’espoir de trouver un havre d’accueil au pays de la liberté, les Droits de ‘homme ont été sévèrement bousculés. Il se trouve pourtant, circonstance aggravante, que sous la houlette de du ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, propulsé à ce poste par François Hollande, la traque de ces nouveaux parias n’a jamais été aussi efficace. Peu importe que l’on saccage des vies, l’ordre républicain, assuré par des socialistes purs et durs, doit être assuré.<br />
Ce qui s’est passé dans la matinée du 27 novembre 2013 constitue un nouvel exploit à inscrire au livre des records xénophobes. Ce jour-là, ce sont quelque 800 personnes, dont un tiers d’enfants, qui ont été expulsés par les forces de l’ordre, d’un immense campement où tous avaient cru trouver un pauvre refuge. Comment ne pas noter que cette opération avait été réalisée à la demande de la maire communiste de Saint-Ouen. Raison principale évoquée : l’insalubrité des lieux, et peut-être quelques préoccupations électoralistes, en vue des élections municipales du mois de mars 2014.<br />
Il convient également de se souvenir du comportement du commissaire de police dirigeant l’opération, qui se préoccupait surtout de faire chasser les témoins, tout comme les cameramen de télévision. Lesquels n’avaient pas à faire con naître, par images, ce qui se déroulait ce matin-là dans un pays jadis réputé pour son droit d’asile. Cela en une période de l’année où les expulsions sont interdites par la loi – sauf pour les parias. Il est vrai, sans doute, que les forces de l’ordre se comportaient en cette occasion, avec la délicatesse qui fait leur charme. Les informations provenant de divers organes de presse, ne nous informant nullement sur la destination des personnes expulsées et, parmi elles, le sort des nombreux enfants jusqu’alors scolarisés, ainsi que le prévoit la loi républicaine.<br />
Question : pourquoi cette présence de 800 Roms dans ce campement installé à  Saint-Ouen ? Réponse : ce camp était apparu, puis s’était développé, suite à une série de démantèlements de campements de Roms, en Seine-Saint-Denis et dans le Val d’Oise, au début de l’été 2013. Ce même 27 novembre, un campement de 70 Roms, installé dans la banlieue de Nice, sur une berge du Var, dans des habitations de fortune, était évacué sans violence…comme savent le faire nos CRS et gendarmes mobiles. Dans les cas cités ici, il n’a pas été précisé si des propositions d’hébergement sérieuses ont été faites à ces familles que la police de Manuel Valls jetait dans la rue sans le moindre état d’âme. Comme il est noté à l‘ouverture de cette chronique : « Quand la police entre en socialisme, il n’y a rien de changé sous le soleil noir de l’idéologie sécuritaire. »</p>
<p><strong>Petite actualité de Manuel Valls<br />
</strong>Dans son numéro daté du 2 décembre 2013, <em>Le Monde</em> évoquait la tentation de notre ministre de l’Intérieur d’accéder au poste encore plus prestigieux de premier ministre. Auréolé de sa grande popularité – celle des matadors au sommet de leur gloire – l’hôte de la place Beauvau aimerait faire aussi bien que son modèle, tellement vanté, Georges Clémenceau. A propos de cette admiration sans borne, il convient de rappeler que cet ancien avocat, proche des Communards, s’était ensuite illustré en publiant dans son journal, <em>L’Aurore</em>, le célèbre article d’Emile Zola, « J’accuse ! », le 13 janvier 1898, qui allait permettre la révision du procès Dreyfus. Hélas ! Le grand homme, entré en politique, s’inquiéterait surtout des problèmes liés au maintien de l’ordre public. Particulièrement au cours des années 1906 à 1908, lorsque, ministre de l’Intérieur, puis, dans le même temps, président du Conseil, son talent s’exercera avec sa propension à envoyer la troupe ou les gendarmes pour briser les grèves. De même qu’un véritable état de siège régnait sur Paris, à chaque 1er Mai, les policiers à cheval quadrillant la place de la République et chargeant les manifestants, les menaçant du plat de leur sabre. En ce temps-là, les luttes sociales connaissaient de nombreux morts.<br />
Cet homme d’ordre ne pouvait que susciter l’admiration de Manuel Valls, qui ne cesse de rappeler le rôle éminent joué par son illustre prédécesseur, connu au début du XXè siècle sous le glorieux sobriquet du « Tigre ». Il faut pourtant porter au crédit de Georges Clémenceau qu’il ne pourchassait pas les étrangers, sauf les anarchistes, comme l’italien Malatesta. Notre actuel ministre de l’Intérieur, qui a pour ambition non déguisée d’accéder un jour à l’Elysée – ce que Clémenceau n’a jamais réussi – met les bouchées doubles à cette fin, avec cette difficulté à réfréner sa volonté d’expulser toujours plus de sans papiers, tout comme le faisait Nicolas Sarkozy. Dans le même temps, pourtant notre Catalan se vante de plusieurs milliers de régularisations de plus que celles accordées par ses prédécesseurs. Il n’en reste pas moins que, selon l’auteur de l’enquête du Monde, Manuel Valls «  se voit de plus en plus affublé d’un plus large costume » que celui de ministre de l’Intérieur.  Cette fin, non avouée officiellement, Manuel Vals ne manque jamais de célébrer son grand homme. Ainsi, le 24 novembre 2013, lorsqu’il effectuait un pèlerinage en Vendée, sur les terres de Georges Clémenceau. Libération, daté du 29 novembre, cite un extrait de la déclaration du ministre de l’Intérieur qui, sur la tombe du « Tigre » parlait également un peu de lui : «  Je retiens, avant tout, l’attachement viscéral à la République, à la fois expression de la souveraineté de la Nation et de la souveraineté de l’individu. Car la République, c’est l’ordre (…) ordre sans lequel aucun projet social n’est viable… »<br />
Pour leur édification nous ne saurions trop recommander à ceux qui s’aventurent à lire cette chronique, de se procurer l’ouvrage de Jacques Julliard <em>Clémenceau briseur de grèves</em> (Gallimard, 1965) qui relate particulièrement, la répression policière des grèves à Draveil et Villeneuve-Saint-Georges, en 1908, avec, à la clef, plusieurs morts. Nous n’en sommes, heureusement, plus là, mais la religion de l’ordre a des ressorts pouvant conduire à des drames dont le ministre en charge de la police peut toujours expliquer qu’il n’a pas voulu cela.</p>
<p><strong>« Clémenceau le tueur ! »<br />
</strong>Dans l’ouvrage cité plus haut, Jacques Julliard rappelait que, dans la nuit du 2 au 3 juin 1908, le Comité confédéral de la CGT avait fait placrader sur les murs de Paris une affiche au titre évocateur : « Gouvernement d’assassins ». Certes, il s’agit là d’une période révolue, mais il est toujours bon se souvenir où peuvent conduire les dérives d’un pouvoir se voulant républicain mais qui n’hésitait jamais à faire ouvrir le feu sur des ouvriers, en grève pour leur survie.<br />
« Après les massacres de Narbonne, après la tuerie de Raon-L’Etape, voici que le gouvernement assassine à Vigneux. Depuis un mois, les ouvriers de Seine-et-Oise sont en grève. Au cours de ce conflit, les autorités ont eu une attitude provocatrice, conséquence des excitations ministérielles. On ne saurait trop rappeler, en effet, que ces dernières années, chaque fois que les agents du Pouvoir ont commis un crime contre la Classe Ouvrière, ils ont recueilli faveurs, décorations et avancement. Aussi, est-il compréhensible qu’au moindre conflit, les autorités redoublent de zèle provocateur. Pour suivre l’exemple donné – et mériter à leur tour les faveurs de Clémenceau – sous-préfet et gendarmes de Corbeil ont cherché Une Journée.<br />
« Cette journée, ils l’ont eue mardi ! Vers les trois heures de l’après-midi, une quinzaine de gendarmes, après avoir eu soin, à une distance que les témoins évaluent à 200 mètres, de charger leurs revolvers et carabines, se présentèrent devant l’établissement où siège le Comite de grève. Sous le prétexte d’arrêter, sans mandat, un gréviste qu’ils supposaient réfugié dans une salle de réunion, ils tentèrent de pénétrer de force. Cependant, les pandores rendus fous de rage par l’attitude défensive des grévistes – obéissant sans doute à un mot d’ordre – se divisèrent en deux groupes. L’un qui resta posté face à la porte d’entrée ; l’autre qui alla se mettre  devant les croisées de la salle de réunion. Et la fusillade commença ! Tandis que la première bande fusillait les grévistes par la porte, la deuxième bande les mitraillait à l’intérieur, au travers des fenêtres. Les assassins tirèrent jusqu’à épuisement de leurs munitions…<br />
« A qui incombe la responsabilité de ce nouveau crime ? Nous l’avons dit : au gouvernement, au trio Clémenceau-Briand-Viviani. Clémenceau le tueur osera prétendre que les ouvriers ont provoqué. Il suffit de voir où sont les victimes pour constater que ce criminel joint à la scélératesse l’impudence du mensonge… »<br />
Le lendemain, 4 juin 1908, à propos du même événement, la Commission administrative de la Bourse du Travail de Paris, publiait un communiqué de même tonalité : « Une fois de plus, Clémenceau vient de s’affirmer le maître de la France. Les lois n’existent plus pour cet être sanguinaire. Le domicile particulier, jusqu’à ce jour inviolable, ne l’est plus pour lui qui, cependant, a la tâche de faire respecter les lois. Le naturel de cette brute se fait jour chaque fois que les travailleurs sont en lutte contre leurs exploiteurs.<br />
« Après Raon-L’Etape, Béziers, Narbonne, Limoges, Nantes, etc, on peut y ajouter aujourd’hui les tueries de Vigneux. La Commission administrative de la Bourse du Travail se fiat un devoir de protester avec indignation contre ces tueries d’un gouvernement protégeant l’assassinat et donnant l’ordre d’enlever, à la Bourse du Travail, le drapeau rouge apposé en signe de protestation… »<br />
Comment ne pas s’étonner de l’admiration que notre ministre de l’Intérieur peut porter à Georges Clémenceau. Peut-être s’est-il insuffisamment imprégné d’une certaine histoire de France : celle qui ne figure pas dans les manuels…</p>
<p><strong>Fash-ball : encore un jugement de relaxe !<br />
</strong><em>L’Envolée</em>, revue de défense des emprisonnés, datée de novembre 2013, revient sur une bavure ancienne, qui avait vu un policier nantais, auteur d’un tir de flash-ball calamiteux, relaxé en appel, suite à la perte d’un œil d’un lycéen âgé de 18 ans, le 27 novembre 2007. Il aura donc fallu plus de cinq ans de procédure, et deux procès, pour que ce policier, dont il a été démontré qu’il était récidiviste en la matière, car i avait déjà expérimenté son arme, dit LB 40 (flash-ball de dernière génération, particulièrement efficace) sur un fêtard, à Nantes également. Au cours du second procès en appel le lycéen, qui avait tenu à présenter lui-même sa défense, insistait sur le fait qu’il n’y avait pas eu de réflexe de légitime défense de la part du policier, les lycéens en manifestation s’étant repliés dès l’arrivée des forces de l’ordre. A cette occasion le jeune homme devait rappeler les bavures provoquant de graves blessures, suite à des tirs de flash-bal, pour le moins « inappropriés », à Montreuil, Toulouse, ViIliers-le-Bel, Bondy ou Notre-Dames-des-Landes. Manuel Valls va-t-il se décider à interdire l’usage de cette arme de première catégorie, dite « non-létale », qui ne cesse d’être utilisée par les policiers et gendarmes ; lesquels n’hésitent jamais à tirer dans la tête ?</p>
<p><strong>Dehors les Roms !<br />
</strong>Dans la matinée du 2 décembre, les forces de l’ordre procédaient à l’évacuation d’un campement d’une cinquantaine de Roms, dans la banlieue lyonnaise. Au cours de cette opération, les policiers devaient faire un usage immodéré de gaz lacrymogènes, après un matraquage en règle des parias récalcitrants, rappelait <em>France-Inter</em>, ce même jour.</p>
<p><strong>La police avec nous<br />
</strong>Dans les premiers jours de décembre 2013, l’annonce avait été faite de l’arrivée de plus de 3.00 policiers, à Paris. Comme si la capitale du pays de liberté avait le plus grand besoin de renforts. Ce qui n’a pas manqué de déclencher une revendication du président du Conseil général de Seine-Saint-Denis (PS), lequel expliquait la nécessité d’une police proximité, vu les « besoins spécifiques » de ce département, nous informait le quotidien gratuit <em>Métro</em>, daté du 5 décembre. Cet élu tenait à nous rappeler qu’il y a un policier pour 200 Parisiens, contre un pour 450 en Seine-Saint-Denis, tout en risquant ce commentaire évocateur : « Quand je passe le périphérique, je vois plus de bleu d’un côté que de l’autre. La présence policière dissuade et rassure… » Ce brave homme de devrait de tenir un tel discours aux jeunes des cités « sensibles » de son département, qui sont l’objet constant de la lourde attention de la police républicaine à leur égard.</p>
<p><strong>Fichez-nous la paix !<br />
</strong>Un décret est en cours de préparation pour réformer les deux principaux fichiers policiers d’empreinte génétique, annonçait récemment le ministère de la Justice. Il ne serait que temps car, à plusieurs reprises, la Cour européenne des Droits de l’Homme avait condamné la France, comme en avril 2013, pour avoir refusé d’effacer les empreintes d’un homme accusé de vol, avant d’être mis hors de cause. Les fichiers ont, en effet, cette triste vertu que s’i il est facile d’y être introduit, il est toujours difficile d’en sortir. Que ce soit sous Pasqua, Sarkozy, Hortefeux, Guéant ou Valls, les gestionnaires des fichiers font toujours la sourde oreille lorsqu’il s’agit de « nettoyer »  ces précieuses archives qui ne cessent de proliférer pour le plus grand bien, sans doute, des citoyens de ce pays.</p>
<p><strong>Le grand jeu<br />
</strong>Les journaux gratuits ont au moins cette qualité qu’ils nous fournissent des informations que les grands quotidiens nationaux, comme <em>Le Monde</em>, ou <em>Libération</em>, délaissent. Ainsi, <em>Métro</em>, daté du 6 décembre 2013, nous faisait savoir qu’un commissaire divisionnaire, patron du très sensible Service central des courses et des jeux (SCCJ) a été démis de ses fonctions, le 5 décembre, par Manuel Valls. Cet excellent serviteur de l’Etat serait au cœur de plusieurs enquêtes diligentées par l’IGN. Certaines d’entre elles consécutives à « des procédures judiciaires », selon des sources proches du dossier.</p>
<p><strong>Un « grand flic », fidèle en amitié…<br />
</strong>Il semble bien que Manuel Valls n’a pas fait suffisamment le ménage dans son administration, épargnant l’essentiel de l’encadrement, après avoir coupé quelques têtes, lors de son arrivée place Beauvau. Dernier couac en date : le grand chef de la police judiciaire parisienne a, semble-t-il, commis ce qui est bien plus qu’une simple boulette. En effet, cet éminent policier qui, en principe, devait bénéficier de la confiance de son ministre de tutelle, s’est permis, récemment de prévenir Brice Hortefeux qu’il allait être convoqué par la Justice pour le financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, en 2012, nous informait <em>Le Monde</em>, daté du 10 décembre 2013.<br />
Cette affaire paraît gravissime car une enquête, instruite par le parquet de Paris, porterait bien sur le financement de cette campagne par le régime de l’ancien dictateur lybien Mouammar Khadafi. Etant placé sur écoute, l’ancien ministre de l’Intérieur de Nicolas Sarkozy (connu sous le sobriquet de « Hortefeux à volonté »), avait eu à trois reprises des conversations enregistrées avec le patron de la PJ parisienne, démontrant la proximité de cet excellent serviteur de ‘Etat (également apprécié sous cet autre sobriquet de « Hortefeux de Pellepoix », vu sa suractivité dans l‘expulsion des sans papiers) avec son précieux interlocuteur. L’aspect comique de cette affaire c’est que, non seulement ce grand cadre de la police, nommé à son poste par Nicolas Sarkozy, avait été maintenu à son poste depuis dix-huit mois, mais que son nom était cité pour prendre la tête de a Direction centrale de la police judiciaire. Comme tient à le souligner <em>Le Monde</em>, Christian Flaesch, puisqu’il faut bien l‘appeler par son nom, devrait quitter prochainement la tête de la PJ parisienne – ce qui est la moindre des choses. Resterait à lui trouver un poste à la hauteur des qualités de cet excellent professionnel de la sécurité car, bien évidemment, il n’est pas question pour Manuel Valls de se priver de ce brillant collaborateur.</p>
<p><strong>Suicide<br />
</strong>Le 5 décembre 2013, un major de la gendarmerie nationale se suicidait, avec son arme de service, dans les locaux de la gendarmerie de Pontvalin (Sarthe), dont il était le commandant. Sans laisser la moindre lettre justifiant son geste.</p>
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		<title>QUE FAIT LA POLICE ? – Chronique anti-autoritaire de Maurice Rajsfus – 1er décembre 2013</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Dec 2013 08:06:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Observatoire des Libertés Publiques]]></category>

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		<description><![CDATA[En pleine quasi-insurrection bretonne contre l’Ecotaxe, nombreux étaient ceux qui s’étonnaient du lourd silence de Manuel Valls. Impitoyable avec les ans papiers, tout comme envers les Roms, le ministre de l’Intérieur paraissait ignorer la vandalisation des portiques implantés sur les toutes de Bretagne. Cet apparent manque d’intérêt, face à une violence qu’il ne jugera inacceptable que bien après des heurts avec les force de l’ordre, à Quimper, le 3 novembre, étonnera son collègue Vincent Peillon, qui ne manquait pas de remarquer qui si les jeunes des banlieues « sensibles » s’étaient livrés à de telles dépradations, les forces de l’ordre auraient été bien plus actives sur le terrain. Il est bien évident, en effet, que se heurter à un groupe de pression composé de camionneurs et de syndicats paysans de droite (avec à leurs côtés des salariés en détresse) n’est en rien comparable. D’où la prudence du matador de la place Beauvau. De plus, les « sauvageons » de banlieue ne pourraient en aucun cas devenir des « partenaires sociaux ». D’où, sans doute, ce manque de réactivité.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Editorial Les silences du matador</strong></p>
<p>En pleine quasi-insurrection bretonne contre l’Ecotaxe, nombreux étaient ceux qui s’étonnaient du lourd silence de Manuel Valls. Impitoyable avec les ans papiers, tout comme envers les Roms, le ministre de l’Intérieur paraissait ignorer la vandalisation des portiques implantés sur les toutes de Bretagne. Cet apparent manque d’intérêt, face à une violence qu’il ne jugera inacceptable que bien après des heurts avec les force de l’ordre, à Quimper, le 3 novembre, étonnera son collègue Vincent Peillon, qui ne manquait pas de remarquer qui si les jeunes des banlieues « sensibles » s’étaient livrés à de telles dépradations, les forces de l’ordre auraient été bien plus actives sur le terrain. Il est bien évident, en effet, que se heurter à un groupe de pression composé de camionneurs et de syndicats paysans de droite (avec à leurs côtés des salariés en détresse) n’est en rien comparable. D’où la prudence du matador de la place Beauvau. De plus, les « sauvageons » de banlieue ne pourraient en aucun cas devenir des « partenaires sociaux ». D’où, sans doute, ce manque de réactivité.<br />
Le Monde, daté du 11 novembre, qui s’intéressait à la retenue médiatique inhabituelle de Manuel Valls, ne manquait pas de citer les propos des représentants des syndicats de policiers en tenue, eux-mêmes étonnés de la tiédeur des réactions de leur ministre de tutelle, suite aux événements de Quimper. Ainsi, le délégué général pour les CRS du syndicat Alliance (classé à droite), dénonçant les « ordres mous de la hiérarchie ». De son côté, le représentant du syndicat UNSA-Police (plus ou moins classé à gauche), constatait, en cette occasion : « Il y a eu des instructions du gouvernement pour un apaisement. » En clair, ne pas trop fâcher des manifestants qui, pourtant, ne portent pas le gouvernement socialiste dans leur cœur. Ce syndicaliste étant très étonné qu’il « n’y a pas eu d’instructions pour avant la dispersion, interpeller les fauteurs de troubles. » Le quotidien du soir rappelait également qu’une trentaine de policiers avaient été blessés, ce 3 novembre, notant au passage que 600 policiers et gendarmes avaient dû essuyer passivement les violences d’une petite frange de manifestants.<br />
Une fois encore, pour reprendre la réflexion de Vincent Peillon, il convient de rappeler les lourdes peines de prison ayant frappé les jeunes de Villiers-le-Bel, en 2010, pour avoir caillassé des véhicules de police, après la mort violente de deux de leurs copains. Certes, cela se passait sous le règne de Nicolas Sarkozy, mais en va-t-il différemment en 2013 ? La méthode serait-elle moins brutale avec les jeunes des banlieues, alors que les mêmes policiers sont en fonction ? Il ne semble pas, alors que Manuel Valls laissait entendre, après les manifestations violentes de Quimper : « On ne peut pas mettre des gendarmes et des policiers au pied de chaque portique ! » Il serait possible de le croire mais il se trouve toujours suffisamment de policiers pour se livrer à ces contrôles au faciès ayant pour effet de radicaliser des jeunes qui n’oublieront jamais le traitement que leur font subir des fonctionnaires assermentés de la République des droits de l’homme.</p>
<p><strong>Insupportables lycéens<br />
</strong>Dans la matinée du 7 novembre, à  Saint Ouen (93), les forces de l’ordre intervenaient contre des lycéens qui venaient de bloquer la porte de leur établissement. En solidarité avec Léonarda et Khatchik, ces lycéens manifestaient pacifiquement lorsque des gardiens de l’ordre public décidaient de faire usage de gaz lacrymogènes. Un lycéen, pris de malaise, devait être conduit à l’hôpital le plus proche, nous apprenait France Info dans la soirée du même jour, alors que plusieurs centaines de lycéens venaient de manifester dans Paris.</p>
<p><strong>Policier brutal et injurieux : à la Trappe !<br />
</strong>Il arrive que les mauvaises manières des policiers soient sanctionnées. Particulièrement lorsque des témoins n’hésitent  pas à montrer du doigt le ou les coupables. Rappelons que, le 18 juillet 2013, à Trappes (91), l’un des trois policiers qui avaient procédé au contrôle d’identité tumultueux d’une jeune femme voilée, et de son mari, s’était comporté plutôt brutalement, et de façon injurieuse. Cette interpellation, plutôt rugueuse, étant à ‘origine de trois nuits de violences dans cette cité « sensible ». Sans hésiter, le tribunal de Versailles avait condamné rapidement l’époux de la victime à trois mois de prison, avec sursis, pour outrage et rébellion envers les trois policiers. Suite à cette altercation, provoquée par des agents de la force publique, l’un des trois policiers s’était diverti sur sa page Facebook, en publiant une photo, avec ce commentaire : »Les femmes blanches sont les plus belles ! » Photo accompagnée, dans le même temps, sur la page Facebook du forum Police-Info, fermée depuis rappelait Le Monde, daté du 11 novembre 2013. L’enquête conduite par l’IGPN sur ce policier suite à un dépôt de plainte, donnait lieu à cette déclaration cocasse de l’avocat de ce fonctionnaire, affirmant que son client était irréprochable. Il n’empêche, les enquêteurs n’ont pas manqué de noter que l’intéressé était « connu pour être régulièrement partie civile dans des procédures d’outrages et de rébellion », en dix et quinze affaires où il s’était présenté comme une victime ; ce qui lui permettait dans doute de payer les traites de sa voiture ou de son appartement. Suite à cette enquête, le parquet de Versailles ouvrait une information pour « incitation à la haine et à la discrimination raciale » contre ce policier décrit comme « exemplaire » par son avocat et peut-être également par sa hiérarchie. A suivre…</p>
<p><strong>Retour à l’envoyeur<br />
</strong>Le 12 novembre, le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples), déposait plainte contre le ministre de l’Intérieur pour « incitation à la haine raciale ». Rappelons qu’en septembre 2013, Manuel Valls s’était laissé aller à qualifier les Roms de « populations qui ont des modes de vie extrêmement différents des nôtres et qui sont évidemment en confrontation. » Avec qui donc, au fait ? Mais avec les vrais blancs, sans doute, que l’on n’accusera jamais d’être des « voleurs de poules »…</p>
<p><strong>Acrostiche<br />
</strong>C’est avec le sourire nous l’espérons, que notre ministre de l’Intérieur acceptera ce petit coup de griffe, moins douloureux qu’un coup de matraque :<br />
<STRONG>V</STRONG>alls<br />
<STRONG>A</STRONG>nthropologue atypique<br />
<STRONG>L</STRONG>oin de provoquer la chaleur humaine<br />
<STRONG>L</STRONG>esté de tristes certitudes<br />
<STRONG>S</STRONG>ous-marin de l’idéologie du rejet</p>
<p><strong>Quand la police crie « Au secours ! »<br />
</strong>Les policiers, membres du très droitier syndicat Alliance de la police nationale sont très mécontents. Au point de se mettre en grève, le 13 novembre 2013. Curieusement ces braves défenseurs de l’ordre public ne se livraient jamais à de telles dérives lorsque Nicolas Sarkozy et Claude Guéant étaient encore au pouvoir. Quelle était donc la nature profonde de leurs revendications ? Conditions de travail dégradées  et manque de moyens alloués à leurs missions. Selon l’enquête publiée par <em>Le Parisien</em> daté du 13 novembre 2013, certains commissariats seraient au bord de la rupture, vu le manque d’effectifs et le délabrement des locaux où ils officient, sans oublier les odeurs pestilentielles émanant de lieux qui, apparemment, ne seraient pas régulièrement nettoyés. Tout cela est bien triste mais c’est trop vite oublier ces dix années durant lesquelles on n’a guère entendu ces braves policiers se plaindre, sauf pour réclamer davantage de pouvoir répressif. C’est également oublier que sous l’ère Sarkozy, les effectifs de la maison tape-dur ont été réduits d’environ 10 % &#8211; RGPP (Révision générale des politique publiques) oblige. Depuis dix-huit mois que Manuel Valls est aux manettes, place Beauvau, on embauche de nouveau et des crédits supplémentaires ont été affectés à la police comme à la gendarmerie. Ce qui donne, pour l’année 2013, un confortable budget de plus de 11,6 milliards d’euros et atteindra les 12 milliards en 2014. Il convient de rappeler qu’entre 2007 et 2012, les crédits accordés aux forces de l’ordre avaient baissé de 18 %, sans que le syndicat Alliance se fasse trop entendre à cette époque. Soyons bien certains que, bientôt, les policiers affiliés à Alliance coifferont le bonnet rouge de ces contestataires bretons qu’ils se sont bien gardés de trop réprimer. A moins qu’ils n’exhibent un bonnet bleu…</p>
<p><strong>Vers une privatisation de la sécurité ?<br />
</strong>Serions-nous en train d’assister à une privatisation rampante de l’activité policière C’est ce que laisse entendre un certain nombre de « spécialistes » de la question. Ces gens-là, plus nombreux qu’il est nécessaire, sont pourtant très attachés, tel le trop célèbre Alain Bauer, à la police républicaine. A ce point qu’ils se laisseraient aller à considérer les policiers d’appoint comme des repaires de voyous.<br />
Nous l‘avions déjà signalé, dans une précédente chronique : Manuel Valls paraît s’intéresser à la corporation des agents de sécurité. Récemment, en octobre 2013, notre ministre de l’Intérieur venait de déclarer devant des cadres de la police et de la gendarmerie : « Travaillons à des contrats opérationnels étroits avec la sécurité privée, très présente dans la vie quotidienne des citoyens… » C’était déjà l’ambition exprimée par Nicolas Sarkozy  lorsqu’il réduisait les effectifs de la police nationale. Tout comme le ludion, qui nous a quittés, il y a dix-huit mois, Manuel Valls sait pertinemment qui sont les agents de sécurité et leurs patrons, souvent officiers de police à la retraite, ou même hauts fonctionnaires d’autorité chassés de leur administration pour trop mauvaise conduite.<br />
Le quotidien <em>Libération</em>, daté du 15 novembre 2013, nous rappelait curieusement que, même Alain Bauer, grand ami de J.P. Chevènement, Nicolas Sarkozy et même de Manuel Valls, s’inquiète de cette tentation, en des termes définitifs : « …Il faut interdire aux polices privées de s’occuper de la voie publique… Il ne faut pas laisser les privés faire des rondes dans les rues, même entre deux commerces ou deux édifices. Attention, il faut des limites ! » Il ne faut pas négliger le fait qu’il existe en France quelque 6.000 officines désignées sous l’appellation de sociétés privées de sécurité, employant environ 200.000 vigiles, parfois accompagnés de maîtres-chiens dont les méthodes d’intervention sont souvent plus que douteuses. Déjà dans certaines localités, des vigiles privés patrouillent en compagnie de gendarmes. Situation encouragée par Manuel Valls qui n’a pas hésité à déclarer, le 30 septembre 2013, qu’il « fallait favoriser les relations opérationnelles avec les agents de sécurité privés », qui représentent selon le ministre de l’Intérieur, « un levier d’action considérable ». Qu’ajouter à une telle proclamation Attendons à voir s’ouvrir un bureau des pleurs lorsque de bons citoyens auront été victimes des crocs aiguisés des faux-chiens policiers auteurs d’erreurs sur les personnes…</p>
<p><strong>Pas très sympa avec les « collègues »<br />
</strong>Le 15 novembre, dans la cité « sensible » des Tarterêts, à Corbeil-Essonnes (91), trois policiers municipaux devaient essuyer des coups de feu, nous apprenait le quotidien gratuit 20 Minutes, daté du 18 novembre 2013. Plutôt affolés, les « municipaux »  se protégeaient derrière des voitures. Dans le même temps, l’un d’eux appelait au secours leurs collègues de la police nationale. Lesquels, apparemment, ne jugeaient pas utiles de se déplacer. « Faute de véhicule disponible » expliquera un policier du syndicat Alliance.</p>
<p><strong>L’un et l’autre<br />
</strong>Ce qui se murmurait méchamment, à la grande irritation du ministre de l’Intérieur, deviendrait-il crédible ? Manuel Vals endosserait donc, de plus en plus, le costume de Nicolas Sarkozy. Cette comparaison ne paraissant plus insupportable à l’actuel 1er flic de France. C’est ce qui ressort d’une enquête publiée dans <em>Le Monde</em>, daté du 18 novembre 2013.</p>
<p><strong>Paroles d’un magistrat lucide<br />
</strong>« L’aventure policière est compliquée, sinueuse, avec des surprises et des rebondissements. L’aventure est à la banalité ce qu’est la nudité à la coquetterie, la promesse à la certitude, l’imagination au règlement, le lendemain à la veille, et quelques fois la folie à la sagesse. L’aventurier n’a que faire de raisons ou bien il choisit les mauvaises. Il étouffe les remords sous la violence et le scandale sous la réussite. L’aventure policière est insolite et méconnue, masquée par la routine et la nécessité. Pour la mener jusqu’au bout, il faut dominer une anxiété d’autant plus grande que personne ne sait où est le bout que tout ce qui se passe, ce que nous lisons ou devinons, n’est peut-être qu’un prologue et que, demain, la police ayant enfin conquis droit de cité, il n’y aura plus de cité du tout… » (In, <em>La police</em>, de Casamayor, Gallimard, 1973, pages 15 et 16)</p>
<p><strong>Main dans la main !<br />
</strong>Le 19 novembre 2013, le directeur-général d’Ikéa-France était mis en examen et placé en garde à vue dans les locaux de la police judiciaire de Versailles en compagnie d’anciens cadres dirigeants de cette prestigieuse enseigne. Le patron de cette société spécialisée dans l’ameublement, est accusé d’espionnage illicite de ses salariés, comme d’un certain nombre de ses clients, nous informait <em>Le Monde</em>, daté du 21 novembre. Ce qui, hélas ! pourrait paraître classique pour une entreprise capitaliste digne de ce nom, l’est beaucoup moins dans la mesure où, à cette fin, la fine équipe de dirigeants était secondée dans ses mauvaises manières par quatre policiers qui, régulièrement – et pas de manière bénévole – devaient améliorer leurs fins de mois en puisant des renseignements dans les fichiers de police. Particulièrement dans le trop fameux STIC (Système de traitement des infractions constatées). Ce qui signifie également que ces braves gardiens de l’ordre public avaient sans doute quelques collègues de l’administration de ce fichier tout disposés à leur rendre service.<br />
L’affaire est d’importance puisqu’au-delà de ces grands dirigeants, c’est une quinzaine de personnes qui ont été mises en examen et, parmi elles, l’ancien directeur d’Ikéa-France. Ce dernier, qui assurait les contacts avec l’équipe de policiers véreux, ne devait pas être étonné de les voir mis en examen à ses côtés. Parmi d’autres exemples de justification de ces méthodes mafieuses, il s’agissait, pour l’un des magasins du groupe, de « faire face à des syndicalistes de Force Ouvrière très virulents. » D’où, évidemment, cet appel à des policiers très désireux de faire cesser cet intolérable trouble à l’ordre public.<br />
Dans ce même numéro, <em>Le Monde</em> rappelait que, le 27 juin 2013, la société Euro-Disney avait été condamnée par le tribunal correctionnel de Meaux à une très forte amende. Comme trop souvent, les forces de l’ordre étaient impliquées, et deux gendarmes avaient été condamnés à six et dix mois de prison avec sursis. Ces braves pandores étant accusés, eux aussi, d’avoir consulté des fichiers de police, en dehors de tout cadre légal. Pratique qui avait duré de 1997 à 2007. A noter qu’il avait fallu près de sept ans pour que ce jugement, plutôt clément, intervienne.</p>
<p><STRONG>A.D.N.<br />
</STRONG>A l’occasion de l’arrestation du « Tireur fou » du quotidien <em>Libération</em>, le 20 novembre 2013, il a été possible d’apprendre que le fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG), comportait 2,1 millions de « profils » de personnes. Il convient de rappeler que ce fichier créé en 1988, alors qu’Elisabeth Guigou était ministre de la Justice concernait essentiellement des auteurs de crimes sexuels et des pédophiles avérés. Au fil des années, le prélèvement A.D.N. s’est étendu aux actes terroristes, au trafic de stupéfiants puis, sous l’ère Sarkozy, aussi bien aux faucheurs d’OGM qu’aux auteurs du moindre graffiti sur la voie publique.</p>
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		<title>QUE FAIT LA POLICE ? – Chronique anti-autoritaire de Maurice Rajsfus – 15 novembre 2013</title>
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		<pubDate>Tue, 12 Nov 2013 07:57:41 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Observatoire des Libertés Publiques]]></category>

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		<description><![CDATA[Le lundi 14 octobre 2013, des militants du DAL (Droit au logement) avaient installé un campement sur la place de la République, à Paris. Ils avaient décidé d’y passer la nuit, en compagnie de familles de mal-logés. C’était la quatrième fois, en quelques semaines, qu’une telle manifestation, statique, était organisée sans que cela pose problème. En cette occasion, il devait en aller différemment. La relation des brutalités policières par le responsable du DAL, Jean-Baptiste Ayraud, est rien moins qu’édifiante, dans une interview donnée à l’hebdomadaire L’Anticapitaliste, daté du 31 octobre 2013]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Editorial : Le pouvoir politique se débat dans imbroglio politico-policier<br />
</strong><br />
Le 18 octobre 2013, à Paris, au cours d’une manifestation lycéenne, en protestation contre l’expulsion de la collégienne Léonarda et du lycéen Khatchik, il était possible de lire, sur une pancarte, cette triste plaisanterie, très significative pourtant : « La Valls des expulsions ». Le 19 octobre, <em>Libération</em> rappelait que, si Claude Guéant avait fait expulser deux lycéens en 2011 et aucun en 2012, Manuel Valls en était déjà au cinquième des ces forfaits, à la mi-octobre 2013. Ce 19 octobre, sortant d’un étonnant silence, François Hollande rappelait que si la loi (celle de Sarkozy) avait été respectée, il n’en souhaitait pas moins le retour en France de Léonarda, mais sans sa famille. Il fallait bien contenter les lycéens en colère, tout en prenant garde de ne pas trop mécontenter le ministre de l’Intérieur, les préfets qui mettent en œuvre une loi scélérate, tout comme les syndicats de policiers en tenue, particulièrement Alliance dont un porte-parole fanfaronnait à la télévision, en expliquant que la loi était ce qu’elle était et qu’il n’avait tenu qu’au gouvernement de gauche de la faire abroger, ou tout au moins la modifier.<br />
Le feuilleton Léonarda est loin d’être terminé et ses effets ne cessent de se faire ressentir. C’est ainsi que, le 22 octobre, Jean-François Coppé remettait en cause le droit du sol pour les enfants d’étrangers en situation irrégulière. Avant, bientôt, de nous expliquer que les rejetons d’étrangers ne seraient pas nécessairement qualifiés pour devenir citoyens du pays des Droits de l’homme. Au Front national, on n’a pas tardé à hurler à la contrefaçon. Le 23 octobre, pour ne pas être en reste, à l’issue du Conseil des ministres, Manuel Valls, désireux de ne pas se faire doubler par des nationalistes « jusqu’auboutistes », annonçait qu’il préparait une réforme du droit d’asile, au prétexte de réduire la durée de la procédure ? Notre ministre de l’Intérieur oubliait certainement que le petit Manuel, avec ses parents, avait cherché un refuge économique au pays de la liberté. Soyons certains que Manuel Valls n’en restera pas là dans sa volonté  de rejet. D’autant plus que, selon son jargon, lorsqu’il était député-maire d’Evry, il ne s’en prenait pas directement aux « white » ni aux « Blancos » mais à ces populations plus ou moins colorées qui font tache dans le paysage…</p>
<p><strong>Gentils gardiens de l’ordre public<br />
</strong>En juillet 2013, des policiers avaient été à l’origine d’un trouble à l’ordre public, lors du contrôle d’une jeune femme portant le niqab, à Trappes (91). Selon une dépêche de l’AFP, datée du 20 octobre 2013, l’un des policiers mis en cause ayant participé à ce contrôle qui avait dérapé, était placé en garde à vue par l’IGHPN. Cela dans le cadre d’une enquête sur des faits « d’injures et incitation à la haine en raison de la religion. » Il convient de rappeler qu’au cours des affrontements qui avait suivi ce contrôle, plus violent que sympathique, un garçon de 14 ans avait perdu un œil, suite à un tir de flash-ball. Au lendemain de cette véritable agression, sur un site Facebook de policiers, l’un d’eux s’était laissé aller à proférer ce commentaire de voyou : « Oh, merde, il lui reste un œil pour pleurer ! » Dans le même temps, sur son compte personnel Facebook, l’un des policiers qui avaient participé à ce contrôle haineux, partageait une photo de femme en burqa, intitulée : « Les femmes blanches sont les plus belles ! » Le parquet de Versailles devrait décider d’éventuelles poursuites contre ces policiers. A suivre, bien entendu.</p>
<p><strong>Les brutes policières : toujours dans le social !<br />
</strong>Le lundi 14 octobre 2013, des militants du DAL (Droit au logement) avaient installé un campement sur la place de la République, à Paris. Ils avaient décidé d’y passer la nuit, en compagnie de familles de mal-logés. C’était la quatrième fois, en quelques semaines, qu’une telle manifestation, statique, était organisée sans que cela pose problème. En cette occasion, il devait en aller différemment. La relation des brutalités policières par le responsable du DAL, Jean-Baptiste Ayraud, est rien moins qu’édifiante, dans une interview donnée à l’hebdomadaire L’Anticapitaliste, daté du 31 octobre 2013 :<br />
« …Le lendemain, vers midi, les CRS ont débarqué. Ils restent alors sur le campement… Sans sommation, ils coupent les bâches qui tombent sur la tête des mal-logés et militants assis par terre, qui se tiennent par les coude, et embarquent ceux-ci sans ménagement. Un CRS déchire l’oreille d’un père de famille, qui sortira de l’hôpital avec douze points de suture. Le soir même, et le lendemain soir…les policiers nous encerclent pour nous empêcher de manifester, et on entend des CRS se dire : on va se les faire ! »<br />
« Le samedi 19 octobre (journée européenne pour le droit au logement), les policiers sont présents. Nous décidons de partir et commençons à descendre dans le métro. Surprise : la police nous bouscule. Nous nous asseyons par terre et là, les CRS nous frappent. Comme les autres personnes, je reçois des coups. Un CRS me tire par les cheveux et me met des coups de rangers dans les côtes. Ils m’enlèvent aussi mes chaussures. Ils tordent les membres de mères de famille…Il y a pas mal de blessés. En fait, ils veulent nous faire mal pour nous obliger à nous lever. Habituellement, ,ils se mettent à trois ou quatre, en douceur ; (là) c’est un choix de la hiérarchie, des ordres ont été donnés : faire mal et peur. Puis ils nous traînent par terre et nous emmènent dans la cage humaine qu’ils ont constitué, nous séquestrent pendant quatre heures dans des conditions dégradantes puisqu’il nous faut uriner sous les yeux des policiers. Le commissaire refuse qu’un médecin fasse des soins. »<br />
Ce même 19 octobre, le DAL portait plainte, auprès de l’IGPN, pour « violences policières » et « séquestration », en déposant des photos montrant les brutalités des forces de l’ordre. Conclusion provisoire de J.B. Ayraud : « A une autre époque, dans les années 90, une affaire comme celle-là aurait fini en correctionnelle. On verra quelles suites seront données par l’IGPN. »<br />
Question posée à Manuel Valls : la hiérarchie et la base policière n’ont-elles pas encore été informées que les mœurs policières datant de l’époque de Claude Guéant ne sont plus de saison ? A moins que ces pratiques brutales ne troublent pas le sommeil de notre ministre de l’Intérieur. Lequel n’a sans doute pas été indigné en apprenant que J.B. Ayraud avait eu deux côtes fracturées, lors de cette intervention policière effectuée avec la douceur bien connu des CRS.</p>
<p><strong>Quand des salariés assurent l’ordre public…<br />
</strong>C’est l’abominable histoire d’une entreprise bretonne qui licencie les salariés de l’un de ses abattoirs, tandis que ceux d’un autre site conservent leur travail – pour combien de temps encore ? Lorsque les futurs chômeurs viennent assiéger le site encore en activité pour empêcher son approvisionnement en porcs, non seulement les CRS viennent protéger la « liberté du travail », mais le patron réussit à convaincre les salariés de s’opposer aux malotrus qui voudraient les empêcher de travailler. Résultat des courses : des salariés lancés les uns contre les autres, et il était possible de es voir s’affronter violemment, le 23 octobre ; comme s’ils étaient e guerre ; CRS et gendarmes mobiles jouant les arbitres (avec une photo significative parue dans <em>Le Monde</em> daté du 25 octobre). Jadis, les travailleurs s’affrontaient aux « jaunes ». On n’arrête pas le progrès répressif, et l’on aura assisté à un tel spectacle sous un gouvernement socialiste.</p>
<p><strong>Suicide<br />
</strong>Le 23 octobre, un fonctionnaire de la police aux frontières (PAF), en poste à l’aéroport de Roissy, mettait fin à ses jours, à son domicile, avec son arme de service. L’épouse de ce policier, interviewée sur <em>Canal +</em>, le 25 octobre, évoquait « les pressions exercées par la hiérarchie sur son mari, pour faire du chiffre. » Il paraît que, dès son arrivée place Beauvau, en mai 2012, Manuel Vals assurait que c’en était terminé de la politique du chiffre…</p>
<p><strong>Police auxiliaire<br />
</strong>Au-delà des indices habituels, la police a toujours pu bénéficier de « bénévoles », ces bons citoyens toujours disponibles pour assurer l’ordre public. Ainsi, la maire de Calais qui, le 22 octobre 2013, invitait ses administrés à intervenir sur les réseaux sociaux pour permettre à la police de mieux traquer dans leurs squats les candidats à l’immigration qui cherchent désespérément à gagner l’Angleterre. C’est ce que nous apprenait le quotidien gratuit <em>Métro</em>, le 26 octobre. Pour la maire de Calais, alerter les forces de l’ordre, en la circonstance, n’était rien d’autre que de la « prévention » et, surtout, pour « éviter que des squats s’installent (pour) éviter de futurs incidents qui pourraient être graves… » Cette belle âme, élue de l’UMP se comportait en auxiliaire de la police pour lui permettre d’intervenir « en utilisant la procédure spécifique, uniquement valable durant  48 heures. »  Un Calaisien indigné réagissait comme il le fallait, en évoquant cette « haine nauséabonde qui rappelle la délation d’antan ! A gerber ! On  leur met une étoile aussi ? »</p>
<p><strong>Dehors les Roms !<br />
</strong>Dans la matinée du 28 octobre, à Villeneuve-d’Ascq (Nord), un campement d’environ 45 Roms était évacué par les forces de l’ordre. Comme bien souvent, les enfants étaient scolarisés et peu importait aux policiers que la loi rende cela obligatoire.</p>
<p><strong>De François II à Manuel 1er ?<br />
</strong>Au travers de l’un de ces sondages dont les politologues et les médias raffolent, nous avons pu apprendre, récemment, que Manuel Vals recueillerait pus de 70% d’opinions favorables à l’indice de popularité. Ce qui tendrait à démontrer que la population de ce pays opterait pour une politique de fermeté envers les minorités que les forces de l’ordre ne cessent de pourchasser. Particulièrement les Roms, dont les campements sont systématiquement démantelés avec la délicatesse qu’il est possible d’attendre de nos CRS et gendarmes mobiles. Il en va de même pour les jeunes de banlieues, dites « sensibles », constamment provoqués par des policiers toujours attachés à cette politique du chiffre pourtant réfutée en haut lieu avec , en corollaire, des contrôles d’identité au faciès, dont on nous assure, au ministère de l’Intérieur, qu’ils ne sont plus pratiqués. Cause toujours…<br />
Plébiscité par les Français dans cette traque, dont la destination n’est rien d’autre que xénophobe, avec des relents de racisme chez les exécutants, Manuel Vals doit se persuader qu’il est sur la bonne voie dans la perspective des élections présidentielles de 2017. Le précédent de l’ascension de Nicolas Sarkozy à l’Elysée, en passant par la place Beauvau, ne peut que le conforter dans ses certitudes.</p>
<p><strong>Comportement policier<br />
</strong>Une fois de plus, faisons appel au magistrat Casamayor pour comprendre les mécanismes du comportement policier :<br />
« …La malédiction de la brutalité, comme la malédiction de la dissimulation pèse sur la police. On épargne le brutal et le traître, mais on laisse planer, on entretient, on épaissit le nuage d’opprobre qui domine l’action policière…Le conflit de la police et du peuple, épris d’honorabilité, est évident. Pour être édifié, il suffit de poser la question classique : à qui ce conflit profite-t-il ? Au pouvoir, bien sûr ! Le policier honteux ou arrogant – la honte et l’arrogance sont les deux faces d’une même monnaie, celle de l’orgueil qui paie son complexe d’infériorité – le policier mal aimé et incompris n’en est pas moins homme comme vous et moi… » (in, <em>La police</em>, de Casamayor, Gallimard, 1973, pages 152 et 153)</p>
<p><strong>Aux armes, citoyens policiers !<br />
</strong>Dans la matinée du 3 novembre, une manifestation organisée par les lycéens de la FIDL, se déroulait sur la place de la République, à Paris, pour demander le retour en France de la collégienne kosovare Léonarda et du lycéen arménien Khatchik. La mobilisation était faible mais les lycéens ont eu la surprise de voir qu’il en était différemment des forces de l’ordre. En effet, une trentaine de cars de gendarmerie avaient investi le quartier en compagnie d’une centaine de CRS – pour moins de 200 lycéens. Il faut bien que l’ordre règne ! Faut-il conclure de cette mobilisation policière que le matador qui règne pace Beauvau n’hésite jamais à envoyer ses archers en campagne dès qu’une apparence de contradiction se profile à l’horizon ?</p>
<p><strong>Täser : un mort !<br />
</strong>Le 3 novembre, à la Ferté-Saint-Aubin (Loiret) un homme âgé de 21 ans succombait après avoir reçu une décharge de Täser. C’est un gendarmes qui au cours d’une bagarre de rue, a tiré une balle de ce pistolet à impulsion électrique sur le jeune homme. Le pandore explique qu’il avait agit ainsi par ce qu’il n’avait pas réussi à maîtriser « l’individu », nous apprenait le quotidien gratuit <em>Métro</em>, daté du 5 novembre. Suite à  ce décès, deux questions ne peuvent que se poser. Tout d’abord, on nous a toujours affirmé que le Täser était une arme « non-létale ». Ensuite, il semble bien que le coup a été tiré de très près, lors d’un corps à corps, semble-t-il, puisque cet excellent gendarme cherchait à maîtriser sa future victime. Le parquer d’Orléans a immédiatement lancé une enquête pour rechercher la cause de ce décès. Sur un tel sujet, on aimerait entendre le ministre de l’Intérieur prendre position, car une bagarre ne mérite pas la peine de mort.</p>
<p><strong>Le Täser de la Ferté-Saint-Aubin (suite)<br />
</strong>Comme il est difficile d’accuser un gendarme d’avoir dépassé les limites de la force nécessaire pour maîtriser un dangereux quidam, le procureur du Loiret apportait rapidement les précisions indispensables, le 5 novembre, nous apprenait <em>Libération</em> daté du 6 novembre. Comme un soldat (les gendarmes sont des militaires) du maintien de l’ordre ne peut pas être tout à fait coupable, il bénéficie d’un certain nombre de circonstances atténuantes. Ainsi, le jeune homme serait « décédé d’un étouffement ». Et puis, l’autopsie aurait décelé des « régurgitations d’aliments dans sa trachée et ses poumons », tout en révélant un « phénomène d’alcoolisation massive », ainsi que la présence de cannabis dans le corps de la victime. D’où cette conclusion du procureur : « Le décès, médicalement, ne paraît pas établir un lien direct avec l’arme. » Dernière précision : « Selon un certain nombre de témoignages,  il semblerait que la victime ne se soit pas effondrée immédiatement puisqu’il a fallu encore l’intervention de trois gendarmes pour essayer de le maîtriser. » Et pourquoi pas un escadron de gendarmerie ? Pour cette fois on ne nous a pas dit que « l’individu » était bien connu des services de police…</p>
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		<title>QUE FAIT LA POLICE ? – Chronique anti-autoritaire de Maurice Rajsfus – 1er novembre 2013</title>
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		<pubDate>Mon, 28 Oct 2013 10:51:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Observatoire des Libertés Publiques]]></category>

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		<description><![CDATA[Le 17 octobre 2013, sur le pont Saint-Michel, la mairie de Paris organisait une commémoration officielle de la tuerie des Algériens – noyés par balles – par des policiers haineux, le 17 octobre 1961. Le passage du pont était interdit (côté préfecture de police), pour des raisons mystérieuses. Entre les chevaux de frise, barrant la route aux piétons, des policiers amés jusqu’aux dents, harnachés de gilets pare-balles, patrouillaient comme si la République était en danger. Au pied du pont (côté Palais de justice), stationnait une vedette de la police fluviale – au cas où. Toute cette mise en scène pour intimider la centaine de personnalités invitées.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Editorial<br />
Manuel, versus Nicolas<br />
</strong>Un voyageur ayant quitté la France il y a deux ans et qui, de retour, assiste au spectacle donné par les CRS et gendarmes mobiles, à l’œuvre lors de l’évacuation sans tendresse d’un campement de Roms, peut avoir le sentiment que les élections présidentielles n’ont pas eu lieu en mai 2012. Ce grand naïf, qui ne s’intéressait guère à la politique, peut avoir le sentiment que Nicolas Sarkozy est toujours aux manettes, avec son fidèle Claude Guéant  à la manœuvre pour les basses œuvres du maintien de l’ordre. Ne noircissons pas trop le tableau mais il faut bien convenir qu’au sein des forces de l’ordre – où les humanistes sont peu nombreux – rien ne paraît avoir changé. Sans état d’âme de leur part, ni la moindre remontrance de leur hiérarchie, les chiens de garde de la République des Droits de l’homme continuent à commettre des actions que la morale démocratique devrait réprouver ; surtout lorsque la gauche est au pouvoir. Le zèle est toujours de rigueur. Les mauvaises manières policières sont toujours les mêmes sous Manuel Valls que sous Nicolas Sarkozy. C’est toujours avec la même brutalité que nos anges-gardiens s’acharnent contre des salariés ayant le malencontreux réflexe de manifester contre le « plan social » qui va les réduire au chômage (voir plus bas). Dans le même temps, benoîtement, les dirigeants des syndicats de policiers en tenue nous expliquent qu’ils ne font que défendre l’ordre républicain. Ce qui ne peut que rassurer les hommes (et les femmes), bien décidés à revenir au pouvoir pour aggraver des lois qui, bien que scélérates, sont jugées insuffisamment répressives.<br />
On nous dit, à propos des serviteurs de l’Etat, champions de la matraque, qu’ils ne sont ni de droite, ni de gauche, que leur unique préoccupation se limite à la protection de l’ordre public. Faut-il en être persuadé pour croire à cette fable ? D’autant plus que, par leurs soins vigilants, le rythme des expulsions de sans-papiers ne ralenti nullement, remettant en cause la réputation de la France, jadis pays du droit d’asile… En espérant ne pas avoir trop outragé notre ministre de l’Intérieur, ancien Catalan, qui n’hésite jamais à pourchasser les Basques.</p>
<p><strong>Convivialité policière<br />
</strong>Le 7 octobre, à Rennes, les 300 salariés des abattoirs implantés à Gad, qui manifestaient devant les locaux du Comité central d’entreprise de la société, étaient repoussés avec une grande violence par des CRS déchaînés. Les images vues à la télévision étaient parfaitement édifiantes quant à la brutalité policière et à la disponibilité des hommes d’ordre à balancer des gaz lacrymogènes sur des travailleurs privés de leur emploi, et à qui leurs patrons promettent un plan social immonde (300 euros par année d’ancienneté). Peu importe : nos CRS sont toujours assurés de bénéficier d’une retraite généreuse, tant qu’ils ne se sont pas risqués à franchir la ligne jaune. Une certitude : depuis l’arrivée de Manuel Valls au ministère de l’Intérieur, aucune consigne ne semble avoir été donnée à nos policiers pour calmer leur ardeur !</p>
<p><strong>Rigolo…<br />
</strong>Le préfet chargé du traitement des PV des radars automatiques se gardait bien de payer les « prunes » qu’il récoltait. Cet excellent fonctionnaire se contentait de les faire régler par le Trésor public, lorsqu’avec sa voiture de fonction – Peugeot 508 – il commettait des infractions que la loi puni sévèrement. Dans le même temps, cet honnête citoyen échappait au retrait de points sur son permis de conduire. C’est l’agence <em>Médiapart</em> qui nous a informés de cette petite escroquerie (il serait possible de dire crapulerie), les contraventions ayant été réglées par des mandats administratifs, pour la somme de 700 euros. Finalement repéré pour son mauvais comportement, le préfet a préféré démissionné, le 8 octobre 2013, de son poste à l’Agence nationale des traitements automatisés des infractions.</p>
<p><strong>Roms, dehors !<br />
.</strong> A l’aube du 8 octobre, suite à une décision de justice, une centaine de Roms, dont de nombreux enfants, étaient délogés de la maison et des cabanes qu’ils occupaient à Noisy-le-Sec (93). Il ne semble pas qu’une proposition de relogement, même provisoire, leur aurait été faite, comme le prévoit la loi du 12 août 2012.<br />
<strong>.</strong> Dans la matinée du 9 octobre, quelque 400 Roms étaient évacués par la police du campement où ils vivaient, à Sarcelles (95).</p>
<p><strong>Qu’en est-il en France ?<br />
</strong><em>Libération</em>, daté du 9 octobre 2013, nous apprenait que quatre policiers étaient inculpés pour leurs liens directs avec le mouvement néo-nazi Aube dorée. Question : a-t-on une idée approximative du nombre de policiers français proches de l’extrême-droite ?</p>
<p><strong>Valls prend l’eau ?<br />
</strong>Le 10 octobre, le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) portait plainte contre Manuel Valls, devant la Cour de justice de la République. Motif ? Le 24 septembre 2013, sur <em>France-Inter</em>, le ministre de l’Intérieur avait tenu des propos considérés comme provocation à la haine et à la violence raciste. En cette circonstance, le ministre affirmait que les Roms n’étaient pas intégrables sur le territoire français, et avaient surtout pour vocation de retourner en Roumanie. Les mauvais esprits avaient-ils raison de qualifier Manuel Valls de « Sarkozy de gauche » ?</p>
<p><strong>Acrostiche<br />
</strong>Notre ministre de l’Intérieur ne pouvait échapper à l’une de ces acrostiches que nous réservions, il y a peu, à Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux ou Claude Guéant :<br />
<strong>Maniaque,                                                                                                  Ambitieux,                                                                                            Naturellement                                                                                                        Ubuesque,                                                                                                      Espagnol jadis                                                                                                    Lamineur de Roms<br />
Valls                                                                                                                     Aurait oublié                                                                                                      Lolita                                                                                                                    Libertad et                                                                                                          Socialisme<br />
</strong><br />
<strong>Chasse à l’homme<br />
</strong>Dans la soirée du 13 octobre, à Montreuil (93), un jeune voleur de scooter était pris en chasse par des policiers de la BAC. Comme bien trop souvent, le garçon, âgé de 17 ans, heurtait un véhicule, ce qui devait entraîner son décès. Les policiers expliquant qu’ils étaient restés lin du lieu de l’accident. Sauf à être démentis, nous avions cru comprendre que le ministère de l’Intérieur avait interdit ces chasses à l’homme qui finissent trop souvent par une variété d’application de la peine de mort.</p>
<p><strong>Etrangers, à la porte !<br />
</strong>Depuis le 12 octobre, une annexe du tribunal de grande instance de Meaux attend les migrants sans papiers au bout des postes de l’aéroport de Roissy, très près du centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot. Ce serait pour éviter à la police aux frontières (PAF) d’avoir à transférer les parias, que ce tribunal aurait été délocalisé, avec des audiences pratiquement sans témoins. Comme l’explique la présidente du Syndicat de la magistrature : « C’est une justice d’exception pour ces étrangers que l’on jugera sous les yeux des seuls officiers de police… » La construction de ce tribunal nouveau genre, entouré de barbelés, aurait été décidé sous la droite, mais la gauche s’est bien gardée d’en interrompre les travaux. Par ailleurs, <em>Libération</em>, daté du 14 octobre, rappelait qu’une seconde annexe, dépendant cette fois du tribunal de Bobigny, sera proche de la zone d’attente pour personnes en instance, du même aéroport. En fait, pour ces étrangers qui se voient refuser l’accès au territoire national. Toujours sous la garde vigilante des policiers de la PAF. Ne pas oublier non plus que de telles salles d’audience existent déjà près du centre de rétention de Coquelles, dans le Pas-de-Calais.<br />
Pour la Commission consultative de droits de l’homme, l’ouverture de ces salles d’audience à l’aéroport de Roissy constitue une atteinte aux principes fondamentaux de la Justice. La présidente de cette instance tient à faire remarquer que : « Aux yeux des étrangers, il s’agirait plutôt d’un contrôle de police qui perdure. »</p>
<p><strong>Il ne faudrait pas fâcher les forces de l’ordre…<br />
</strong>Pour Manuel Valls, comme pour ses devanciers de l’UMP, les contrôles d’identité à outrance constitueraient un gage de sécurité publique. Une nouvelle fois, le Défenseur des droits, Dominique Baudis, a décidé d’intervenir pour limiter l’ampleur de cette dérive. C’est ainsi que, le 14 octobre 2013, il décidait de constituer un groupe de travail sur ce sujet sensible. Déjà, en octobre 2012, Dominique Baudis insistait sur cette pratique policière, quasiment encouragée par la hiérarchie, et même le ministre de l’Intérieur, avec ce propos significatif que publiait <em>Libération</em> daté du 15 octobre : « Ces contrôles sont, dans leur réalité quotidienne, mal ressentis par certaines catégories de populations qui s’estiment stigmatisées. » Ce même quotidien rappelait qu’en octobre 2009 les jeunes Noirs ou Maghrébins, risqueraient de se faire contrôler quinze fois plus souvent que le reste de la population. Face à cette situation, le candidat Hollande avait promis, lors de la campagne électorale pour les présidentielles : « Je lutterai contre le délit de faciès dans les contrôles d’identité, pour une procédure respectueuse des citoyens. » Plus de dix-huit mois se sont écoulés depuis cette promesse, mais Manuel Valls s’est empressé d’enterrer le projet de récépissé devant être remis par les policiers à chaque personne ayant dû produire ses papiers d’identité.<br />
C’est pourquoi un groupe d’experts va bientôt entendre des policiers et des gendarmes, des associations, des usagers, des représentants syndicaux, des avocats et des magistrats sur ces pratiques qui perdurent. Plus particulièrement sur un cadre légal, et l’article 78 du Code de procédure pénale, qui autorise un contrôle policier de « toute personne, quel que soit son comportement, pour prévenir une atteinte à l’ordre public. » Ce qui permet de contrôler « toute personne susceptible de fournir des renseignements utiles. » Dans ce match qui s’engage, qui va l’emporter ? Manuel Valls ou Dominique Baudis ? Lequel des deux se verra conforté dans sa démarche par le président de la République ou le Premier ministre ? Notons, malgré tout, que le ministre de l’Intérieur a tenté de s’attirer la sympathie des policiers et des gendarmes, en affirmant que supprimer ces contrôles scélérats, ne serait qu’une « mesure de défiance vis-à-vis des forces de l’ordre, et elle présenterait plus d’inconvénients que d’avantages. » Sans commentaire !<br />
<strong>Dégrisement fatal<br />
</strong>Le 12 octobre, dans un commissariat de police de Bordeaux, un homme ramassé en état d’ivresse dans la rue, était placé en cellule de dégrisement. Le lendemain, il ne s’est pas réveillé, suite au traitement qui lui avait peut-être été infligé…</p>
<p><strong>Sans abri, à la niche !<br />
</strong>Des familles de sans abri, en compagnie de militants du DAL (Droit au logement) s’étaient installés, une fois de plus, sur la place de la République, à Paris, dans l’après-midi du 14 octobre. Tous en seront chassés violemment par les forces de l’ordre, le 15 octobre, en fin d’après-midi. Une dizaine de personnes étaient alors interpellées, tandis qu’un père de famille était sérieusement blessé à la tête. Jusque tard dans la soirée, de nombreux cars de CRS stationnaient encore sur la place, encerclant quelque soixante-dix mal logés et militants du DAL qui s’étaient de nouveau rassemblés, nous informait le quotidien gratuit <em>20 Minutes</em>, daté du 16 octobre.</p>
<p><strong>La voix de la France (sic)<br />
</strong>Curieusement, ce 17 octobre 2013, la chaîne de télévision <em>France 2</em>, tout comme la chaîne de radio <em>France-Inter</em>, n’ont pas trouvé le moindre mot pour évoquer la tuerie, avec des Algériens pour victimes, du 17 octobre 1961. Peut-être ne faut-il pas fâcher les forces de l’ordre avec ce rappel indispensable à l’Histoire. N’oublions pas qu’en 1974, le président Georges Pompidou nous expliquait que les TV et radios nationales représentaient « La voix de la France ».</p>
<p><strong>Le silence du fleuve<br />
</strong>Le 17 octobre 2013, sur le pont Saint-Michel, la mairie de Paris organisait une commémoration officielle de la tuerie des Algériens – noyés par balles – par des policiers haineux, le 17 octobre 1961. Le passage du pont était interdit (côté préfecture de police), pour des raisons mystérieuses. Entre les chevaux de frise, barrant la route aux piétons, des policiers amés jusqu’aux dents, harnachés de gilets pare-balles, patrouillaient comme si la République était en danger. Au pied du pont (côté Palais de justice), stationnait une vedette de la police fluviale – au cas où. Toute cette mise en scène pour intimider la centaine de personnalités invitées.</p>
<p><strong>Violences policières « présumées ».<br />
</strong>Des juges d’instruction vont enquêter sur des faits de violences qui « auraient été commis » par les forces de l’ordre, lors de leurs interventions, à Troyes, en juillet  2013. Deux informations judiciaires contre des fonctionnaires de police ont été ouvertes, pour « violences par agents dépositaires de l’autorité publique », suite aux plaintes de deux victimes : un homme âgé de 20 ans, tabassé au point de s’être vu prescrire 45 jours d’ITT (Interruption temporaire de travail), pour un  traumatisme crânien et une fracture de la cheville, le 18 juillet. Ce jeune homme étant, par ailleurs, poursuivi pour « rébellion sur policiers ». La seconde enquête concerne un adolescent de 14 ans, lequel a perdu définitivement un œil, suite à tir «présumé » de flash-ball, nous apprenait le quotidien <em>20 Minutes</em>. Il convient de remarquer la propension des policiers, équipés de cette arme dite « non-létale », de viser la tête de leurs victimes.</p>
<p><strong>Dura lex, sed lex<br />
</strong>Le 17 octobre, le quotidien Libération avait pour gros titre, en première page : « Un cas d’école ». Il s’agissait du véritable rapt par la police d’une jeune collégienne de  15 ans, coupable d’être Kossovar et Rom, qui le 9 octobre, avait été expulsée avec sa famille vers « son pays d’origine ». Tous étaient réfugiés en France, à Pontarlier, depuis 2009, la jeune fille étant scolarisée et parfaitement intégrée. Pour le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, il y a simplement « respect de la loi et de la procédure ». Là où le bas blesse, c’est que, depuis la gauche est arrivée au pouvoir, en mai 2012, la loi et la procédure sarkozienne n’ont pas encore été modifiées.</p>
<p><strong>Câlineries policières<br />
</strong>Le 17 octobre, à Paris, des milliers de lycéens manifestaient contre l’expulsion de Leonarda, cette collégienne de Pontarlier dont la présence en France chagrinait tant notre ministre de l’Intérieur. S’exprimait une autre revendication : le retour de la jeune fille dans le pays qui était devenu le sien. Toujours amicaux, les CRS n’ont pas hésité à arroser les lycéens de force jets de gaz lacrymogènes, comme il a été possible de le constater aux informations télévisées.</p>
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		<title>QUE FAIT LA POLICE ? – Chronique anti-autoritaire de Maurice Rajsfus – 15 octobre 2013</title>
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		<pubDate>Mon, 14 Oct 2013 12:05:30 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Observatoire des Libertés Publiques]]></category>

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		<description><![CDATA[Nous y sommes. Jusqu’au 18 septembre 2013, les policiers municipaux n’avaient pas le droit d’utiliser les gaz lacrymogènes. Un décret de Manuel Valls, daté de ce même jour, leur donne désormais l’autorisation d’arroser leurs contemporains de cette substance qui fait larmoyer les récalcitrants à l’ordre public. Tout comme les grands de la police nationale ! Bien souvent, pourtant, nos braves policiers municipaux sont déjà suréquipés, étant dotés fréquemment de pistolets automatiques dernier modèle et même, parfois, de flash-ball. Il leur viendra peut-être, bientôt, l’idée de revendiquer l’usage du Täser, cette arme à impulsion électrique. Normal : on n’arrête pas le progrès répressif ! Que ne ferait-on pour faire respecter l’ordre public républicain ? Enfin, nos policiers municipaux, héritiers des gardes champêtres de jadis, pourront désormais parader avec une bombinette de lacrymo accrochée au ceinturon. Ainsi encombrés, seront-ils plus respectés pour autant ? Il faut en être bien certain : peu à  peu les passerelles techniques vont se multiplier entre les « nationaux » et les « municipaux ».]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Editorial<br />
Alerte au gaz municipal !<br />
</strong>Nous y sommes. Jusqu’au 18 septembre 2013, les policiers municipaux n’avaient pas le droit d’utiliser les gaz lacrymogènes. Un décret de Manuel Valls, daté de ce même jour, leur donne désormais l’autorisation d’arroser leurs contemporains de cette substance qui fait larmoyer les récalcitrants à l’ordre public. Tout comme les grands de la police nationale ! Bien souvent, pourtant, nos braves policiers municipaux sont déjà suréquipés, étant dotés fréquemment de pistolets automatiques dernier modèle et même, parfois, de flash-ball. Il leur viendra peut-être, bientôt, l’idée de revendiquer l’usage du Täser, cette arme à impulsion électrique. Normal : on n’arrête pas le progrès répressif ! Que ne ferait-on pour faire respecter l’ordre public républicain ? Enfin, nos policiers municipaux, héritiers des gardes champêtres de jadis, pourront désormais parader avec une bombinette de lacrymo accrochée au ceinturon. Ainsi encombrés, seront-ils plus respectés pour autant ? Il faut en être bien certain : peu à  peu les passerelles techniques vont se multiplier entre les « nationaux » et les « municipaux ».<br />
Nicolas Sarkozy en rêvait, Manuel Valls s’y emploie. Les citoyens du pays des droits de l’homme doivent s’habituer à ces corps de police divers censés devenir l’épine dorsale du pays des Droits de l’homme. Bientôt, n’en doutons pas, les sociétés privées de sécurité se verront peut-être confier des missions sécuritaires car le service public manquerait de bras armés. Rien ne pourrait faire plus plaisir à une droite revancharde, comme à une extrême-droite désireuse d’accéder au pouvoir, de mettre un policier devant chaque immeuble. Ceux de la maison Le Pen revendiquent déjà le retour de la peine de mort. Cette évocation est à peine caricaturale, si l’on  se reporte à la manifestation des commerçants niçois, hallucinés, le 16 septembre 2013, suite à la mise en examen de ce bijoutier qui avait cru bon, la veille, d’abattre d’une balle dans le dos un petit cambrioleur, arguant de la légitime défense. Sur les réseaux sociaux, plus d’un million de nos compatriotes – comme on dit – approuvaient ce geste meurtrier. Finalement, pourquoi ne pas reconnaître également l’intérêt de ces « voisins vigilants », chers à Nicolas Sarkozy et Claude Guéant ?</p>
<p><strong>Antifascisme = trouble à l’ordre public ?<br />
</strong>Le 19 septembre, suite à l’assassinat d’un rappeur antifasciste grec par des néonazis de l’Aube dorée, à Athènes, une trentaine de militants antifascistes, qui manifestaient à Paris, en réaction à ce crime, étaient interpellés par la police, et placés en garde à vue. Comme quoi, les cibles policières sont, comme par le passé, à sens unique. Question : ces policiers étaient-ils missionnés pour cette opération ou s’agirait-il de l’initiative d’un commissaire, plus soucieux de contrôler des « trublions » que d’assurer un ordre public que nul ne menaçait particulièrement.</p>
<p><strong>Roms, dehors !<br />
</strong>A la mi-septembre, la police évacuait sans état d’âme les derniers campements Roms de Lille-Sud, nous informait l’hebdomadaire <em>L’Anticapitaliste</em>. Les parias étaient près de 800, jusqu’à l’été dernier avant que, chaque semaine puis chaque jour, des policiers ne viennent les regrouper dans des espaces de plus en plus réduits, détruisant caravanes et cabanons de fortune. Le journal du NPA nous rappelait, à cette occasion, qu’au cours de la campagne pour les élections présidentielles, le candidat Hollande proclamait : « On ne peut continuer à accepter que des familles soient chassées d’un endroit sans solution… » Il est vrai que ce que disait le futur président avait dû tomber dans l’oreille d’un sourd nommé Manuel Valls. </p>
<p><strong>Pour la police : le temps long de la Justice<br />
</strong>Nous l’avons déjà souligné à maintes reprises : les policiers ne sont pas des justiciables comme les autres. Ainsi, il aura fallu attendre huit ans pour que la cour d’appel de Rennes décide, le 20 septembre 2013, de déférer devant un tribunal correctionnel, les policiers responsables de la mort de deux adolescents qui avaient trouvé la mort, le 27 octobre 2005, dans un transformateur électrique, à Clichy-sous-Bois(93). Allaient suivre plusieurs semaines de révolte (la police parlait d’émeutes), dans les banlieues. Suite à la décision de la cour d’appel de Rennes, les syndicats de policiers en tenue ne tardaient pas à réagir. Aussi bien le syndicat Alliance (carrément de droite) que le SGP-Unité Police (qui se dit de gauche). Pour l’un et l’autre, cette décision ne peut que porter atteinte à l’autorité de la police.<br />
Rappelons les faits, une fois de plus. <em>Libération</em>, daté du 21 septembre s’y était employé. Il y a tout d’abord la preuve accablante de non-assistance à personne en danger. Particulièrement lors de l’appel radio d’un policier de la BAC, qui expliquait tranquillement à la réceptionniste, en parlant des deux adolescents : « Je pense qu’ils sont entrain de s’introduire dans le site EDF&#8230; S’ils y entraient, je ne donne pas cher de leur peau ! » La stagiaire réceptionniste (depuis également renvoyée en correctionnelle, tout comme le policier de la BAC) n’alertait ni sa hiérarchie, ni les secours. Vers 18 heures, deux des trois adolescents étaient électrocutés. A près une longue instruction, suite à une plainte des familles, les juges d’instruction renvoyaient deux policiers en correctionnelle, le 21 octobre 2010, mais le 27 avril 2011, il y avait non-lieu. Le 11 octobre 2011, pourtant, la cour de cassation annulait le non-lieu, renvoyant le dossier à Rennes. La date du procès n’est pas encore connue et il n’est pas exclu que les avocats des policiers puissent à nouveau retarder l’échéance, décidant d’aller en cassation à leur tour. Feuilleton à suivre, bien entendu.</p>
<p><strong>Tests ADN<br />
</strong>Depuis le long passage de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur, dès le printemps 2002, la loi Guigou de 1999 sur les prélèvements ADN, initialement réservée aux pédophiles et aux criminels sexuels, était devenu un véritable fourre-tout répressif. Ainsi, l’auteur du moindre graffiti peut être contraint de s’y soumettre si la police ou la gendarmerie le décide. Y compris les militants syndicaux interpellés lors des manifestations. LA revue de la Libre Pensée, La Raison, dans son numéro daté de septembre/octobre 2013, nous rappelle que cette mesure répressive est toujours en vigueur, et précise que cinq militants de la CGT sont convoqués, le 5 novembre 2013, devant la Justice pour avoir refusé de se soumettre à cette mesure inique, dont on aurait pu croire qu’elle avait été abrogée par la gauche depuis son retour au pouvoir. Il n’en est rien, et cela ne paraît pas inquiéter le grand républicain qu’est Manuel Valls, et pas davantage les services de Christiane Taubira, ministre de la Justice.</p>
<p><strong>Dehors, les Roms ! (suite)<br />
</strong>Le  25 septembre 2013, avec un énergique mouvement du menton, Manuel Valls faisait savoir aux xénophobes et racistes de France que les Foms n’avaient pas vocation à rester dans le pays des Droits de l’homme. Qu’ils n’y étaient pas les bienvenus et qu’il était pratiquement impossible de les intégrer. Sévèrement retoqué, le lendemain, par Cécile Duflot, le ministre de l’Intérieur répliquait immédiatement qu’il « avait en charge les politiques migratoires », ainsi que la « sécurité » de ses compatriotes. Avant d’ajouter : « Gouverner, c’est regarder lucidement la société ». Pour caricaturer, cela pourrait signifier également que si « la société » estimait nécessaire de rétablir la peine de mort, peut-être faudrait-il y réfléchir. Toujours est-il qu’un élu vert expliquait : « On ne peut pas laisser Valls s’installer dans la ligne Buisson-Guéant-Sarkozy ! » Finalement, Manuel Valls serait-il simplement partisan de l’ordre pour l’ordre ? Les grands principes, détournés de leur objet, feraient-ils partie d’une logique incontournable, pour notre ministre de l’Intérieur ?<br />
<strong>.</strong> Dans la semaine du 27 septembre, un campement de Roms de 250 personnes était évacué par la police, dans la banlieue lyonnaise. Une fois encore : dehors les Roms ! Mais pour aller où ?<br />
<strong>.</strong> A l’aube de ce même 27 septembre, à Roubaix, un campement de Roms comprenant également 250 personnes était démantelé par les forces de l’ordre. Cette dernière intervention des forces des CRS et des gendarmes mobiles contre des parias auxquels aucune autre solution n’est offert, à terme, que l’expulsion, ne peut que nous remettre en mémoire le discours calamiteux prononcé à Grenoble par Sarkozy le 30 juillet 2010, qui était un modèle de rejet xénophobe. Manuel Valls réalisant la volonté de l’ancien président de la République de faire place nette.</p>
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